2012 en saisons

Les années passent et je regarde encore des animes, toujours avec la même passion. A chaque bilan je me dis que celle-ci arrive à bout et que je vais passer à autre chose. Mais les vieilles habitudes ont la peau dure et finalement, arrêter pour arrêter n’a pas vraiment de sens quand l’envie est là. J’ai donc suffisamment de plaisir à suivre les nouvelles séries pour ne pas fermer la porte à ce petit monde. Mais je suis devenu plus difficile à satisfaire et j’en suis conscient. La japanimation repose depuis trop longtemps sur ses lauriers tandis que nous spectateurs ne cessons d’évoluer et d’avancer jusqu’au jour où la sortie se présentera à nous.

jinrui

Hiver :

Une saison plutôt sympathique avec Ano Natsu de Matteru notamment, une petite romance qui soufflait un joli vent de fraîcheur estivale en plein l’hiver avec des couleurs, de l’action et beaucoup d’émotions. J’ai aussi apprécié Another. Une fois encore, difficile d’affirmer que l’horreur nippon soit vraiment effrayante mais l’ambiance et le mystère étaient suffisamment bien gérés pour nous tenir en haleine. Même si la chute n’a convaincu personne. Danshi Koukousei no Nichijou a été une jolie surprise. Malheureusement, ces petits sketchs comiques se sont avérés trop vite lassants et répétitifs. Mention spéciale pour les scènes avec la jeune bouquineuse au bord de la rivière. Je dois aussi parler d’une suite de l’automne 2011 avec Chihayafuru. L’histoire m’a enchanté de bout en bout avec une héroïne pétillante de passion, un regard totalement inédit sur un sport méconnu. Elle ne m’a sans doute pas converti au karuta mais j’attends la seconde saison avec une certaine impatience. Ma série préférée de l’hiver reste Natsume Yuujin-chou Shi, quatrième et dernière saison des aventures de notre jeune ami dans le merveilleux univers des yokais. Une tranche de vie pleine de tendresse et de poésie, que je vous encourage tous à déguster comme il se doit.

Printemps :

Space Brothers compte bientôt 40 épisodes et accuse une certaine lenteur comme on raconte tout du long une mise au concours sur fond de rivalité fraternelle. Le héros possède un tempérament vraiment rigolo malgré lui et l’ambiance est conviviale. La série présente en outre des personnages très sympathiques comme Makabe et Serika, tous avec leurs motivations propres. J’espère que tout ne s’arrêtera pas trop vite et qu’une suite nous emmènera vers les étoiles et au-delà. Même si le récit ne verse pas dans la science-fiction.

space

Le show le plus prometteur ce printemps était le retour de Lupin III avec les aventures de la sulfureuse Fujiko Mine. J’ai pris une claque monstrueuse devant la réalisation. La série aurait été un moment d’animation d’anthologie rien que pour son opening, débordant de sensualité, ou les premières aventures qui présentent les grands personnages de la saga, dont la classe et les gestes envoient plein les mirettes. Puis cette histoire autour des chouettes lui donna l’effet d’un pétard mouillé. J’ai regardé Sakamichi no Apollon après avoir lu le manga. L’intrigue a été rigoureusement respectée mais pas mal d’éléments ont été recoupés pour tenir en douze épisodes. J’en serais donc sorti blasé si la fin n’avait pas été aussi bien gérée. Là où celle de l’auteure sent trop la guimauve, l’anime profite des découpages effectués en virant le trop plein d’explications mélodramatiques qui conclut le manga. J’attends tout de même une édition de celui-ci.

On a aussi eu droit à la suite de Kimi to Boku. Je n’avais pas vu la première saison l’an passé car j’avais plein d’à-priori mais j’avoue que c’est vraiment cool. Une tranche de vie très réussie autour de jeunes gens qui profitent de leur vie de lycée, une équipe de garçons bien sympathique et soudée qui cueillent le jour sans se prendre la tête. Avec par moments de petites romances aussi poignantes que subtiles. Durant ce printemps décidément très riche, n’oublions pas Hyouka qui nous invite à résoudre quelques énigmes. Les 25 minutes que durent chaque épisode m’ont semblé un peu longues au début. Mais il faut admettre qu’on finit par s’attacher à la curiosité de Chitanda, à l’ambiance et aux réflexions qui agrémentent chaque discussion. Kuroko no Basket est un appât à fujoshi qui s’essouffle un peu après un bon début. Globalement ça bouge bien mais certains paniers sont trop surréalistes. Je regrette un peu l’ambiance d’équipe d’un Ōkiku Furikabutte aussi (à quand la suite?).

kimi

Été :

