Les 5 meilleurs animes 2010

Un titre qui fait un poil prétentieux mais sachez bien que mon avis fait autorité et qu’il est infiniment plus juste et éloquent que le sondage auprès de milliers de fans japonais. A travers une méthode d’évaluation stricte qui a fait ses preuves, j’ai sélectionné de manière tout à fait objective voire scientifique les cinq meilleurs animes 2010.

L’adaptation d’un nouveau roman de Nisio Isin après le succès de Bakemonogatari l’année dernière. Le héros, Shichika, accompagne la jolie stratège Togame pour rechercher les 12 épées légendaires. Il s’agit en quelque sorte d’un voyage initiatique durant lequel les protagonistes découvrent une partie d’eux-mêmes, scellée dans le passé. L’univers de Katanagatari, très coloré, dessine le japon de l’époque avec beaucoup d’exotisme, notamment à travers les modes vestimentaires. L’absence de conjonctive offre en outre aux personnages une expressivité unique et accentue la touche graphique originale de la série. L’histoire semble d’un premier abord réglée comme du papier à musique : chaque épisode est l’occasion de trouver une nouvelle épée, un guerrier obnubilé par son pouvoir. Mais elle possède néanmoins des aspects bien surprenants. Au-delà des dialogues absurdes, le spectateur peut parfois légitimement avoir l’impression d’être mené en bourrique par la tournure des événements et la personnalité de certains dépasse l’entendement à notre plus grand plaisir. J’ai particulièrement goûté à la relation ambiguë qui rattache le héros à Togame. On retrouve les longues tirades faussement tronquées qui constituent l’essentiel de certains épisodes de Bakemonogatari et leur divergence de caractère ressort parfaitement de ce dialogue alambiqué. Une histoire surprenante et touchante dont on pardonnera certaines lourdeurs et dont il faut souvent savoir accepter le côté absurde de l’ensemble, notamment des combats qui s’achèvent en deux coups d’épée.

Changement d’ambiance avec une autre adaptation de roman signé cette fois Narita Ryohgo. Succombant à l’ombre de son grand frère Baccano!, cette série aura quelque peu déçu son public car elle traîne en longueur et le final n’est pas à la hauteur des attentes. Un univers complexe est mis en place au sein du quartier d’Ikebukuro avec de nombreux personnages que l’on prend le temps de développer, notamment en les utilisant comme narrateur à tour de rôle dans les premiers épisodes. Ici aussi, on reconnaît de suite le style narratif de l’auteur à travers la rupture constante de focalisation et le chaos intégral qui régit la chronologie des événements, un procédé déroutant qui donne un rythme endiablé à l’action. Il y a surtout des personnages qui pètent la classe avec le type qui se bat à lancer d’automate et l’héroïne sans tête extrêmement craquante. Malheureusement la série se concentre sur l’implication de trois camarades moins charismatiques au sein des organisations qui font la loi dans les rues et le scénario ne tient alors plus toutes ses promesses. Faut-il espérer une suite ou bien un visionnage plus attentif permettrait-il de combler les lacunes du scénario ? Peu importe, Durarara !! est un show hybride, mêlant tranche de vie, école, guerre des gangs, chirurgie et mythologie qui démarrait l’année en fanfare avec son générique qui claque et son ambiance unique. Reste un sentiment d’inachevé, la même semi déception rencontrée une année auparavant avec Higashi no Eden.

La présence de cette seconde saison dans ce top peut paraître surprenante et je ne peux pas m’expliquer objectivement. Moi aussi j’ai été quelque peu blasé devant le manque de rythme et d’intérêt de la première saison et l’idée de regarder 26 nouveaux épisodes ne me serait pas venue à l’esprit si je n’étais pas un inconditionnel des tranches de vie paresseuses. Je suis en quelque sorte tombé la tête en avant dans le piège dégoulinant de moe tendu par la série. Paradoxalement, l’anime est encore plus lent comme la dernière année de nos musiciennes semble s’éterniser alors que la précédente saison couvrait tout de même deux années. Et pourtant, ces 26 épisodes passent comme une lettre à la poste car on est d’emblée placé dans ce climat d’attente, dans l’angoisse de la fin d’une aventure, de la dernière séance de thé pour l’After School Tea Time. Au passage, on s’attache éperdument à des héroïnes aux caractères épars qui se complaisent dans la goinfrerie et l’inaction. Est-ce en raison de cette touche dramatique omniprésente en toile de fond ? Car l’imminence d’une séparation transcende chaque événement de cette saison. On sent cette fois-ci que les personnages grandissent dans leur petite tête, que leur lien se ressert. On les redécouvre, notamment grâce à un discret changement de design bienvenu. Une série à voir, quitte à endurer une introduction un peu barbante et certainement pas pour sa musique, mais pour son côté paresseux et sa surabondance de bons sentiments, la tristesse qui nous anime à l’instant fatidique.

