Les sept merveilles de l’animation 2011

Je vous rappelle que la sélection est établie sur des critères semblables à ceux qui déterminent les notations financières dans l’agence Moody’s. Ceux qui ne sont pas d’accord peuvent m’adresser une réclamation dûment motivée par courrier recommandé. Je vous conseille vivement de me demander auparavant le détail des calculs.

Une série à l’humour tellement nippon-random qu’elle semble parfois totalement hermétique à nous autres, pauvres occidentaux. Heureusement, chaque épisode multiplie les petits sketchs pour tenir le spectateur en haleine. Les chutes drolatiques, songes paresseux et romances d’un instant se succèdent à bon rythme. On passe facilement d’une humeur à l’autre car la narration est découpée par des scénettes toutes particulières, construites autour d’un même segment : Helvetica Standard, Short Thoughts et surtout Like Love, de petits instants furtifs et évocateurs d’une douce intimité. Là où Nichijou surprend aussi, c’est à travers les quelques animations épiques que KyoAni s’est permis d’insérer dans une comédie random. J’ai apprécié l’alchimie des personnages, en particulier le duo de choc formé par Nano et la gamine qui l’a créée. Ah, et si vous avez envie d’apprendre le langage des fleurs

J’ai déjà beaucoup parlé de la série. C’est d’ailleurs la seule de cette colonne pour laquelle je me suis donné la peine de pondre un billet. Pour bien montrer la différence entre une blogosphère en état de léthargie et une autre. Si la série amenait une bouffée d’oxygène dans le mahou shoujo, l’intrigue était bien trop échevelée. La faute à Urobuchi, qui j’espère ne s’est pas mêlé les pinceaux avec Fate/Zero car après 9 épisodes, on tient un show absolument remarquable. Cette aura épique, cette animation à couper le souffle, ce charisme que dégage chaque protagoniste. Bref, on en reparlera sûrement dans le prochain bilan annuel. Quand à Puella Magi Madoka Magica, j’ai appris avec un certain dédain que des films étaient prévus, de gros résumés suivis d’élucubrations plus suspectes encore je suppose. Mauvaise langue à part, une œuvre originale et vraiment passionnante, pas totalement maîtrisée mais propice pour la branlette intellectuelle… et la machine commerciale.

La suite tant attendue des aventures de Sawako, un des rares shoujos parvenant à mettre en scène sans trop me dégoûter les sentiments mielleux de ses personnages. Les prises de tête et les malentendus sont toujours plus présents, avec cette fois des scènes beaucoup plus éloquentes, où les langues se délient enfin, où les sentiments sont extériorisés. Pour le plus grand bonheur du spectateur fiévreux que j’étais, incapable de résister à la tentation d’avaler tous les épisodes durant une longue nuit d’été, sans m’épargner les coups de boule dans mon punching-ball quand la situation devenait exaspérante. La seconde saison de Kaiji n’a même pas réussi à susciter chez moi autant de passion et de tension que Kimi ni Todoke. Mon pauvre petit cœur se resserrait dans ma poitrine à chaque fois que je voyais l’irrésistible sourire de Sawako… et j’ai enduré corps et âme le spectacle de cette superbe petite romance qui semble cette fois bien achevée.

Si 2011 a été pour moi l’année du visual novel, je n’ai pas encore eu l’occasion de jouer à Steins;Gate. J’étais tout déception en apprenant que c’était pas un eroge mais le style graphique reste vraiment alléchant. Sachant que les joueurs qui ont sauté sur le patch actuel rencontrent de multiples plantages, j’attends encore la version finale. L’aventure se construit comme une énième variation sur la sempiternelle machine à remonter le temps, avec ses paradoxes et ses théories fumeuses que l’auteur exploite pour donner lieu à moult révélations et rebondissements. J’ai particulièrement apprécié la classe du héros et l’impasse tortueuse dans laquelle il finit par se trouver, l’impossible lutte contre la destinée qui rythme un thriller de haute voltige. Une série diablement addictive qui place le visual novel parmi mes priorités de l’année prochaine. Comment ce dernier est-il construit? Quelles routes propose-t-il de suivre, pour quelles fins différentes? Ma curiosité n’en peut déjà plus.

J’attends avec impatience de voir le film adapté d’Hotarubi no Mori E, un one-shot signé par la même auteure que Natsume Yuujinchou San, Midorikawa Yuki. En attendant, on a eu droit à cette troisième saison et la quatrième suivra déjà cet hiver! A nouveau, quelques récits très subtils et touchants comme celui du youkai qui harcelait Natsume durant son enfance, sa rencontre avec ses parents adoptifs et la petite fête qui conclut la saison. J’ai moins apprécié en revanche l’arc Matoba, une aventure qui sonne un peu sombre et creuse dans le tableau. La série excelle toujours autant dans l’art de transmettre la douceur et la furtivité de l’instant présent, l’harmonie qui règne entre humain et youkai ainsi que la manière dont Natsume s’épanouit jour à après jour dans son nouvel environnement. J’aimerais moi aussi mettre la main sur les volumes édités par Delcourt dans nos contrés car j’apprécie beaucoup l’ambiance et le trait des travaux de Midorikawa Yuki.

