Legend of the Galactic Heroes – 5. Gaidens

Parlons enfin des deux séries annexes qui viennent compléter l’impressionnant tableau de GinEiDen. Exit la fibre épique des 110 OAVs : le suspense n’est plus vraiment au rendez-vous et ce sont ici des récits simples mais variés qui nous sont racontés en essayant toujours de nous livrer plus de détails et d’informations sur l’univers de GinEiDen, son histoire et ses courants de pensées.

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Le premier Gaiden raconte différentes anecdotes autour de la montée de Reinhard et de son ami Kircheis dans la hiérarchie militaire. Dans « la vallée des glaces », théâtre de leur première mission, ils déjouent un complot dirigé contre Reinhard et auquel prennent part leurs supérieurs. Les deux compagnons sont ensuite chargés d’enquêter sur un meurtre dans leur ancienne académie militaire. Quelques années plus tard, on retrouve Kircheis mêlé à un trafic de stupéfiants alors qu’un amiral déchu vient d’échapper à une tentative d’assassinat.

Le clou de la série, « Sen’oku no Hoshi, Sen’oku no Hikari », raconte la première grande expédition de Reinhard au commandement de 100 vaisseaux contre l’Alliance dans le couloir d’Iserlohn. Il subit la passivité d’un amiral grabataire et se voit éclipsé par un rival ambitieux, le capitaine Luneberg. Durant cette campagne, il aura l’occasion de croiser le fer avec les Rosenritter, menés par Walter von Schenkopp.

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On suit donc Reinhard et son pote Kircheis du côté de l’Empire dans des aventures qui ne se trouvent pas dans la série originale mais dont on avait déjà eu quelques échos et qui complètent très bien le CV de nos héros. Ces épisodes « annexes » sont donc strictement réservés à ceux qui ont déjà vu la série principale car beaucoup d’éléments sont passés sous silence ou alors trop brièvement relatés pour que le spectateur non-averti saisisse la situation. Il faut en outre avoir à l’esprit la destinée des personnages pour mieux l’apprécier car le narrateur livre beaucoup de sous-entendus en rapport avec le récit original.

C’est donc l’occasion de voir Reinhard dans son uniforme de nouvelle recrue et ses prouesses sur le champ de bataille. Durant les 110 épisodes de la saga, on ne le voit pas souvent ailleurs qu’au commandement d’un vaisseau mais à ses débuts, il devait manier la hache et les armes à feu comme tout autre soldat. Une nouvelle fois, ce ne sont pas les combats au corps à corps qui font l’intérêt de la série. On y voit surtout comment s’est formé Reinhard sur le terrain, les relations qu’il a tissées avec ses subordonnés (bien que Reuenthal et Mittermeyer soient totalement absents), l’indignation causée en coulisse par sa fulgurante ascension, les motivations et les valeurs qui fondent sa pensée, son arrogance et ses coups de sang, les hauts faits qui l’ont permis de prendre du grade avec l’aide de Dame Chance.

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Huit épisodes sont réalisés sous la forme d’une enquête. C’est donc en tant que détectives chargés par la police militaire que les deux amis travaillent dans une académie chamboulée par un meurtre. Beaucoup plus tard (l’action se situe alors peu après les deux films), Kircheis se retrouve seul pour mettre à jour un trafic de stupéfiant sur fond d’histoire d’amour et d’honneur. Des enquêtes bien menées et qui permettent d’observer des éléments de la société de GinEiDen qui n’apparaissaient pas jusqu’alors.

Toutes ces aventures de jeunesse sont autant d’occasions pour Reinhard et Kircheis de poser un regard critique sur une société où règne la discrimination, où l’aristocratie garde trop de privilèges alors que les compétences de chacun ne sont pas appréciées à leur juste valeur. Comme ce jeune étudiant en lettres que Kircheis rencontre et qui vit chaque jour obnubilé par l’idée d’un recrutement forcé qui se rapproche. Ou encore le capitaine Ulrich Kessler de la police militaire, condamné à un exil forcé à la mort de son protecteur.

Impossible de passer outre la présence du grand Walter von Schenkopp dans la seconde partie de la série. On en apprend plus sur les Rosenritter et les sentiments du jeune capitaine face à la guerre et ses victimes, l’incompétence de ses supérieurs et ses aventures de Dom Juan. Sans oublier Luneberg, antagoniste froid et complexe, dont la situation et les ambitions ne laissent personne indifférent.

