A propos de la fin d’Usagi Drop

Un sujet qui peut sembler affreusement inopportun comme les derniers volumes de l’œuvre, éditée en France par Delcourt sous le titre « Un drôle de père » ne sont pas encore publiés dans nos contrées. Il fallait cependant que ça sorte car la fin d’Usagi Drop m’a coûté un traumatisme aux proportions tellement inédites que j’en ai mal dormi cette nuit. Hier encore, j’essayais de me convaincre que l’œuvre s’était arrêtée au volume 4 sur cette sympathique image de Rin souriant toute fière d’avoir perdu ses dents de devant.

Après m’être réfugié dans l’univers infiniment plus rassurant de Fruits Basket l’espace de quelques volumes (notez que je souffre d’une forme de bovarysme aiguë pour ne rien arranger), je peux ce matin affronter à tête plus reposée et avec un peu plus de recul une douloureuse réalité : Usagi Drop compte en fait 9 volumes. Et je pense comme beaucoup que l’œuvre pâtit énormément du tournant fondamental qu’elle prend au début du volume 5.

On lisait jusqu’alors l’histoire touchante et courageuse d’un homme célibataire qui prenait la garde d’une petite fille de six ans dont personne ne voulait s’encombrer. Si le récit avait parfois des aspects de documentaire pour jeunes parents, voir l’adorable Rin s’épanouir auprès de son « drôle de père » était véritablement touchant. Je voyais personnellement la jeune fille comme une sorte de Yotsuba avec deux ans de plus, mais une enfant autrement plus réaliste dans son comportement. Usagi Drop mettait l’emphase sur le rôle essentiel des parents et sur l’espèce de « sacrifice » auquel ils sont souvent confrontés.

Arrive ensuite le fameux volume 5 et le tournant tant critiqué que prend l’histoire de Rin désormais adolescente. Dix années se sont écoulées depuis le dernier chapitre et si on voit avec bonheur que Daikichi a admirablement élevé la jeune fille, on regrette. Comme beaucoup l’ont constaté, on passe d’un titre à l’ambiance « josei » à un autre plus typiquement « shojo ». J’utilise les guillemets car Usagi Drop demeurait malgré tout un josei.

Je pensais avoir parfaitement saisi les intentions de l’auteur tout au long des premiers volumes mais il était ensuite beaucoup plus délicat d’avancer des hypothèses. Peut-être voulait-il montrer comment une enfant pouvait bien grandir sans ses vrais parents ? Rin devient une jeune fille belle et exemplaire, intelligente et travailleuse. C’est désormais sur elle que s’appuie Daikichi pour les travaux de ménage.

Peut-être l’auteur voulait-il mettre en exergue un âge perturbé, celui de l’adolescence ? Difficile d’exprimer en mots l’étonnement de voir surgir un triangle amoureux dans ce qui aurait pu rester une magnifique ode à l’enfance. Difficile aussi de définir la relation qu’entretiennent Rin et son ami d’enfance Kouki. S’agit-il d’un premier amour ? D’un simple lien fraternel ? Kouki illustre bien le motif de l’adolescence trouble à travers les flash-back souvent impromptus qui montrent comment il s’est éloigné de Rin pour suivre des sentiers plus tortueux. Dans le même temps, Daikichi échouait dans sa tentative de se rapprocher de la mère du jeune homme et on échappait (heureusement ?) à la fin typiquement cliché des parents célibataires qui se rassemblent (cf. Orange Roof).

La fin du volume 7 marque un tournant radical dans les sentiments de Rin : sa rencontre avec sa vraie mère désormais enceinte change sa manière de regarder Daikichi. Ce qui restait jusqu’alors de l’affection se mue en véritable amour et la jeune fille se prépare à l’inévitable, à ne jamais voir une relation interdite se concrétiser car Rin est sur les papiers la tante de son gardien. Pour cela, elle décide de rester toute sa vie auprès de Daikichi sans rien révéler de ses sentiments. Un projet mis à mal par les révélations de Kouki car le jeune homme avait entre-temps compris les véritables sentiments de son amie.

