Utawarerumono : du T-RPG dans mon harem

Pour la petite histoire, j’ai souvent entendu parler de l’anime adapté mais je n’ai jamais eu la volonté de le voir pour une raison assez stupide : je ne supportais pas du tout le look du héros avec son masque à cornes surplombé d’un smiley crétin. Le visual novel permet de passer outre cette incroyable difficulté comme on adopte le point de vue d’Hakuoro. Il est le plus souvent derrière la caméra et on ne voit donc pas sa sale frimousse.

Utawarerumono, c’est l’histoire d’un amnésique qui se voit recueilli et adopté par un hameau alors qu’il gisait mourant en pleine forêt. Dans sa nouvelle famille, on trouve deux mignonnes demoiselles : Eruruw et sa petite sœur Aruruw, les petites filles de Tsukur, une vieille herboriste qui travaille comme guérisseuse. Ensemble, ils coulent des jours paisibles jusqu’à ce qu’un événement vienne chambouler le quotidien du village.

Vous aurez peut-être remarqué que jusqu’à maintenant j’ai soigneusement évité de dire que je « joue » à un visual novel. Si je privilégie d’habitude le verbe « lire », je ferai une exception pour Utawarerumono. En effet, cet eroge propose beaucoup de combats à la tactical RPG, un système sans aucune profondeur qui permet tout juste de mieux mettre en scène les guerres et conquêtes du scénario. Parce que sauf déplacer des combattants sur un damier et taper sur l’ennemi vous n’aurez pas grand-chose à faire. Les combos sont tellement difficiles à prendre en main que je m’en suis facilement passé en choisissant une difficulté normale et faut vraiment être un valeureux pervers doublé d’un lolicon masochiste pour vouloir décrocher les deux derniers CG en mode hard. Autant aller les zieuter sur un coin de la toile.


J’ai vraiment été surpris par le décalage entre l’ambiance générale très bon enfant et les scènes érotiques qui vous sautent à la figure sous un prétexte quelconque et souvent risible. Utawarerumono est un véritable harem où toutes les concubines de l’empereur parvenu finissent pour une raison ou une autre dans son lit. Toujours de leur propre chef et parfois de façon tout à fait intéressée mais que voulez-vous, le type est bien trop gentillet pour repousser leurs approches et n’a visiblement rien contre la polygamie.

Les aspects visual novel sont pas vraiment mis en exergue car les choix que l’on effectue n’ont strictement aucune importance : il s’agit seulement d’organiser le quotidien d’Hakuoro et l’ordre importe peu. La quête est donc strictement linéaire et on nous balance des orgies bizarroïdes pour un final qui flaire bon la fantasy à deux balles. J’en avais strictement plus rien à foutre des révélations tant attendues autour de l’identité d’Hakuoro tellement j’étais d’ors et déjà désenchanté par l’univers d’Utawarerumono.

Car le scénario est gravement hybride. Si j’ai apprécié l’ambiance exotique et conviviale du début, j’ai commencé à me poser des questions au moment de me lancer dans des conquêtes aussi incompréhensibles qu’éphémères pour finir complètement désabusé à l’heure des explications. Je regrette énormément la tournure qu’a pris l’intrigue alors que l’univers transpirait joliment le pittoresque et les personnages s’avéraient attachants. Les orientations « harem » et « tactical rpg » d’Utawarerumono viennent fatalement plomber l’ensemble avec des scènes érotiques surajoutées puis un récit qui verse dans le manichéisme et l’heroic fantasy. Dommage, les deux petites sœurs étaient bien mignonnes avec leur côté inumimi.


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8 réflexions sur “Utawarerumono : du T-RPG dans mon harem

  1. Bon ben je ne regrette pas de l’avoir abandonné assez rapidement (genre à la mort oh mon dieu si tragique d’un vieux) alors, Uta[warerumono|whatever] ~ (comment c’est pas bien la maltraitance volontaire des titres)

  2. Le titre me disait bien quelque chose… mais quoi ?

    « Utawerumoni est un véritable harem où toutes les concubines de l’empereur parvenu finissent pour une raison ou une autre dans son lit. »
    +
    « En effet, cet eroge propose beaucoup de combats à la tactical RPG, un système sans aucune profondeur qui permet tout juste de mieux mettre en scène les guerres et conquêtes du scénario. »

    Là, je me suis dit qu’il parlait de Sengoku Rance mais les images ne correspondaient pas.
    C’est alors que je me suis souvenu d’une série que j’ai lâchée au bout de deux épisodes parce que je ne « supportais pas du tout le look du héros avec son masque à cornes », en plus, le coup des amnésiques me tape sur les nerfs.
    Pourtant, il me semble avoir lu de bonnes critiques de cette série sans parler du bon ratio que lui octroie la vndb. Mais bon, quand on sait que c’est Clannad qui tient le haut du panier…

  3. Pour le coup, j’avais commencé le visual novel, mais je l’ai vite abandonné, d’une part parce que c’était pas vraiment intéressant, et d’autre part parce que les système de T-RPG me tapait sur le système.

