Remember11 : simple ersatz d’Ever17?

C’est la question que je me suis posée durant toute la partie. Impossible en effet de ne pas reconnaître les ficelles du scénario d’Ever17 en jouant à Remember11. Malgré tous les éléments qui rapprochent les deux titres, je considère que ce n’est pas le cas et que l’expérience n’en reste pas moins unique et addictive.

Dans le refuge, un alpiniste chevronné et une « princesse » égocentrique.

KID reprend donc quelques notions et artifices déjà utilisés dans Ever17. Résultat : une trame toute nouvelle pour une réalisation qui n’a guère évolué car si la touche graphique s’est améliorée avec quelques effets de lips-sync parfois très bizarroïdes, on ne retrouve plus ces mélodies qui nous hantaient au sein de LEMU.

Après le bleu aquatique d’Ever17, on est cette fois-ci enfermé dans le blanc des tempêtes de neige. Vous incarnez alternativement Kokoro et Satoru. La demoiselle est coincée dans un refuge en compagnie de trois autres rescapés d’un crash d’avion en pleine montagne. Ils ont peu de vivres et les secours n’arrivent pas. L’autre se réveille après une chute dans l’institut SPHIA, un asile psychiatrique où demeure une tueuse schizophrène. Il est amnésique. Le rapport entre ces deux histoires? Un étrange phénomène vécu par nos deux protagonistes : Satoru et Kokoro voient occasionnellement leurs consciences échangées. Comment gérer alors une situation déjà épineuse? Comment expliquer la présence d’un même gosse aux deux endroits? Qui sont les résidents de SPHIA? Pourquoi un tel phénomène?

Plus l’histoire avance, plus les questions envahissent votre pauvre petite cervelle. Les réponses aussi, même si jusqu’au bout elles se feront rares ou amèneront d’autres questions. Parfois on se surprend à anticiper une part de réponse, souvent on élabore quelques théories sur la situation des personnages, toujours on reste à mille lieues de la réalité. Un puzzle avec une infinité de pièces dont on est même pas sûr qu’il formera quelque chose au final.


Les résidentes de SPHIA : une jeune fille dangereusement (?) schizophrène et
une psychiatre (?) indienne.

A l’instar des autres titres de KID, Remember11 se distingue par son ambiance oppressante. Tous deux cloisonnés dans un espace qu’ils ne peuvent fuir, Kokoro et Satoru doivent affronter un personnage mystère qui en veut à la vie du jeune homme et supporter une situation très précaire dans le refuge. Ce qui rend le récit diablement inquiétant, c’est d’ignorer une grande partie de ce qui se trame dans la cabane et l’institut comme on est sans cesse « téléporté » d’un endroit à l’autre. On se retrouve ainsi souvent confronté à une situation critique qui nous échappe complètement, incapable aussi de comprendre les intentions de l’autre au moment du transfert de conscience.

On ignore surtout quelles ont été ses interactions avec les autres durant son absence : se rendent-ils compte du phénomène que vous expérimentez? Agissent-ils autrement selon que vous soyez Satoru ou Kokoro? Êtes-vous simplement victime de schizophrénie? Qu’est-ce qui rattache tous ces personnages ? (Accessoirement : faut-il faire confiance à votre compagnon d’infortune? N’abusera-t-il pas de votre corps? ^^) Vous devrez vous imprégner totalement des lieux et de l’atmosphère pour faire les bons choix tout au long de l’aventure, sous peine de la voir prématurément achevée. On meurt très souvent dans Remember11, un passage d’ailleurs obligé pour avoir une chance de comprendre tous les enjeux du titre.

Remember11, expliqué pour les nuls.

Un thriller qui vous fera remuer les méninges avant, pendant et même après ses révélations car comme à l’accoutumée, KID ne résout pas toutes les énigmes, laissant leurs lecteurs libre de poser les hypothèses les plus abracadabrantes. Impressionnante et extravagante, l’intrigue trahit beaucoup de paradoxes et d’incohérences, des questions auxquelles on ne trouvera qu’une partie de réponse dans les TIPS obtenus en bouclant les 100% du scénario. Même sans passer par ce laborieux exercice, le final s’avère démentiel et jouissif à souhait.

Un titre à savourer, même s’il n’est pas aussi touchant et transcendant que son aîné. Le nœud du récit, capillotracté à souhait, opposera ceux qui auront été séduits par sa puissance suggestive à ceux qui se seront tapé un gros facepalm devant tant d’absurdité.

2 réflexions au sujet de « Remember11 : simple ersatz d’Ever17? »

  1. Rah, tes articles se font de plus en plus courts on dirait >__< (ou alors c’est juste moi qui devient de plus en plus curieuse). J’avoue que tout comme Quartett, j’attendais avec une certaine impatience tes impressions sur Remember11 (et l’héritage de Ever17 n’y est pas complètement étranger non plus) et j’ai encore l’impression de languir X’).

    Sinon tu comptes tester Never7 ~the end of infinity (toujours la même série) quand la traduction de TLWiki sera finalisée =O ? Je pense pas qu’il y en ait pour 12Riven ~the Ψcliminal of integral donc ça sera probablement plus dur (quoique tu peux utiliser la technique du ninja =D) mais qui sait.

  2. Pourquoi si court? Ça doit être l’envie d’aller à l’essentiel dans tout ce que je dis en ce moment. Les effets de la rédaction de mon mémoire je suppose ^^’

    Difficile de dire grand chose sur Remember11 sans dévoiler quelques révélations. J’aurais pu meubler en parlant du lips-sync ou des musiques assez angoissantes par moments mais je préfère concentrer mon propos sur une idée centrale, un aspect qui m’a particulièrement accroché.

    En tout cas, merci pour tes réactions. Et désolé de ne pas satisfaire ta curiosité mais je pense que c’est surtout celle-ci qui doit encourager à lire de nouveaux titres ; )

    Edit : J’oubliais, Never7, pour compléter la trilogie, pourquoi pas. Après le titre est vieux et semble mal coté.

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