Haruhi est une série qui va crescendo. Après une première saison qui n’avait pas vraiment suscité mon intérêt à sa diffusion, j’ai été intrigué par l’application avec laquelle KyoAni a adapté « endless 8 » l’année dernière. J’ai toujours été passionné par les récits parlant de paradoxe ou d’incident temporels et j’avais donc particulièrement accroché à « Rapsodie en feuilles de bambou », un chapitre auquel l’intrigue de ce film fait référence. Un film qui dure presque trois heures et pourtant ce sont trois heures vite passées tellement la trame nous accroche devant l’écran dès le réveil de Kyon. C’est avec d’avantage de plaisir qu’à l’accoutumée que j’ai retrouvé la brigade, d’autant plus que j’avais patienté une année pour voir le show en qualité décente. Kyon est toujours aussi sarcastique et pareil à lui-même alors que les autres personnages sont logiquement moins présents ou différents comme il expérimente un soudain bouleversement temporel. Autant dire de suite que le scénario m’a bien emballé et qu’il va bon rythme avec une belle dose de mystère, d’angoisse constante qui prend aux tripes car la déesse a disparu dans le sillage de Kyon et ça, c’est bouleversant. Mais la véritable héroïne est évidemment Yuki dont on rencontre un ersatz irrésistiblement kawai dans ce film. J’ai passé un excellent moment à regarder La disparition d’Haruhi, à comprendre ce qui se passe et à refaire le puzzle temporel. J’attends désormais que d’autres romans soient adaptés.

The Tatami Galaxy aurait dû faire l’objet d’un engouement monstre tellement le show est épique. On s’intéresse plus au doigt d’honneur que Gainax prétend foutre aux productions actuelles en jetant en pâture un de ces n’importe quoi du dessous de la ceinture dont le studio a le secret. Je n’ai moi-même pas été capable d’expliquer clairement pourquoi j’ai tant accroché au dernier travail de Masaaki Yuasa, me contentant d’énumérer les mystères qui se posent au spectateur. Une fois de plus, il crée un monstre psychédélique à souhait, moins téméraire qu’avec Kaiba peut-être mais servant admirablement le véritable trésor d’interprétations que constitue le roman de Morimi Tomihiko. The Tatami Galaxy  raconte la vie pitoyable d’un étudiant dont les années d’université se répètent et se renouvellent à chaque épisode selon le couleur de son tatami en forme 4,5. La série présente ainsi une redondance marquée et appuyée par un rythme de narration effréné. Les premiers épisodes se veulent déroutants mais l’univers déroulé gagne en profondeur et en mystère jusqu’au point culminant où le spectateur doit rattacher les pièces du puzzle. Jeunesse ambitieuse, aspiration libertaire, ode à l’amour et à l’aventure : The Tatami Galaxy est un spectacle nerveux, capillotracté mais intelligent, à prendre à tous les degrés. Il faut à tout prix entrer dans la boucle, saisir le mochiguman au risque d’en sortir déboussolé et traumatisé par les crustacés. Et n’oubliez pas la chanson.

***

Un classement qui ne souffre aucune contestation comme vous en conviendrez certainement pas et sachez surtout que je n’ai rien oublié. Je programme ce billet très exactement à 23h59 pour m’épargner la formalité de vous souhaiter la pire mauvaise année pour 2011 et je prédis déjà Hoshi o Ou Kodomo au premier rang dans 365 jours.

18 réflexions au sujet de « Les 5 meilleurs animes 2010 »

  1. J’ai pas craché sur P&S cher ami, j’ai décrit la série objectivement en prenant soin de ne pas émettre de jugement de valeur. Et je te gratifie du premier troll 2011 :p

  2. Dans tout ça, j’ai rien vu…
    J’arrive définitivement pas à être à jour sur ce qui se fait en matière d’animes :D
    Comme je fais encore parti des rares qui n’ont ni vu K-On ni Haruhi, bah je note pas leurs suites… mais je rajoute Katanagatari et The Tatami Galaxy que je n’avais pas encore dans ma liste.

  3. « On s’intéresse plus au doigt d’honneur que Gainax prétend foutre aux productions actuelles en jetant en pâture un de ces n’importe quoi du dessous de la ceinture dont le studio a le secret. »
    -> prétend ? n’importe quoi ? Si ça c’est une description objective, je mange un rat…

  4. dommage ton top a perdu sa crédibilité à cause du 3e classé. Du coup personne ne va te croire pour tatami galaxy et katanagatari. Dommage, bien essayé.

