Suikoden (VI ?) Tierkreis

La question que je me posais avant de commencer Suikoden Tierkreis était la suivante : pourquoi le titre n’a-t-il pas eu droit à son numéro 6 dans la saga ? Est-ce simplement dû au fait que le jeu sorte sur une console portable ou se démarque-t-il d’une quelconque manière des autres titres ? Suikoden Tierkreis fait-il honneur à la célèbre saga aux 108 étoiles ? Autant d’interrogations auxquelles il s’agit maintenant de répondre.

Commençons d’abord par voir en quoi le jeu se distingue des autres opus au niveau de l’exploration. Le premier point qui m’a frappé, c’est le « mode direction » de la carte du monde alors qu’on sort du petit village de Citro sur une jolie plaine à explorer au début du jeu. Ces dernières sont en vérité extrêmement rares comme on en compte en tout trois ou quatre et elles n’ont pas une grande utilité. Le second point qui peut surprendre, c’est la façon de se déplacer dans les villes en choisissant les lieux dans un menu défilant. On peut ensuite visiter à loisir les magasins, une résidence quelconque ou encore la place du village mais le tout s’avère moins immersif qu’à l’accoutumée. A ces deux principaux changements viennent s’ajouter bien d’autres éléments que je vais citer en énumérant les qualités et défauts du jeu.


Un scénario passionnant comme rarement.

Comme tout Suikoden qui se respecte, Tierkreis possède un scénario en béton armé, un peu difficile à comprendre par moment mais toujours avec ces moments épiques propres à la saga : révolution, trahison, alliance, etc. Un récit bien au dessus de la moyenne, certainement le meilleur sur le support quand on sait combien la DS fourmille de RPG au scénario lambda. On regrettera peut-être l’absence de vrais personnages charismatiques dans la masse. Atrie, Dirk, Cougar : on en compte infiniment moins que dans le dernier opus et le héros n’a pas l’aura des traditionnels « silent protagonist » de la saga comme il débite sans cesse les mêmes idéologies quand il ne trouve pas des salades à raconter. Suikoden Tierkreis parle d’une chasse aux chroniques dont le pouvoir se révèle ahurissant, de dimensions parallèles qui s’entrechoquent, de la lutte du libre arbitre contre un roi unique : une histoire prenante qui offre certaines réflexions ainsi qu’une tension permanente.

Mais le titre surprend surtout au niveau de la réalisation, somptueuse pour le support et surtout pour une saga qui nous avait habitué à des efforts bien plus chiches. Sous un joli tableau situant l’action, on découvre un univers varié et riche en couleurs, qu’il s’agisse des neiges du mont Cho’lui, de la verdure de la forêt de Noslaw ou des laves du mont Svatgol. Le dernier opus profitait déjà d’une jolie touche artistique mais cette fois on a droit à un Suikoden vraiment somptueux, où les réalisateurs ont dessiné la nature et ses détails avec un très grand soin. On regrettera simplement de retrouver parfois d’une ville à l’autre les mêmes résidences, à croire que l’univers de Suikoden soit sous l’emprise d’un architecte… unique. Et aussi ces quelques labyrinthes redondants comme ceux des ruines qu’on est parfois invité à explorer. Ajoutons à cela une bande son assez traditionnelle avec ses touches exotiques et des morceaux qui rappellent les classiques de la saga.


Oui, c’est beau. Presque une première dans la saga.

Suikoden Tierkreis n’est pas un jeu parfait. Il pâtit notamment de son gameplay, bien mal foutu quand il n’est pas simplement agaçant. A commencer par une fréquence de combat bien trop appuyée dans les donjons. C’est d’autant plus dommage qu’on est trop souvent appelé à retraverser les mêmes lieux et que l’expérience décroît au fil de l’évolution. On peut d’ailleurs facilement gagner entre vingt et trente niveaux en cinq minutes pour mettre à jour ses nouvelles recrues. Ensuite, il est ici bien trop fréquent qu’un combat important – ou scénaristique – soit impossible à remporter et s’interrompe soudainement par une soi-disant déroute du groupe alors même que vous aviez le dessus. Ces affrontements prennent une proportion exagérée dans le jeu, à tel point que les combats contre de vrais boss sont rares en comparaison. Tout ça dégage une certaine frustration difficile à encaisser.

