See, Hear, Love – il est aveugle, elle est sourde

Alors qu’il consacrait son existence à dessiner des manhwas, Min Geun Soo devient aveugle. L’un des plus grands plaisirs de Jeon Sori est d’attendre la sortie en ligne des chapitres de « Only for you ». Désespérée par l’absence de mise à jour, elle décide de débarquer à l’improviste chez l’auteur. Cette jeune fille est sourde…

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See, Hear, Love raconte l’histoire d’un jeune manhwaga,  Min Geun Soo. Un manhwaga est l’auteur d’une bande-dessinée en Corée et comme beaucoup, Min Geun Soo publie son manhwa sur un site Internet. On procède donc à une sympathique mise en abîme du propos comme See, Hear, Love est justement un manhwa dessiné par le pseudonyme Nasty Cat et traduit en anglais sur la plateforme officielle Spottoon.

Ce webcomic coréen possède une touche graphique particulière. On sera surpris par l’abus de SD dans les premiers chapitres. Le trait simpliste de l’auteur rend les personnages particulièrement attachants et souligne bien leur handicap. Au côté de Sori, Geun Soo semble apaisé malgré ses yeux perpétuellement clos. A contrario, la jeune fille est souvent représentée avec de grands yeux pleins de volonté et un large sourire. On s’attache beaucoup à elle, à son entrain et à ses borborygmes. Les décors ne sont pas très fournis mais rappelons tout de même que les  chapitres se lisent en scrolling vertical et que ce procédé permet de créer des effets de suspens ou de ménager des transitions entre les scènes. Parfois même de suspendre un événement dans le temps.

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Elle est sourde (et muette), il est aveugle. Difficile de communiquer dans cette situation. Sori est obligée d’écrire dans la main de Geun Soo tandis que celui-ci utilise un ordinateur. Les premiers chapitres décrivent à merveille cette mystérieuse relation ainsi que la complémentarité qui s’établit entre les deux êtres. Elle met la brosse à dent dans la bouche de son petit ami; il l’avertit quand la cocotte-minute se met à siffler. Elle observe le feu à un passage clouté; il la pousse de côté quand une voiture approche derrière eux. Elle aimerait l’entendre parler; il voudrait tellement savoir à quoi elle ressemble…

La petite promenade qu’ils entreprennent tous les deux sur la colline permet de goûter à cette douce intimité qui règne au sein du couple et au caractère de chacun. Un moment qu’apprécie tout particulièrement Geun Soo, qui, dans un élan de romantisme, écrit à sa petite amie qu’il aime entendre le son des feuilles tombant sur le sol. La réponse de Sori est un peu plus cocasse que romantique…

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See, Hear, Love n’est pas un simple regard sur le bonheur quotidien de ce petit couple. Les douces tranches de vie des premiers chapitres sont en réalité entrecoupées par celles, bien plus sombres, qui montrent comment Geun Soo est progressivement devenu aveugle. Le lecteur mesure parfaitement la panique qui s’empare de ce jeune homme d’autant plus qu’il doit s’occuper d’une mère qui souffre de démence. La vie entre l’aveugle et la sourde n’est pas un long fleuve tranquille comme beaucoup de personnes autour d’eux refusent d’accepter cette relation improbable. C’est le cas l’assistante manhwaga de Geun Soo et du riche patron d’entreprise qui s’est entiché du sourire innocent de Sori. Au fil du récit, des chapitres reviennent sur le passé de ces personnages qui se sont rassemblés autour de Geun Soo suite à la lecture de « Only for you », à l’instar du sympathique paramedic qui vient souvent en aide au jeune couple. Comme si l’oeuvre était parvenue à agrandir l’univers de son auteur.

Je vous conseille donc vivement la lecture de cette romance trépidante et pas comme les autres. Parce qu’elle décrit la rencontre entre deux handicaps que tout oppose, parce qu’elle présente des personnages sympathiques au background bien creusé, parce qu’elle possède cette délicieuse pointe de mélodrame propre à beaucoup d’œuvres coréennes.

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Depuis mon article consacré aux webcomics coréens, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. La première oeuvre dont je parlais alors a été publiée dans nos contrées où le titre est devenu Dix-huit et Vingt ans. En ce moment, on suit la sortie de ReLive chez l’éditeur Ki-oon, qui vient d’être adapté en anime. Je suis néanmoins trop perplexe à l’égard de la mise en papier d’œuvres faites pour être lues en scrollant les chapitres pour investir là-dedans. Dans le même genre, je vous conseille Annarasumanara, la rencontre entre une jeune fille en détresse et un mystérieux magicien dans un parc d’attraction abandonné ainsi que The Friendly Winter qui met en scène un duo possédant des handicaps tout aussi contrastés mais particuliers : une jeune fille de 19 ans au corps de gamine et un grand garçon de 17 ans avec l’intellect d’un gamin.

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