  5. Moi j’ai bien aimé l’image que tu as prise pour illustrer le film de Haruhi ! :D
    J’aurais eu tendance à virer K-On et mettre Angel Beats!…mais bon. Peut-être que cette seconde saison vaut le coup que je me penche dessus ?
    En tout cas, je suis content que P&S ne soit pas là, moi ! :P

  6. Dommage, t’étais presque crédible.
    C’est simple pour Tatami Galaxy : t’enlèves ceux qui supportent pas le design, ceux qui ne sont pas attirés par le scénario, ceux qui ont la flemme de télécharger à cause de Kaze & Funimation, il ne reste plus grand monde.

  7. Merci, à toi aussi! En effet, écarter Saraiya Goyou a été le choix le plus douloureux que j’aie eu à faire justement et je pense qu’il serait premier des « viennent ensuite »!

  8. Cet homme est justement crédible PARCE QUE il a mis K-On!! 3e. Mais heureusement que certains ici n’ont pas la prétention d’être crédibles en tant que commentateurs.

  9. Ah, j’ai l’impression d’être carrément « out » parce que je n’ai quasiment vu aucun de ces animes O__o Je suis d’accord avec K-On que j’ai vraiment adoré et il a sans doute sa place dans ce top car c’est le tien, pas vrai ? Après, c’est un genre qui est très tranché au niveau de son appréciation : le slice of life, soit on adore, soit on déteste.

    Je pense que je jetterai un peu coup d’œil aux autres animes de ton classement, histoire de voir si ça vaut le coup ;)

  10. Ouais, P&S est la preuve que le caca fermenté americaboo exerce une attirance injustifiée. Par contre, l’absence de Milky Holmes me déçoit.
    Ta tirade sur The Tatami Galaxy donne envie, même si elle est difficile à comprendre. Si je comprends bien, c’est « Un jour sans fin » mais en années?

    Et on a tout à fait le droit d’adorer K-On!!. Je ne trouve pas la série extraordinaire, mais bon.

  11. C’est sûr que j’ai toujours parlé en termes obscurs de Tatami Galaxy. Faut dire qu’on fait difficilement plus échevelé comme pitch. Je te conseille de lire l’article d’Afloplouf pour comprendre de quoi ça parle. Mais ta comparaison avec « Un jour sans fin » n’est pas mauvaise. C’est d’ailleurs le souvenir de ce film qui m’avait aidé à apprécier e8 l’année passée.

    Sinon écoute, tu me fais un billet sur Milky Holmes et je tenterais peut-être. Parce que là, je ne vois pas du tout ce qui pourrait attirer mon attention dans cette histoire (et un aspect magical girl qui me rebute) ^^’

  12. Dommage j’aurais préféré ton top 10 (enfin si t’as terminé de visionner assez de bonnes pour ça) … je n’ai vu de ton top 5 que Durarara!! où il y a tellement de bonnes choses qu’il mérite amplement cette place (malgré le final pas aussi réussis que le reste) … Katanagari et the Tatami Galaxy je les ais sur ma wishlist … maintenant pour les deux autres faudra déjà que je me mette aux premières saison, ce que n’avais pas vraiment prévu pour K-on … mais ton classement va peut être changer la donne, j’essaierais au moins la première saison.

    Sinon, tu as essayé Shiki?

  13. Oui j’aurais eu bien assez de séries pour un top 10 mais quelque part 5 c’est déjà bien :p J’ai vu Shiki en effet. J’ai failli arrêter après 10 épisodes tellement c’était lent et fastidieux mais je regrette pas d’avoir été au bout avec la folie qui règne ensuite. N’empêche j’ai trouvé que le massacre mettait trop de temps à démarrer et que ça faisait pas pour autant monter l’adrénaline du spectateur…

  14. Perso j’ai peut-être pas les meilleurs goût en matière d’animés mais quand même .. , je trouve que sur tout ce qui est sortie en 2010 tu pouvais nous lâcher un petit classement sympa au lieu de ça tu nous met (katanagatari, K-On & tatami galaxy) je sais pas trop sur quoi tu te bases pour placé ces animés dans un top et encore moins le top 5, Mais bref je vais plutôt donné mon top 5 2010 parce que il y a trop de choses à dire et j’ai pas que sa à faire ..

    Amour & Amitié :

    – Kaichou wa Maid-sama
    – Motto to Love-ru
    – Dance in the Vampire Bund
    – Baka to Test to Shoukanjuu
    – Asobi ni Iku yo!

    Action, Aventure & Combats:

    – HighSchool of The Dead
    – Ichiban Ushiro no Daimaou
    – Seikon no Qwaser
    – Angel Beats!
    – To Aru Kagaku no Railgun

    J’ai pas fait d’autres catégories parce que j’ai pas le temps mais je pense que ton top 5 est dans le mal maintenant bah sinon .. Big Up à ceux qui représente mes T5 !

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