La réception de Puella Magi Madoka Magica

J’aurais regretté de ne pas parler du phénomène de cet hiver car les séries suscitant une telle richesse d’analyses sont suffisamment rares pour que je laisse un moment de côté mes livres d’histoire afin d’apprécier la réception de l’œuvre. Ceci dit, je dévoile tout.

Le mahou shoujo entre lumière...

Une deconstruction du mahou shoujo ?

Paraît-il que la série devait corrompre les fondements d’un genre où des jeunes filles lutteraient volontairement contre les méchants à l’aide de leur magie pour protéger l’ordre et la justice. Or le mahou shoujo est surtout un voyage initiatique dont les épreuves sont pour l’héroïne autant d’occasions de redéfinir sa relation avec les autres et sa propre identité en introduisant un changement dans son quotidien.

Le seul élément du mahou shoujo que Madoka Magica enfreint véritablement réside dans l’essence et l’acceptation du pouvoir. Condamnée aux coulisses de la scène, l’héroïne doute tout au long de sa quête et ne parvient pas à prendre une décision dont les conséquences lui apparaissent de plus en plus funestes. La magie n’est en effet plus un don ni une action spontanée mais un contrat établi entre deux parties : devenir une mahou shoujo est le prix à payer pour réaliser son souhait. L’aspect sordide de ce contrat, c’est que les héroïnes ignorent longtemps les petits caractères du cahier des charges. Dans cette mesure, Bokurano serait l’équivalent mecha de Madoka Magica où la curiosité du jeu se substituait au vœu.

Lire à ce propos : Seeing the Darkness of Madoka Magica

...et obscurité.

Quand la magie prend un côté obscur

En voyant Madoka toute souriante dans son uniforme rose bonbon sur les affiches promotionnelles, on est loin de soupçonner les aléas que pourraient prendre sa petite histoire. Elle est confrontée durant son périple à la mort d’une amie et assiste à des tentatives de suicide. La série touche même un aspect sensible de l’actualité en soulignant toute la brutalité d’une disparition quand une personne n’a plus aucune attache.

Le véritable tournant peut être situé au moment où le serpent mord subitement sa proie dans une scène dont la violence contraste avec la stupeur parée d’incompréhension des héroïnes. Il faut qu’Homura leur explique froidement la destinée de Mami – quinze ans, disparue et présumée morte, sans que personne ne s’en soucie – pour qu’elles prennent une première fois conscience du prix à payer. La sorcière dans Madoka Magica désigne sa victime de la fameuse marque qui les trahissaient à une époque puis la pousse au suicide. Des thèmes qui suscitent autant de malaise que de fascination : cette touche glauque et réaliste s’invite-t-elle dans un mahou shoujo pour répondre aux appétits du spectateur?

Lire à ce propos : Suicide, Missing Persons and the Magical Girl: Madoka★Magica and the Things That Really Scare Us & Dark times. Dark dark times. Dark dark dark times. Darkity-dark—

Peut-être le moment le plus saisissant de la série.

A propos de la magie et de ses lois

Souvent on reproche au mahou shoujo de mener les spectateurs par le bout du nez dans un univers où tout devient possible. Un coup de baguette magique suffirait en effet à effacer douze épisodes de déboires, rendant l’œuvre caduque en elle-même. On attend d’une série qu’elle mette en place des lois et que rien n’échappe à celles-ci à l’heure du dénouement.

La révélation clé dans Madoka Magica est justement le caractère limité de la magie dont disposent les héroïnes. Leur pendentif possède une certaine quantité de mana qui détermine leur puissance et qui peut être rechargée en venant à bout des sorcières. Rien n’est conçu ex nihilo : la magie doit trouver sa source pour produire un effet. Au bout de cette échelle, Madoka Magica définit une entropie de l’univers au sein de laquelle  les angoisses pures et brutes des jeunes filles servent de carburant que Kyuubey recueille quand une sorcière est vaincue ou que des gens sont atteints d’une malédiction. En d’autres mots, la souffrance et les rêves brisés font tourner le monde.

Lire à ce propos : Madoka Magica: science is a verb now & The Physics of Puella Magi & Magic (Puella Magi Wiki)

La bibliothèque d'Homura et ses secrets...

In the infinite time loop

Comment se fait-il qu’Homura connaisse d’emblée la destinée des mahou shoujo? Capable de renverser le flux du temps, la jeune fille cherche désespérément à changer la destinée de Madoka, subissant maints cycles de douleur. Kyuubey ne peut donc pas vraiment répondre quand Kyouko lui demande s’il a passé un contrat avec Homura comme cela ne s’est pas passé dans leur dimension temporelle. En donnant naissance à une quantité de mondes parallèles, l’action d’Homura bouleverse considérablement les lois de l’entropie, accroissant ses pouvoirs et rendant possible n’importe quel vœu pour Madoka à l’heure du choix. Sa bibliothèque rassemble tellement de données sur la Nuit de Walpurgis et les sorcières qu’on serait tenté de croire qu’elle-aussi a vécu 15’532 fois les mêmes épreuves.

Le voyage temporel permet au spectateur d’élaborer les plus fumeuses hypothèses à propos des ficelles du récit. Kyuubey et ses congénères ne pouvaient-ils ainsi pas profiter d’une source d’énergie illimitée? Ne suffisait-il pas à Homura de partager simplement son expérience avec ses camarades? L’aurait-on seulement crue?

Lire à ce propos : & Revisiting Entropy

/人 ◕ ‿‿ ◕ 人\

Avez-vous peur du phénomène Kyuubey?

Le petit être possède désormais une sacrée renommée sur la toile. Pourquoi se produit-il un tel déchaînement de haine et de violence envers une si mignonne créature? En fait Kyuubey piétine inconsciemment et sans égard les sentiments des héroïnes et ressemble plus à une intelligence artificielle dont la seule finalité est de former des Puella Magi. C’est un peu le serpent tentateur dans l’histoire.

