Devilman Crybaby – encore plus culte

Devilman-Crybaby01.jpgLà je viens de voir Devilman Crybaby, l’adaptation de l’œuvre culte de Go Nagai par le Studio SARU de Masaaki Yuasa. J’ai regardé tout ça d’une traite, sans m’arrêter pour un café. Une claque monumentale à la figure, comme j’en ai jamais eue cette décennie. Une fois levé de mon canapé, je me dirige vers un coin de ma bibliothèque où traînent encore les cinq volumes de la vieille édition Dynamic Visions. Bon sang ça faisait combien d’années ?

En feuilletant le manga, j’arrive pas à éviter de sourire. J’ai vraiment cru au départ que Miki et Akira faisaient de l’athlétisme dans le manga original. C’est passé comme une lettre à la poste. Il faut dire que le matériel de base a été intelligemment adapté et que Yuasa redonne au concept Devilman la cohérence et la structure qui lui manquait. Qu’il intègre des smartphone, une rivalité entre athlète ou des rappeurs dans l’ensemble n’est pas un sacrilège. Qu’il brode un peu autour de l’enfance des héros est aussi tout à son honneur. C’est une façon de rendre sa modernité à une œuvre qui fête dignement ses 50 ans.

Et là je me suis mis à repenser à Parasite, dont on a vu l’adaptation il y a quelques années. Et à me dire que l’adaptation était un peu trop fidèle avec le recul, qu’elle n’apportait pas grand-chose à un manga lui-aussi culte, que Yuasa faisait un travail d’adaptation autrement plus intéressant. Pourtant c’était déjà très bon.

Pour revenir à Devilman, au début, je n’ai néanmoins pas pu m’empêcher de crier au drame : où sont mes personnages à la Go Nagai ? Comment se fait-il qu’Akira ressemble au narrateur de Tatami Galaxy alors que j’attendais un clone de Kabuto Kouji à l’écran ? On pourrait croire dès lors que le style de Yuasa cherche à s’imposer sur l’œuvre de Nagai mais non, ils se marient parfaitement et quand Devilman bouge à l’écran, on ne peut s’empêcher de penser que les démons de Kemonozume avaient peut-être déjà un petit quelque chose de Go Nagai.

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Détail de «l’Enfer» du Néerlandais Jérôme Bosch (1453–1516)

Devilman Crybaby, Akira le pleurnicheur. C’est cette image du héros qui semble être restée à l’esprit du réalisateur quand il donne le titre à sa série. Et je doute qu’il se passe un seul épisode sans qu’on voie Akira verser des larmes, symbole de son humanité profonde. Au passage, la série parvient à transcrire toute la froideur et la folie énigmatique du personnage de Ryo. Cerise sur le gâteau, elle duplique même le charisme de la ravissante Miki.

Le Sabbat, les anges déchus, Sodome et Gomorrhe, l’Apocalypse, voici les grandes lignes de Devilman, que Yuasa reprend très respectueusement tout en approfondissant. Il n’édulcore rien, bien au contraire : il en rajoute. Il suffit de voir le traitement réservé aux familles de Miki et Akira pour s’en convaincre. L’anime cumule les scènes gores et érotiques, dans une plus grande mesure que Go Nagai lui-même. Yuasa pouvait bien se le permettre comme l’anime n’est pas paru sur un créneau de la télévision japonaise mais sur la plateforme Netflix, un choix pour le moins judicieux. Et le résultat est tout simplement exaltant, avec dans le pénultième épisode, un déchaînement d’une rare violence dans l’histoire de l’animation.

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«Le Grand Dragon Rouge et la Femme vêtue de soleil», William Blake (1757–1827)

Tout à travers ces 10 épisodes transpire la classe et l’admiration du réalisateur pour le manga d’origine. Et tout est mis en œuvre pour le magnifier à l’écran, que ce soit la mise en scène parfois hautement symbolique ou les morceaux qui détonnent dans l’ensemble mais accompagnent tellement bien cet instant culte remis au goût du jour qu’est Devilman Crybaby.

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