Ouran High School Host Club : c’est fini!

Le 24 septembre sortait le dernier chapitre d’Ouran High School Host Club dans le magazine Lala. Je veux profiter de l’occasion pour revenir très rapidement sur l’œuvre de Bisco Hatori et son adaptation TV par Bones. Comme pour beaucoup de shojos, j’ai connu la série à travers cette dernière qui a débuté au printemps 2006. Je reviendrai sur l’énorme coup de cœur qu’ont constitué ces 26 épisodes. Bien évidemment, ils ne couvrent que 9 des 18 volumes qui seront publiés mais choisissent bien les chapitres et proposent une fin transitoire ma foi bien élaborée. C’est donc tout naturellement que je me suis intéressé à l’œuvre originale.

Ouran High School Host Club est une comédie romantique qui narre les déboires et aventures d’Haruhi, une jeune fille forcée à se travestir pour servir dans un club d’hôtes du lycée. Appartenant à une famille qualifiée de « prolétaire » par les riches nobliaux qui fréquentent l’école, elle a eu la riche idée de briser un vase de la salle de musique no 3 valant dans les huit millions de yens. Elle décide d’assumer ses actes et accepte la proposition des dangereux énergumènes du club qui consiste à payer sa dette en travaillant comme hôte. Un univers extravagant s’ouvre alors devant la jeune fille.

Un comédie « romantique » donc mais elle ne le devient réellement à mon sens que durant la deuxième partie du programme qui n’a pas été adaptée. Néanmoins, il ne faut pas s’y méprendre : la série TV est une réussite absolue qui, dans mon esprit, supplante l’œuvre originale. Difficile d’en faire une critique à froid mais je me rappelle d’un plot extrêmement bien mis en place, une animation dynamique, une ambiance colorée, un peu de musique classique et des génériques qui donnent la pêche. Ajoutons à cela l’humour irrésistible qui se dégage du comportement de certains caractères et les quelques éléments « tranche de vie » indissociables de ce type de série mais j’y reviendrai. Une série très agréable à suivre tellement on s’attache à l’ambiance et aux personnages qui se trouvent admirablement doublés. Elle a aussi le mérite, à mon avis, d’avoir su sélectionner les meilleurs chapitres du manga et de bien faire ressortir l’extravagance du lycée.

La lecture du manga a été bien plus laborieuse car j’ai dû m’adapter au style shojo qui ne m’était pas encore familier à l’époque et surtout à l’agencement extrêmement varié et sophistiqué des planches : ça grouille de dialogues, de commentaires et d’états d’âme, à tel point qu’on finirait par ne plus distinguer le sens de lecture. C’est donc un manga qui peut s’avérer difficile d’accès comme les décors sont encombrés de textes mais cet effort en vaut la peine car la moindre petite remarque en aparté peut faire l’objet d’un éclat de rire. A la même époque, j’avais abandonné l’idée de lire Kare Kano après avoir vu la série et pour les mêmes raisons sus-mentionnées. Il faudra sérieusement que je songe à m’y mettre un jour.

Pour mieux comprendre ce qui me plait dans l’humour de la série, il suffit de présenter rapidement les protagonistes. On a d’abord Haruhi, une jeune fille que tout semble laisser de marbre. Déjà elle se fiche totalement de son look, quitte à porter un vieux pull de son paternel, des lunettes de son grand-père ou de couper en quatre ses cheveux sur lesquels un gosse aurait collé un chewing-gum. Ensuite elle se fatigue très vite et ses compétences semblent laisser à désirer comme elle ne sais ni danser, ni nager et manifeste un goût marqué pour la culture pop. Un schisme qui vient appuyer le fossé de classes la séparant de ses camarades : elle est plutôt du genre à profiter des promotions, des tickets offerts et autres plutôt que de s’offrir un voyage à Haïti en jet privé.


Les préoccupations d’Haruhi (en gros elle s’en fiche)…

En vrac, les membres du club à commencer par Tamaki, le « King » des hôtes, celui qui sait au mieux charmer ces dames par sa phraséologie bateau et son charisme d’Apollon. C’est surtout un bouffon narcissique et super-actif qui s’est mis en tête de faire d’Haruhi sa fille et dont les fantasmes et impulsions doivent souvent être bridés par ses potes. Ensuite Kyouya, le manager du club, un démon cynique et manipulateur pour qui seul importe l’intérêt. Hikaru et Kaoru, deux jumeaux indistinguables et qui la jouent « frères incestueux » pour faire tomber raides dingues leurs clientes. Sans oublier Hani sempai, l’aîné qui se promène avec son petit lapin en peluche, bouffe des gâteaux en longueur de journée avec son petit air mignon et accompagné de son inséparable, le sombre, énigmatique et muet Mori.

