Sélection Anime

Aria the Origination

Aria raconte l’apprentissage de gondolière suivi par Akari et ses deux amies, Aika et Alice sur la planète futuriste Aqua, un petit monde plein de gaieté et d’harmonie dont on expérimente à chaque épisode un nouvel aspect. Contemplation et camaraderie sont les maîtres mots de ces quelques escapades néo-vénitiennes car les jeunes aspirantes ondines découvrent parfois de somptueux tableaux devant lesquels on ne peut que se tenir dans un silence sacré. Un charme divin se dégage de cette adaptation fidèle au plus beau manga du monde signé Kozue Amano. Balladant le spectateur en pleine utopie, Aria est une poésie de l’instant, une sorte de « carpe diem » mis en images.

Byousoku 5 Centimeter

Ces quelques épisodes sont l’œuvre du désormais illustre Makoto Shinkai. Cinq centimètres par seconde : la vitesse à laquelle chutent les pétales de fleur des cerisiers, peut-être aussi la vitesse à laquelle la distance vous pousse à oublier un être cher qui est parti loin de vous. On prend une claque monumentale devant les décors, la richesse de leurs détails, le choix de leurs couleurs. Mais on se laisse tout autant séduire par une romance faite tout en subtilité, cases blanches, ellipses temporelles. L’histoire de Takaki et Akari témoigne d’un rare raffinement, touche juste et met parfaitement en scène le drame réaliste et mélancolique d’une séparation.

Casshern Sins

Casshern se réveille sans aucun souvenir dans un monde apocalyptique où règnent violence et mélancolie. Un désert sombre et angoissant, hanté de nébuleuses stériles se déroule devant son esprit torturé par les images furtives d’un passé qu’il ne parvient pas à saisir. Chaque rencontre lui permettra d’appréhender une part de vérité, de comprendre un univers où l’humanité n’est plus, où les robots sont condamnés à l’anéantissement et où certains ont décidé de provoquer ouvertement les cieux en brisant le sceau du processus créatif. Un show épique avec ses fameuses danses déchaînées qu’accompagnent de sublimes musiques.

Cowboy Bebop

Un vaisseau spatial, des chasseurs de prime. Hacker de génie, chien savant, femme vénale, ancien flic. Et Spike, qui se bat avec des techniques d’arts martiaux ultra classes et s’habille à la façon d’un Lupin III. Chacun avec une vie derrière lui, des secrets enfouis dans un silence tacite. Ensemble, ils cherchent à survivre dans le vide intersidéral, à remplir leur assiette à l’aide des primes mises sur la tête des criminels de tout acabit. Des aventures qui les mettent face à de grands dangers. Mais parfois aussi face à eux-mêmes, aux fantômes de leur passé. Dans une ambiance qui flaire aussi bon le jazz que le blues. See you space cowboy…

Gankutsuou

Gonzo nous offre une adaptation techno-futuriste du Comte de Monte Cristo d’Alexandre Dumas en se focalisant sur Albert, le fils de Mercédès et Fernand de Mortcerf. Une rocade nécessaire comme la personnalité du Comte a été corrompue après sa rencontre avec le roi de la caverne, pour une trame beaucoup plus complexe et des vengeances plus cruelles encore. Une chanson délicieusement mélancolique introduit chaque épisode sur fond de chevauchée onirique en des tableaux sépias évoquant l’œuvre originale. A noter des couleurs flashy et des effets spéciaux où chevelures et vêtements glissent étrangement sur les motifs.

GinEiDen

Cette longue saga raconte sur 110 OAVs une épopée grandiose où des héros charismatiques, valeureux guerriers, fins stratèges et fervents idéalistes s’affrontent sur le champ de bataille au milieu de l’océan galactique. Société, histoire, politique et religion figurent parmi les grandes thématiques de cette chronique ambitieuse et complexe qui échappe à toute facilité manichéenne. Quel système est le plus apte à faire régner l’ordre et la justice : une démocratie corrompue ou une dictature éclairée ? La réalisation semble un peu vieillotte mais son charme et son esthétique compensent facilement un léger manque d’animation.

