Dragon Force rules the world !

Avant de commencer ma partie, j’avais essayé Shining Force : the Holy Ark mais le mode exploration en vue subjective et le classicisme effarant des combats d’un soft techniquement dépassé qui plus est ont eu vite raison de l’aventure. J’ai alors jeté mon dévolu sur Dragon Force et là ce fut une véritable claque dans la figure. Ce petit strategic-RPG sorti par Sega sur Saturn en 1996, m’a offert une aventure plus fun que celle de tout autre tactical.

Je me suis même carrément demandé pourquoi je ne sors jamais du RPG car Dragon Force en possède au fond très peu d’aspects comme l’interaction entre les personnages est limitée et chaque déplacement sert uniquement à des stratégies militaires. C’est aussi en jouant à ce genre de titre qu’on commence à s’interroger et à cerner la différence entre des termes souvent considérés synonymes : tactique et stratégie.

Contrairement à la tactique dont l’enjeu est local et limité dans le temps (gagner la bataille), la stratégie a un objectif global et à plus long terme : c’est l’art de coordonner l’action de l’ensemble des forces pour gagner la guerre ou préserver la paix. (source Wiki)

Dragon Force est en fait un jeu où la stratégie en temps réel englobe le jeu de rôle tactique comme il faut placer ses armées sur la carte, les laisser assurer ses arrières ou foncer vers le château ennemi avant de diriger chaque affrontement. Mais ces derniers ne ressemblent en rien aux exemples classiques de Nippon Ichi.

L’enjeu est différent selon le personnage que vous choisissez au départ car chacun possède sa position géopolitique et ses raisons de combattre. Le scénario… sachez qu’en gros il faut unifier le continent de Legendra et rassembler les huit guerriers élus avant de pouvoir butter le méchant Madruck dont la puissance a été scellée par le passé. Je laisse de côté toute la mythologie élaborée derrière l’histoire de Legendra, la Genèse où s’affrontent puissance du bien contre le mal et tout le tralala car c’est pas ma tasse de thé. Une histoire qui n’a visiblement rien d’original mis à part le simple fait qu’on puisse l’appréhender d’un point de vue différent et ainsi l’écrire d’une toute autre manière. On reviendra plus tard sur ce point.

Alors en effet Dragon Force possède une carte du monde en « mode destination » qui s’avère bien plus intéressante qu’à l’accoutumée comme tout le jeu se déroule sur ce champ de bataille en lequel Legendra s’est transformé. Il faut bien choisir ses objectifs initiaux, déployer les bonnes forces selon l’ennemi, assurer ses arrières, anticiper les assauts par des renforts, savoir établir un retrait stratégique, profiter des batailles entre ennemis, etc. Heureusement le jeu permet de mettre en pause l’évolution des armées pendant qu’on renfloue ses effectifs dans les châteaux ou qu’on élabore les stratégies futures.

Quand deux troupes ennemies se croisent, la lutte épique peut commencer. Le joueur possède un avantage de taille qui tronque passablement la difficulté comme il peut décider quelle troupe envoyer au casse pipe en connaissant l’ennemi. Des harpies contre les moines, des cavaliers contre les soldats, des samurais contre les dragons, la recette est souvent simple mais il faut encore compter sur d’autres éléments. Déjà l’avantage du terrain est non négligeable, boostant les capacités des résidents du château jusqu’à 30% dans certains cas. Il vaut ainsi mieux attendre l’ennemi quand les troupes sont à bout de souffle.

Le champ de bataille, une belle mêlée s’engage. Là aussi le joueur a l’avantage car il prend connaissance de la stratégie de l’ennemi avant de pouvoir attendre de pied ferme un assaut d’hommes-bêtes ou envoyer une brèche de soldats foudroyer les rangs des quelques mages afin qu’ils ne puissent vous éliminer en ligne rangée. Le combat s’achève sur un duel entre généraux si les armées sont décimées et celui qui aura le moins encaissé l’emporte généralement. Une fois la victoire acquise il ne faut pas se reposer sur ses lauriers mais – et c’est le point le plus lâche et important du jeu à mon avis – poursuivre les généraux fuyards dans la seconde, qu’ils ne puissent refaire une troupe et lancer un nouvel assaut. Avec un peu de chance ils rejoindront vos rangs durant les affaires domestiques. Tout ça peut sembler admirablement bien ficelé et j’avoue qu’une fois dans le bain, c’est une véritable drogue : on cumule les assauts et les troupes se voient renforcées au fil de l’inexorable conquête du continent de Legendra.

