Tokyo Xanadu ex+ : patchwork réussi

La ville de Moriyama est le théâtre d’étranges phénomènes qui impliquent ses habitants. Des gens qui disparaissent, des accidents étranges, un épais brouillard. Serait-ce le signe avant coureur d’une catastrophe, comme le séisme de Tokyo il y a dix ans ? Kou est un lycéen pour le moins banal qui passe beaucoup de temps à faire des jobs à temps partiel. Un jour, il est témoin de la disparition de son amie d’enfance, Shiori. Il fait alors la rencontre de la belle Asuka qui l’emmène dans une dimension parallèle que l’on appelle « Eclipse ». Cette combattante affirmée, membre de l’organisation Nemesis, a pour mission de lutter contre les forces obscures qui dérangent le quotidien paisible des habitants de Moriyama.

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Avec ce Tokyo Xanadu on a un mix de ce qui se fait de mieux dans le petit monde du RPG : une ambiance et un concept à la Persona, des combats bourrins à la Ys, un système de gestion et un côté anime à la Trails of Cold Steel. On mélange bien le tout et on obtient un cocktail sympathique qui vous tient en haleine 40 heures minimum. Le temps de voir la True End. Au bout d’un scénario pétri d’émotions partout et qui n’en finit pas de se prolonger dans cette version ex+, même si je n’ai pas tenu longtemps dans l’After Story, vide d’intérêt à mon sens.

L’alternance légende urbaine et exploration d’Eclipse rappelle furieusement le concept Persona. Après un quotidien très fourni, Kou se retrouve presque chaque soir à explorer un labyrinthe infini, avec des monstres et des coffres. On nous livre du A-RPG bien sympathique mais dont les ficelles s’avèrent très vite limitées : on bourrine comme dans un bon vieux Ys, on parcourt les couloirs en long en large et au fond le boss nous attend. On cumule les hits, on place les attaques spéciales les unes sur les autres et on continue le scénario. Accompagné par des musiques qui parfois donnent vraiment la pèche. Au banc des accusées, on pointera du doigt une trop grande linéarité de l’ensemble, de ce système de compétence hérité des Trails in the Sky, de ces soi-disants labyrinthes qui se font plutôt en ligne droite. Mais aussi une répétitivité du challenge où chaque chapitre est ponctué de séances blabla, exploration d’Eclipse, boss de fin de couloir, séances blabla, etc.

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Si Tokyo Xanadu n’invente rien et reprend des vieilles ficelles, c’est avant tout un univers et un casting très charismatiques. Au fil des chapitres, Kou et Asuka viendront en aide à beaucoup de gens et leur cercle d’initiés grandira gentiment. Sora, une jeune passionnée de karaté qui craint d’avoir atteint ses limites. Yuuki, un geek qui a conçu une application faisant des prédictions un peu trop réussies. Shio, l’ancien chef d’un groupe de jeunes délinquants. Il y en a d’autres, que je ne citerai pas pour ne pas vous gâcher la surprise. A leur côté, on passe un temps fou à arpenter les quartiers de la ville, à côtoyer le tenancier du café, la fille du forgeron, la belle vendeuse d’antiquités, à compléter les quêtes disponibles via l’application NIAR de son Xiphone. On regrettera juste que leur relation avec Kou n’évolue pas vraiment malgré ces nombreux temps libres passés en leur compagnie. Et on se demandera toujours quel était l’intérêt de ce système mesurant l’intelligence, la bravoure et la vertu de notre héros.

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Mais si l’univers a du caractère, c’est en grande partie parce que ses personnages parlent énormément. Son côté bavard est une épée à double tranchant pour Tokyo Xanadu. Il aurait fallu sélectionner les propos les plus utiles au récit parce qu’à la longue, on en a marre de lire des dialogues pas toujours constructifs comme ces sempiternels messages d’encouragement des huit personnages jouables avant chaque grande bataille. D’autant pus que les concepteurs ont une tendance à la mise en scène quelque peu exagérée avec ces gros plans cinématiques qui parcourent les environnements avant chaque scène. Si cela pose parfaitement les décors et permet au joueur de s’introduire réellement dans l’univers de Xanadu, cela tue quelque peu le rythme de l’aventure.

Malgré tout, Tokyo Xanadu est un titre très ambitieux qui parvient à nous divertir plutôt bien en croisant les éléments d’un Persona avec la légèreté de l’univers Falcom. Chaque chapitre de la quête se suit avec un beaucoup de plaisir et l’histoire n’en finit pas de nous surprendre. Le joueur qui prendra le temps de traîner dans chaque quartier de Moriyama et d’en percer tous les secrets  ne sera pas déçu.

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