Ping Pong The Animation

Sans titre 2La rencontre entre Taiyou Matsumoto et Masaaki Yuasa est un rêve devenu réalité ce printemps. Le premier est l’auteur de quelques mangas qui restent underground malgré une fantastique adaptation sur grand écran (Amer Béton) ou un Prix culturel Ozamu Tezuka (Le Samouraï Bambou). Le second possède déjà une large fanbase avec ses réalisations toujours si hétéroclites. Depuis The Tatami Galaxy, on n’a pas eu grand chose à se mettre sous la dent mis à part un Kick-Heart qui aura plus fait parler de lui en raison de son financement que de sa valeur… L’annonce d’une adaptation du grand Ping Pong par Yuasa a été pour moi une surprise enthousiasmante. Et qui tint ses promesses!

Dès le premier abord, on comprend que le style Yuasa se marie parfaitement avec le trait sale et atypique de Matsumoto. Les protagonistes dégagent toujours cette brute authenticité qui ressortait des planches du manga. Le spectateur non averti risque ainsi un premier contact difficile. Le chara-design pourra sembler un peu crade tandis que le jeu sur les plans et les formes déroutera sans-doute ceux qui n’ont jamais vu Kemonozume ou Kick-Heart. Le tout n’est en outre pas vraiment de première fraîcheur avec des couleurs bien ternes, des décors vides et rigides, trahissant un budget assez pauvre. Ping Pong reste pourtant un bijou d’animation grâce aux inventions de Yuasa. Les matchs sont un régal à suivre car les effets spéciaux compensent facilement un petit manque de dynamisme. Le tout dernier en marque l’apothéose avec ses mouvements de caméra autour de la table, ce style monochrome, les gestes des joueurs réfléchis pour chaque coup. Chaque match est une véritable oeuvre d’art d’animation.

Ping Pong, c’est l’histoire de quelques adolescents qui s’adonnent à une passion. Ils ont tous des profils assez particuliers et on s’intéresse tout particulièrement au tandem formé par Smile et Peco, deux amis de longue date qui ont grandi autour des tables. Peco adoptant un style souvent fantaisiste tandis que Smile joue comme un métronome. On suit les aléas de leur passion dans le petit club de leur école. L’un va goûter au découragement causé par la défaite. L’autre ne parvient pas à jouer sans état d’âme pour son adversaire. Car l’univers des compétitions est bien plus complexe qu’il ne paraît : c’est plus qu’une simple victoire qui se joue lors des multiples confrontations, le ping-pong prenant une place importante dans la vie de chacun. Mais finalement, seule reste l’image d’un sport symbolisant l’harmonie entre deux adversaires qui échangent bien plus que de simples coups droits et revers.

Sans titre 1

Ping Pong est pour moi l’adaptation parfaite d’un manga culte. Les planches de Matsumoto ont resurgi de leurs cendres pour prendre vie. L’amalgame réussi d’une réalisation atypique et d’un paysage du sport et de l’adolescence.

9/10

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