Master Keaton T12 – dernière escale roumaine

Master Keaton, j’avais déjà parlé des différents OAV il y a cinq ans. Et j’en gardais un souvenir suffisamment bon pour sortir 15 euros du portemonnaie pour les tomes publiés trois ans plus tard en édition deluxe chez Kana. Le nombre de page, le soin donné à la traduction et la qualité du papier avec quelques pages couleur les valent bien. Je referme à l’instant le dernier volume et je me dis que finalement, c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai suivi les aventures de l’archéologue et enquêteur ces trois dernières années. Chaque tome nous servait une dizaine d’aventures pas toujours trépidantes il faut bien l’avouer mais somme toute fort sympathiques.

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C’est avant tout la bonhomie et le charisme de Taichi Keaton qui m’ont plu, la trajectoire qu’il suit également. Il s’agit de l’archétype du personnage qui se perd un peu dans son parcours. Après avoir eu sa licence en archéologie à l’université d’Oxford, Keaton ne parvient pas à accomplir son rêve : réaliser des fouilles dans le bassin du Danube et prouver que cette région est le berceau de la civilisation occidentale. Sans argent ni renommée, cela lui est impossible. Et on voit bien au début de ce dernier tome combien le petit monde de l’académie et des érudits est joliment pourri. Un monde où l’important est de faire partie d’un cercle, de lécher les pattes des supérieurs à travers les sorties de golf et de karaoké. Avec des professeurs qui cherchent à s’attribuer le mérite des autres en publiant leur mémoire à leur nom. Et on sent que Keaton n’est décidément pas fait pour la vie universitaire. Ses idées sont d’ailleurs trop originales pour s’inscrire dans un moule.

Master Keaton, c’est aussi une histoire de famille un peu délicate. Taichi a eu une fille alors qu’il était encore étudiant mais est depuis longtemps séparé de sa femme qui vit en Angleterre. Ce dernier tome est l’occasion d’aborder l’avenir de Yuriko qui s’apprête à 18 ans à entrer à l’université et cherche à suivre les traces de son père en faisant archéologie à Oxford. Et on a droit en prime à son premier amour avec un jeune garçon qui voit son rêve d’études universitaires brisé par une situation familiale difficile. Et Taichi s’inquiète plus pour ce premier amour de sa fille que son orientation soit-dit en passant. Au final, on n’aura jamais pu voir la mère de Yuriko, l’épouse de Taichi. Mais le grand-père est toujours là, drôle et un peu vicieux pour son âge.

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Je parlais du parcours de Keaton. Master sergeant au SAS britannique : ça en jette sur le CV. Mais Keaton en est très vite sorti afin de bosser comme enquêteur pour une assurance. Des enquêtes qui le mènent aux quatre coins du monde. Il faut savoir que le manga a été publié entre 1988 et 1994 et traite des thématiques d’actualité comme la chute du mur de Berlin et l’effondrement du communisme, des témoignages d’un monde en changement et des conséquences sur différents types d’individus. Ce dernier volume s’intéresse à la Roumanie quelques années après la révolution de 1989 qui a vu la spectaculaire exécution des époux Ceausescu. Une région qui attire Keaton car située près du Danube. Il s’empresse donc d’accepter l’enquête sur des voitures volées. Une enquête qui prendra une ampleur démesurée pour nous mener vers final tout simplement remarquable où notre Master montre une fois de plus qu’il possède la polyvalence d’un Mac Gyver. En attendant la suite prévue en janvier. A ce propos je suis un peu sceptique au vu du trait qu’a pris notre héros. Jugez plutôt cette page couleur…

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Je n’arrive pas à dire si Keaton a pris du caractère ou s’il a perdu de sa bonhomie. Il est juste différent. Plus taciturne, désabusé, moins jovial… Là il prend même un air de Chuck Culkin… C’est peut-être juste que le trait de l’auteur a pris de la bouteille.

Au final, Master Keaton se lit comme un ensemble d’enquêtes, de découvertes et parfois de tranches de vie assez pittoresques mais toujours sympathiques. Comme toute œuvre de ce genre, il y a clairement des hauts et des bas mais suffisamment de hauts pour en faire un titre incontournable pour les fans de l’auteur.

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