Cartagra

Takashiro Shugo est un ex-policier qui travaille désormais comme détective privé et squatte un petite chambre d’un bordel. Quand on lui demande de retrouver Kozuki Yura, une jeune femme qui a mystérieusement disparu depuis quelques années, Shugo se sent particulièrement impliqué comme il a eu autrefois une relation avec elle. Il est assisté dans son enquête de Kozuki Kazuna, la jumelle de Yura, une demoiselle très enjouée et convaincue que sa sœur est encore en vie. Pendant ce temps, des meurtres assez macabres déchaînent la chronique et fait une victime dans le bordel qui l’abrite.

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Trois ans après Kara no Shoujo, on a droit à un nouvel eroge d’Innocent Grey. Cartagra est pourtant sorti trois ans… avant Kara no Shoujo sur l’archipel. Ca ne nous avance pas tout ça. Beaucoup estiment que la boîte est alors à ses balbutiements et que Cartagra ne tient pas la longueur face à son aîné. Ce n’est donc pas sans appréhension que je me suis lancé dans l’aventure. Au final j’en sors agréablement surpris. Peut-être parce que le souvenir de Kara no Shoujo n’était plus tellement frais dans ma mémoire. Cartagra possède néanmoins des qualités qui m’ont scotché une vingtaine d’heures alors que les visual novels ne me tiennent plus vraiment en haleine.

La qualité première du titre est d’aller à l’essentiel. La trame est vite mise en place, les personnages sont introduits sans trop de cérémonie et les dialogues ne se perdent jamais dans les champs. Contrairement à la grande majorité des nakige sortis ces derniers temps, Cartagra ne nous baratine pas avec des séquences dating-sims à deux balles. Il n’y a pas un dialogue qui ne fasse pas avancer l’action. Du coup les séquences semblent parfois très abruptes : à peine est-on sur une route que l’héroïne vous saute dessus et que ses éventuels problèmes sont ficelés. Bref, je me suis pas emmerdé une seconde dans la lecture et je n’ai pas eu à utiliser la touche ctrl : un exploit.

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Deuxième qualité : l’ambiance. On est dans le Japon d’après la guerre et les décors ont donc une délicieuse touche rétro un peu comme dans KnS. Le point fort du titre est d’alterner les séquences macabres et comiques avec un certain brio. Dans Cartagra, soit on se marre soit on flippe. L’histoire s’appuie sur un casting étoffé. Il y a la sœur de Shugo, Nana, qui vole carrément la vedette à son frère tellement elle est en avance sur l’enquête. Et qui lui voue une admiration… inquiétante. Il y a les employées du bordel qui forment la petite famille de notre héros et qui s’en occupent… plutôt bien. Il y a d’autres mais surtout, il y a le vieux marchand de takoyaki. Qui supplante tous le casting en termes de charisme et d’inutilité dans l’histoire.

Mais l’ambiance de Cartagra, c’est surtout une bonne dose d’horreur avec des corps démembrés, mutilés, empalés, des scènes de viol et ce qui entoure l’aspect eroge est souvent délicieusement grotesque. Enfin, j’imagine qu’il faut être un peu dérangé pour utiliser cet adverbe ^^’ J’entends par là que chaque route s’achève par une bad end retentissante, des séquences durant lesquelles on croit halluciner. Et comme elles se font à une vitesse éclair et se terminent toujours en surprenante apothéose, ça rend la quête de chaque fin irrésistible et addictive.

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Mais j’ai pas seulement apprécié le délire qui vous prend aux tripes quand vous vous écartez du droit chemin, j’ai aussi trouvé bien amenée cette enquête autour des meurtres, de la disparition de Yura, de la secte et la fin ficelle adroitement le tout. Et le récit est vraiment bien mis en scène avec un joli nombre de CG qui viennent enrichir le background lors de certaines séquences. Et tout ça c’est très beau (est-ce utile de préciser pour un produit d’Innocent Grey?) Au final, Cartagra est un eroge que j’ai beaucoup apprécié. Beaucoup le trouveront court après le complexe Kara no Shoujo. Personnellement, j’ai autant aimé que la trame soit simple et la true route vous tient d’autant plus en haleine qu’elle est riche en rebondissements. Vivement Kara no Shoujo 2.

Une réflexion sur “Cartagra

  1. « Il y a d’autres mais surtout, il y a le vieux marchand de takoyaki. Qui supplante tous le casting en termes de charisme et d’inutilité dans l’histoire. »

    Ah, le vendeur de takoyaki, le véritable héros de cette histoire x)
    Paraît-il qu’il est de retour dans KnS 2 (Ainsi que Tôji, hype!), je suis sûr qu’il y a un rôle prépondérant.

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