Cross†Channel – endless panties

L’histoire se passe dans une école assez spéciale, une sorte d’institut dont les pensionnaires ont été reconnus socialement inadaptables après un examen. Durant la dernière semaine de fastidieuses vacances d’été, quelques rares étudiants trainent encore sur les lieux et tentent de monter une antenne radio sur le toit de l’école. Mais les membres du club de radiodiffusion ne manifestent guère d’enthousiasme, laissant tout le travail à leur présidente tandis que chacun vaque dans son coin. Pourquoi semble-t-il régner une sorte d’inimité entre eux et surtout, pourquoi la ville et l’école sont-elles aussi désertes?

Blanc… blanc pur…

Étrange expérience que nous offre Cross†Channel, étrange, mélancolique, fantasmatique et pourtant tellement typique et récurrente dans le petit univers des visual novel. Fidèle à mon habitude, j’ai commencé la lecture sans trop rien savoir du titre si ce n’est sa cote sur vndb. Je n’avais donc pas les armes nécessaires pour supporter cet éprouvant prologue, souvent incompréhensible tellement ses blagues tombent à plat. J’ai choisi de faire avec les quelques notes des traducteurs mais quand elles ne sont pas simplement inutiles, elles ne suffisent pas à saisir des subtilités de rhétorique nippone qui resteront obscures à jamais pour moi. Je n’ai surtout pas compris pourquoi les événements se ressemblaient après le générique, m’obstinant à suivre la route de la meganeko en me rendant méthodiquement sur le toit de l’école, sans me rendre compte que je m’aventurais dans un cercle infini…

Le premier contact avec Cross†Channel est éprouvant car on ne comprend pas ce contraste permanent entre l’ambiance morose qui règne et les délires pervers et bouffons du narrateur. Taichi ressemble beaucoup au héros de YU-NO à travers son comportement à l’égard des demoiselles qu’il fréquente : il a la tête emplie de fantasmes malsains et ne parvient pas à retenir sa langue quand une plaisanterie grivoise se pointe dans son petit esprit. Personnage terriblement complexé, il traîne de lourds secrets qu’il ne livrera que très tard au lecteur et possède un physique atypique. Ses cheveux blancs créent malaise et répulsion dans son entourage, une mise à l’écart dont il souffre.

Comme toutes les semaines…

En lisant les quelques rares reviews de Cross†Channel sur la toile, j’ai constaté que la tendance est à ne pas trop en dire sur le scénario, de peur de gâcher la surprise et le trouble qui s’installe à la fin du prologue. J’essayerai d’en faire autant car j’ai moi-même été passablement déboussolé, plus que surpris. Malgré cet insupportable narrateur aux délires et envolées rhétoriques totalement imbitables, j’ai persévéré durant la lecture, persuadé qu’il devait se passer quelque chose, que le titre allait enfin capter mon intérêt. Car après tout, Romeo Tanaka m’avait enthousiasmé avec Yume Miru Kusuri.

Le prologue est d’autant plus éprouvant qu’il met en scène une dizaine de personnages différents. Au lieu de les présenter on nous balance des flashbacks qui illustrent la complicité qui les rattache et posent quelques indices au sujet de leur relation. Très fragmentée, la narration de Cross†Channel repose d’ailleurs beaucoup sur ces petites scènes en sépia qui resurgissent dans la mémoire du héros pour dévoiler au fil du récit les relations souvent complexes qu’entretiennent les personnages. A noter que certains d’entre eux n’apparaîtront qu’en flashback. Les protagonistes sont ainsi mis face à leur passé, qui remonte à leur admission dans l’école ou à leur enfance, pour des révélations parfois mélancoliques, souvent glauques et poignantes.

Blanc… trop blanc…

Si son comportement ne s’améliore guère avec le temps, le héros devient intéressant au fil des routes, traitant sa situation avec une sorte d’auto-dérision, pointant les clichés du visual novel en élaborant des plans de drague à la chaîne. Taichi illustre bien ce bizarre amalgame de comédie et de sérieux que le lecteur distingue parfois difficilement, confondant des instants de faiblesse ou des crises passagères avec ses délires bouffons. Son humanité est sans cesse remise en question car ses pensées sont tellement tourmentées voire détraquées qu’on ne peut qu’imaginer les tares qui sommeillent en lui…

Pour s’offrir l’illusion d’être encore humain, il cherche le contact des autres, s’entourant de deux-trois potes et surtout d’une flopée de demoiselles qui souffrent elles aussi de quelques tares expliquant leur présence dans l’institut. A commencer par Touko, une sorte d’Ojou-sama-tsundere modèle qui connait quelques tiraillements d’estomac car ses majordomes sont absents. Mimi-sempai est quand à elle la meganeko par excellence, respectueuse de la morale et des institutions, présidente et seule membre actif du club. Viennent ensuite les kouhai : Kiri voue au héros une haine aussi farouche qu’énigmatique, que son statut de coureur de jupon pervers et libidineux n’explique pas totalement. Elle accompagne toujours (et protège jalousement) son amie Miki, dont l’innocence et la virginité sont mis à l’épreuve par les assaut impétueux d’un Taichi résolu à l’emmener sur la voie des vicissitudes… N’oublions pas l’énigmatique Youko, une sorte de stalker aussi discrète qu’essentielle dans l’intrigue.

Taichi lutte contre lui-même et cherche à rassembler ses camarades en froid pour créer des souvenirs. Malgré toutes les routes possibles, Cross†Channel parle peu ou prou de romance, même si les scènes H sont nombreuses et inopportunes (et copieusement censurées mais même Taichi doit supporter les mosaïques !) Le sexe y est plus un jeu, une échappatoire ou un objet d’extorsion, un moyen de détruire l’autre, qu’une preuve d’amour.

Quand je disais que le héros est moche…

Niveau réalisation, j’ai à peu près tout aimé dans Cross†Channel, que ce soient les couleurs très sobres utilisées pour les décors ou le design des personnages. Il y avait peut-être trop de scènes en sépia et surtout peu de CG en dehors des scènes H. La bande sonore profite de musiques très belles, alternant langueur dépressive, mélancolie et bonhomie dans ce petit univers. Techniquement, rien à redire si ce n’est que la fonction servant à « skiper » les scènes déjà lues ne faisait pas son travail dès la seconde route…

Au final, Cross†Channel est un visual novel que j’ai eu longtemps du mal à apprécier avant de me laisser bercer par son ambiance spéciale à partir du troisième scénario. J’ai pas vraiment été emballé par son récit pseudo-philosophique, si ce ne sont quelques twists assez malsains. Avec un héros moins pervers et une intrigue qui se concentre plus sur le fond que sur ses frasques puériles et répétitives, le récit aurait été bien plus digeste, s’appuyant sur un joli puzzle de flashbacks et un casting de demoiselles associables et excentriques. Je retiendrai surtout la façon unique dont le titre enchaîne et donne son importance à chaque route dans le récit, semant le trouble et la confusion avant de prendre tout son sens.

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4 réflexions sur “Cross†Channel – endless panties

  1. Pour suivre ton twits, moi j’ai choisis Sharin no Kuni dès que j’ai terminé Fate/stay night ^^

    Sinon Cross Channel reste sur ma liste d’attente, mais vu mon rythme actuel, ce sera pas avant l’été…

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