Kyuubey est assez paradoxal en vérité car s’il ne possède rien des sentiments humains, cela ne l’empêche pas de rester à l’affut des réactions de Madoka, de mesurer les balancements de son cœur pour saisir au vol ses moindres instants d’égarement. Pour briser l’inertie de la jeune fille, il mise beaucoup plus sur la culpabilisation que sur la perspective de formuler un vœu dont Madoka ne saurait quoi faire. Il l’accuse implicitement d’abandonner ses amies à leur sort comme elle refuse de devenir aussi une mahou shoujo. Quand on voit Mami les yeux en larmes au moment où Madoka lui dit qu’elle n’est désormais plus seule, on se demande si l’héroïne n’est pas la cible d’une sorte d’escroquerie pyramidale. Insensible, inexpressif, Kyuubey est un manipulateur, un réceptacle que Madoka n’aura très vite plus envie de caresser ni de balader sur son épaule. Est-il pour autant fondamentalement mauvais? Affaire à suivre.

Lire à ce propos : & Confidence Games, Pyramid Schemes and the Magic of Madoka★Magica

D'après le Wiki, les runes signifieraient "Charlotte".

Un nouveau manifeste d’animation expérimentale

L’espace inter-dimensionnel où les héroïnes combattent les sorcières est à la fois concept et cauchemardesque, construit tel un bricolage où les représentations se superposent. Les sorcières prennent l’apparence de figures inspirées de la mythologie quand ce ne sont pas de looney toons au sourire diabolique. On pourrait passer un moment à analyser ces labyrinthes, la succession de motifs concrets et abstraits, la symbolique de l’environnement vis-à-vis de son hôte et d’autres éléments tels que la signification des notes et des runes disséminées (Deciphering the Runes). Une fois transcrites en langue germanique, ces dernières dévoilent d’insoupçonnables références.

Dans le combat de Sayaka, (épisode 7), les héroïnes et l’hydre sont représentées telles des ombres chinoises, avec des mouvements de caméra suivant mécaniquement les gestes de l’épéiste comme si le temps accusait quelques ratés. Le procédé donne à l’action une fluidité exceptionnelle. Sayaka cumule une quantité impressionnante de désespoir et cède à la folie dans une frénésie de violence inouïe qui nous donne l’impression que l’absence de couleur vient finalement édulcorer le massacre.

Lire à ce propos : &

La réalisation de cette bataille est awesome.

Combien seriez-vous prêts à payer pour réaliser votre souhait?

Émettre un vœu dans l’univers des mangas et animes n’est souvent pas une sinécure. Déjà dans xxxHolic, il fallait que le prix soit équivalent faute de quoi le requérant ou l’exécuteur (selon la responsabilité) devait payer la différence de son âme. Tout doit répondre à un certain équilibre et Madoka Magica souligne la question complexe des apparences altruistes du souhait quand il est destiné à un autre.

L’histoire de Sayaka parle en ce sens. En désirant le bonheur du garçon qu’elle aime, il finit par lui échapper. En sauvant sa meilleure amie, elle se crée une rivale qu’elle ne sera plus en mesure d’arrêter après avoir en quelque sorte troqué son âme contre un pouvoir. De quoi ébranler les aspirations de justicière dont elle se parait en endossant l’uniforme de mahou shoujo. Le prix d’un vœu est ainsi tellement élevé qu’il finit par se retourner contre celle qui le sollicite. Notre plus cher souhait a-t-il vraiment un prix? A-t-on le droit d’attente quelque chose en retour quand on le consacre à quelqu’un? C’est un double non qui conclut notre histoire, une morale pleine de courage et d’espérance.

Lire à ce propos : Madoka Magica and…Sacrifice? & Madoka Magica’s Great Question

Retakes de la version BD : voir la chambre de Mami remplie et décorée tuerait toute sa symbolique?

Le vœu final de Madoka et son ambiguïté

Empêcher la naissance de toute sorcière, dans tous les univers, temps et dimensions. De sa propre main. Cela signifie en d’autres mots que Madoka soulagera instantanément toutes les mahou shoujo sur le point de succomber au désespoir de la poussière qui encrasse leur pendentif – réceptacle de leur âme – symbolisant leur peine et leur désespoir. Tel un messie, la jeune fille prend sur elle toute la souffrance de ses congénères dans un élan de sacrifice qui rappelait à la diffusion du dernier épisode qu’on était vendredi saint.

Étrangement, le final trahit une sorte d’acceptation du système mis en place par Kyuubey et consort car rappelez-vous, Madoka et ses amies étaient désespérées bien avant de savoir que les mahou shoujo qui cèdent au désespoir se transforment en sorcières. C’était d’abord le cas en prenant conscience du danger du travail puis en comprenant que leur âme avait été subtilisée, faisant de leur corps un pantin. Ce n’est finalement que le dernier élément du contrat – certes le plus terrifiant – que Madoka résout en créant un nouveau monde où les sorcières ne sont plus. Ni trop douce, ni trop aigre, la fin de Madoka Magica repose finalement sur un juste compromis, fidèle au ton de la série.

Lire à ce propos : &

Une nouvelle genèse.

Le « méchant » Kyuubey a-t-il perdu la partie?

Finalement, Kyuubey sort-il vaincu à plate couture par l’éclair de génie de Madoka? Forcé de réaliser tout vœu que lui et ses congénères sont en mesure d’exaucer, il perd dans le processus un extraordinaire afflux d’énergie comme l’héroïne s’approprie la poussière obscure des mahou shoujo sur le déclin. Il doit se contenter de celle issue de banales malédictions. Pire, il semble ne plus se souvenir de cette possibilité, vaincu par le reflux du temps.

Ne s’agit-il pas finalement d’un moindre mal pour Kyuubey? N’a-t-il pas convaincu Madoka de la nécessité de l’existence des mahou shoujo dans l’entropie en affirmant que sans elles, l’homme en serait toujours aux cavernes? Quel rapport entre les angoisses des jeunes filles, les incubators et le progrès entrepris par l’humanité? Madoka n’aurait-elle pas eu meilleur temps de souhaiter sa perte à lui et ses semblables? Mais Kyuubey était-il vraiment fautif en voulant assurer la pérennité de l’univers grâce à une vanne d’énergie? Ne bouffe-t-on pas nos vaches après les avoir engraissées? Peut-on encore dire que la série est manichéenne en ce sens?

