Kanon, c’est moins bon qu’Akiko-san to Issho

Je parlais il y a quelques mois de Clannad dont je venais de lire avec une certaine nostalgie le visual novel deux ans après la fin de l’After Story. C’est un peu dans le même état d’esprit que j’ai abordé dernièrement Kanon, un autre mélodrame bien larmoyant que l’on doit au sieur Jun Maeda. J’avais encore à l’esprit l’excellente seconde adaptation de 2006 qui ficelait avec un certain brio les cinq différentes routes en quelques 24 épisodes.

It was snowing. The memory is buried in pure white crystals. In the white misty town I visited back then, in the snow wich falls even now, I met a lone girl.

Comparer les deux titres phares du studio Key serait délicat car les projets n’ont ni la même dimension, ni les mêmes moyens. Clannad est deux fois plus long que son ainé et a été publié quatre ans après. Au lever du rideau, j’ai eu étrangement beaucoup de mal à m’habituer au design pantouflard des héroïnes qui avait été accentué dans la première adaptation TV avec ses yeux d’une taille exorbitante. D’autre part, si elles n’atteignent pas les sommets dramaturgiques des routes consacrées à Kotomi, Fuuko et Nagisa dans Clannad, celles de Kanon sont bien plus homogènes dans leur déroulement et leur intérêt.

Printemps, été, automne, Kanon. Dès le prologue – suivi d’un générique dont la belle mélodie risque de provoquer un état de transe chez les férus nostalgiques – on se souvient du tableau planté dans une petite ville recouverte de son manteau d’hiver. Les différentes histoires sont emplies de lyrisme et de merveilleux autour d’un thème central : le miracle. De retour dans une ville où habitent sa tante et sa cousine, le narrateur voit durant ses rêves resurgir petit à petit les souvenirs enfouis dans sa mémoire sept ans auparavant. Durant un long mois de janvier, il fréquentera…

Sa cousine Nayuki qui ne se réveille pas malgré la présence d’une artillerie d’alarmes dans sa chambre. C’est elle qui le fait poireauter deux heures à son arrivée à la gare.

Une enfant perdue et étrangement amnésique mais qui sait qu’elle est investie de la sacro-sainte mission de vous jouer des mauvais tours. A son propre détriment.

Une petite fille aux ailes d’ange, maladroite et complexée, qui recherche une chose dont elle ignore elle-même la nature et qui donne trop envie qu’on la taquine.

Une épéiste qui combat des démons la nuit dans l’école. Asociale et peu loquace, elle n’a de reconnaissance que pour celui qui lui porte à bouffer.

La pauvre malade qui attend on ne sait qui assise sur le banc en face de l’école et mange de la crème glacée à tous les repas en plein hiver. Pour contrer un méchant refroidissement.

Cinq héroïnes, tout autant d’histoires merveilleuses qui vous offrent des frissons au plus profond de votre âme. Des rencontres tellement inoubliables qu’à chaque nouvelle route que vous entreprenez votre petit cœur se déchire intérieurement en pensant à celles que vous laissez de côté, celles qui ont succombé au désespoir ou celles qui se sont évanouies à jamais pendant que vous bécotiez dans votre coin. Dans Kanon, il reste un vœu à exaucer, enfoui au pied d’un arbre, un miracle à se produire. Mais les miracles sont appelés ainsi justement parce qu’ils ne se produisent jamais… Que vous attend au bout du rêve, au soir de l’hiver?

Nikuman, Strawberry Sundae, Taiyaki : les routes ont toutes une gastro-couleur spécifique. Ma bâfreuse fétiche reste sans hésitation Shiori dont l’histoire est autrement plus touchante et dramatique. Peut-être aussi parce que son héroïne est la plus mature des cinq malgré son âge et que ses réactions souvent taquines sont irrésistibles.

Niveau réalisation, Kanon possède une très belle ambiance sonore mais je regrette que certaines pistes reviennent bien trop souvent (Young Girl of the Snow et Two Steps Toward en particulier). Devant la monotonie du quotidien de l’étudiant qui ne parcourt que le chemin de l’école avant de trainer dans les centres commerciaux, on excusera une certaine redondance. A noter beaucoup de variations autour du générique, Last Regrets.

J’ai trouvé que les CGs étaient assez discrètes dans l’ensemble, un peu trop concentrées dans les moments où le drame et les prises de tête sont à leur paroxysme. Sinon elles sont vraiment belles, souvent de simples portraits, parfois rigolotes. J’oubliais de dire en revanche que Kanon était un eroge. Cet aspect contraste assez étrangement avec le tableau et a d’ailleurs été supprimé dans les futurs travaux de Key au grand dam des inconditionnels de scènes intimes. J’ai ici trouvé les artworks exceptionnellement soft, des poses tellement gratuites et ingénues qu’on peut légitimement s’interroger sur leur intérêt.

Planetarian, Clannad et maintenant Kanon. Il me faudra attendre pour goûter à d’autres œuvres de Key. Tomoyo After est en cours de traduction, celle d’Air a reçu un C&D alors que Rewrite vient à peine de sortir sur l’archipel.

Keroppiiii… Nyuuuuu…

Supposons à présent qu’un billet est un visual novel. On reprend au début et on suit une autre route, celle qui ne figure pas dans l’œuvre et qui me semble autrement incontournable. Celle qui nous attire le plus dans Kanon, ce n’est en définitive pas la cousine, ni la malade, ni l’animal, ni le petit ange, ni l’asociale. C’est la tante. Car oui, une fois l’histoire de Kanon achevée, on a envie de passer un moment, ensemble, avec Akiko.

La maman de Nayuki sait bien que la vie est dure sans confiture et souhaite que Yuichi puisse lui aussi en profiter. Elle décide donc de lui administrer la solution suspecte au bouche à bouche. Sur le chemin de l’école, Yuichi se sent soudainement mal et désire rentrer. Il plante sa cousine et trouve Akiko-san… étendue sur son lit. C’est ainsi que commence la plus belle histoire de Kanon, celle qui fera couler autre chose que des larmes sur votre visage et révèle le secret caché derrière la mystérieuse et douce confiture.

Votez Akiko.

Se tisse alors une relation chaude et fidèle entre le jeune homme et sa tante, défiant les frontières de l’interdit. Il est à ses côtés pour essuyer son corps nu suintant de sueur durant les nuits les plus torrides que lui cause son refroidissement et Nayuki prête volontiers à sa maman son uniforme de lycéenne pour assouvir les fantasmes de son cousin. Et que s’est-il passé quand Yuichi encore enfant prenait son bain avec Akiko sept ans auparavant? Réponse au bout du rêve, au bout de la nuit.

7 réflexions au sujet de « Kanon, c’est moins bon qu’Akiko-san to Issho »

  1. Très bon article sur un visual novel que j’adore. \o/
    N’empêche, je me rends compte que tu commences à devenir un keyiste maintenant. Bienvenue dans l’élite, mec.

  2. Rolalala ce pervers, j’avoue que j’ai aussi pensé à une romance Akiko yuiichi et j’ai toujours senti une certaine tension entre eux.

    Bref.

    C’est sale ce que tu nous as posté à la fin là :3

  3. Et Little Busters il pue ? (Traduit à 90 % la dernière fois que j’ai checké. Perso j’attends la version du patch compatible avec Ecstasy. )

  4. J’ai complètement oublié Little Busters o_O J’attends aussi un patch complet parce que je tiens à faire toutes les routes à l’aise.
    Sinon merci à tous et lisez Miracle Vanilla Ice Cream.

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