Dragon Force s’avère finalement court et rébarbatif dans son déroulement. J’ai pour l’instant fini l’aventure avec Teiris et Junon. Mis à part une ouverture et des crédits de fin différents, on ne distingue pas vraiment les scénarios et le challenge a du mal à se renouveler d’une conquête à l’autre. La quête est à peu près la même bien que les alliances et conflits évoluent différemment selon son camp. Le but est toujours d’éradiquer la menace que constituent les troupes de Goldark à la solde de Madruck à l’Ouest. Il faudrait cependant que je voie ce qu’il en est de la difficulté avec Léon et Mikhal qui sont visiblement bien encerclés mais je reste persuadé qu’une fois son territoire établi, le reste n’est plus que formalité. A noter aussi la possibilité d’incarner l’ennemi, Goldark, un changement plutôt radical. Mais je n’en suis qu’à ma seconde conquête du continent et j’ai déjà peur que cette « replay value » ne soit qu’un prétexte à la durée de vie plutôt faiblarde du soft comme on dépasse difficilement les quinze heures de jeu.

Si Dragon Force possède un gameplay diablement addictif, l’intérêt s’essouffle donc un peu après avoir terminé l’aventure et maîtrisé les ficelles un peu trop simplistes de la victoire. Ces quelques reproches ne doivent pas pour autant salir le tableau : on tient ici un tout grand jeu qui fait honneur à la Saturn. Je ne suis pas sûr d’avoir le courage de mener à bien les huit scénarios (est-ce vraiment nécessaire pour apprécier l’intrigue ?) mais j’attends sans trop d’espoirs la sortie d’un patch de traduction pour son successeur, Dragon Force 2.

6 réflexions sur “Dragon Force rules the world !

  1. En effet, les aspects « tactiques » du jeu sont son gros point faible, comme tu le soulignes, et le côté RPG est vraiment succin. Je suis content, néanmoins, que tu aies apprécié le jeu malgré cela.
    Pour ce qui est de refaire le jeu avec les huit personnages, sache que la fin est toujours la même (ou peu s’en faut), et que seuls Reinhardt, Goldark et dans une certaine mesure Gongos offrent un déroulement sensiblement différent. Celui de Goldark étant le plus intéressant, à mon avis.

  2. C’est un peu grâce à ton dernier commentaire sur le billet concernant les cartes du monde que j’ai été tenté par l’aventure. Et en effet la carte a une utilité toute particulière ici même si je trouve un peu triche le fait qu’on puisse poursuivre dans la seconde les fuyards ^^

    Maintenant je vais essayer de jouer à Shining Force 3 et ce sera tout pour l’aventure Saturn.

  3. Alors je suis content que tu l’aies essayé. ^^
    Oui, la poursuite des fuyards est un aspect assez problématique du jeu, qui tend à beaucoup trop faciliter les choses une fois qu’on en a pris l’habitude.
    Toujours Saturn, outre Shining Force III, je te conseille de jeter un coup d’oeil à Panzer Dragoon Saga si ce n’est pas déjà fait; c’est un jeu très particulier.

  4. Oui, j’ai d’ailleurs rédigé un billet à son propos dans l’année (que tu as même commenté!) Plutôt une agréable expérience en effet. Et Azel…

  5. Bel article pour un de mes jeux favoris sur Saturn. C’est vraiment une belle drogue, j’ai honte d’avoir revendu la version Pal à l’époque quand je songe maintenant à son prix actuel.

    Un de mes plus grands souvenirs de la Saturn avec Guardian Heroes et Shining Force III.

    Sur le coté tactique, je dois être bon public … Désolé de déterrer se sujet, je viens de tomber dessus par hasard :)

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