On arrive enfin dans le vif du sujet. Je me demande encore à vrai dire si la nausée qui m’habite depuis la lecture du dernier chapitre est le produit d’une étroitesse d’esprit. Je pensais en souriant que les « sentiments » que se découvrait Rin à l’égard de son gardien montraient simplement l’attachement assez répandu de la jeune fille pour son père, même si à 16 ans c’est peu commun. Je voulais croire qu’il s’agissait d’une simple et gentillette mise en scène du complexe d’Electre et que la situation allait se démêler, qu’elle se rendrait compte comme lui suggère Masako qu’il ne s’agit pas d’un véritable amour. Je me trompais.

Alors bien sûr, on n’échappe pas à l’épineuse question des liens du sang. Je me doutais cependant depuis le début que Rin et Daikichi n’avaient aucun lien de parenté. Les ficelles étaient avec du recul trop grosses pour ne pas s’apercevoir que l’auteur savait où il allait. L’histoire d’un grand père dans la huitantaine qui fait un enfant à sa femme de ménage consentante était un peu extravagante pour mon étroitesse d’esprit. (Quoiqu’on pourrait se dire que Rin et sa mère partagent une certaine attirance pour les vieux, hum.) Il n’était pas nécessaire à Daikichi de nous lire jusqu’au bout le testament du vieil homme pour comprendre qu’il avait adopté Rin afin d’éviter que sa maman ne pratique l’avortement.

Rin n’est ainsi pas la tante de Daikichi. Tout est-il réglé pour autant ? Je pense en fait que Daikichi est autant le père de Rin que Masako n’est pas pour elle une mère. Masako n’arrive pas à voir en Rin son enfant car elle ne l’a pas souhaitée. Réciproquement Rin n’arrive pas à voir en Masako une mère car elle n’a jamais été à ses côtés. Tout porte à croire cependant que leur rencontre modifie complètement ces rapports et permet à Rin de voir Masako en tant que mère car elle porte un enfant et sa berceuse lui est étrangement nostalgique. L’événement l’incite en outre à regarder Daikichi autrement que comme un père car ils ne partagent pas le lien quasi-mystique dont elle vient d’être témoin.

Face au dénouement d’Usagi Drop et au clin d’œil fait par Daikichi qui excuse ses larmes par de la transpiration, il est impossible de ne pas se remémorer certaines scènes de l’enfance de Rin à son adoption. Ne lui avait-il pas promis – certes de manière désintéressée, drolatique et plus rassurante que sincère – qu’il vivrait encore quand Rin serait une grand-maman, qu’il serait toujours à ses côtés ? N’est-ce pas à dessein que la petite fille ne l’appelle jamais « papa » même si à un si jeune âge cela n’aurait rien d’incroyable ? L’auteur s’appliquait tout ce temps à ne pas faire de Daikichi un père adoptif. Malgré tout, j’avoue que je ne m’attendais pas du tout à un tel dénouement. Qu’en pensera Delcourt, qui a remplacé le titre original « Usagi Drop », littéralement « lapin abandonné », par « Un drôle de père » ?

Tout ça nous amène à une réflexion sur la relation parentale. Un père, est-ce celui qui partage le sang de l’enfant ou celui qui est à ses côtés depuis son plus jeune âge ? Pourquoi la relation entre Oedipe et Jocaste ne me dérange pas outre mesure alors que celle qui se profile entre Rin et Daikichi me coûte une profonde nausée ? Comment imaginer l’avenir des deux personnages dans une société où l’instituteur lui-même est souvent considéré comme le deuxième père ? Comment en deux années Daikichi a-t-il pu surmonter l’horreur que la situation semblait lui inspirer ? Il mesurait parfaitement combien il était cruel pour lui de voir la fille qu’il a élevée dédier le reste de sa vie à s’occuper d’un vieux entre quatre murs. Comment en est-il arrivé au point d’aimer sa fille comme une femme, d’accepter ses sentiments ? Par sympathie, par nécessité, par amour ? Je doute que leurs proches possèdent tous le même niveau de tolérance que l’étrange Masako. Ou alors le fossé de mentalité entre le Japon et l’Occident est plus profond que je ne l’imaginais.