Gintama

Une série sans budget aussi minable qu’interminable et incohérente qui non-contente de nous servir un pot-pourri grotesque où samurai et extraterrestres se côtoient dans une ville d’Edo trop contemporaine se sent obligée de remplir les trous hebdomadaires avec des fillers tout juste bons à remplir la panse des réalisateurs tandis que ce gorille flemmard de dessinateur mange salement ses bananes sur des planches où son héros bouffon sirote en longueur de journée du lait à la fraise trop sucré en se curant le nez derrière son bureau quand il n’a pas affaire à un bouffeur de mayonnaise, zoneur dégénéré ou terroriste excentrique.

Haibane Renmei

Une jeune fille chute dans le ciel, entourée d’une nuée de corbeaux, avant de renaître au sein d’un cocon. Un rayon lumineux avertit l’entourage de cet heureux avènement. Sans scénario établi, Yoshitoshi Abe dessine un univers magnifique, celui de Glie, entouré d’une muraille infranchissable, empli de mysticisme. Un cadre riche en symboles et interprétations. Il y place une vieille demeure où habitent les ailes grises, de mystérieux anges sortis de leur cocon, des demoiselles qui vivent en communauté dans cet univers à huis clos. Quel sens donner à cette seconde naissance ? La citadelle de Glie est-elle un purgatoire ou un paradis terrestre ?

Hanada Shounen-shi

Ichiro est un sale gamin qui fait pipi dans le hall, brûle la fourrure des chats et viole la poupée de sa sœur. Suite à un accident de vélo, il est hanté par des fantômes qui traînent derrière eux un regret les empêchant de monter au paradis. D’abord réticent, le petit garçon ne reste pas insensible à l’histoire de ces esprits égarés et fait de son mieux pour leur venir en aide. Dans une paisible bourgade qui flaire bon les années 70, quelques aventures fantastiques alternant bonheur et mélancolie. Certaines sont tellement subtiles et touchantes qu’on en a les larmes aux yeux. D’autres tellement idiotes qu’on en pleurerait littéralement!

Jin-Roh, la brigade des loups

En proie à une conjoncture éprouvante dans une société d’après-guerre, la rue est le théâtre de troubles et de violences meurtrières opposant les forces gouvernementales à la population. Dans les égouts, une organisation terroriste envoie ses petits chaperons rouges livrer aux quatre coins de la ville des munitions et explosifs pour détruire les rangs des milices armées. Mais une meute de loups les attend au bout des canalisations. Au cœur de ce monde sauvage et cruel où l’homme est un animal pour ses semblables, Jin Roh raconte l’histoire d’amour pudique et poignante entre un loup et sa proie. Une diatribe sobre et sublime de la société.

Kaiba

Si l’on pouvait séparer la mémoire du corps, la faire circuler d’un réceptacle à l’autre, que resterait-il de l’individu? Simple et troublante, c’est la question posée par l’univers de Kaiba, où le corps a une valeur commerciale et l’âme peut se stocker dans une petite puce. Notre héros se réveille au milieu de nulle part, un trou dans l’estomac, un vide dans la mémoire. Dépouillé de son corps, il embarque clandestinement à bord d’un vaisseau sous l’apparence d’une peluche. Kaiba est un voyage onirique et envoutant signé de toutes pièces par Masaaki Yuasa : ses réflexions en filigrane, ses histoires émouvantes et sa réalisation atypique.

Kenshin – Tsuioku Hen

kenshin

Dans les ruelles escarpées de Kyoto, à la tombée de la nuit, des sabres s’entrechoquent, un corps s’affaisse dans une marre de sang, la victime maudit son bourreau d’une cicatrice arrachée au prix de sa rage de vivre. Une marque profonde et indélébile qui symbolise tout son ressentiment et appelle à la vengeance. Esthétiquement sublime, ce chapitre de la mémoire dresse un portrait saisissant de l’assassin, de sa souffrance et de sa destinée, criant de réalisme et de complexité. Puis se repose dans un tableau onirique où deux êtres coulent un bonheur utopique l’espace de quelques saisons. Avant que les neiges ne recouvrent tout.

La Maison en Petits Cubes

Un vieillard vit au sommet d’une bâtisse qu’il doit sans cesse élever pour ne pas que les flots la submergent. Un jour, il plonge récupérer la pipe qu’il a laissé tomber dans l’étage du dessous. Ce petit périple lui permet de se remémorer avec nostalgie une partie de son vécu dont les lieux conservent les vestiges. Images passées et présentes s’enchaînent avec délicatesse et quelques notes de piano traduisent une vieillesse empreinte de souvenirs, de solitude et de mélancolie. Les petits cubes, ce sont tous les instants qui forment ce gigantesque et merveilleux édifice qu’est la vie. Un très joli court métrage, touchant et intuitif.