Lire à ce propos : Madoka’s Ending Leaves Something to be Desired

Chaises musicales et mythe de la caverne...

L’épilogue : La bataille continue face à des entités informes

Une fois Madoka disparue, le temps reprend son cours. Mais l’univers en ressort fondamentalement changé car aucune mahou shoujo n’aura dû subir la souffrance de tourner en sorcière. Or il se trouve que les sorcières étaient justement à l’origine des déboires de ses amies. Elles ont causé la mort de Mami, puis Sayaka a succombé au désespoir, devenant une sorcière et emportant avec elle Kyouko. Dans l’ère « après Madoka », Sayaka voit vraisemblablement son désespoir absorbé par son amie avant de périr dans une bataille, faute de réserve magique. Leur dernière discussion lors du récital livre un des messages de Madoka Magica en ne laissant plus aucune place aux regrets.

Désormais les angoisses n’ont plus de réceptacle pour prendre une forme originale et ne sont plus que de gigantesques agglutinements. En face de ces démons, Homura voit ses ailes blanches devenir noires comme celles des sorcières, dévoilant le désespoir qui grandit en elle. Puis une voix angélique la rassure, dessinant un sourire sur ses lèvres, avant que la poussière qui recouvre ses ailes explose à l’écran, signe d’une purification? S’agit-il de son dernier coup d’éclat, avant de rejoindre Madoka? L’espoir surgit ainsi du désespoir et la bataille continue dans un cycle sans fin de souffrances et d’épreuves.

Lire à ce propos : Madoka Doesn’t Need a Sequel to Explain Itself

Quand tout le désespoir du monde s'entasse en une soul gem.

La naissance d’un nouvelle déesse… ou de la dernière sorcière?

Madoka possède déjà sa secte – pardon, son Eglise – et devient selon l’appréciation même de Kyuubey une divinité à part entière. De par la tâche qu’elle s’est assignée, elle se transforme en un être qui transcende le temps et l’espace pour libérer toutes les mahou shoujo de leurs angoisses. Même si tous les maux de l’humanité demeurent, Madoka lui offre à travers son accomplissement la seule chose que Pandore laissa dans la fameuse boîte : l’espoir. Petite synthèse qui décrit ma foi assez bien le clin d’œil à la liturgie chrétienne : « Madoka is a Jesus figure, Homura is her prophet, and Kyuubey is the tempting Devil ».

Mais à la grandeur de son souhait qui venait d’ébranler les fondements de l’univers équivaudra une terrible destinée. Transcendant les espaces et dimensions, Madoka a totalement disparu du monde dont elle est originaire et même sa famille l’a oubliée. Seule Homura se souvient véritablement de son amie car l’essence son vœu était de la protéger en renversant le flux du temps. Mais son nom reste vaguement nostalgique pour ses proches, signe qu’ils ont conservé quelque chose de son existence. Son frère dessine ainsi sa figure dans le sable tandis que sa mère est étrangement attirée par le ruban rouge – hautement symbolique – que sa fille a légué à Homura : ne s’agit-il pas d’une expression sincère et intuitive de leur amour pour Madoka?

Mais qu’est donc véritablement devenue la jeune fille à partir du moment où elle a exprimé son souhait? A-t-elle pu s’épargner elle aussi la sombre destinée des mahou shoujo après avoir embrassé tout le désespoir du monde?

Lire à ce propos : & Madoka Thought Paradox: Release from Last Judgment & Despair and Hope in Puella Magi Madoka Magica

Le rouge... la joie de vivre, l’optimisme, la vigueur?

La porte ouverte à de futures interprétations

Étant donné la popularité de la série, j’ai bon espoir de voir des passionnés accomplir ce qui n’a pas été fait l’année passée avec The Tatami Galaxy en décortiquant cette série de fond en comble car il y a matière à interprétation. On pourrait…

Se demander en quoi les angoisses des lolitas sont un carburant de qualité. Rechercher des éléments shoujo-ai disséminés ça et là. Comparer Madoka Magica à d’autres classiques du genre tels que Nanoha et Mai Hime, situer son final dans la lignée d’Evangelion, ses ficelles entre Tutu et Utena. Retracer cette sempiternelle réflexion sur l’adolescence qui doute, tâtonne et suit son chemin sous le regard alerte de ses parents. Revoir Madoka Magica à la lumière des mythes littéraires, celui de Faust bien évidemment mais aussi du Steppenwolf. Étudier l’influence des théories bouddhistes dans le récit, le parcours de Madoka pouvant être interprété comme un chemin vers l’illumination. Souligner les échos de la grande chasse aux sorcières. Tenter une synthèse des théories physiques auxquelles répond l’univers complexe de Madoka Magica pour dénoncer les potentiels paradoxes. Supposer enfin que le final ait été différé/modifié pour que le message réponde mieux à la catastrophe du 11 mars.

Lire à ce propos : 

Quelque part, un aspect "amour fusionnel"?

Ce billet tient plus souvent du compte-rendu que de réflexions personnelles comme vous l’aurez constaté. N’allez pas me parler de psittacisme éhonté, c’est assumé. Je voulais montrer à travers ces quelques points combien les réflexions que l’on peut lire sur la toile à la fin d’une œuvre telle que Madoka Magica sont jouissives. J’avoue tout de même ne pas avoir saisi toutes les théories autour de l’entropie et il me reste pas mal d’hypothèses à visiter. En conclusion, si par moment on surprend les auteurs de Madoka Magica à trop en faire, au risque de discréditer l’ensemble, un tel engouement pour l’analyse et parfois l’extrapolation (Theories and Speculations) est gage de qualité.