Usagi Drop enseignait ce qu’est un parent pour son enfant. A travers une fin qui relève plus du fantasme profane que de la soi-disant complexité des relations humaines et de leur dynamique, le titre tronque irrémédiablement son message et finit par manquer de respect à l’égard du rapport filial. L’œuvre s’achève en polémique en lieu et place de la merveilleuse ode à l’enfance que promettaient les 4 premiers volumes.

30 réflexions au sujet de « A propos de la fin d’Usagi Drop »

  1. Très franchement, je n’ai ni lu ni vu Usagri Drop, et ne comptait pas le faire. Mais à la lecture du synopsis, je sentais qu’une relation de cet acabit allait naitre entre les deux personnages, parce que je suis un peu malade dans ma tête ; dans le même ordre d’idée, je crains que dans Clannad, Tomoya développe des intérêts étranges pour son enfant vu sa ressemblance avec sa mère.

  2. Il y a eu beaucoup de railleries au début de la publication du titre à cause du synopsis. Certains expliquaient l’adoption par des penchants pédophiles de Daikichi. Des propos qui me fâchent sévère parce que le lien qui rattache l’enfant à son « père » est vraiment touchant. Je n’ai jamais eu une telle idée à l’esprit et jamais je n’aurais imaginé un tel final.

    Pour Clannad, c’est pas du tout le cas.

  3. C’était complètement prévisible cette fin, c’est même ce à quoi je m’attendais dès le début.
    C’est pas le genre de scénario plus étonnant que ça dans le monde manganime, je sais pas si t’as vu Koi Kaze mais c’est assez semblable.

    Bref, je me demande bien ce que l’auteur va pouvoir nous montrer dans les Extra Volumes qui ont été annoncés.

  4. Mon petit doigt me dit que les extras raconteront d’autres épisodes de l’enfance de Rin, ce que beaucoup de lecteurs doivent espérer. Je ne trouve pas l’histoire semblable à Koi Kaze justement : Koshiro et Nanoka s’aiment avant de savoir leur lien de fraternité et n’ont jamais vécu ensemble. C’est quand même infiniment moins dérangeant posé de la sorte.

  5. Et merdeuh. J’aurais pas dû lire ton article. J’ai hésité en me disant « Naon, il va pas nous spoiler quand même et juste nous livrer son ressenti ».

    Raté.

    Méchant.

  6. Les japonais ont quand même un sérieux problème pour fantasmer ainsi sur les relations amoureuses entre individus de la même famille. Et le coup de « non mais on a pas le même sang », ne trompe personne tellement ça à été utilisé à de nombreuses reprises…

  7. J’ai personnellement lu jusqu’au volume 7, et d’avoir appris que la fin tournais ainsi m’a totalement coupée l’envie de lire la fin. Déjà que j’avais été très déçue lors du changement temporel de ne plus avoir cette histoire de père et de fille qui parvenait presque à réveiller la fibre maternelle en moi, mais alors ça… C’était juste inconcevable. Ceux qui disent que c’était prévisible ont ils réellement lu l’œuvre originale ou se sont-ils contentés du speech originel ? J’ai du mal à croire qu’on puisse imaginer ce genre de dénouement lorsque l’on a lu une histoire aussi touchante que celle de cet homme qui se retrouve à faire le papa avec la plus grande application possible et cette description de la relation parent / enfant…

    Le lien du sang est vraiment une ficelle gênante, parce que ça n’a au final aucune importance. Mince, il lui a quasiment torché les fesses à cette gamine, il ne peut pas penser à elle autrement qu’en étant son enfant !

    Bref bref, j’aimerais bien lire les raisons de l’auteur d’avoir tournée l’histoire de cette manière =/ (Son éditeur qui l’aurait poussé à aller vers un sujet un peu émoustillant parce que la corde de l’attendrissement face à la parentalité n’allait pas marcher trop longtemps ? Mwé…)

  8. Les japonais ont l’air de préférer la romance incestueuse type Genji Monogatari père/fille plutot que frere/soeur, vu que l’arc adolescent a pour but de détruire la relation Rin/Koki sous prétexte que si Yukari et Daikichi se marient ils seront considérés comme frère et soeur.

