Hotarubi no Mori e

Perdue dans une forêt l’été de ses six ans, Hotaru est sauvée par Gin, un jeune homme qui porte un masque de yôkai. Loin d’être effrayée par ce mystérieux inconnu, la petite fille devient très vite sa camarade de jeu et de promenade. Cependant, elle ne doit absolument pas le toucher car Gin disparaitrait à jamais. Les années passent et Hotaru attend chaque été avec impatience pour retrouver son compagnon.

Hotarubi no Mori e est à l’origine un one-shot annonçant Natsume Yuujinchou (Le Pacte des Yôkai en version française), une série qui a également goûté aux joies de l’animation et dont la saison en cours parvient encore à me faire rêver. Étrangement, je préfère les adaptations aux travaux originaux de Midorikawa Yuki. La faute à Takahiro Omori qui donne admirablement vie à l’univers qu’elle dessine. La faute aussi à Makoto Yoshimori, dont les mélodies dégagent une ambiance si douce et féerique.

On retrouve la même équipe à la réalisation de ce film qui nous plonge durant quelques 40 minutes dans le folklore des yôkais et esprits japonais. La rencontre entre Gin et la petite fille rapproche deux univers distincts, l’un étant cloué dans une immuabilité surréelle, l’autre connaissant les angoisses de la fuite du temps. Ce contraste est au centre des enjeux d’un récit qui laisse le spectateur témoin des jeux et promenades au sein d’une magnifique forêt verdoyante. Des parties de pèches au bord d’une rivière tranquille aux champs de fleurs où se reposent paisiblement la petite fille et le yôkai, appréciant les rayons du soleil et les souffles du vent sur le visage. Les somptueux paysages d’Hotarubi no Mori e sont ceux d’une enfance qui resplendit d’une gaieté paresseuse, s’attribuant une part d’éternité.

On s’attache beaucoup à Hotaru et à la façon dont elle grandit : très turbulente lors de leur première rencontre, elle ne résiste pas à l’envie de toucher Gin malgré ses mises en garde et est remise à l’ordre à coups de bâton! Puis elle grandit et exhibe fièrement devant lui les différents uniformes qu’elle porte à l’école. Elle s’assagit et découvre de nouveaux sentiments qui font d’elle une femme. Quand à Gin, il ne vieillit pas et parle très peu, se contentant d’apprécier la compagnie d’une fillette qu’il attend lui aussi chaque été. Une relation touchante de pureté et de naturel, dont il suffit de quelques tableaux muets pour comprendre combien se renforce le lien qui les rattache tous les deux.

A la fois reposant et émouvant, ce petit film séduit par sa douceur et sa simplicité, cette mélancolie mêlée de nostalgie qui nous envahit au baisser du rideau. Ici point de débordements d’émotions ni de folles aventures, juste l’expérience du temps qui passe, d’une jeunesse qui s’écoule à l’ombre des sourires d’été. Avant de continuer son chemin.


3 réflexions sur “Hotarubi no Mori e

  1. A voir absolument. (Oui, j’insiste, avant même Sister of Welbers :p) N’oublie pas de rattraper les saisons de Natsume aussi car c’est toujours aussi magnifique.

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