Sidonia no Kishi

56019lLes mangas de Tsutomu Nihei, c’est vraiment pas ma tasse de thé. Je me souviens vaguement avoir tourné les pages de Blame! il fut un temps, sans trop chercher à comprendre. Ses planches pètent la classe, l’univers qu’il met en scène a du charisme. Le récit s’avérait trop sibyllin pour que j’apprécie. C’est avec un peu d’appréhension que j’ai accueilli l’adaptation de son dernier titre, Sidonia no Kishi. J’en sors séduit.

Le Système solaire a été pulvérisé par une mystérieuse race extraterrestre appelée « Gauna » voici un millénaire. Les survivants voyagent à travers l’espace à l’intérieur de gigantesques vaisseaux. Depuis la mort de son grand-père, Tanikaze Nagate vit seul dans les entrailles de l’un d’entre eux, le Sidonia. Durant toute son enfance, il a reçu l’entraînement d’un chevalier destiné à protéger le vaisseau de la menace extra-terrestre. Il est temps de le mettre en pratique.

Voilà un synopsis simple à comprendre, à croire que Tsutomu Nihei s’est assagi et qu’il souhaite toucher à quelque chose de plus mainstream. Les grandes lignes de Sidonia no Kishi n’ont rien d’originales et semblent très souvent s’inspirer d’Evangelion. Une menace extra-terrestre, de jeunes gens qui luttent à l’intérieur de gigantesques mechas, qui doutent et craignent pour leur lendemain. Devoir, orgueil, rédemption, désespoir. Avec une touche science-fiction post-apocalyptique particulièrement élaborée. Les derniers représentants de la race humaine  se nourrissent par photosynthèse, se reproduisent de manière asexuée, sont bénis d’une éternelle jeunesse et libres de choisir leur genre. Notre héros Tanikaze est particulier comme il a grandi à l’écart de la société. Il vieillit normalement et a besoin de trois repas quotidiens.

Si le spectateur ne perd jamais le fil du récit, cela ne signifie pas pour autant qu’il est sans profondeur, au contraire. L’histoire de la communauté de Sidonia et de sa lutte contre les Gauna est parfaitement diluée à travers les 12 épisodes. Les informations vont bon rythme, associées à une action qui nous tient toujours en haleine. On se demande comment la série trouve la place pour quelques scènes du quotidien qui nous permettent de mesurer l’harmonie et les dissonances au sein d’une communauté plus complexe qu’il ne paraît. Les mystères foisonnent et on sent bien vers la fin que cette simple saison ne suffira jamais à répondre aux questions entourant l’existence des Gauna, les armes développées pour les abattre et le projet de terraformation. Pas de souci pour autant : une suite a déjà été annoncée pour très bientôt.

La réalisation s’appuie sur des images de synthèse qui rendent plutôt bien le côté futuriste et cyberpunk de l’univers de Tsutomu Nihei. Les paysages artificiels de Sidonia dégagent beaucoup de charme, les mechas ont de l’allure, les ennemis possèdent un côté mystique et les batailles prennent véritablement vie. Si la 3D dans les animes fait généralement débat, j’ai été plutôt séduit par le résultat et je pense que les producteurs ont réussi leur pari en s’adressant à l’obscur studio Polygon Pictures.

Sidonia no Kishi

Impossible de donner un jugement définitif comme le récit n’en est qu’à ses prémisses. Cette première partie livre beaucoup de promesses pour la suite avec un casting attachant, un univers parfaitement mis en place et une très bonne intrigue. En regardant Sidonia no Kishi, j’étais content de pouvoir enfin apprécier l’univers si délicieusement cyberpunk de Nihei et un genre auquel je ne croyais plus.

8/10

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