Plus grave encore est la manière dont les missions sont gérées. Une certaine monotonie s’installe car après avoir fait le tour de la carte, on se donne juste rendez-vous en salle de stratégie au 3e étage du château pour lancer les opérations. Et là l’histoire reprend soudain son cours et le joueur n’a quasiment qu’à lancer des attaques automatiques pour se débarrasser des soldats de l’Ordre. Un drôle de procédé qui rappelle les quêtes du chef destinées à rassembler les 108 étoiles où on se trouve le plus souvent téléporté sur les lieux, parfois même devant le monstre à abattre, sans avoir à lever le petit doigt. Un gameplay qui sent beaucoup le tactical RPG dans son déroulement. Or Suikoden Tierkreis n’en est pas un ! Mais où sont les duels et grandes batailles qui rendaient la conquête si épique ?


Ma « dream team » et la fameuse carte.

Malgré tout, Suikoden Tierkreis est un très bon RPG. Il aurait amplement mérité de prendre la succession de ses aînés en s’affublant du numéro 6 mais devait un peu trop dérouter l’aficionados pour avoir cet honneur. L’évolution du château, la quête des 108 étoiles et le scénario de haut vol en font pourtant le digne héritier de la saga, un vrai Suikoden.


5 réflexions au sujet de « Suikoden (VI ?) Tierkreis »

  1. Il ne pouvait pas s’appeler Suikoden 6, y’a tout simplement trop d’éléments contraires à la saga, comme le fait que l’on sauve le moooooooooooooonde déjà. Et puis le fait qu’on ne forge plus les armes. Et pis que… Heu, je vais m’arrêter là.

    Mais je suis d’accord avec toi, c’est un bon rpg malgré certaines lourdeurs par-ci et par-là.

  2. « Sauver le monde » -> La fin du cinquième opus revenait un peu à ça même si c’était pas une totale apocalypse qui le menaçait. Ici non plus remarque. Ce qui l’empêche surtout de se rattacher à la saga c’est qu’il ne se déroule pas dans le même univers que les autres opus. D’ailleurs aucun personnage ne réapparait cette fois. Mais j’ai jamais vraiment été sensible à ces clins d’œil qui rattachent un Suikoden à l’autre.

  3. Le plus gros problème de ce jeu c’est son nom : il s’appelle Suikoden, mais n’a rien à voir avec le reste de la série. Plus de forge, plus de rune, plus de duel, plus de bataille stratégique, aucun rapport avec le reste de la saga alors qu’il reste plein de questions sans réponse (Yuber, les Sindars, Hikusaak).
    Mais le pire, ce qui m’a achevé, c’est de voir ces gamins idiots à la tête de l’armée et entendre le héros répéter inlassablement la même phrase (on peut pas savoir avant d’avoir essayer. Le syndrome Wild Arms 5 ?). Certes, les héros des précèdent étaient pas bien vieux, mais ils étaient entourés par des gens expérimentés qu’on sentait aux commandes (et le fait qu’ils soient muets les empêchaient de dire des conneries). Où sont passés les Flik, Vicktor et autres Georg « badass » Prime ? Pas dans Tierkreis en tout cas où on ne retrouve aucun personnage de cette trempe. En fait ils ont viré presque tout ce qui faisait l’identité de cette saga et n’ont gardé que les 108 étoiles (qui sont surement les pires).

    On a coutume de dire que Tierkreis est un mauvais Suikoden, mais un bon jeu, pour moi c’est un très mauvais Suiko et un jeu tout juste moyen.

    Point positif : Chrodechild et sa soeur : yuricest FTW.

  4. *S’en va voir si on trouve un petit doujin yuri avec Chrodechild et Fredegund sur un coin obscur de la toile* Edit : bah non…

    Je suis d’accord pour dire que le casting (et même l’histoire) manquent de piquant par rapport aux Suikoden traditionnels mais n’empêche que si on compare Tierkreis aux autres RPG de la DS, on devient bien plus indulgent à son égard…

  5. J’ai jamais accroché a ce jeu. D’abord à cause de ses combats lourdingue, d’une facilite déconcertante, et donc sans aucun intérêt (avec une fréquence insupportable!). D’autre part, on retrouve tous les persos stéréotypes avec 0 charisme, sans parler du héros tête-a-claque a souhait, avec son foutu leitmotiv a la $�@#! citer plus haut(j’ai envie de lui foutre une baffe a chaque fois qu’il la sort). Graphiquement, la 3D mal foutu fait vraiment tache par rapport aux superbes décors en 2d. Dommage…

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