Legend of the Galactic Heroes – 4. Films

Et si je continuais le dossier commencé il y a plus de trois ans, histoire de livrer mes impressions sur deux films d’anthologie qui servent de prélude à la saga ? Je vais donc parler ici de Waga Yuku wa Hoshi no Taikai (1988) puis de Arata Naru Tatakai no Overture (1993).

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Basé sur une anecdote du roman de Yoshiki Tanaka, Waga Yuku wa Hoshi no Taikai raconte les premières joutes opposant Reinhard von Musel et Yang Wenli sur le champ de bataille intersidéral. Celle de Legmiza puis celle de Tiamat, près de la forteresse d’Iserlohn.

Grandiose, épique : ce sont les seuls mots qui me viennent à l’esprit après avoir vu ce film, alors que cela fait bientôt quatre ans que j’ai englouti les 110 OAV. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour explorer les autres éléments de la licence GinEiDen? Pour profiter des versions Blu-Ray qui rendent le spectacle encore plus époustouflant peut-être. Plus sûrement parce que j’ai mis du temps à me remettre du choc éprouvé devant une telle fresque.

Waga Yuku wa Hoshi no Taikai (on ne remerciera pas Kazé d’avoir simplifié le titre) nous plonge de suite dans le feu de l’action, à Legmiza, où Reinhard et sa flotte sont méchamment accueillis par le commandant des lieux qui ne manque pas sa première occasion de l’envoyer au casse-pipe. Il faut dire que le jeune blondinet est mal perçu car sa virulente ascension dans la hiérarchie militaire lui vaut le surnom d’amiral dans les jupes. Le bruit court en effet qu’il serait privilégié par de hautes instances depuis que sa soeur est entrée dans le harem royal. Malgré ses prouesses à El Facil, Yang ne profite pas du même statut et se heurte à un commandant stupide et borné, incapable d’écouter les conseils de ses subordonnés. Condamné à un rôle passif (mais il en profite pour boire du thé avec son pote Dusty), Yang doit agir en coulisses pour éviter à ses camarades un cuisant échec.

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Le film commence par une réflexion sur l’histoire, la guerre et le progrès. Ceux qui ont eu l’ambition de changer le monde aussi : les héros. On peut y lire un regard critique sur une guerre qui dure depuis bientôt 150 ans et dont chaque épisode n’apporte que des pertes humaines. On y voit un jeune néophyte faisant ses premières armes au côté d’un sympathique vétéran qui n’a qu’un seul souhait pour l’issue de la bataille : appartenir aux chanceux, aux survivants.

Waga Yuku wa Hoshi no Taikai, prélude à la saga (on est en février 1988, quelques mois avant la parution des OAV), c’est aussi l’occasion de rencontrer des héros sublimes de charisme et de classe. Le duo épique formé par Reinhard et Siegfried. Ces dialogues toujours aussi savoureux entre Reuenthal et Mittermeyer. Film oblige, on sent que la réalisation a été particulièrement soignée pour l’occasion : l’animation est nettement mieux gérée et l’esthétique déjà superbe de la saga en ressort étincelante.

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Et tout s’achève sur cette monstrueuse bataille de Tiamat accompagnée d’un puissant Boléro donnant l’impression que les vaisseaux se détruisent en toute quiétude. Car la guerre est un art qui s’attache une sorte de raffinement dans GinEiDen. Comme ces stratégies à couper le souffle qui renvoient Reinhard et Yang dos à dos, tous deux avec un seul nom à l’esprit : celui de l’adversaire qui a rivalisé d’ingéniosité.

La brillante annonce d’un spectacle grandiose en quelque sorte.

gineidenArata Naru Tatakai no Overture est la suite directe du film sorti cinq ans plus tôt. Entre-temps, les deux premières parties de la saga GinEiDen avaient déjà vu le jour. Ce second long-métrage reprend les deux premiers épisodes de la saga en rajoutant quelques éléments et surtout en soignant la forme, avec une mise en scène plus subtile et appliquée pour beaucoup plus d’émotions à la clé. Le récit en ressort sublimé.

Reinhard Von Musel et Yang Wen-li rentrent au bercail après leur confrontation à Tiamat. Le premier est promu Comte de Lohengramm, une distinction qui ne manque pas de faire du remous parmi les hautes instances qui lui préparent déjà une nouvelle mission. Avec Kircheis, il profite de son congé pour visiter sa soeur, Anne-Rose. Du côté de l’Alliance, Yang assiste avec une certaine gêne à la demande en mariage faite par Jean Robert à Jessica, un ami et une femme qui semble toujours l’aimer.

Un film beaucoup plus calme que son prédécesseur car une grande partie se situe en dehors du champ de bataille. C’est l’occasion de soigner quelques scènes clés de la saga. L’entrevue de Reinhard avec l’empereur varie ingénieusement les plans et on sent toute la tension ambiante à travers les gestes et les paroles du désormais jeune comte de Lohengramm. Une nouvelle mission l’attend, pour laquelle ses plus fidèles compagnons se sont vu écartés. Cela permet à Mittermeyer et Reuenthal de prendre un congé mérité et de nous introduire les différents amiraux qui accompagneront Reinhard dans sa croisade contre l’Alliance.

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Les scènes les plus touchantes du film sont peut-être celles qui voient Yang assister aux fiançailles de Jessica et Jean Robert. Scènes muettes où il suffit de quelques regards pour comprendre que l’évènement est assez ambigu pour les trois amis. Le spectateur n’est pas dans la confidence et ignore le fond de l’affaire mais la danse et le craquage de Jessica dans les bras de Yang parle plus que n’importe quelle explication. L’image alterne admirablement différents plans muets pour décrire l’ambiance mélancolique et solennelle de la soirée.

Ce second film est riche en informations sur le contexte, là où le précédent se contentait de poser l’ambiance. La visite de Reinhard à soeur permet de faire le point sur ses ambitions et ses motivations. On parle aussi de Fezzan, de son rôle de médiateur dans la guerre et des plans de son gouverneur, Adrian Rubinsky. Mais c’est surtout Yang qui semble prendre de la bouteille car il ressort de la bataille d’Astarté avec de toutes nouvelles ambitions. Les erreurs de stratégie de ses supérieurs lui causent cette fois de très lourds regrets et il s’est à nouveau vu incapable d’imposer son point de vue.

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Au final, Arata Naru Tatakai no Overture ne réserve aucune surprise à celui qui a déjà vu la saga. Passer outre serait néanmoins une grosse erreur car il s’agit certainement du GinEiDen le mieux réalisé. Un épisode charnière de cette longue guerre avec toutes les améliorations qu’on peut attendre d’un spectacle porté sur grand écran; que ce soit au niveau des décors, du traitement des personnages, de la mise en place du plot et de l’agencement de quelques scènes parfois judicieusement retouchées. Un conseil pour les néophytes : regardez d’abord les deux films, puis lancez-vous dans cette formidable saga.