Danganronpa – Le juge est un ours

Upupupu… Bienvenue à l’académie Kibougamine où vous allez passer une agréable éternité à vous entretuer avec 14 camarades de classe. Les règles du jeu sont simples : celui qui parviendra à réaliser un meurtre sans être démasqué aura le droit de sortir de cet établissement  entièrement coupé de l’extérieur, dont chaque fenêtre a été recouverte d’une épaisse couche d’acier copieusement boulonnée. Naegi est admis dans cette école de renom en tant que Super Duper High School Luckster (en gros, il a été joyeusement tiré au sort) tandis que les autres ont été sélectionnés parmi l’élite des étudiants.

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Balancé de la sorte, on dirait un plot à la croisée d’un Battle Royale et d’un Ace Attorney. Et à vrai dire, c’est un peu ça. C’est grâce à l’adaptation TV diffusée durant cet été que je me suis intéressé à Danganronpa. Le plot me paraissait sympathique mais j’étais pas du tout convaincu par le traitement de l’adaptation et surtout pas par le chara-design. Il faut dire que chaque personnage a une dégaine bien particulière. On a un otaku gros comme un éléphant, une monstrueuse combattante (limite androgyne), une star de baseball au bouc affreux et j’en passe. Bref, tout ça piquait terriblement les yeux à l’écran et j’ai préféré vite me lancer sur le visual novel où ça passe beaucoup mieux. Et je confirme : Danganronpa, ça tue.

L’ambiance électrique qui règne dans l’établissement est bien mieux rendue dans le jeu original. Danganronpa dégage une ambiance funky et dynamique avec des sprites très expressifs (je dirai même exagérément expressifs mais c’est tellement bon qu’on va pas s’en offusquer) qui se mettent en sauter quand on lance la conversation. Les dialogues ne sont pour la plupart pas doublés mais commencent par quelques onomatopées ou stances qui révèlent un état d’esprit particulier.

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Le format visual novel laisse aussi davantage le loisir de s’approcher des personnages et d’interagir avec les environs. On peut déambuler à travers l’école en vue subjective, fouiller un peu partout façon « point and click ». Le titre nous offre ainsi un certaine liberté d’action sans qu’on ait le loisir de trop se perdre. Danganronpa propose pas mal de choses pour agrémenter notre petit séjour dans l’école. Déjà l’accès aux autres étages est progressivement ouvert, permettant de commencer chaque chapitre par une phase d’exploration. En attendant le déclenchement des hostilités, on peut profiter des phases de temps libres assez traditionnelles. Il s’agit en gros de passer du temps avec ses camarades et de leur offrir un cadeau trouvé en mettant des pièces dans un gashapon. Quand l’affinité avec un personnage augmente, on obtient des compétences utilisables durant les jugements. Une phase sympathique mais un peu inutile si vous n’avez pas choisi une difficulté de jeu élevée.

La mascotte de Danganronpa, Monokuma, sert en quelque sorte de directeur de l’école qui fixe les règles de l’établissement. Un gros nounours bien sympathique avec sa façon ricaneuse de parler et son sadisme affiché. Il rythme la vie quotidienne en servant de réveille-matin, en jouant une petite pièce de théâtre qui berce notre nuit, des réflexions à deux balles teintes de cynisme et d’absurde. Les 15 camarades auraient peut-être coulé des jours paisibles ad vitam dans l’établissement si Manokuma ne sortait pas régulièrement une carotte pour la brandir sous leur nez, pour les inciter à s’évader de leur prison, à tuer en douce quoi. Le nounours doit sans cesse renouveler leur motivation faute de quoi il risquerait de s’ennuyer mortellement – et nous aussi en passant.

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Puis un meurtre met fin brusquement au train-train quotidien, un cadavre avec du sang rose – bonjour censure – et des indices partout. L’enquête commence et c’est à vous de récolter un max d’éléments, de faire en sorte que le jury prenne la bonne décision. Car Monokuma sait qui est l’assassin – il y a suffisamment de caméras pour cela – et si vous ne le démasquez pas, le désespoir vous attend. Dès que vous aurez trouvé la dernière pièce de l’enquête, le jugement commence, joyaux de gameplay si vous avez choisi une difficulté accrue, simple formalité sinon. Il est composé de différents débats durant lesquels on doit opportunément tirer des « balles » sur nos interlocuteurs – balles métaphoriques comme il s’agit d’observations destinées à soulever une contradiction. Tout ça pour reconstruire un joli puzzle sous forme de planches de manga. Pour un visual novel, il y a pas mal de gameplay et j’aime ça.

In fine, Danganronpa est un jeu incroyablement fun et addictif à consommer sans modération. L’histoire réserve énormément de rebondissements et de surprises quand bien même on croit avoir la solution. Les énigmes restent cependant à la portée de tout le monde et on a une idée assez précise du « vilain » avec un peu d’intuition et en recoupant les différents indices.

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Mention spéciale pour les exécutions délicieusement mises en scène, pour ce soupçon de folie qui agrémente votre séjour à Kibougamine.

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