    Par contre, je me suis penché sur l’anime qui en final n’est pas mal du tout. C’est assez léger, plutôt classique, avec un rythme ni trop lent, ni trop rapide. Ce n’est pas l’excellence, mais il m’a plutôt bien satisfait. Après, il faut dire que le final est bien WTF.

  4. « Utuwaremino : du T-RPG dans mon harem »
    « Utaworerono, c’est l’histoire d’un amnésique »
    « je ferai une exception pour Utewarumono »
    => Tu le fais exprès ! xD Ce n’est pas si compliqué, c’est Utawarerumono !
    Eh bien, tu aurais dû me prévenir que tu faisais un article sur ce VN. Je trouve que tu te focalises trop sur les scènes érotiques du jeu. Bien que l’abondance de ces passages m’ait choqué (pour un VN, ces petites cochonneries sont plus nombreuses que d’habitude…), j’ai quand même réussi à fermer les yeux sur ce peau de miel censé attirer les pervers-abeilles. Quant aux combats tactical RPG, j’avoue que le système est sans profondeur, mais disons que le jeu n’a pas la vocation à être un jeu RPG avec du texte, mais un VN avec du RPG. Ce dernier point aurait pu être mieux mis en avant, mais je les ai trouvés plutôt rafraichissants. Ce n’est pas tous les jours qu’un VN propose un tactical RPG, même si c’est plutôt sous-exploité.

    « Les aspects visual novel sont pas vraiment mis en exergue car les choix que l’on effectue n’ont strictement aucune importance : il s’agit seulement d’organiser le quotidien d’Hakuoro et l’ordre importe peu. La quête est donc strictement linéaire et on nous balance des orgies bizarroïdes pour un final qui flaire bon la fantasy à deux balles.  »
    => Il me semble qu’il y a un nom pour désigner ces VN qui ne propose pas de réels choix. Il faudrait que je demande à mon pote de Hanamaru Hamburger, c’est lui qui m’a fait découvrir les VN. Je te trouve quand même sévère pour « la fantasy à deux balles ». Ce qui m’a accroché, c’était justement ce côté fantasy que je n’avais pas encore trouvé dans les autres VN.

    « J’en avais strictement plus rien à foutre des révélations tant attendues autour de l’identité d’Hakuoro tellement j’étais d’ors et déjà désenchanté par l’univers d’Utiwerumuno. »
    => Là encore, je te trouve bien sévère :/ L’histoire tient en haleine et ne perd pas en force avec le temps. A chaque fois, l’apparition d’un nouveau danger permet de relancer l’intrigue sans temps mort, jusqu’à la révélation finale ! L’univers d’Utawarerumono, réplique d’un Japon médiéval, cache bien son jeu et franchement, je ne m’attendais pas à un tel fond derrière ce plan remâché et revu. Ça me rappelait un anime, Jyu-oh-sei, que j’avais adoré.

    « Les orientations « harem » et « tactical rpg » d’Utowurerumo viennent fatalement plomber l’ensemble avec des scènes érotiques surajoutées puis un récit qui verse dans le manichéisme et l’heroic fantasy.  »
    => Après, on ne discute pas des goûts et des couleurs. Bien que les scènes érotiques et le style harem fassent partie des points négatifs du titre, j’ai trouvé le tactical RPG appréciable parce que ça changeait des combats décrits. Ici, le joueur a vraiment un rôle actif dans le combat, car c’est à lui de faire gagner ses hommes. Mais c’est vrai que le système est beaucoup trop simpliste (pas de changement d’arme, de classes des personnages, de farm, etc.) mais l’intérêt du jeu ne réside pas dans ce point. Quant à l’héroic fantasy, en tant que fan du genre, je n’ai rien à dire contre. Et encore, la qualification de SF serait, à mon avis, plus approprié arrivé à un certain passage. Le manichéisme ne me dérange pas et ne m’a pas dérangé, mais je peux comprendre que ça puisse rebuter certains.
    En tout cas, mieux vaut tester le jeu soi-même. Personnellement, j’ai adoré ce jeu et à aucun moment je n’ai été désenchanté par l’univers et l’histoire.

  5. Oui, on appellerait cela un kinetic novel. Mais Utawarerumono (je m’arrache la gueule ici :p) est un peu long pour faire un bon kinetic novel. Des titres comme Planetarian qu’on lit en 5h ça passe encore bien mais ici l’inaction du joueur est mal compensée par du vilain T-RPG.

    Je trouve que la succession de nouveaux dangers c’est un peu trop simple pour poser les jalons d’un scénario. Surtout que certains sont vraiment peu fouillés avec seulement des ambitions expansionnistes à la racine. On croirait que l’enchainement de conquêtes est juste là pour faire du T-RPG et pourtant le système est mauvais et frêne considérablement l’intrigue.

