999 : j’ai enfin joué à un visual novel!

En parlant de 999, c’est bien la première fois que j’ose dire avoir « joué » à un visual novel. Vous n’ignorez sans doute pas que cette expression me pique généralement les yeux et que je remplace méthodiquement « jouer » par « lire ». J’ai donc joué à 999. Et j’ai aimé. A vrai dire, avec un scénario signé Kotaro Uchikoshi, le titre prêchait un converti comme j’avais déjà pleuré toutes les larmes de mon corps en lisant Ever17. Difficile de comparer les deux histoires : elles ont les mêmes qualités et surtout les mêmes tares. Mais là où Ever17 titillait la corde sensible du lecteur, 999 stimule sa réflexion à travers des puzzles.

Je vous refais très rapidement le pitch : 999 suit l’histoire de 9 personnes qui ont été enlevées par un mystérieux bonhomme masqué qui se fait appeler « Zero » et se retrouvent dans un bateau en train de couler. Ils ont 9 heures pour franchir 9 portes. Sinon, ils risquent d’être un peu mouillés… N’est-ce pas June?

J’aimerais en dire plus à propos de l’intrigue mais c’est difficile comme elle met beaucoup de temps à démarrer véritablement. Selon les portes qu’on choisit, ce n’est qu’au bout de la seconde, voire de la troisième partie qu’on saisit vraiment ce qui se passe. Toute la difficulté réside dans le bon enchaînement de portes pour obtenir la vraie fin. J’avoue que même une fois tous les puzzles achevés, j’ai eu du mal à comprendre quelle route était la bonne. Et c’est frustrant car avec une seule sauvegarde possible, on est obligé de recommencer toute l’aventure et de refaire tous les puzzles pour espérer en voir la fin. Sans parler du défilement rapide des dialogues déjà lus, bien trop lent à mon goût.

999 est donc un visual novel avec un mystère en toile de fond et des puzzles à résoudre. Un visual novel qui exploite admirablement les caractéristiques de la DS car l’utilisation du stylet est obligatoire pour fouiller les décors et trouver les indices qui permettront d’ouvrir la porte. Il est intéressant aussi de constater que les deux écrans ont une fonction particulière : celui du haut présente généralement les personnages et la boîte de dialogue tandis que celui du bas présente soit la narration sur fond de décors durant le scénario, soit l’environnement avec lequel le joueur doit interagir en phase puzzle. Un gameplay vraiment bien réfléchi en somme, avec des énigmes variées souvent très sympathiques à résoudre même si le challenge n’est pas toujours au rendez-vous.

A la manière des titres produits par le défunt KID, 999 mélange étrangement une atmosphère oppressante avec une ambiance de groupe souvent bon enfant. Malgré leur situation, les personnages n’hésitent pas à lancer les vannes les plus foireuses, notamment en observant les environs en phase puzzle. Ne dit-on pas que le rire est le meilleur moyen de fuir l’angoisse et de tromper ses peurs ? 999 possède aussi un casting de qualité, des personnages qui ont tous du caractère et qui sont à leur manière impliqués dans l’intrigue. Pour comprendre ce qui les rattache, il vous faudra recommencer la partie et traverser toutes les portes.

J’arrête ici ma critique de 999 : de toute façon, c’était déjà fait en beaucoup mieux. Je vais encore comparer rapidement l’intrigue avec celle d’Ever17 car comme vous le savez, les deux scénarios sont signés Kotaro Uchikoshi. Bien sûr, cela ne sera pas possible sans dévoiler un peu toute l’histoire (big spoiler d’Ever17 et 999 donc)…

Pour les deux du fond qui ont valeureusement été au bout de l’infinité, je continue. Je disais plus haut que les deux titres partagent les mêmes tares et qualités. Ils partagent surtout un contexte semblable comme Ever17 se déroulait dans un parc d’attraction sous-marin où les protagonistes se trouvent enfermés. Tous deux se veulent aussi très culturels, abordant des théories qui doivent fasciner l’auteur. On trouve dans 999 une foultitude d’anecdotes expérimentales avérées telles que l’expérimentation sur le rat, la théorie du bateau de Thésée, les rumeurs autour du Titanic ou encore le fameux champ morphogénétique qui s’affirme comme LA clé de l’intrigue. Ever17 racontait des légendes plus fantastiques mais présentait aussi quelques théories ésotériques comme le 3e œil.

Mais ce qui rattache le plus les deux œuvres est sans doute la façon dont elles rendent toutes les routes partie intégrante de l’intrigue et placent le joueur comme véritable protagoniste. Ever17 et 999 jouent surtout avec le point de vue du lecteur/joueur : on ne sait au fond jamais trop qui on incarne derrière l’écran. Les deux titres séparent le point de vue du joueur et celui du héros alors qu’on ne fait jamais cette distinction dans d’autres visual novel. Ever17 exploite même doublement cette faille en retardant la confrontation au miroir : le héros ne sait lui-même pas qui il est. Pour rendre possible l’improbable confusion qui en découle, Kotaro Uchikoshi met le paquet : un personnage amnésique, un aveugle manchot, un type qui souffre de prosopagnosie. WTF!? D’un côté on participe à un phénomène de résonance morphique, de l’autre on incarne une existence quadridimensionnelle. On est même sensé croire à la fin que l’auto-stoppeuse dans le Nevada est une survivante de l’ancienne Égypte qui dormait au fond d’une réplique du Titanic ! Kotaro Uchikoshi joue avec les codes du visual novel, s’amuse avec la fiction en y intégrant de fumeuses rumeurs et une infime part de vérité. Le scénariste fait dans l’excès et pourtant, comment expliquer que cela marche, qu’il parvient à captiver le lecteur? Peut-être parce que son récit entier constitue un gigantesque puzzle que le lecteur doit reconstituer?