29 réflexions sur “La réception de Puella Magi Madoka Magica

  1. Reste LA question qui compte : quel est le message de la fin de Madoka ? Qu’est-ce que la série transmet ? Qu’a elle à dire sur les jeunes japonaises d’aujourd’hui ? Qu’a elle a dire sur le genre magical girl après l’avoir déconstruis ou subverti ?
    Car une fois le grand 8 émotionnel fini, c’est ça qu’il faut se demander. A moins que le flou global dans lequel baigne la série permette à chacun d’interpréter la série selon son propre prisme, niant ainsi tout fond concret.

    >Souvent on reproche au mahou shoujo de mener les spectateurs
    >par le bout du nez dans un univers où tout devient possible.
    Ce genre de reproche montre avant tout une vraie méconnaissance du genre, tant c’est loin d’être le cas de manière systématique. La fin classique de la série de magical girl est même celle de l’héroïne qui renonce à ses pouvoirs afin de pouvoir accomplir des chose par elle même et non plus par magie.

    Et voir « manifeste d’animation expérimentale » dans la série c’est un peu tiré par les cheveux. La série n’innove en rien à ce niveau, tout a été déjà fait plusieurs fois dans d’autres séries ou court-métrages. Elle se distingue juste en l’utilisant de manière pertinente au sein d’une série où on ne l’attendait pas.

  2. Le côté fumeux des voeux proposés par Kyubey, c’est qu’il explique qu’il s’agit de rémunération en échange de l’acceptation de devenir une mahô shôjo ; donc les filles qui veulent le devenir vont se forcer à trouver un voeu, même si elles n’en ont pas. Nous voyons à quel point Madoka, dont la vie est d’une grande tranquillité, peine à en trouver un.
    Et ensuite, il leur explique que devenir mahô shôjo est un paiement en échange du voeu, voeu que certaines filles n’ont certainement pas prononcé car elles en avaient besoin. Bref, Kyubey est un arnaqueur de première.

  3. C’est vrai qu’un autre aspect intéressant serait cette longue inertie dans laquelle se complait l’héroïne, la rapprochant quelque peu de Shinji et Simon. Je pense aussi que si elle hésite à s’engager, c’est qu’elle ne possède longtemps pas de véritable vœu. Kyuubey essaye de faire en sorte que ses cibles aient un souhait à exaucer, d’où les hypothèses – révélées fausses – faisant de Mami une fausse mahou shoujo créée dans l’optique d’installer une sentiment de culpabilité chez les héroïnes. Mais pourquoi risquer sa vie pour la « justice » quand on n’a rien à demander en retour?

    En revanche, il n’y avait pas cette idée d’arnaque pour un souhait dérisoire dans Madoka Magica. Le paiement est toujours proportionnel à la qualité du vœu. Si Mami n’avait pas vraiment le choix, les autres héroïnes font un vœu en connaissance de causes (ou presque) : la première chose que propose Kyuubey à la fin du premier épisode, ce n’est pas « avez-vous un souhait à exaucer » mais « je veux que vous fassiez un contrat avec moi et deveniez des Puella Magi ». (Edit : à la réflexion, c’est vrai qu’il incite à faire n’importe quoi comme vœu en posant ainsi la chose et faisant du vœu qqch de secondaire. C’est d’autant plus intéressant qu’il appelle l’âme justicière en elle avant de parler d’un souhait. Le petit manipulateur.)

  4. La dernière image c’est tellement une version yuri de Gigyas d’Earthbound.

    « Qu’a elle a dire sur le genre magical girl après l’avoir déconstruis ou subverti ? » -> Il est évident que Madoka ne veut rien dire sur le genre magical girl, et se contente de reprendre/déconstruire les différents codes emblématiques du genre pour raconter sa propre histoire et faire passer ses propres messages, sans jamais s’occuper une seule seconde des questions posées habituellement par le genre. Genre « on te vole tes stéréotypes mais c’est tout ce qu’on fait. »

    L’autre question c’est surtout de savoir si Madoka, la série maintenant terminée, laisse tellement la place aux débats et aux interrogations. Quand ce n’était pas fini, on passait notre temps à se triturer le cerveau pour essayer de deviner la fin, de la fantasmer du mieux qu’on pouvait, en se basant sur tous les éléments semés par la série au fur et à mesure de l’avancée des épisodes.

    Mais ce que j’ai admiré dans Madoka est beaucoup plus matériel: la fluidité du scénario, le ton mature, la réalisation, les symboliques, cet aspect maîtrisé qui faisait que chaque détail pouvait avoir son importance, la montée en puissance des personnages…

  5. Amo -> Alors d’après toi, une fois sa diffusion terminée, il n’y aurait plus rien à dire d’une série? C’est sûr que le plaisir des spéculations n’est plus mais je pense que l’intérêt de Madoka Magica ne se résume pas simplement à cela. Elle a suffisamment de potentiel pour ne pas être mise au placard de sitôt.

  6. >faire passer ses propres messages
    Qui sont donc ?

    Sirius > dire que mis à part Mami les autres ont fait leurs vœux en connaissance de cause c’est un peu fort de café. Elles ne savaient pas pour les soul gem, la transformation inévitable en sorcière et autres inconvénients de la condition de puella magi.
    La seule qui a fait un vœu en pleine connaissance de cause c’est Madoka. Et c’est pour ça qu’elle a pu purifier le système de manière efficace.

  7. Tetho -> Les reproches faits au genre mahou shoujo ne me concernent pas en réalité. C’est juste un tendance que je constate. Voir l’avis de Martin.
    Sinon parler d’animation « expérimentale » est peut-être un peu fort comme terme. Et sûrement prétentieux comme il faudrait avoir tout vu pour l’utiliser. Reste que le studio m’a montré des choses que j’ai jamais ou rarement vues, pas avec une telle puissance évocatrice. La bataille folle de Sayaka est en ce sens inoubliable pour moi.
    Pour les vœux, j’avais pris soin d’ajouter un « ou presque » entre parenthèses car il est vrai que Sayaka et Kyouko ignoraient tout concernant la soul gem.
    Concernant les messages de l’œuvre enfin, c’est toujours assez subjectif et je ne saurais pas avancer grand chose de plus que je ne l’ai déjà dit. Dire que Madoka livre « le même message que le Christ sur la croix » me paraît sans doute peu satisfaisant. Reste un message d’espoir qui ne vient pas tout arranger mais rend la quête des puella magi déjà plus optimiste avec un nouveau système. Car le combat continue avec son cycle d’épreuves et de souffrances rendues supportables par une lumière d’espérance. Après s’il faut interpréter tout ça comme une leçon de vie à l’attention des adolescentes, je laisse le premier venu tenter l’exercice.