    Pas surpris par la fin mais un peu déçu de la pirouette scénaristique, depuis le début on le sentait venir avec la fameuse phrase de Rin « Daikichi est Daikichi » dans les 1ers volumes.

  9. J’avoue que la fin m’a laissé un drôle de gout amer, j’aurais presque préféré m’arrêter avant, pas forcément au volume 4 mais avant. Mais bon, même si je ne m’attendais pas à ça je m’attendais quand même un peu à une fin bizarre vu les antécédents de l’auteure, ça m’a pas empêché au fond de moi de souhaiter une fin idyllique / happy end entre Rin et Koki.

  10. Bah je trouve déjà qu’a partir ou on l’a voit en ado ça casse un peu le manga, mais après voir cette fin c’est un peu… spécial. Enfin je suis très curieuse de voir comment il va être mis en anime et bien sûr je continue le manga.

  11. Ce final ne m’a pas choqué plus que ça : il m’a beaucoup rappelé la relation entre Aurore de Nevers et le chevalier de Lagardère dans le Bossu de Philippe de Broca. Comme j’ai grandi en regardant ce film assez souvent, je pense que j’ai été en quelque sorte conditionnée pour envisager une telle relation. Ce sont plus les amours entre frères et sœurs (et conscient de l’être) qui me donnent la nausée. Les Japonais ont érigé cette forme d’inceste en un véritable stéréotype à part entière qui sombre souvent dans le fanservice pur et dur, tandis qu’ Usagi Drop conserve tout de même une approche réaliste susceptible d’ouvrir un débat intéressant.

  12. Ahah oui, la fameuse union finale de Lagardère et Aurore. Je me souviens pas vraiment de ma réaction à l’époque mais je sais qu’il y a eu une polémique là-derrière aussi et que France 2 a décidé de changer la fin (dans une version il épouse la mère d’Aurore). Après il faut peut-être replacer l’histoire dans son contexte et ses mentalités (œuvre datée du XIXe, histoire située début XVIIe).

    La comparaison est bonne mais je pense qu’on s’attache infiniment plus au rapport parent-enfant dessiné en long en large dans les premiers volumes d’Usagi Drop et que la fin est ainsi plus sujette à heurter le lecteur.

  13. Bonjour, dans le même genre et même en pire il y a Koi Kaze ou encore Kurenai.
    Je ne pense pas que les auteurs soit obsédés par ce comportement  » incestueux  » ou encore  » pédophile « .
    Ils dénoncent une pratique outre occidentale  » qui doit peut être cesser  » car de nos jours cela existe toujours.
    C’est un peu comme le marriage forcé, nous sommes choqués car cela n’existe plus ou plus trop dans nos contrées.
    N’oublions pas que les grands empereurs comme Caesar par exemple ou les Pharaons épousaient leur soeur.
    Il faut de tout pour faire un monde et ces interdits en font partie, ils existent et on ne peut pas faire autrement.
    En lot de consolation, on peut se dire que c’est une forme d’amour car l’amour rend aveugle.

  14. Cet article est la parfaite description de ce que j’ai éprouvé en lisant ce manga.
    Certes comme l’a fait remarquer quelqu’un, la phrase « Daikichi est Daikichi » montre avec du recul que l’auteur avait déjà créé un fossé au début de l’oeuvre dans l’optique de cette fin, moi j’avais vécu ce passage d’un point de vue plus sombre.
    J’avais trouvé que c’était une parfaite représentation du mal que pouvaient faire des mots innocents. C’était probablement pour moi la scène la plus touchante et la plus triste de tout le manga. Mais au final, avec le recul des derniers tomes, je suis bien dégouté de voir que telle n’était pas l’intention de l’auteur.
    Ce qui me gène le plus au final, c’est que Usagi drop c’était un conte qui montrait que peu importent les liens du sang, le vrai père c’est celui qui élève l’enfant, qui l’aime et le soutient tout au long de sa vie. Au final c’est tout le contraire, sous prétexte qu’il n’est pas lié par le sang, il n’est pas considéré comme son père… quel gachis.
    à la rigueur je pourrai pardonner l’auteur en me disant qu’à partir du tome 5 il a perdu l’esprit… mais malheureusement non, avec le recul il parait évident qu’il avait prévu ça depuis le début.