Cent milliards d’étoiles, cent milliards de lumières contentera tous ceux qui souhaitent en savoir plus sur l’univers de GinEiDen. La réalisation n’a pas vraiment changé et le fond est toujours là, avec ses héros charismatiques et ses grands récits.

28462On peut diviser « Rasen Meikyuu » en deux parties de 14 épisodes : la première s’intéresse à la jeunesse de Yang qui supporte un peu mal sa soudaine célébrité après son exploit à El Facil.

Pour lui changer les idées, Cazzelnu l’invite à résoudre une énigme qui mettra à l’épreuve son talent d’historien. Il vient en effet de recevoir un courrier affirmant que l’amiral Bruce Ashbey, la plus grande figure héroïque de l’Alliance des Planètes Libres, avait été assassiné durant la seconde bataille de Tiamat. L’homme appartenait à une génération exceptionnelle de héros qui formaient ce que l’on appelait la Mafia 730, un groupe soudé qui engendrait autant d’admiration que de craintes parmi les hautes instances.

La seconde partie revient à Reinhard et son compagnon Kircheis, racontant quelques autres exploits qui leur permirent de grimper l’échelon militaire.

Terminons-en une fois pour toute avec la saga GinEiDen et parlons un peu de ces seconds Gaidens. A nouveau, différentes anecdotes plus ou moins longues autour des principaux protagonistes nous sont dévoilées. C’est assez déséquilibré car Yang n’a ici droit qu’à 14 épisodes alors que la précédente série était entièrement consacrée à Reinhard.

Quand bien même il s’agit des épisodes les plus récents de la saga, on ne peut pas vraiment dire que la réalisation ait bien vieilli. Les réalisateurs essayent de rendre quelques séquences animées plus fluides et finissent par abuser des CG durant les batailles. Le tout s’attache un aspect trop lisse qui trahit le ton de la saga avec des couleurs souvent trop vives. Le chara-design en sort dangereusement épuré et manque parfois de piquant et de caractère si on le compare aux traits durs des premiers OAVs.

A noter que la voix de Yang s’était éteinte avec Kei Tomiyama à la fin des 110 OAVs. On s’habitue assez vite à celle d’Hozumi Gouda, plus grave et posée, même si elle ne véhicule pas le cynisme et la nonchalance qui caractérisent si bien le personnage. Cela reste bien moins choquant que la seule fois où Yang prenait la parole dans le précédent Gaiden.

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La série s’ouvre sur l’aventure de Yang à El-Facil qui lui valut le titre de « héros ». Un coup de bluff, une chance incroyable qui le place en un instant sous les projecteurs et en proie à une épuisante célébrité. Tout est balancé en un seul épisode : pour un événement dont on parle tout au long des 110 OAVs, on était en droit d’espérer plus de détails d’autant plus que la situation de crise est bien perceptible. Puis on apprend le coup du sort qui l’a conduit à entrer dans l’armée, lui qui ne souhaitait qu’étudier l’histoire : en ces temps de guerre, l’armée a plus l’utilité de stratèges que d’historiens et son département s’est vu forcé de mettre la clé sous la porte.

Pour remédier à la frustration de Yang, Cazellnu lui soumet une enquête qui va permettre au jeune homme et à nous, spectateurs, d’en savoir un peu plus sur l’histoire de l’Alliance des Planètes Libres et le conflit qui l’oppose à l’Empire. Une enquête qui peut sembler un peu longue et monocorde comme l’histoire de Bruce Ashbey nous est narrée de façon magistrale, avec un minimum d’efforts de mise en scène. Heureusement, Yang se voit obligé de mettre son travail entre parenthèses quand il se trouve muté comme secrétaire dans un pénitencier, histoire de placer un peu d’action dans un arc admirablement ficelé. C’est l’occasion pour lui de faire connaissance avec le sympathique Patorichev, avec Dusty qui n’est pas encore sorti de l’académie et aussi avec Murai, de la police militaire.

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Puis on en revient (pouf! comme ça!) à Reinhard et Kircheis, bien plus chéris par le public de GinEiDen. Au menu, une mutinerie ourdie par notre tête blonde avec comme toile de fond la discrimination sociale, un duel qui donne soudain des allures de far-west à la saga et une mission de récupération bien menée. Des récits qui semblent un peu écrits à l’arrache pour expliquer comment notre jeune prodige récolte chacun de ses galons et souffrent de quelques répétitions. Avant de conclure sur la troisième bataille de Tiamat, spectaculaire affrontement où l’imagination stratégique de Reinhard lui vaut une énième promotion… en attendant la quatrième qui introduira la saga. La boucle est bouclée.

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