Le puzzle des sept boules de cristal enfin reconstitué

J’ai enfin lu Dragon Ball. En moins d’une semaine. Mine de rien, cela fait bientôt sept ans que je lis des mangas et malgré les milliers de volumes que j’ai lus durant ce temps, j’avais boycotté la fameuse saga d’Akira Toriyama. J’ai pourtant bientôt fait le tour des séries qui passaient sur Club Dorothée à l’époque. Quelque chose me retenait. Il faut dire que la partie que je connais le mieux de la série TV, c’est certainement DBGT. Et j’aimais bien suivre la quête des boules de cristal de Pan, Trunks et mini Goku à travers l’univers. J’aimais bien aussi la dernière transformation de Sangoku, ce niveau 4 qui avait de la gueule. A tel point que je m’étais acheté un jeu de baston assez pourave sur PS1 : Dragon Ball Final Bout. J’en reviens pas encore aujourd’hui que j’aie pu m’acheter une telle épave et je me souviens même d’y avoir mis le prix. Je ne me rendais pas compte de la nullité du titre comme je n’avais pas joué à Tekken.

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A l’époque, j’étais tombé par hasard sur les films diffusés sur Rai Due. J’allais très souvent sur la chaîne italienne car je suivais l’évolution du Calcio en temps réel… sur télétexte. Ce fut l’occasion d’effectuer mes premières armes dans la langue de Dante. J’ai vu un bon paquet de films, je ne me souviens pas exactement du nombre. Ni des histoires d’ailleurs. Un vague souvenir de l’épisode de Bardok et de celui qui reprend l’affrontement contre Ruban Rouge en accentuant l’amitié entre Goku et le robot. Tellement vague que je dis peut-être n’importe quoi. Je me souviens avoir acheté les deux derniers films en VHS. Ils doivent traîner au grenier. Mais remontons au début des années 90 et à l’époque Club Dorothée. Là c’est encore plus flou et je n’ai plus qu’un vague souvenir de l’interminable combat contre Freezer qui devait bien s’étaler sur une dizaine d’épisodes. Comme Saint Seiya, je ne regardais qu’occasionnellement la série.

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J’ai pas trop envie de vous emmerder plus longtemps avec ces quelques lignes nostalgiques. L’exercice me permet juste de comprendre un peu mieux pourquoi j’aime toujours autant les mangas aujourd’hui et Dragon Ball en tant que principal pion de l’époque Dorothée est assez emblématique dans ce sens.

Et donc cette semaine j’ai dévoré les 42 volumes de la saga. Faut croire que je m’ennuyais or paradoxalement je suis en vacances dès aujourd’hui. Donc j’ai lu et j’ai vu que tout ça était bien sympa. J’avais prévu au départ de m’arrêter quand Sangoku serait grand (après c’est nul, c’est bien connu) mais au fil de la lecture, j’avais juste envie de passer au chapitre suivant comme tout allait à bon rythme. Faut dire que l’anime doit être d’une lenteur soporifique s’il adapte 42 volumes en quelques 450 épisodes. J’ignore s’il y a des fillers mais en y repensant, j’ai toujours cette image d’un combat contre Freezer suspendu dans le temps. Dragon Ball se lit infiniment mieux qu’il  ne se regarde. On tourne les pages sans trop rechigner et le fait que chaque chapitre dure une quinzaine de pages seulement contribue au dynamisme de l’ensemble. J’ai passé en moyenne 20 minutes sur chaque tome. Quand on pense qu’il m’a fallu 2 heures pour terminer le dernier One Piece…

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Le premier volume dégage un charme divin. L’univers est admirablement mis en scène en des décors que l’on ne retrouve quasiment plus dans les tomes suivants. Un univers où d’étranges capsules  permettent de voyager avec sa maison avec soi. Ce n’est qu’en lisant le manga que j’ai saisi ce concept assez génial!  Rien que les premières planches montrant Sangoku goûter à la vie sauvage inspirent une fraîcheur unique et une ambiance bon enfant que l’on regrettera par la suite. Sa rencontre avec Bulma, personnage haut en couleurs, lance l’aventure de la plus belle des manières en introduisant ces boules de cristal autour desquelles tournera tout l’univers Dragon Ball. L’humour pipi-caca et le caractère ingénu de Sangoku sont irrésistibles et provoque une bonne dose de fou-rires. La petite touche de fan service également. La première quête est l’occasion de quelques sympathiques rencontres : celle de Yamcha, du petit cochon métamorphe Oolong, de Chichi et de Tortue Géniale. Une quête au fond très courte mais riche en péripéties. Il se passe bien plus de choses dans ces deux premiers volumes que dans les futurs arcs centrés sur les vilains méchants.