  8. « >faire passer ses propres messages
    Qui sont donc ? »

    => Inexistants. J’aurais du me contenter de « raconter son histoire », j’ai écrit ce passage dans le feu de l’action sans trop réfléchir sur le sens parce que sinon ouais je pense que y’a aucun message de transmis par Madoka et que tous les efforts sont là pour juste raconter une histoire, et ne se positionne jamais à un seul moment de manière claire dans un véritable message, un véritable sens. Même des thèmes aussi bateaux que l’espoir où l’amitié sont abordés par l’anime non pas pour transmettre un message mais juste pour servir d’outil pour faire avancer l’histoire.

    C’est là que je pense que les débats sur Madoka sont limités: c’est parce que par exemple je pense pas que le moindre élément ici abordé par Sirius soit source à débat tout simplement parce que l’anime est très clair sur toutes les questions et que toute discussion sur un élément de l’anime finirait forcément au bout de deux ou trois interventions par devenir de la bête constatation parce qu’on a au final peu de questions qui restent ouvertes où auquel l’anime n’apporte déjà pas une réponse.

    Les rares thèmes de débat qui restent sont pas forcément les plus intelligents: on peut s’amuser à juger les motivations de tels personnages, se battre sur des questions intellectuelles du genre « Kyoko et Maki elles se tripotent le clito où pas » où s’échiner à définir si la série se termine sur une happy end ou pas, mais se poser de vraies question et s’amuser vraiment à réfléchir sérieusement sur des choses de l’anime, ça sera plus difficile.

  9. À propos de Kyuubey, l’argumentaire qu’il défend d’un bout à l’autre de la série c’est que le bien et le mal sont des concepts illusoires, difficile d’affirmer que c’est une quelconque sorte de grand méchant donc (c’est pour ça qu’il fait peur : c’est une entité qui dépasse notre manichéisme humain). Il illustre d’ailleurs ça très bien lors des derniers épisodes en parlant de consommation industrielle, on accepte exactement le même système sans broncher. Après tout, est-ce qu’on se demande quel était l’étal mental du boeuf qui est dans notre assiette, l’intelligence étant une belle excuse pour placer un fossé entre nous et ces animaux ?

    Par ailleurs, je pense que si Madoka a bien sauvé les Mahō Shōjo de leur sort, elle n’a pas du tout sauvé le monde des énergies négatives qui en émanent : lorsqu’on parle de ces malédictions, démons et de « miasme » dans le final, on peut y voir une manifestation de l’énergie libérée par Madoka : si Madoka est partout et nulle part à la fois, alors il en est de même pour cette énergie négative dispersée sous forme de brouillard pour s’en prendre aux humains, mais plus sous la forme des witch. C’est un peu un semi-échec pour Madoka, qui se retrouve à sauver toutes les filles tout en déversant de l’énergie négative brute sur le monde. Ce que les Mahō Shōjo combattent à la fin, ce n’est rien de plus que Madoka elle-même à mon sens, pas un quelconque mal universel, mais bien une autre conséquence directe du pacte. En voulant sauver le monde de la souffrance, Madoka l’a condamné.

  10. Et donc y’a eu une dizaine d’articles en anglais sur la fin de Madoka, et chez nous y’en a juste un qui reprend ce que les anglais ont dit ? :(

  11. Gen’ -> Tout à fait d’accord : Kyuubey n’est pas totalement à blâmer et Madoka ne résout pas tout finalement.

    Le devenir de Madoka reste d’après moi très problématique car certains pensent qu’elle devient l’ultime sorcière (comme toi) et d’autres voient plutôt la naissance d’une divinité qui transcende le temps et l’espace (c’est un peu mon cas). Sa disparition semble pour certains aussi paradoxale dans la mesure où l’univers est désormais régit par une « loi Madoka »

    Le final que tu décris me semble un peu trop pessimiste au vu des événements. Pour moi, il y a toujours des angoisses et malédictions au cœur de l’humanité qui s’accumulent et produisent ces masses informes que sont les nouveaux démons. A mon sens, Madoka est morte (disparaît) en tant qu’ultime sorcière (avant-avant-dernière image, son vœu a créé une soul gem rassemblant tout le désespoir, le prix à payer pour changer un univers) avant de devenir la déesse protectrice (la récompense) des mahou shoujo qui succombent au désespoir, d’où la petite voix qu’entend Homura quand elle exhibe ses ailes noircies. Oui, en un seul claquement de doigt o_O

    Tout ça prouve quand même qu’il y a encore quelque chose à penser de Madoka Magica une fois le rideau tombé.

    Tabris -> Et si tu montrais l’exemple?

  12. Gen’ et Sirius > J’ai du mal à voir où vous voyez que Madoka devient une sorcière ou qu’elle déverse de l’énergie négative sur la Terre. On voit clairement qu’elle stock dans sa soul gem l’énergie du désespoir des puella magi mais comme elle le dit, puisqu’il n’y aura plus jamais de sorcières elle n’a aucune raison de céder au désespoir et donc d’en devenir une.

    >Concernant les messages de l’œuvre enfin, c’est toujours assez subjectif
    Un message se doit d’être clair, on doit pouvoir l’établir en se basant sur les éléments présent et le mettre en avant de manière claire. Si tout un chacun peut voir ce qu’il veut dans une œuvre selon ce qu’il apporte c’est qu’elle est creuse. Il y a bien des cas où cette posture est assumée (Lynch, Kubrick avec la fin de 2001…) mais je ne pense pas que c’est le cas du duo Shimbô/Urobuchi.