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7 réflexions sur “999 : j’ai enfin joué à un visual novel!

  1. Rah, ce fichu jeu. J’ai commencé, j’ai butté comme une grosse merde dès les premières énigmes mathématiques, j’ai abandonné. Les maths c’est mon gros point faible, i just can’t oTL…

  2. Les maths, c’est un truc d’hommes :p
    Au début, je disais que c’était trop facile et que ça manquait de piquant niveau difficulté. J’ai finalement cédé à l’appel d’une solution à une seule reprise, pour trouver une partition derrière la porte 5 : c’est pas un problème de calcul ou de logique qui m’a battu mais de recherche, de détermination et d’imagination…

  3. « Sinon, ils risquent d’être un peu mouillés… N’est-ce pas June? »
    Je suis pas le seul à m’être tordu de rire devant ma console alors :p

    Et si ce n’est pas déjà fait, j’attire ton attention sur la suite de 999 : « Extreme Escape 2 – Good People Die » (trailer : http://www.youtube.com/watch?v=ZAqGs441qzU)

    Zero est bien sur de retour avec un « Nonary Game Ambidex Edition », d’après le trailer les Morphogenetic Fields sont également de la partie mais l’intégralité du casting est nouvelle (à priori…)

    Le trailer mentionne aussi le Dilemme du Prisonnier et le chat de Schrödinger ce qui est forcément un bon point :p

  4. Un trailer qui promet en effet (même si j’accroche peu au chara-design : la 3D qui tache). Niveau théories expérimentales, ils ont à nouveau mis le paquet! Merci pour l’info; reste à voir si je vais me payer une 3DS d’ici la sortie…

  5. Oui, c’est un peu le même problème qu’avec le remake d’Ever17, la 3D est l’avenir des visual novels mais c’est à condition d’y mettre le budget qu’il faut… cf Robotics:Notes.

    Bon après c’est pas horrible et l’animation et la 3D stéréo (sur 3DS) vont surement compenser.

    Par contre, sachant que la 3DS est region-locked et que le titre a absolument zéro chances de sortir en Europe, c’est sur PS Vita que ça va se passer pour nous.

  6. ˙ǝʇıns ɐן ʇuǝɯǝʌıʌ sɐɔ ʇnoʇ uǝ ¡ sɹnǝʇɔǝן sɹnʇnɟ sǝp ɹısıɐןd ǝן ɹǝɥɔɐƃ sıɐɹɹnod nʇ ǝ‾ǝ ¡ xnǝɹnǝɥןɐɯ ɐɔ ıoɯ ǝɥɔɐɔ ¡¡ sɹǝןıods ɯǝp ¡ uıɟ ɐן ɐ L1 ɹǝʌǝ ɔǝʌɐ uosıɐɹɐdɯoɔ ǝp ǝɥdɐɹƃɐɹɐd ǝɔɥƃɹɐɐ ¿ ǝʇıoɹp ɔǝʌɐ ǝʇxǝʇ ǝן ǝɹǝןǝɔɔɐ uo puɐnb ʇuǝɯǝןıɟǝp np sǝןɹɐd nʇ ˙˙˙ǝɹıɐןɔ sǝɹʇ sɐd ʇsǝ,u ǝsɐɹɥd ǝʇʇǝɔ < "˙ʇnoƃ uoɯ ɐ ʇuǝן doɹʇ uǝıq 'snן ɐɾǝp sǝnƃoןɐıp sǝp ʇuǝɯǝןıɟǝp np ɹǝןɹɐd suɐs" (˙L1 ɹǝʌǝ ,p oןʎʇs ǝן no ǝuǝɔs ǝʇʇǝɔ ǝɹǝɟǝɹd ǝɾ ıs ɹǝpıɔǝp ǝɯ ɐ sɐd ǝʌıɹɹɐ,u ǝɾ) ˙n ɥo < "¿ǝunɾ sɐd ǝɔ-ʇsǝ¿u ¿sǝןןınoɯ nǝd un ǝɹʇǝ¿p ʇuǝnbsıɹ sןı 'uouıs" ˙ǝdoɹnǝ uǝ ıʇɹos sɐd ʇıos ǝu ןı,nb ǝƃɐɯɯop 'sp ɹns sǝɹǝɟǝɹd xnǝɾ sǝɯ ǝp un

  7. Ah l’enfoiré comme il m’a fait mal à la tête ^^’
    J’ai précisé « défilement rapide », merci pour ta remarque. Et que je spoilais aussi Ever17 : ça méritait précision.
    Ahah oui… la scène du stylo =)

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