Planetarian ~The Reverie of a Little Planet

What do you think about the planetarium? That beautiful twinkling of eternity that will never fade, no matter when. All the stars in the sky are waiting for you. (Reverie Planetarian)

Incapables d’assurer leur pérennité, les hommes ont commencé à s’entre-tuer en recourant aux armes biochimiques. Il ne reste dans la ville que des machines de guerre et le bruit d’une pluie incessante. Au sein de cet environnement apocalyptique, certains deviennent junker pour essayer de survivre en pillant les villes désertées. C’est le métier de notre narrateur qui au lever du rideau se réfugie dans le planétarium situé au sein d’un centre commercial, grièvement blessé après avoir  échappé de justesse à des engins de mort. Il y est accueilli par Reverie, un robot qui ne peut se rendre compte de la manière dont l’univers extérieur a changé.

Après avoir goûté à toute la complexité d’un visual novel à travers Ever 17, j’ai voulu essayer Planetarian, une production du studio Key qui n’a pas connu d’adaptation en anime. Durant les  cinq ou six heures qu’a duré la lecture, j’appris qu’un visual novel n’était pas forcément un jeu mais surtout un roman en images : il n’y a ici pas le moindre choix à effectuer. On suit l’histoire du point de vue du narrateur, sa rencontre avec Reverie et le long dialogue qui en découle. Le junker passe ainsi trois ou quatre jours dans le planetarium en compagnie de ce seul robot dont les propriétaires n’ont pas débranché la source avant de fuir les lieux.

Planetarian est un très beau récit qui a su pleinement me toucher malgré ses quelques défauts. Il m’a rappelé beaucoup de titres. A la manière de Tchii dans Chobits, je me suis surpris à m’attacher à un personnage présenté comme une androïde mais dont les expressions et réactions d’une maladresse mécanique sont vraiment craquantes. Reverie possède quelque chose de profondément humain dans sa façon d’aimer l’astrologie et son engouement à transmettre sa passion. Le fond du récit m’a rappelé Yokohama Kaidashi Kikou car la demoiselle attend elle aussi le retour de son propriétaire en continuant son travail quotidien.

Robot sensé défectueux mais surtout très loquace et curieux, Reverie prend plaisir à bavarder sans cesse, à relancer le dialogue, à questionner. Le junker (et ainsi le spectateur) l’apprend à ses dépends et va devoir faire preuve de patience. Si au début il s’agace très vite devant l’entêtement et les répliques de cet ordinateur, il finit progressivement à accepter le dialogue et ses limites car la passion de Reverie, sa gentillesse, son cœur d’or et son sourire ne peuvent que toucher son client. Le spectateur doit subir une conversation qui accuse beaucoup de redites, au sein d’un environnement qui ne change guère au fil des heures, dans un contexte dont il n’a connaissance qu’à travers les témoignages du junker et devant le seul être capable encore de lui tenir compagnie dans le chaos ambiant.

C’est pourtant un moment de rêverie magique vécu par celui qui symbolise peut-être le dernier représentant de la race humaine au sein du planétarium. Le récit semble résolument pessimiste et véhicule un propos lourd en réflexions alarmistes au sujet de l’homme et de son avenir. Le planétarium se veut pourtant le manifeste de la merveilleuse histoire de l’humanité, de la quête des étoiles, des légendes dont les poètes les ont entourées. On le constate avec beaucoup d’émotion durant la projection spéciale commentée par Reverie : elle partage un amour énorme pour l’univers et les humains qu’elle doit servir. Quand le junker se représente en esprit ce ciel que l’humanité est condamnée à ne plus jamais revoir derrière les rideaux de pluie radioactive (et ce n’est pas la faute au projecteur cassé), s’appuyant sur la présentation de celle qui a hérité du profond attachement de l’homme pour les étoiles, le drame est paradoxalement à son apothéose et les quelques notes de piano rendent ce moment sublime et inoubliable.

Planetarian ~The Reverie of a Little Planet était un très bel instant de poésie, touchante et prophétique. En livrant un simple panégyrique de l’univers et de l’humanité là où l’on pourrait s’attendre à des réflexions à la Asimov, l’histoire parvient à transmettre au spectateur des messages certes classiques mais d’autant plus marquants que c’est fait avec simplicité et subtilité. Une excellente façon de s’acclimater à l’ambiance si spéciale d’un kinetic novel.

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2 réflexions sur “Planetarian ~The Reverie of a Little Planet

  1. Ahalala, tu as bien fait de commencer les Visual-Novel du studio Key ! Maintenant il ne te reste plus qu’à te faire des oeuvres comme Little Busters!, Kanon ou bien Clannad. :D
    En tout cas, tu m’as l’air bien parti pour devenir un addict des VN toi.

  2. Tiens, je cherchais quelques trucs pour peaufiner mon propre article et là Google m’indique Citron-Fraise =p
    Planetarium est un superbe Kinetic Novel, qui, comme tu le dis, est très poétique. Malgré le fait que l’histoire soit ultra-classique, on arrive à être touché et on suit le cours des événements sans pouvoir décrocher. Une belle réussite de la part de Key.

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