    > l’anime est très clair sur toutes les questions
    Madoka est une série qui nage dans un fou assez monstrueux. On ne sait pas clairement si c’est l’épuisement de la réserve de magie ou le désespoir qui provoque la transformation en sorcière. Parce que minbe de rien c’est très important vis à vis de la fin, si c’est le désespoir, et rien d’autres alors rien n’explique que les puella magi disparaissent une fois leur gem purifiées par Madoka, elles devraient au contraire pouvoir continuer de vivre… On ne sait pas non plus ce qu’est réellement une Nuit de Walpurgis, agrégat de sorcières arrivées à maturations ou puella magi puissante qui s’est transformée en super-sorcière ?
    Et l’utilisation de théories foireuses vis à vis de l’entropie ou de l’histoire de l’humanité n’aide pas.

  13. Je pense que Madoka est à la fois l’ultime sorcière et la déesse qui transcende le cosmos, en fait. Pour qu’elle puisse assurer son rôle de grande protectrice et sauveuse, il fait qu’un équilibre se forme avec ces forces négatives, c’est un peu la balance qui régit ce « nouvel univers ». Si les démons n’étaient pas produits par l’angoisse de l’humanité auparavant je ne vois pas de raison pour que ce soit le cas maintenant. A chaque « pépite noire » que les incubateurs récupèrent, j’y vois une partie du fardeau que doit porter Madoka pour assurer son rôle, de cette manière le cycle de l’entropie peut continuer à fonctionner.

    Le monde flambant neuf pourri par les malédictions prouve bien qu’il est impossible de rassembler tout le désespoir, et qu’il a fallu tout changer pour que le souhait de Madoka se réalise envers et contre tout (au moment où elle saturait en désespoir et s’est transformé en sorcière, la scène dans l’espace, qui ne correspond pas selon moi à la « fin des temps »). On pourrait dire qu’à chaque fois que Madoka disperse une soul gem, c’est elle qui se transforme en partie en démon comme elle se transformerait en witch, c’est son côté « ultime sorcière », la partie « déesse » survivant malgré tout pour continuer à satisfaire le pacte, qui est l’unique règle fondamentale de cet univers. Ouf :’)

    Et on ne dit pas que Madoka disparaît, mais bien qu’elle est partout et nulle part à la fois (une Madoka quantique ?), dieu quoi. C’est là que le parallèle avec le Christ est facile, puisqu’il a fait exactement la même chose en décidant de prendre tous les péchés des hommes sur lui au moment de sa crucifixion. Je me demande même si il n’y a pas un parallèle à faire relatif aux ancien/nouveau testaments et l’ancien/nouveau monde dans Madoka (dieu vengeur/dieu sauveur).

  14. Pour ce qui est du message laissé par la série, ça ne me surprendrait pas du tout qu’il n’y en ait pas. Comme Amo dit, j’ai l’impression que tout est dirigé pour raconter une (belle ?) histoire. C’est la même dans d’autres écrits d’Urubochi aussi. Ça se massacre, c’est glauque, c’est tragique, mais il n’y a pas de message véhiculé. Et c’est pas plus mal, d’ailleurs, à mon avis…

  15. Tetho -> Je veux bien croire que la série véhicule un message précis mais je doute que tout le monde le recevra et l’interprétera de la même façon. D’où le côté subjectif.

    Pour l’hypothèse « Madoka ultime sorcière » (qui n’a rien d’une évidence en effet) je la défendrai ainsi : 1. Elle doit mourir pour que le désespoir rassemblé s’évapore avec sa soul gem (voir la réaction d’Homura quand la masse obscure autour de la Terre explose : son amie vient de mourir) 2. Elle ne peut pas empêcher qu’elle-même devienne une sorcière (qui prendrait sa part de désespoir?)

    Je suis d’avis que l’épuisement de réserve magique ne cause pas la transformation en sorcière mais la mort. (Soul gem vide -> plus rien pour alimenter le réceptacle de l’âme.) Sinon la défaite face aux sorcières signifierait automatiquement transformation en sorcière et ce n’est pas arrivé à Mami (on fait un gros plan sur sa soul gem éclatée).

    Pour la Nuit de Walpurgis, joker.

    Gen’ -> je pense que les sorcières étaient aussi produites par l’angoisse de l’humanité auparavant. Ce n’était pas uniquement un cycle. Souviens-toi de ces petits esprits qui ne sont pas encore arrivés à maturité mais dévorent les angoisses : les « Familiers » qui muteraient en sorcière une fois l’énergie absorbée. Sayaka devient elle instantanément une sorcière, elle ne passe pas par cette étape. Et sinon, pourquoi les sorcières s’en prendraient aux gens si ce n’est pas pour pomper leurs angoisses. Pour motiver les justicières?

  16. Tetho > Pour la transformation, on peut effectivement théoriser dessus, c’est en effet un des rares éléments flous dont aucune réelle explication n’est donnée. Mais par contre dans le monde « après-Madoka », je vois pas en quoi le désespoir n’est plus une probabilité expliquant la disparition des Puella Magi puisqu’il est toujours possible pour celles-ci de voir que leur voeu se retourne contre elle, où tout simplement en avoir juste marre de devoir envisager leur avenir à combattre infiniment contre des ombres qui ne disparaîtront jamais. Homura n’explique t-elle pas d’ailleurs dans une des scènes de fin que c’est désormais devenu basé sur la volonté, quelque chose comme ça ? Il me semble que c’est évoqué, j’ai pas les épisodes sous la main là pour vérifier mais…

    Par contre pour Walpurgis c’est plutôt clair: c’est « juste » la witch la plus puissante du monde, sans rien de plus derrière. On a beaucoup fantasmé sur cette brave Walpurgis et on a tous attendu une explication plus forte derrière mais… non. C’est juste une witch tétra balèze, ça me paraît évident… Je dois être un peu naïf/simpliste dans ma réflexion mais…

    (mais j’avoue que ce qui m’a le plus géné sur Walpurgis c’est que je pensais machinalement à Bible Black.)

  17. J’avais dis vers le début de la série que je détestais pas Puella Magi, mais qui s’il arrivait à faire de l’ombre à Hoshi no Samidare, je serais triste.
    Et je suis triste.

