Master Keaton

Professeur d’archéologie vacataire à l’université, ancien membre des SAS spécialisé dans les épreuves de survie, Taichi Keaton travaille désormais comme enquêteur pour les célèbres assurances Lloyd qui lui donnent des missions aux quatre coins de la planète. Chaque épisode raconte une aventure indépendante à laquelle Keaton se mêle d’une manière ou d’une autre : des affaires criminelles, des histoires de familles, des recherches archéologiques, etc.

Pour m’intéresser à cette adaptation de Madhouse – très peu connue même si elle a été éditée en France – il aura fallu la présence de Naoki Urasawa parmi les auteurs originaux et ce chara-design tellement spécifique mais fidèlement repris par le studio. Les 39 épisodes adaptent un seinen comptant 18 volumes publiés entre 1988 et 1994 mais j’ignore si la série TV recouvre l’œuvre entière comme le manga n’a jamais été traduit, ne serait-ce que par des fans.

Hokusei Katsushika et Naoki Urasawa seraient respectivement auteur et dessinateur de l’œuvre originale. L’auteur de Monster a cependant affirmé après la mort de son collègue que leur collaboration avait cessé depuis un moment déjà suite à une mésentente et qu’il s’est retrouvé seul pour écrire les aventures de Master Keaton. Il voulait donc que son nom apparaisse en plus gros caractères mais cessait finalement toute publication suite au refus de Shogakukan.

C’est un petit générique sobre et cérémonieux qui introduit chaque épisode avec des airs de flûte teintés de folklore et de mysticisme. On observe déjà combien les ficelles de l’œuvre sont diverses : du centre de la société urbaine aux ruines d’une ancienne civilisation avant d’assister à un phénomène boréal entouré par la nature sauvage et en compagnie des proches de Keaton.

Chaque épisode est l’occasion d’un certain dépaysement comme on visite tour à tour la montagne russe, les lacs écossais, les déserts arabes, la campagne nippone ou la lande germanique. Autant de paysages très finement esquissés. Chaque enquête nous permet d’apprécier un peu plus les compétences de ce fameux « master » qui brille d’ingéniosité quand il s’agit de se sortir d’une situation périlleuse ou d’examiner les circonstances d’un meurtre. Mais ce n’est pas seulement l’aventure qui rythme le quotidien de Keaton : la famille – assez déchirée – joue aussi un grand rôle et on a alors droit à des « tranches de vie » tout aussi intéressantes.


Taichi Keaton et sa fille Yuriko, une véritable mère-poule pour ce célibataire endurci.

Master Keaton, c’est un ensemble d’histoires courtes à travers lesquelles notre héros n’évolue pas vraiment mais qui sont l’occasion de rencontres, de voyages, de réflexions et de découvertes qui ne laissent jamais indifférent. Parfois on s’intéresse au passé du personnage, à ce qui l’a amené à devenir enquêteur, à ses rêves et aspirations, jamais sa situation ne change. Il reste toujours fidèle à lui-même : un type original, simplet, jovial et lunatique qui n’augure rien de bon mais qui s’avère d’une polyvalence hallucinante.

Le professeur est aussi un érudit qui dispose d’une culture insondable dont il sait faire étalage en toute situation. Souvent ses connaissances en matière d’histoire et de mœurs ont une importance prépondérante sur le bon déroulement de ses enquêtes. On revisite parfois un thème assez présent dans Monster : la chute du mur de Berlin et ses conséquences à court terme mais aussi des histoires plus anciennes telles que la fin des Romanov, ou contemporaines (en 1998) comme la guerre en Yougoslavie. Sans oublier les fameuses théories de Keaton qui fait des rives du Danube le berceau de la civilisation européenne.


Des cours d’histoire et un peu d’action : l’animation date mais garde un certain charme.

En résumé, Master Keaton est une très bonne série qui alterne parfaitement enquêtes et tranches de vies mais attendez-vous à quelque chose de bien moins ambitieux qu’un Monster pour ne citer que lui. Des histoires simples, variées et originales dont la chute parfois ambigüe, souvent lourde en insinuations, ne vous laisse que rarement indifférent.

7 réflexions au sujet de « Master Keaton »

  1. Master Keaton. La série où on passe d’un épisode sur le désamorçage d’une bombe à un épisode sur la cuisine chinoise à Londres. Mais c’est ça qui rend la série intéressante, on sait jamais sur quoi on va tomber.
    Bon après bien sûr avec ce type de série il y a toujours un ou deux épisodes qu’on aime moins mais dans l’ensemble les épisodes sont bons voir excellents pour certains (37, en fait souvent ceux avec Yuriko).
    En plus la série est trouvable pour vraiment pas chère (15e les 39 épisodes).

  2. « il y a toujours un ou deux épisodes qu’on aime moins »

    C’est exactement ça et comme toi, je suis plus sensible aux épisodes « tranches de vie » où Keaton se retrouve en famille qu’à ceux où il doit se tirer d’une situation impossible ; )

  3. Exactement!
    Il y a d’ailleurs une critique sur MAL qui fait la comparaison :
    « Mr. Keaton himself is kind of a James Bond meets MacGyver except he is really dorky.  »
    Mais McGyver est quand même un poil moins cultivé.

  4. Depuis le temps que les coffrets a prix super réduits me font de l’oeil, je crois que je vais craquer aveuglement :3.

    Je me souviens qu’a l’époque de leur sortie, y’avait eu une petite campagne de pub et ça avait profité du fait que Monster passait à l’époque sur Canal pour dire que c’était « par l’auteur de Monster » tout ça. A l’époque déjà j’avais failli craqué juste pour ça :p.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s