    J’ai joué à tellement de RPG que j’espère autre chose d’un visual novel que de la fantasy ou un simulacre de tactical. L’ensemble prend en effet une tournure SF bien marquée à un moment donné et ça s’ajoute au joli « pot-pourri » décrit par Katua.

    Mais je comprend qu’on puisse apprécier ce spectacle, j’ai moi-même été enchanté avant d’être désenchanté ; ) Aruruw elle est trop mimi.

  6. Maltraiter les titres, je veux bien lorsque c’est exagérément indicible et que c’est purement esthétique, mais lorsqu’ils veulent dire quelque chose (une chose assez poétique d’ailleurs, « Ceux qui sont chantés », ça induit plein de facteurs ethnico-religieux fort agréables), je dis non monsieur, ne mangeons pas de ce pain là :<

    J'éviterai de pousser l'argumentation pour la défense du jeu plus loin étant donné que je n'y ai pas touché (merf), mais j'ai le souvenir d'une adaptation sympathique en dépit d'un joli bordel ambiant, surtout grâce aux personnages, j'ai bien aimé Karura et Urutoriy. Eruru est d'ailleurs la seule waifu digne de finir sous les draps de l'empereur, c'est dit. L'ending SF, même si mal amené, a le mérite d'être original et surprenant, surtout quand on démarre dans un contexte si ouvertement archaïque. C'est cela dit amusant de constater que les phases tactiques semblent être aussi chiantes ingame que dans la mouture animée, où elles ne faisaient que ralentir l'histoire à grands coups de CG pas très subtil et de scènes réutilisées (la tentative de concilier RPG et VN me fait un peu penser à Shikkoku no Sharnoth, mais ça reste très anecdotique comme utilisation, dans le sens où ça n'apporte pas grand chose au genre).

    Tu trouveras la comparaison déplacée, mais certains aspects d'Utawarerumono me sont revenus en tête pendant le visionnage de Kemono no Souja Erin, avec notamment le charme du Madoromi no Rinne d'Eri Kawai, il s'en dégage un côté "pittoresque" qui me laisse rêveur, et que je ne peux m'empêcher de rattacher à la série après coup, d'où cette bonne impression au final. Si le setting est bien présent et intéressant à mes yeux, j'avoue que son développement est loin d'être passionnant, les personnages débarquent successivement sans que l'ensemble s'articule vers un point bien précis, c'est surtout ce côté là qui me posait problème. Mais encore une fois, je parle de l'adaptation, pas du jeu, je devrais peut-être me pencher sur ce dernier pour me forger un avis définitif. Faut dire que ton avis creuse encore davantage ces défauts.

    "Dommage, les deux petites sœurs étaient bien mignonnes avec leur côté nekomini."

    Inumini plutôt ?

  7. Je suis d’accord pour la plaisanterie autour du titre, c’était peut-être de mauvais goût et je vais y remédier pour faire amende honorable. Et pis c’est bien mieux pour le référencement :p

    Le scénario d’Utawarerumono est beaucoup moins bien rédigé que celui de Kemono no Souja Erin et tu cites d’ailleurs très bien ses défauts. Après, c’est peut-être parce que j’ai joué au VN que je n’ai pas du tout fait un rapprochement au niveau de l’ambiance. Je te conseille pas de pousser plus loin l’aventure après l’anime, tu serais – je le dis à nouveau – désenchanté.

    C’est Katua qui a fait la faute pour « nekomini », moi j’ai juste recopié bêtement :p D’ailleurs c’est pas « mini » mais « mimi ». Mais au fond c’est vraiment des oreilles de chien? Pourquoi ce serait des chiens? Il me semble en effet que c’est dit à un certain moment mais c’est juste le point de vue d’Hakuoro je me trompe?

  8. Pas faux pour l’orthographe de ce terme fabuleux :’)

    Chiens, parce les poils, la queue touffue (et la petite dent canine d’Aruru), mais si tu préfères les femmes raton-laveur/fouine, c’est comme tu le sens, personne n’a encore fait de prélèvement d’ADN pour confirmer.

    Le VN me tente quand même, je ne le placerai juste pas dans mes priorités. Je vois déjà assez clairement ce qui cloche, mais je choisis de persévérer et de trouver la situation de base et les personnages sympathiques, je garde en tête cette ambiance plutôt que la fausse intrigue politique à dormir debout, y’a un fossé entre mettre en place un background stable et construire une intrigue qui s’y développe correctement (Utawarerumono a juste choisi de se concentrer sur le harem, c’est ce qui est malheureux). Le côté « pleutre qui devient empereur » me fait un peu penser à Juuni Kokkuki dans le genre, on tient un peu l’extrême inverse pour le coup.

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