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Le premier tournant de la saga n’est pas situé pour moi à la quinzaine mais après cette aventure, quand commence l’entraînement de Tortue Géniale puis le premier grand tournoi. L’univers perdait déjà une grande part de sa magie en se focalisant sur les combats, un aspect qui n’était pas sérieusement mis en avant dans la première partie comme Sangoku rétamait tous ses ennemis. Toute la partie contre Ruban Rouge n’en demeure pas moins sympathique et c’est là que Sangoku commence à évoluer de manière hallucinante quand il rencontre Maître Karin qui détient l’élixir divin.

Tout le reste n’est que succession de grands tournois et grands méchants, de morts et résurrections, le tout agrémenté d’une évolution intensive : après Tortue Géniale et Maître Karin, c’est au tour de Dieu puis de Kaio de booster notre héros. Avec des concepts parfois sympas comme cette salle de l’esprit et du temps pour dépasser toutes les limites en quelques heures – unité de temps oblige. En lisant le manga, j’ai néanmoins pu comprendre les transitions quelquefois brutales entre chaque chapitre. A l’époque j’ignorais totalement pourquoi les personnages étaient sur la planète Namek, qui était Trunks, quelle était la nature de Cell et même pourquoi Piccolo et Végéta s’étaient rangés du côté des gentils. Je savais juste qu’ils se battaient à la mort. Aujourd’hui, ce gigantesque puzzle qui me hantait depuis mon enfance est enfin reconstitué.

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A travers la lecture, il y a deux choses qui m’ont tout-de-même bien surpris. Tout d’abord le respect qu’a Sangoku pour ses ennemis alors même qu’ils tuent tous ses amis. Sa fierté de guerrier qui le pousse à les affronter à leur plus haut niveau, à les régénérer au risque de foutre la planète entière dans le pétrin. Dragon Ball se démarque des autres titres du genre car il place clairement cette envie de se surpasser, de toujours viser de nouveaux sommets avant la sauvegarde du monde. Jamais un héros n’a manifesté autant d’insouciance que Sangoku. Et au fond, on ne peut décemment pas prendre au sérieux les nouvelles menaces, sachant que de toute façon Shenron ressuscitera tout le monde. Et il y a toujours se souci constant chez Toriyama de bien expliciter les rapports de force, en les mesurant sur une échelle qu’il finit lui-même par ne plus comprendre ou en faisant réapparaître le dernier vilain méchant sensé être ratatiné (Freezer et son.. père) pour montrer qu’on est désormais bien plus fort.

Second point qui m’a étonné, c’est justement en rapport avec les souhaits effectués à l’aide des boules de cristal. A deux reprises, (une fois par Yamcha puis par Végéta si j’ai bon souvenir), on demande à Shenron de ressusciter tous les habitants de la Terre tués par le vilain méchant sauf les criminels. Après réflexion, je doute qu’il s’agisse même d’une stratégie pour ne pas faire resurgir certains ennemis. J’y vois plutôt un parti prix pour la peine capitale terriblement violent quand on connait l’étendue du qualitatif de « criminel ». Il n’y a peut-être pas de quoi s’offusquer dans un pays qui applique encore la peine de mort mais un tel manichéisme à de quoi faire grincer des dents…

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La saga s’achève avec Boo, alors que l’autodérision fuse de toute part. Piccolo et Gotrunks nous servent une parodie de Jeanne et Serge, Sangoku vend Bulma à l’ancien Kaio Shin comme une pute, clin d’œil masqué à l’humour des premiers volumes. Et que dire de cette ridicule danse de la fusion qui ne sert en définitive à rien tellement les jeunes attrapent la grosse tête. Des jeunes auxquels Sangoku n’aura jamais passé le témoin malgré son souhait. A quoi bon d’ailleurs? Il profite d’une éternelle jeunesse due à ses origines et poussera le vice jusqu’à revenir rajeuni dans DBGT, cette saga totalement étrangère à Akira Toriyama qui tente en vain de recréer la magie des premiers volumes. Que l’auteur l’ait voulu ou non, Dragon Ball n’est pas un regard tourné vers l’avenir, c’est plutôt la célébration d’un héros qui aura grandi en même temps que ses lecteurs durant les dix années de publication du manga. Enfin bon, il était déjà grand quand, tout petit, je le regardais à la télé.

4 réflexions au sujet de « Le puzzle des sept boules de cristal enfin reconstitué »

  1. tu sais que cette année c’est l’année des 30 ans de Dragon Ball? il était temps de le lire !
    Nice avis.

    Sinon un One Piece se lit aussi vite qu’un HxH, çà parle pas mal pour un shônen, je mets souvent plus d’une heure pour en lire un.

  2. Heureusement que Glénat à réedité son manga en supprimant purement les « Sangoku » et « Tortue Géniale » avec un peu de chance, la prochaine génération de fan ne sera pas empoisonné par les premiers noms calamiteux.

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