Kono Yo no Hate de Koi wo Utau Shoujo YU-NO

Je parlais dernièrement des voyages temporels et de cette conception récurrente dans le visual novel d’une infinité d’univers parallèles déterminés par des rapports de divergence et de causalité. Je ne pensais pas revoir toutes ces théories en commençant YU-NO, un eroge développé en 1996 par Elf. Un titre qui profite déjà du qualitatif de « classique » et dont j’ai été incapable de décrocher un seul instant durant ces vacances d’automne.

J’avoue, j’ai même pas regardé ce qu’il y a dans l’assiette…

Le héros de YU-NO, sous-titré littéralement « la fille qui chante l’amour aux confins de ce monde », vit seul avec sa belle-mère et reçoit un jour un mystérieux courrier de la part de son père disparu : un miroir et une relique qui lui permet de voyager dans le temps. Ces objets sont accompagnés d’une lettre explicative qui lui demande d’aller à la rencontre de quelqu’un dans un site archéologie à la tombée de la nuit. Sur place, Takuya découvre une jeune femme nue qui disparaît après l’avoir embrassé…

On sort du prologue l’esprit hanté de multiples questions : qui était donc cette jolie blonde ? quel secret cachent ces ruines archéologiques ? où se trouve le père de Takuya ? pourquoi des gens mal intentionnés veulent-ils s’emparer de sa relique ? qui est YU-NO ? Ce n’est qu’au bout d’un très long voyage à travers le multiverse que la curiosité du lecteur est assouvie. Une quête durant laquelle vous devrez constamment sauter d’un point à l’autre de cette carte :

La carte des divergences et le mystérieux site archéologique en toile de fond

Et c’est là qu’on se rend compte que Radiant Historia n’avait au fond strictement rien inventé. Pour avancer dans l’intrigue, vous allez devoir suivre de nombreuses routes et rassembler des gemmes qui vous servent d’ancre temporelle. Comme le jeu ne profite pas d’une option permettant de passer les dialogues déjà lus (même si la touche ctrl fonctionne bien) et qu’on a droit à une seule sauvegarde, on a tout intérêt à négocier parfaitement ce système ma foi très ingénieux dès le départ. Il faut être très attentif à la petite lumière qui signale la proximité d’une divergence. Attention cependant : quand le sphérier est vide, vous n’avez plus d’autre choix que d’avancer à l’aveuglette.

Il ne s’agit donc pas d’un banal visual novel avec routes multiples suivies d’un reboot : dans YU-NO, elles évoluent parallèlement et communiquent entre elles. Vous conservez les objets obtenus le long de la quête afin de les exploiter à n’importe quelle heure dans le multiverse. On met un petit moment à vraiment comprendre le fonctionnement de cette carte mais une fois le système de divergence pris en main, vous allez adorer YU-NO!

Eriko-sensei en mode infirmière modèle

Le héros a la chance de côtoyer de sacrées bombes durant sa quête. Déjà il vit seul avec une belle-maman qui n’est que de huit ans son aînée. Les lunettes et la longue tresse de cette parfaite femme de carrière ne laisseront personne indifférent. Il fréquente dans son école une infirmière aux formes irrésistibles qui fume des clopes en longueur de journées. Il a bien sûr des camarades de son âge tout aussi mignonnes comme Mio, une chevronnée d’histoire un peu tsundere sur les bords ainsi que la mystérieuse et réservée Kanna qu’il a accueillie en réalisant un parfait strip-tease lors de son transfert. N’oublions pas son ancienne professeure Mitsuki qui semble maternellement se soucier de son devenir et la pétillante présentatrice TV Kaori qu’il aura souvent l’occasion de croiser en ville.

En compagnie de tant de rondeurs, Takuya est incapable de contenir ses pensées, ses regards et parfois même ses mains et tout son corps. YU-NO véhicule constamment une pincée d’érotisme à travers ses dialogues et sa mise en scène. Le lecteur est assailli de plans mettant en évidence la petite culotte, surprenant Ayumi en petite lingerie, matant Eriko en train de se changer. Ça rend l’aventure je dirai… divertissante et si beaucoup condamneront cette protubérance de fanservice, je n’aurai pas l’hypocrisie de dire que ça ma dérangé au contraire. On ne se contente pas de défoncer des demoiselles à la chaîne et ça tombe bien car j’ai toujours apprécié l’érotisme qui mise sur l’effet de surprise et la légèreté.

GIGA DRIIIIIIIL!

