JoJo’s Bizarre Adventure: Diamond is Unbreakable

Quand le studio David Production annonçait l’adaptation de Jojo’s Bizarre Adventure en 2012, tous les fans partageaient l’espoir secret de voir leur partie préférée, Diamond is Unbreakable, adaptée un jour ou l’autre. Les saisons se sont depuis lors succédées, livrant chacune un moment d’animation d’anthologie. Et arriva le printemps 2016, qui vit ce souhait finalement exaucé : la quatrième partie commençait, le fameux Kira Yoshikage allait prendre vie sur le petit écran. 39 épisodes plus tard, on en ressort avec une telle claque à la figure que ça ne fait aucun doute : s’il y a trois mots à retenir de 2016, ce sont JoJo’s Bizarre Adventure.

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Dans cette quatrième partie, pas de voyage ni de grande expédition, toute l’intrigue se déroule dans un petit bled perdu nommé Morioh qui est le lieu de phénomènes étranges. Interpellé par la présence possible de malfaisants détenteurs de Stand, le héros de Stardust Crusader, Jotoro Kujo y rend visite à son oncle qui est en réalité de 15 ans son cadet : Josuke Higashikata, un bâtard né des infidélités du vieux Joseph Joestar. Très vite, il s’avère que Josuke est lui-même un détenteur de Stand, Crazy Diamond, qui a la faculté de restaurer toute chose à son état d’origine. C’est bien connu, le destin finit toujours par rapprocher les détenteurs. Et ils sont nombreux dans la ville à avoir goûté à la flèche des sbires de Dio Brando. Ensemble, ils feront face au grand danger qui menace la tranquillité de Morioh.

A l’instar de l’œuvre entière d’Araki, Diamond is Unbreakable est une série au style unique et parfois psychédélique. On est tout de suite frappé par l’ambiance kitch des rues de Morio où les personnages marchent sur du bitume vert sous un ciel jaune mandarine parfois agrémenté de nuages roses. Un choix de couleurs pour le moins étrange qui accompagne la sempiternelle grandiloquence des héros de la saga. Avec ses biceps herculéens, sa façon époumonée d’invoqué son Stand, ses poses de danseur de ballet et sa coupe à la Travolta, Josuke est le digne héritier de la famille Joestar. C’est avant tout ce style unique qui fait de JoJo’s Bizarre Adventure un grand moment d’animation. En effet, David Production semble quelque peu avare en séquences animées sur ce coup, misant énormément sur les gros plans, les effets spéciaux et onomatopées qui déchirent l’écran. Artistiquement, ça déchire donc mais en termes d’animation pure, on fait un pas en retrait depuis Stardust Crusader.

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Le manga d’Araki a été très fidèlement adapté. Ayant lu cette quatrième partie il y a fort longtemps, mes souvenirs étaient suffisamment vagues pour que je puisse pleinement apprécier toute la folie géniale que dégage le récit, l’adrénaline typique des Jojo’s. La série bat son plein sans temps morts malgré sa structure épisodique. On peut en effet la diviser en différents arcs focalisés sur autant de détenteurs de Stand avec lesquels Josuke et ses amis en décousent. Beaucoup reprochent à la série de présenter des épisodes superflus, des possesseurs de Stand qui ne participent quasiment pas à la chasse à l’homme qui prend place dans les rues de Morio. Pourtant chacun d’entre eux donne une âme à ce petit univers et y apporte son petit grain de sel. Le petit Koichi qui devient grand au fil des épisodes et le voyou Okuyasu qui s’adoucit au contact de Josuke n’ont peut-être pas le charisme d’un Polnareff mais Rohan tire plutôt bien son épingle du jeu. Et les ennemis d’hier deviennent bien sûr les amis de demain, participant à la banalité du quotidien de Josuke avec ses initiatives toujours plus loufoques pour se trouver de l’argent de poche. Au contact de ses habitants, le spectateur est ainsi appelé à vivre réellement le quotidien de ce petit bled qu’est Morio.

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Une des grandes forces de Diamond is Unbreakable est de présenter des affrontements tout en stratégie entre les différents détenteurs de Stand. D’une créativité et d’une ingéniosité rares, avec des Stands aux pouvoirs toujours plus complexes et inédits. Les muscles pourtant fort saillants du héros ne l’aideront en rien : c’est avant tout une guerre de tactique et de caractère que se livrent les protagonistes. Avec un paquet de tension et d’adrénaline, des situations souvent désespérées pour nos héros avant ce « deux ex machina » qui semble sortir de nulle part mais qui avait été calculé bien à l’avance. Le spectateur est souvent désabusé devant ce cocktail absurde et pourtant tellement épique d’action, de dramatisation et de second degré. L’autre grande force, c’est bien sûr Kira Yoshikage, l’antagoniste qui supplante même l’illustre Dio de par son intelligence, ses troubles obsessionnels, ses fétichismes et sa complexité. Car un type qui n’ambitionne que de vivre comme une plante mais qui a tendance à tuer toutes les jolies jeunes femmes qu’il croise, c’est pour le moins ambigu.

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Avec le matériel à disposition, Diamond is Unbreakable ne pouvait être qu’un succès. On tient en effet un tout grand divertissement, sans doute le meilleur shônen adapté à l’écran cette décennie. Pour la suite, j’avoue avoir arrêté le manga après Golden Wing. Mais l’adaptation de David Production fait tellement honneur à l’œuvre originale que je ne serais pas surpris d’apprécier finalement un chapitre qui m’avait détourné de cette épique saga. Réponse très bientôt, le succès de la série justifiant pleinement que les parties suivantes se voient un jour adaptées.

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