    Je pense pas que la blogosphère m’ait attendue pour tourner, mais je serais bien tenter de parler plus en détail du rapprochement entre Puella Magi et Hoshi no Samidare (ce que j’ai pas fait jusqu’à maintenant pour éviter de spoiler le deuxième titre qui n’est pas si connu) que j’ai essayé de glisser partout où je suis passé mais qui n’a pas l’air d’avoir marqué grand monde.

    Mais Puella Magi me fait l’effet d’une grande blague qui le mérite d’être destinée au bon public. C’est vrai, à quoi bon construire des histoires soit-même si on a un immense fanbase pour le faire à sa place ? On fait comme si ça voulait effectivement dire quelque chose et comme personne n’a vraiment envie d’avoir l’air idiot, ça marche.

    Moi je m’en fiche d’avoir l’air idiot, du coup, ça me fait sourire de voir un type dire dire que seul les idiots (et non pas une faiblesse formelle dans l’écriture de la série) n’auront pas compris que tout dans Madoka peut s’expliquer.

  18. Rhyvia -> Ayant lu Hoshi no Samidare, je serais très curieux de lire ta comparaison des deux œuvres. J’avais d’ailleurs déjà fait un rapport entre la série et Bokurano (comme ci-dessus), alors je ne doute pas qu’il y ait un lien. Mais j’avoue que mes souvenirs sont aujourd’hui un peu flous.

    Je suis peut-être un idiot mais je crois aussi qu’il y a des choses qui ne sont pas vraiment expliquées, ou plutôt qui poussent à interprétation dans Madoka Magica. Je pense que l’œuvre ne suffit pas à elle-même (attention, je ne veux pas dire ici qu’il manque du matériel, tout y est) mais que ses ficelles se rattachent dans l’esprit du spectateur. Et ça, c’est fort.

  19. Les non dits seront bien évidemment explicités dans les spin off manga comme Oriko, il faut bien rentabiliser la licence…

  20. De nombreux détails sur la Nuit de Walpurgis sont indiqués dans la « décoration » de maison de Homura, laquelle a eu largement l’occasion de l’étudier. La vraie question à son sujet, c’est pourquoi Mamie est au courant de son existence dans le premier univers (et seule Homura dans les autres).

    Mine de rien, pas mal d’informations sont données, certains événements en deviennent prévisibles. Il suffit d’observer. Quand je lis des commentaires de personnes qui se demandent si Homura ne donne que peu d’informations primordiales juste parce qu’elle est emo, cela m’étonne un peu dans la mesure où elle l’explique elle-même tôt dans la série, et qu’il suffit d’y faire attention ^^’

  21. Oui enfin, c’est tout un art de distiller l’information de manière assez subtile et utiliser le prétexte de « je l’ai dis mais personne ne m’a cru », c’est assez cheap. Ca me fait penser à ToV et ses personnages qui meurent subitement au moment de te faire passer une information de la plus haute importance.

    Encore une fois, c’est d’un point de vue formel qu’il faut regarder tout ça. Est-ce qu’en terme de narration tout ça est réellement pertinent ? Il faut pas confondre le contenu et le contenu, la séries donnent des informations, mais la manière dont elle le fait se rapproche plus de la justification que de l’explication (deux démarches qui sont complétement contradictoires, elles ne vont pas dans le même sens).

    La narration c’est autant quelque chose à comprendre et maitrisé que le dessin. N’importe quelle histoire est bonne à raconter alors que d’un autre côté, même une excellente histoire mal racontée, c’est chiant. C’est d’autant plus un casse-tête que la réponse l’air évidente alors qu’elle ne l’est pas du tout.

    Et j’accuse personne d’être idiot. Je parle bien d’avoir l’air idiot. C’est juste que personne ne dit « j’ai rien compris » sur le net. On préfère broder sur du flan que de dire qu’on à rien compris.

  22. Ben je suis désolé Rhyvia, mais la plupart (pas toutes) des informations sont là ; c’est juste que le spectateur n’est pas pris par la main.
    Si elle dit qu’elle a déjà essayé, rien de plus, c’est parce que dire qu’elle vient du futur, ça aussi elle a déjà essayé… C’est parfaitement logique et crédible.
    Pas besoin de jouer les fanboys et de trouver des explications à tout et n’importe quoi : les explications en question sont dans la série ^^’

  23. J’ai l’impression d’avoir eu cette conversation des dizaines de fois avec des personnes de différentes x_X…

    En fait, c’est pas une question de « prendre le lecteur par la main » (argument assez pratique dont l’auteur devrait être exécute sur place public pour montrer qu’on déconne pas avec la narration), Dennou Coil a une écriture exemplaire et n’a réellement pas besoin d’être expliqué. J’y connais keudal en informatique et j’ai compris Dennou Coil. (spoiler alert) Quand dans le dernier épisode Yasako va voir son ancienne camarade de classe, ça explique toute la relation entre Yasako et Isako et quand on regarde la série une seconde fois on se rend compte que le moindre détail à un sens. Et pourtant, jamais on a l’impression qu’il manque quelque chose, malgré le fait que l’élément clé pour comprendre la manière dont ces deux personnages fonctionne n’est pas présent. Ca, c’est magnifiquement bien raconté.

    Dans Puella Magi, les fameuses « explications » sont en fait des moyens assez évidents de combler des vides. Toute la série était basé sur au mieux trois révélations : le véritable job de Magical girl, la nature de Kyubey et la relation entre Homura. Quand Homura dit que personne ne l’a crue quand elle leur tout révélé (et qu’on nous le montre ne change rien) c’est juste un moyen de délayer l’intrigue. Mais c’est cheap à mort. Bien sûr que c’est logique, mais dans le cadre d’une histoire complétement fictive, qu’est-ce que « logique » veut dire ? Quoi qu’il arrive, c’est juste un événement arbitraire qui a lieu parce que l’auteur a voulu qu’il est lieu. Dans ce cas précis, c’est que si Homura révélait tout à ce stade de l’histoire, il n’y aurait plus rien eu d’autre à faire. Le fait même de se retrouver dans cette situation est une maladresse, la manière dont les différentes pistes sont proposées est simpliste au possible et d’ailleurs au final, personne n’a été surpris par la moitié de révélations une fois passé l’épisode 3 (et encore, je suis sympas, beaucoup ont aussi venu venir l’épisode 3 de loin). Cette réplique en fait partie, mais c’est juste une chose parmi plein d’autres (la fin de l’épisode 4 était insulte à la suspension consentie d’incrédulité tellement d’événements arrivent « par hasard » au même moment).