Mais je n’ai guère parlé du héros de YU-NO qui a pourtant le mérite d’avoir un sacré caractère. Il assume totalement sa réputation de libido ambulante et de danger pour la gent féminine. Il profite surtout d’un sens aiguisé de la répartie dans ses conversations et fait preuve de pas mal d’humour. J’ai tout particulièrement apprécié la légèreté des dialogues dans YU-NO, leur naturel et leur franchise. Takuya ballade ses yeux un peu partout, n’hésite pas à extérioriser ses réflexions les plus osées sur le corps de son interlocutrice en de multiples vannes foireuses. Il partage souvent une sorte de complicité avec le lecteur, raillant la diligence avec laquelle on pointe une petite culotte ou un détail du décors.

Car il ne faut surtout pas se fier au prologue et à sa navigation par menu : c’est du bon « point and click » qui vous attend. Examiner les décors à la loupe, pointer la bouche de l’interlocuteur pour discuter, suivre les pas dans un angle de l’écran pour changer de lieu. Le pointeur se transforme parfois même en main baladeuse ou en langue perverse selon la situation. Tripoter, caresser, frapper, lécher : le lecteur peut tout faire, même déshabiller une jeune fille en fièvre sur le lit de l’infirmerie pour essuyer sa sueur. Quel altruisme!

Toujours le même baratin quoi…

Le système nous permet donc de nous balader à loisir dans la ville, rare privilège dans un visual novel. Il n’y a pas énormément d’endroits à visiter : la maison, l’école, le centre ville, le chantier géologique et le site archéologique font partie des rares destinations du héros. Mais l’immersion est parfaite et j’ai beaucoup apprécié le dynamisme avec lequel on passe d’un lieu à l’autre en prenant parfois un raccourci par la fenêtre de la chambre ou la mer en arrière plan.

A noter qu’il n’est pas vraiment question de choix multiples dans YU-NO mais que les routes évoluent surtout selon vos recherches et pérégrinations. On se retrouve parfois à patauger et à parler aux PNJ pour débloquer une situation comme dans un RPG. Souvent on est enfermé dans une pièce dont le héros ne veut sortir avant qu’on ait cliqué grand nombre de fois à l’aveuglette sur les objets. Il y a dans YU-NO des mystères et puzzles à résoudre, des clés à rechercher. Pas énormément mais suffisamment pour rendre la quête jouissive.

Et là on a soudain envie d’agripper qqch…

Si le jeu semble graphiquement dépassé, il garde un charme certain et comptez quand même sur plus de 200 CG et des battements de paupières pour donner vie à l’ensemble. Les musiques aussi semblent un peu grésiller mais il y a quelques bons morceaux pour placer l’ambiance. Les seiyus ont en revanche fait du très bon travail, les voix s’accordant à merveille à chaque personnalité. Et c’est quand même génial de reconnaître la voix de Sanae et de Chitose chez sa douce belle-maman!

Sachez enfin que YU-NO possède un scénario ambitieux. Est-ce qu’il ne se casse pas la figure en chemin? Si j’ai vraiment goûté à la violence traumatique de certains scénarios jouant délicieusement la carte netorare, j’émets quelques regrets pour celui de Mio qui manque d’intensité alors qu’il y avait matière. Et surtout, j’aurais volontiers affirmé que YU-NO n’est ni plus ni moins que mon visual novel préféré à ce jour si je ne sortais pas d’un épuisant épilogue, trop long et décalé à mon goût pour répondre aux différents mystères qui auraient finalement peut-être mieux fait d’être entretenus. Reste un tout grand classique.

3 réflexions au sujet de « Kono Yo no Hate de Koi wo Utau Shoujo YU-NO »

  1. Non mais ce graphisme et ces couleurs de digico du PC98, quoi <3 – ça enterre tout ces VN trop colorés de ces dix dernières années.
    J'ai vu passer le patch la semaine dernière, il faut que je tente ce classique un jour – dès que j'aurais pigé avec quelle version du jeu ça fonctionne (Saturn, Windows… ?).

  2. Alors le patch semble fait exclusivement pour la version Windows du jeu mais tlwiki a repris beaucoup d’éléments de la version Saturn et PC98 tels que les voix, des CG supplémentaires, scènes bonus, retrait de censure, etc. On leur en voudra pas de ne pas avoir fait un patch de la version Saturn quand on sait ce que ça représente comme travail. Un petit lien pour plus d’infos. Et si tu le souhaites, tu peux même jouer en monochrome ;)

  3. Effectivement les graphismes et les couleurs, ça rappelle mes premiers amours lointains <3. Plus généralement, le billet donne envie de s'y coller ! Trouverais-je le temps pour ça… ?

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