    Au final je n’en veux pas aux personnages, après tout, même si je n’accepte pas ça, ils font leur vie. J’en veux à l’auteur pour avoir tenu un discours très profond tout au long des quatre premiers tomes en cachant dans ses messages subliminaux la réelle intention de son oeuvre. Je me sens manipulé face à une oeuvre qui est passée de poetique à glauque.

    Ah et pour la traduction du titre en français, au final il faudra changer « Un drôle de père » forcément. Je propose… au hasard: « Comment élever sa futur femme »…

    Un lecteur très déçu

  15. Je n’ai jamais été autant déçu et dégouté après avoir fini un manga…
    La fin est juste abominable…
    Un gâchis monumental.

  16. J’attendais d’avoir fini la série et le manga. Plus que la chute, ce qui a pu m’irriter c’est la découverte à 2 sous à la fin « en fait, X n’est pas ton père » pourtant évidente dès que l’identité de la mère a été dévoilée.

    Quant au dénouement, tu peux te tourner vers les mangas de Mitsuru Adachi, un adepte du genre avec de multiples variantes et qui amène parfois à la conclusion de manière inattendue, ou bien, à l’inverse, plus subtile. Évidemment, ne pioche pas dans les histoires shônen de baseball mais dans d’autres, telles que Jubei, Miyuki ou Slow Step.

    Ici, cela s’annonce fortement dès le début de la deuxième partie, qui en fait, a un air de déjà vu par rapport à d’autres mangas – j’ai tout de suite pensé au couple Umibozu / Miki de City Hunter, par exemple – , alors que la première partie est beaucoup plus originale.

  17. Euh… je ne comprends pas : t’es pas en train de me proposer de lire du Adachi dis? Je saisis tout à fait pourquoi tu cites ces titres car les fins mettent ensemble un couple pas vraiment inattendu mais parfois dérangeant (je pense tout particulièrement à Jinbé, parfait clone d’Usagi Drop en effet).

    Le « X n’est pas ton père » n’est pas vraiment découvert : il est dévoilé à Rin qui croyait depuis son enfance que le pépé était son père. C’était sûrement évident pour le lecteur malgré le secret (que l’auteur aurait certainement dû briser dès la lecture du « testament » par Daikichi) mais pas pour elle.