    La série était racontée à la hache et construit avec du scotch, de toute façon. L’histoire en elle-même était intéressante, mais c’était raconté d’une manière catastrophique. Et je pèse mes mots.

  24. Ben la logique c’est « cause => effet » ; et je connais un paquet de séries avec des effets sans causes sous-entendues ni même imaginables, ce qui fait penser qu’elles n’existent effectivement pas.

    Crois-moi Rhyvia, je ne suis pas un fanboy de Puella Magi Madoka Magica. Mais force est de constater que nombres d’explications sont effectivement présentes, et que tout autant d’interrogations n’ont de fait pas lieu d’être…

  25. Rhyvia -> Je comprends bien ta critique quand tu te demandes pourquoi Homura ne révèle rien. J’avais d’ailleurs mis en évidence dans un billet (L’ignorance est la vertu des aventuriers) la manière capillotractée dont les auteurs justifient cette tendance à distiller l’information quand il y a une personne qui pourrait tout dire.
    Sache aussi que j’ai pas du tout pris contre moi quand tu parles d’idiot. J’admets d’ailleurs volontiers que je n’ai pas tout compris (théories autour de l’entropie) et je me demande parfois si l’hypothèse « Madoka devient sorcière » n’est pas du flan. Cela dit, je laisse à d’autres défendre la narration de Madoka Magica.

    Info : comme vous l’avez peut-être remarqué, j’ai pas mal édité le billet ces dernières heures. J’arrête ici les ajouts et je les signale en vrac :

    – Savoir si la touche glauque et réaliste répond aux appétits du spectateur cible (idée inspirée du second article cité)
    – Inspirée par Gemini, l’idée que Kyuubey pousse à formuler n’importe quoi comme vœu.
    – Description personnelle de la scène de combat de l’épisode 7 pour défendre le mot « expérimental » qui chicane Tetho.
    – Appréciation générale de la fin, « ni trop douce, ni trop aigre » inspirée par l’article de John.
    – Comme le souligne Gen’ : la frontière bien/mal est menacée.
    – Évocation du subtil souvenir qui demeure de Madoka (cf. John aussi) et interrogation sur sa destinée.
    – Rapport à e8 (facile celle-là)
    – Un message dans la dernière discussion entre Madoka et Sayaka lors du récital. (courage, altruisme)
    – Une dernière piste d’interprétation concernant la diffusion différée de la fin et le message final (idée personnelle, peut-être déjà évoquée, difficile à gérer).
    – Le « Ne suffisait-il pas à Homura de tout dire? » Merci Rhyvia.

    +Ajouts d’illustrations pour aérer un texte qui devenait un peu lourd.

  26. Je viens juste de me remater la série d’une traite et j’avoue avoir été plutôt surpris par sa cohérence et celle des actions des personnages. Parce qu’à la première vision à partir de l’épisode 8 j’avais commencé à me dire que c’était vraiment n’importe quoi et que la série ne tenait pas debout. Notamment relativement aux histoires de voyage dans le temps et du comportement de Homura dans les premiers épisodes, qui semblait vraiment s’y prendre comme un manche pour sauver Madoka.
    En fait on comprend qu’elle fait tout son possible pour arranger les choses, seulement après avoir usé de tous les moyens les plus évidents (s’allier aux autres Puella Magi pour combattre ensemble le Walpurgis, leur expliquer la vérité sur Kyubei…) et après avoir répété on-ne-sait combien de fois la même boucle temporelle on comprend un peu qu’elle paraisse si détachée des événements et qu’au final elle utilise des moyens peu conventionnels pour arriver à ses fins. Bon moi je raconte-ça mais jusque là ça n’avait l’air de gêner personne d’autre que moi.

    Sinon je n’ai pas relevé d’incohérences ni de question sans réponses, pour peu qu’on soit un minimum attentif.. Après j’aimerai bien revoir la conversation entre Madoka et Kyubei à propos de l’entropie, mais avec une traduction exacte parce que jusque là je n’ai vu que celle de gg qui est souvent bien merdique. Mais si la traduction est fidèle alors ce cher Urobuchi n’a pas très bien compris la thermodynamique (ou n’a pas cherché à comprendre?). Après on peut trouver que c’est un détail mais ça me fait toujours tiquer quand on maltraite les sciences dans une oeuvre de fiction.
    En fait il est fait tout simplement référence à la théorie de la mort de l’univers par diminution de son énergie. L’entropie n’étant ici qu’un joli terme technique dont on se serait très bien passés.

    Une dernière chose : il me semble que c’est très clairement dit dès la première fois qu’il en est fait mention que le Walpurgis est juste une sorcière très puissante. Pour moi il s’agit même de la première Puella Magi que l’on voit être sauvée par Madoka à la fin, alors qu’elle est sur le point de se transformer en sorcière. Je dis ça en rapport au motif du cirque que l’on retrouve chez le Walpurgis et dans les vêtements de la fille, plus les banderoles colorées qui apparaissent dans les deux scènes. Après ce n’est pas hyper clair et j’ai peu être complètement tort.

    En espérant qu’il y a encore quelqu’un pour lire ce commentaire.

  27. Y’a eu un paquet d’articles sur le sujet O_O.

    Je ne sais toujours pas si j’ai envie de voir cette série, et ce que dit Rhyvia n’est vraiment pas pour me rassurer (et totalement d’accord pour l’expression, d’ailleurs l’auteur prend forcément par la main, sinon on ne lirait pas son histoire :p).

    Gemini : C’est la causalité, pas la logique.

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