Les Enfants Loups

les enfants loups

La légende de Romulus et Rémus raconte qu’une louve recueillit deux nouveaux-nés abandonnés dans les eaux d’un fleuve et célèbre ainsi l’instinct maternel de l’animal, l’harmonie entre l’homme et la nature. L’histoire d’Ame et Yuki, les enfants loups, c’est un peu la même. Hana, leur mère, doit permettre à ces deux petits êtres surnaturels de s’épanouir malgré leur différence. La scène quitte très vite l’étouffante ville natale pour s’installer à la campagne, rendant à nos deux enfants les joies des gambades et des excursions bucoliques. Succomberont-ils à l’appel répété de la nature ou viendront-ils se ranger parmi les hommes?

L’Odyssée de Kino

Kino voyage de pays en pays, côtoyant différentes cultures et mentalités en compagnie de sa moto, Hermès. Tous deux sont les témoins complices d’un monde étrange, hétérogène et parfois virulent. Dans la lignée du Petit Prince de Saint-Exupéry, les voyages de Kino sont agrémentés de rencontres fantastiques au sein d’un univers fictif et original dont chaque pays cache un secret que la jeune fille ne tarde jamais à découvrir et qui devient un objet de réflexions pour le spectateur. A la fois contemplatif, philosophique et poétique, ce road-trip fonctionne comme une sorte d’invitation au voyage dont il faut apprécier chaque instant.

Millennium Actress

Le spectateur est emporté par l’impétueux torrent qu’engendrent les souvenirs de Chiyoko Fujiwara, célèbre actrice que deux journalistes viennent sortir de sa retraite. Une vie marquée par une simple rencontre, un amour inaccessible que l’actrice porte telle une malédiction tout au long d’une carrière qui la voit incarner de grands rôles sur un millénaire d’histoire. Satoshi Kon met en scène une course-poursuite où s’enchaînent souvenirs et prises de vue à coup d’épatantes transitions. Une anthologie où le cinéma n’est plus seulement un art mais une vie de joies et de regrets, menée au rythme des tremblements de terre.

Mushishi

Ginko erre à la recherche des mushis, ces formes de vie les plus subtiles dont l’homme a parfois du mal à s’accoutumer. L’anime transcende l’œuvre originale de Yuki Urushibara grâce à une réalisation qui donne admirablement vie à la nature onirique que parcourt Ginko. En arrangeant chaque récit dont les grands moments se trouvent accentués, la série dresse des tableaux peints entre récit fantastique et poésie contemplative, servis avec une très belle musique d’ambiance. L’univers insondable de Mushishi est le lieu d’étranges rencontres qui livrent le poignant manifeste de la communion de l’homme avec la nature.

Planetes

Planetes s’interroge sur la relation qu’entretiendra l’homme avec l’espace infini dans un futur proche : une sorte d’amour-haine où ceux qu’il possède éprouvent autant d’attrait et de fascination que de terreur et de solitude face au vide intersidéral. Cette représentation de la conquête spatiale du futur, criante de réalisme et de complexité, présente une petite équipe d’éboueurs de l’espace dont elle dessine le quotidien, les aspirations et les doutes en une réflexion sur l’univers et l’avenir. L’histoire adapte le manga éponyme de Makoto Yukimura en se focalisant sur Aï Tanabe, une nouvelle recrue qui découvre le dur métier de cosmonaute.

Tengen Toppa Gurren-Lagann

Notre héros déterre la clef-foreuse de la sauvegarde de l’humanité. Gainax monte un de ces shows débiles dont elle a le secret avec des mechas qui ressemblent à s’y méprendre aux vieux jouets de notre enfance et des combats qui déchirent tout en faisant péter des explosions de partout. Surprenante, pleine de rebondissements, de délires et de larmes, l’histoire s’inscrit dignement dans la lignée des Top wo Nerae, Evangelion et Fuli-Culi dont elle reprend les meilleurs ingrédients. Gurren-Lagann raconte avec fougue et dérision la retentissante évolution, l’ascension épique, sublime et irrésistible de l’humanité vers un ciel qu’elle transperce de sa puissante foreuse !