  18. N’étant pas fan de ce genre de manga d’habitude (je suis un mec ^^) et ne connaissant pas du tout l’auteur J’ai vraiment pas vu la fin arriver.
    J’ai adoré la série (une série attendrissante et rafraîchissante) et c’est ce qui m’a motivé à acheté les 8 tomes du manga.
    Beaucoup critiquent la tournure que prend le manga à partir du tome 5. Perso si pendant 8 tome l’auteur nous avait parlé de l’enfance de Rin, ça aurait été un peu long je pense. Au moins ça à fait du changement et même si ça parle moins de la relation pere/fille entre Daikichi et Rin ça a continué à m’intéresser (même si par moment ça partait un peu trop vers le shojo pour moi). Puis le scantrad m’a permis de lire le tome 9. Et là c’est le drame j’ai envie de dire.
    Ce qui m’a plu dans cette série en fait (et qui fait que le shojo ne m’intéresse pas en général) c’est que tout dans la série est assez réaliste. Tout le long on se dit (à quelques détails prés) ça pourrait arriver dans la vraie vie. Et jusqu’à la moitié du tome 9 j’avais toujours cette sensation (même si elle a un peu diminué par rapport à l’arc de l’enfance de Rin). Puis à partir de là ça devient irréaliste. Que Rin éprouve de l’amour pour Daikichi, ça passe facilement (on peut mettre ça sur le complexe de machin) . Que sa mère trouve ça relativement normal me dérange déjà un peu plus (mais comme sa mère est le seul perso du manga que je ne trouve pas crédible, ça passe aussi, ça reste dans la continuité du personnage on va dire).
    Ce qui me gêne le plus dans la crédibilité de la fin c’est le fait que Daikichi qui a élevé Rin pendant 10 ans et se considère profondément comme son père puisse, presque d’un seul coup, voir Rin comme une femme et parler mariage et bébé avec elle. Je vois mal un père (à moins qu’il soit un peu dérangé) pouvoir éprouver du désir envers sa fille après des années à l’avoir considéré comme sa fille.
    Le plus étrange étant que jusqu’à la fin Daikichi à l’air d’avoir toujours un sentiment paternel envers Rin et je trouve donc complètement irréaliste le fait d’envisager qu’ils puissent avoir un gosse et donc des rapports.
    J’avais envisagé plusieurs fin après avoir lu le volume 8. Rin fini finalement avec Koki (j’aurai trouvé ça trop shojo mais ça aurait toujours été mieux que la fin actuelle). Daikichi abandonne Rin pour ne pas être un boulet pour elle et son futur et elle fini chez sa mère ou chez la mère de Daikichi. La dernière fin que j’avais envisagé c’était que Rin reste pour toujours aux côté de Daikichi, comme elle le souhaitait, mais plus comme à la campagne où avant les vieux vivaient la fin de leurs vie avec un de leur enfant. Je me disait que, à part la première fin que j’avais envisagé avec Koki, les deux autres restaient réalistes, comme le reste du manga. Mais la vrai fin a gâché le manga je trouve. De mon point de vu cette fin est en décalage complet avec le reste du manga car irréelle. Si je veux lire des truc irréels je vais lire un shonen…
    Bref, je vais ranger usagi drop dans ma collection de manga prometteur à la fin pourri à côté de death note (dans le genre fin à l’américaine avec le gentil qui gagne et le méchant qui meurt on fait pas mieux, ça m’a dégoutté d’avoir acheté autant de tome) et hunter X hunter (oui je sais il est pas fini mais je lui réserve déja une place tellement les derniers arc partent en couille).
    Conclusion, ayant adoré la série j’aurai du m’arrêter au tome 4, j’aurai pas été déçu.

    PS: désolé pour le pavé

  19. Usagi Drop ne me semble pas limité à un public féminin : le protagoniste est un homme qui passe la trentaine. Je ne pense pas non plus que neuf tomes consacrés à l’enfance de Rin auraient été de trop en voyant que Yostuba n’a pas pris un cm en 10 volumes.

    Par contre, je te comprends tout à fait quand tu parles du comportement irréaliste de Daikichi (même si je ne te suis pas quand tu associes irréalisme et shonen ^^). J’arrive pas non plus à comprendre comment il peut accepter la situation, envisager de lui faire des enfants… Le lecteur a l’impression au final d’avoir été trompé et de ne pas avoir saisi le lien qui rattache Daikichi et Rin tout au long de l’œuvre.

    Sinon merci pour ton commentaire et n’hésite pas à regarder la série TV car l’adaptation est belle et s’arrête juste au bon moment =)

  20. Je m’autocite pour répondre à ta dernière phrase : « J’ai adoré la série (une série attendrissante et rafraîchissante) et c’est ce qui m’a motivé à acheter les 8 tomes du manga. » Je suis donc d’accord sur ton avis à propos de la série ;)

    Pour les 9 tomes sur l’enfance, ça n’engage que moi. Je pense que j’aurai décroché avant le neuvième tome. Pour Yotsuba je connais pas donc je peux pas comparer.

    Pour les shonen, la majorité ayant pour héros un perso avec des pouvoirs ou une force surhumaine, c’est pas le genre le plus réaliste dans le manga ;)

  21. Ah oui, j’ai pas été attentif sur ce coup. J’ai pas associé le mot « série » de ta phrase à l’anime dans ma tête.
    Sinon il y a quand même énormément de choses à dire à propos de l’enfance et de la façon dont Rin prendrait connaissance du monde qui l’entoure.
    Ça me dérange juste d’assimiler shonen et irréalisme de façon intrinsèque car on trouve quand même une foultitude de shojo pas très réalistes non plus (prends les magical girls). Sans oublier les seinen. Et les shonens sportifs sont souvent pas irréalistes =)

  22. Pour ceux qui veulent plus de chapitres sur l’enfance de Rin il y a encore une chance vu que l’auteur s’est lancé dans un spinoff Usagi Drop Bangaihen. La seule inconnu c’est est-ce que ça va se situer entre les tomes 4 et 5 ou est-ce que ça va se situer après le tome 9. Le premier chapitre est sorti au Japon apparemment mais impossible de trouver une raw.