Un été plutôt calme, Sword Art Online est sans doute la série qui a fait le plus de bruit. J’avoue avoir accueilli les premiers épisodes avec un certain enthousiasme tellement la série utilisait bien les ficelles du RPG. Chaque épisode était l’occasion d’une nouvelle découverte et l’univers s’avérait délicieusement « fantaisiste ». Malheureusement, l’intérêt du scénario chute fatalement à partir de l’épisode 14. Dans Kokoro Connect, différents phénomènes permettent à un petit club de grandir ensemble, de s’ouvrir aux autres et de mieux se connaître. Un concept original et bien imaginé. Beaucoup de rebondissements et de mélo pour une série bien sympathique. Dommage que l’on revienne sans cesse sur des tares que l’on croyait résolues pour nous laisser finalement dans l’attente d’une suite. La douceur mêlée de romantisme, la fraîcheur de l’ambiance au sein de la boutique de Natsuyuki Rendez-vous était aussi enchanteresse. L’histoire d’amour mise en scène m’a fait gentiment sourire car on sentait dès le début vers quels enseignements on va déboucher sur la vie, la mort, etc. Et en effet, la suite s’avère peu enthousiasmante avec de longues discussions redondantes, pleines de pathos et de guimauve. Jinrui wa Suitai Shimashita est l’OVNI de cette année 2012, avec son esthétique très particulière, son héroïne pleine de sarcasmes et l’univers mis en place. Un récit dont on pourrait dresser différentes interprétations et qui laisse beaucoup à penser sur l’imminent cataclysme. Bref, une bonne lobotomie signée Roméo Tanaka, content de voir qu’il sache écrire autre chose que du mélo à pleurer de rire.

Automne :

J’en viens à la saison des feuilles mortes. Avec la grande révélation qu’est Shinsekai Yori. Un univers plein de charme, une civilisation sur laquelle plane une aura de mystère : que deviennent les enfants qui ne sont pas accueillis à l’académie, ceux qui disparaissent? On sent dès le départ qu’il s’agit d’une dystopie et que l’on touche à quelque chose de malsain. Le mystère s’épaissit au fil des épisodes, le malaise aussi. Shin Sekai Yori est certainement la série la plus passionnante de l’année, la plus surprenante aussi.

shin

Passons à la triplette de shojos qui nous sont tombés sur la tête. Après quelques arcs sympathiques, Kamisama Kiss se contente de boucler les treize épisodes avec des histoires vaseuses. Comme promotion, on pouvait mieux faire. Dommage car l’héroïne est pétillante et l’univers de Julietta Suzuki souffle un vent de fraîcheur sur ce pot pourri qu’est le shojo. Sukitte Ii na Yo tient ses promesses avec une héroïne particulièrement attachante, naturelle et réservée. Malgré ses airs taciturnes, elle se retrouve embringuée au milieu de quelques jolis triangles amoureux dont on attend fiévreusement l’issue. J’émets quelques réserves pour le look des mâles qui lui tournent autour. On assiste dans Tonari no Kaibutsu-kun à une sorte de chassé-croisé loufoque entre une « vierge de glace » et un voyou. Il règne une jolie alchimie entre les personnages, une ambiance décalée et très colorée. L’intrigue ne réserve aucune surprise mais on séjourne agréablement dans cette petite école.

Autre surprise, Magi est un shonen bien rafraîchissant au pays des mille et une nuit. L’histoire va bon train et les personnages ont tous un certain charisme. Un divertissement sans trop de prétentions mais haut en couleurs, joliment narré et animé. Rien ne peut cependant surpasser la maestria d’un Gintama, pardon, d’un Kintama’. La série est revenue à l’écran au début de l’automne l’espace d’un arc tout simplement époustouflant où une bataille de clones a littéralement déchiré l’écran. Avec des boulons et des testicules. Par contre, qu’est-ce qu’on en a à foutre de leurs rediffusions? Et je m’endors un peu devant les nouveaux épisodes d’Hidamari Sketch. Pas que ce soit moins bien qu’avant. Juste que c’est pareil. Et avec l’âge, la fatigue s’accumule et les paupières tendent à se fermer facilement. Mais ça reste cool.

gin

Voilà, c’est tout pour cette rétrospective. Tout ce que mes dizaines d’heures d’animation m’inspirent en cette fin d’année. Je n’ai pas dit grand-chose de ces petites séries mais finalement pourquoi disserter en long en large pour dire qu’on a apprécié? Que dira-t-on d’autre dans dix ans que « ah, oui, j’avais aimé à l’époque »? Une année calme donc, qui n’aura déchaîné aucune passion et qui laisse quelque lueur d’espoir pour l’avenir. Le temps passe et les séries se succèdent. Je serai content tant que j’aurai de quoi me détendre vingt minutes chaque soir devant mon écran. C’est tout ce que je vous souhaite pour 2013.