S’il fallait comparer les deux supports, je dirai qu’en considérant la série TV jusqu’au point où elle s’arrête, on peut avoir l’impression d’une histoire qui ne se prend jamais au sérieux. Le manga va donc beaucoup plus loin et introduit de façon plus intime encore le background de chacun des personnages. Il faut attendre les derniers volumes pour avoir droit à la romance tant attendue et l’histoire prend alors une touche plus mélodramatique et sent quelque peu la guimauve par moment même si l’humour fait toujours mouche. Mais l’intérêt du manga reste ce lien très fort qui s’est créé entre les membres du club. Chacun possède des blessures secrètes, une délicate situation familiale; des souffrances qui donnent lieu malgré les apparences à quelques difficultés pour s’ouvrir entièrement aux autres.


C’est un peu ça, l’humour d’Ouran.

En résumé, Ouran High School Host Club est un excellent shojo à voir et à lire. Peut-être un des meilleurs. Je dirais même à voir avant de lire car il s’agit d’une des rares œuvres pour lesquelles je garde une préférence pour l’adaptation TV avec School Rumble. Bref, Ouran High School Host Club, c’était bien, c’est fini. Reste à savoir ce que miss Hatori nous réserve pour l’avenir.

8 réflexions sur “Ouran High School Host Club : c’est fini!

  1. Je me souviens aussi avoir beaucoup apprécié l’adaptation animée lors de sa diffusion, ce billet fait remonter d’agréables souvenirs. J’avais surtout accroché à la série pour la totale parodie des harems tendance bishonen qu’elle présente, le tout doublé d’un punch incroyable et une réalisation très agréable. Tu me donnes bien envie de me pencher sur le manga maintenant qu’il est complet, je sais que j’en aurais volontiers repris à la fin de la série animée, les personnages étaient très attachants et le sont sans doute davantage dans le manga :)

    La fin de la série esquissait déjà des relations plus sérieuses entre les protagonistes et les blessures qui les unissaient (je pense notamment aux jumeaux), je suis plutôt curieux de voir jusqu’où peut aller la version papier. La série m’évoque un peu GTO dans cette manière de se servir de l’humour pour aborder des thèmes on ne peut plus sérieux et construire des relations entre les différents protagonistes.

  2. En effet : la fin de la série aborde plusieurs éléments du scénario qui ne sont pas résolus et ont plus d’importance dans le manga. Je pense à la relation entre Tamaki et sa grand-mère en particulier. Et le passé des autres personnages est aussi plus poussé.

    Mais bon, ce qui m’embête c’est justement que la version papier plonge peu à peu dans une trame que l’on s’attend à retrouver dans n’importe quel shojo au lieu de se contenter des péripéties autour du club. Du coup, la monotonie est brisée mais le charme a parfois du mal à résister.

  3. J’ai tenté le manga, mais j’avoue que je l’ai rapidement laissé tomber pour juste me plonger dans l’anime. Ouran, c’est la série de la bonne humeur, qu’on regarde quand on a un peu le blues, rien que pour le générique survitaminé, les bonnes blagues débiles mais efficaces, et les personnages tellement attachants.
    Pour une fois que je ne cherche pas un background 100% béton à une série!

    « Kiss kiss fall in love! <3"

  4. ils ne couvrent que 9 des 18 volumes > Tu te rends compte que là tu viens de me donner l’espoir absolu et jouissif d’une saison 2 ?! Allez Bones, on y croit !

  5. Sérieusement, je ne serais pas si chaud. J’ai tendance à croire que les shojos, à partir du moment où ils sont terminés, les studios trouvent inutile de revenir dessus. Ce sont alors des reliques qu’il ne servirait à rien de décombrer comment elles sont à l’état de souvenir pour le public. Pas bon pour le commerce donc. Et plus encore s’ils ont déjà adapté une partie. Enfin j’ai peur que non, comme pour Skip Beat!

  6. Haruhi!!! La seule! L’unique! La Vraie!
    Il n’y a qu’une seule Haruhi et Tama-chan est son prophète !
    Et le Haruhiisme : une philosophie entre le pragmatisme et le je-m’en-foutisme xD

    Haaaaaruuuu-chaaaaaan <3 <3 <3 <3 <3

    Reste plus qu'à attendre la parution des 3 tomes qui restent en France :3
    Vive le shôjo-qui-tâche et le "développement scénaristique de manga pour midinettes"!

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