  23. Honnêtement, n’étant une petite fleur fragile comme certains d’entre vous (j’en ris encore mais passons) ce n’est pas la fin en elle-même qui m’a laissé perplexe mais la manière extrêmement douteuse dont ce fut amené.

    Soyons clair, pour moi la pire période du manga est la période shojo-drama du lycée avec Kouki et le jeu du je t’aime – moi non plus. J’ai encore préféré un peu plus tard quand elle cherche à retrouver sa mère, le thème principal et la présence de Daikichi reprenait un peu de sens.
    Mais après, il y a eu la fin, certes. Comme expliqué plus haut je l’aurais accepté dans certaines conditions, le fait qu’elle le decide du jour au lendemain et que daikichi n’était pas plus que ça sur cette longueur d’onde au départ rend ces « sentiments » totalement casuals par opposition à la gravité de ceux-ci. Je veux dire, daikichi qui aurait accepté facilement les relations de rin comme peu de père l’auraient fait, comme si il s’en foutait en fait.
    Tout ceci vient comme un cheveux sur la soupe après le shojo lycéen avec kouki et c’est franchement stupide. Ce genre de relation, l’on doit y penser et en souffrir pour les mériter, pour que sur la balance on estime que ça vaille la peine de briser sa vie sociale (même si là l’auteure a trouvé une astuce cheap pour contourner une partie de ces conséquences), là daikichi semble presque juste se laisser porter par la vague. On est loin d’un Koi Kaze tout aussi borderline mais qui assume réellement la chose en y mettant le traitement adéquat.

    Donc au final, j’aurais pas une réaction que j’estime un peu ridicule de vierge effarouchée, mais je resterai d’un point de vue qualitatif déçu de la seconde partie de ce manga dans son ensemble: les 4 premier volume, quand elle était enfant, furent en effet les meilleurs.

  24. J’ai finalement continué l’article et il contient ce que j’imaginais. Au delà de la piètre qualité de la fin de ce manga et d’une façon plus générale, je ne comprendrais jamais les gens qui ont les chevilles assez larges pour prétendre connaitre ce qu’est un « faux » ou un « vrai » amour. Le complexe d’Electre lui-même n’est pas nécessairement l’expression de « faux » sentiments (comment ça se « définit » d’ailleurs? :sarcasmes:), mais juste de sentiments socialement impossibles, pas parce-que ce serait « mal vu » mais parce-que ça foutrait en l’air le concept même de relations familiales. Surtout du point de vue du parent la chose en généralement inenvisageable, logiquement.
    Donc je comprend tout à fait le souçis, à moins d’avoir une histoire traitant avec sérieux de la chose. Mais par contre, les histoires de faux et vrais amours, autant que les gens qui ont la nausée pour un oui ou pour un non, ça me dépasse. Certes, le début du manga a été désacralisé, mais faut pas partir en délire complet dessus non plus.

  25. C’est le genre d’article qui coupe toute envie de lire la fin d’une oeuvre mais ce n’est pas plus mal car n’ayant pas acheté les tomes et envisageant de le faire,ça refroidit direct le cerveau tout autant que ça réchauffe le porte-monnaie. :)

    J’adore Mitsuru Adachi et Tsukasa Hojo,il faut croire qu’il n’est pas si facile que ça de trouver d’autres oeuvres avec des ingrédients propres à ces deux mangaka.
    Usagi Drop partait sur de bonnes bases avec un ton assez novateur mais l’atterrissage est vraiment raté,on aurait pu avoir un manga sans grosses ficelles,quelque chose d’une rare élégance et pertinence mais au lieu de ça,on se retrouve avec du déjà vu qui donne dans le sensationnel et qui perd ainsi tout ce qu’il a construit…

    Bravo tout de même pour l’article (celui sur Adachi est très sympa également) et merci de la part de mon portefeuille. ;)

  26. Merci, ça fait plaisir de voir un lecteur de passage qui fouille un peu dans les archives! Et en effet, à 10.75€ le volume, on apprécie d’autant plus une jolie petite série achevée en 4 volumes =)

  27. Persso la fin ne me derange pas, il n’y a aucun lien par le sang, et se n’est ni de la pédophilie (contrairement a koi kaze qui m’a vraiment perturbé).