J’avais un énorme souci avant de commencer de voir Usagi Drop : allais-je apprécier une série dont la fin du manga original venait de me traumatiser? Je conseillerai tout autant de privilégier cette adaptation que de s’arrêter au volume quatre. La série couvre en effet la meilleure partie du manga, celle qui est consacrée à l’enfance de Rin. Usagi Drop, c’est d’une part l’action exemplaire d’un homme qui prend en charge une petite fille dont personne ne souhaite s’encombrer, d’autre part le portrait de l’enfance pétillant de gaieté, de tendresse et d’innocence brossé à travers une gamine dont le comportement semble plus vrai que nature. Une tranche de vie douce et apaisante, qui a su visuellement rester très proche du manga original à travers les expressions souvent irrésistibles des personnages et en coloriant de façon quelque peu délavée les décors. Ne passez pas à côté des épisodes spéciaux sortis avec les Blu-ray au japon, histoire de prolonger le plaisir.

Dans la catégorie branlette intellectuelle dont je parlais plus haut, Mawaru Penguindrum est pas mal non plus et a engendré à l’instar de Puella Magi Madoka Magica un paquet de réflexions dans la blogosphère (anglophone évidemment). A la différence près qu’Ikuhara maîtrise ce qu’il fait : le spectateur suit un récit complexe, jonché de mystères et de puzzles, mais qui ne sombre jamais en élucubrations métaphysiques. La série possède une richesse insondable, tant par la symbolique qu’elle développe, ses amours chaotiques que son traitement de l’anatomie par exemple. Certains se sont intéressés à cette symphonie de Dvorak qui semble exprimer les différentes humeurs de Kanba dans sa course, d’autres ont analysé toutes les animations du métro ou apparaissent les Doubles H. On peut passer outre ces petits exercices sans moins apprécier l’ambiance et la tension d’un spectacle haut en couleurs. Il reste trois épisodes pour me décevoir mais je doute que le final trompe mes attentes.

Et là je vous entends déjà dire que citer « sept merveilles de l’animation » sans parler des films sortis durant l’année, c’est inconcevable. Je préfère en fait en parler à part car les critères ne sont pas les mêmes. Mon plus gros coup de cœur reste Arrietty, un petit film enchanteur qui nous plonge dans un univers pittoresque, celui des chapardeurs, petits êtres vivant sous le plancher de la demeure. Une histoire simple mais évocatrice, accompagnée (presque éclipsée je dirais) par une merveilleuse bande sonore signée Cécile Corbel. J’ai aussi beaucoup aimé Colorful, pas pour son rythme un peu lent ni sa réalisation très conventionnelle mais pour la société qu’il décrit, les leçons de vie qui sont véhiculées et la manière dont le héros doit les appréhender. J’ai aussi vu Redline, Macross Frontier ~Sayonara no Tsubasa~ et Hoshi wo Ou Kodomo. Sans aller jusqu’à dire que j’ai passé un mauvais moment devant ces trois films, j’ai constaté que lorsqu’une œuvre met l’accent sur l’animation et la réalisation, on se retrouve parfois avec un film vide en contenu. Redline est une course effrénée que l’on subit passivement du début à la fin, un flot d’actions et de couleurs époustouflant mais réservé aux amoureux d’animation débridée et d’orgasme visuel (et de lèvres pulpeuses). N’étant pas fan de la saga, j’ai trouvé les deux films de Macross Frontier terriblement longs. Je retiendrai cette façon toujours aussi sublime qu’a la série de dérouler l’action au rythme des chansons interprétées. On en ressort avec des étoiles pleins les yeux et, avouons-le, totalement ensorcelé par le personnage de Sheryl Nome. Quand au dernier Shinkai, il nous sert une réalisation superbe pour un univers mythique mais un film tellement vide et ennuyeux… qu’il ne reste qu’une très belle déception.

Sinon cette année, j’ai consacré l’essentiel de mes billets aux eroges, j’ai fait mon apparition sur Twitter, j’ai regardé l’intégral des Gintama, j’ai lu les cinq premières parties de Jojo’s Bizarre Adventure. 2011 s’achève (avec un mois d’avance je sais mais j’y peux rien, je suis la vague) alors profitez bien de 2012, pas pour regarder des animes, mais pour vider vos économies dans un voyage autour du monde afin de pas trop être frustré en décembre.

4 réflexions sur “Les sept merveilles de l’animation 2011

  1. J’ai pas été le seul a être déçu par l’arc Matoba a ce que je vois :o Les fangirlZ de la série l’érige en messie a cause de ce beau gosse de Matoba ( alors qu’il a tout copié a Takasugi! :( )

  2. Comment?? Steins;Gate n’est pas un Eroge?? Je comprend ta déception, il semblait si alléchant…

    Belle sélection, surtout que je n’ai pas encore eu l’occasion de regarder tout ces animes qui m’ont fait envie ces derniers temps… Content de voir de bonnes critiques à leur sujet, cela renforce ma motivation à les regarder dans un avenir que j’espère proche!

  3. Je commence l’article après avoir lu « Les sept merveilles de l’animation ».
    Je vois en septième position Nichijou.

    Je relis le titre et j’aperçois le 2011.
    Et puis je me rappelle ce qu’est Nichijou.
    Je relis le titre et oui, il y a bien le mot « merveilles de l’animation » dedans.

    Je réfléchis et…
    Je vois entre mes doigts un gros pétard allumé.

    Ouf ! Durant un instant, j’ai flippé.

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