    Que sa géne certaine personne je le conssoi, mais se que je vois c’est qu’avec le temp les sentiment et la persuasion des chose change énormement. Aprendre que la bariére qui nous empéche d’aimer la perssone qui a toujour été a nos coté pour nous élever, nous protégé, etc… n’existe en réalité pas peux tres parfaitement faire changé les sentiment q’un coux de bagette magique (n’aillant jamais eu se genre de révélation je ne sais pas comment une persone normale réagirait, donc je me dit pourquoi pas), surtous que même si sa peux être mal vue(surtous vis a vis de l’age) se genre de relation n’a en réalité rien de réélement malssain.
    Autre point important, nous autre simple lecteur, entre l’enfance et le passage a l’age adulte il c’est passé tres peux de temp, or en réalité dans l’hitoire il c’est passé des année, la ou on a encore en tête l’image de la petite fille, tous sa est gomé dans la tête des protagoniste, et comme je l’ai dit, avec le temp les sentiment et la persuasion des chose change.
    Je me mes a la place de Rin (bien que je soit un homme) et je trouve sa limite assez beau le faite quelle décide d’avoire un enfant de l’homme qu’elle a toujour aimé (de différente façon).

    Pour moi la fin est belle, les sentiment l’emporte sur le bon sens et ils sont honnete avec eux même et par conséquent on evite la fin « classique » déstiné a satisfaire les gamine de 15ans.

    Bon aprés se ne regarde que moi bien evidement.
    Mais je pensse qu’il faut arrété d’avoire l’espris pré-formaté, l’amour est quelque chose de fort et surtous parfois incompréhenssible, dénué de logique(et n’oublion pas que sa reste une fiction).

    Dixit l’homme qui a passé toute sont enfance a lire et regardé des manga/animes basé sur la romance dramatique^^ (et qui a trop de mal a ecrire sans fautes)

  28. Je suis la seul pas choquée et qui aime ce genre de fin? Pourtant je déteste ma famille, mais ce genre de couple me font toujours déliré (Pourtant j’aime pas mon père, et je déteste mon frère, mais je le HAIS, VRAIMENT) Au contraire, moi sa me donne envie tout sa, de voir comment sa évolue, après j’ai lu VRAIMENT, BEAUCOUP, de shojo et shonen en tout genre -je suis dedans depuis bébé- et j’ai déjà vue des trucs du genre, puis pour moi, c’est un manga, mais dans un sens, comme certain l’ont dit: C’est une autre culture, alors bon, quand c’est des jumeaux ou quoi sa passe mais la non? Pour moi, sa passe, puis c’est un manga, l’auteur fait ce qu’il veut, je vous conseil de lire « Hana to Akuma », peut être que c’est ce genre de manga qui m’ont fait voir ce genre de chose d’une autre manière (c’est plus romantiser, on parle quand même d’un démon comme « papa » hein)

  29. C’est marrant j’ai pas du tout interprété ça de la même façon, je vois du coté de Daikichi un amour pere/fille et rien de plus, un amour très fort qui le pousse à dire oui pour Rin mais sans pour autant que sa vision des choses ne change, il continue d’être lui même, un père, rien a changé. Au final la seul scène qui met place au doute c’est sa réaction sur le fait d’avoir un enfant, à chacun son interprétation. Je préfère rester sur la mienne c’est bien plus beau.

  30. Un œdipe fort qui survient tardivement et un pere qui par peur de perdre sa fille dit oui à ses extravagances sans pour autant agir et qu’il se passe quoi que ce soit, je vois rien de plus. C’est mal amené mais à par ça …

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