Girl Friends – apologie du yuri

Il y a une chose pour laquelle je dois me confesser auprès du bon Dieu : je suis un hypocrite de la pire espèce. Pour preuve, le billet publié il y a un an sur Aoi Hana qui témoigne aujourd’hui à mes yeux de la mauvaise foi d’une brute épaisse incapable d’avouer qu’il raffole des relations amoureuses entre jolies jeunes filles. J’aimerai profiter de ce billet sur mon coup de cœur du moment (honteux ou pas j’en prends le risque) – à savoir Girl Friends, le manga de Morinaga Milk – pour revenir un instant sur un genre assez controversé.

Mari et Akko, les héroïnes de Girl Friends.

Le yuri et les shojo-ai

On parle souvent de yuri indistinctement du shojo-ai et l’article de Wikipédia éclaire un peu notre lanterne sans vraiment régler cette ambigüité. A mon sens, si l’on distingue les  séries se contentant de mettre en scène des relations amoureuses entre demoiselles de celles qui vont jusqu’à représenter pour nos yeux pervers des relations charnelles, l’expression « shojo-ai » s’appliquerait aux premières alors que « yuri » correspondrait aux secondes.

L’expression « shojo-ai » ne se réfère pas au magazine de prépublication mais au genre des personnages impliqués dans la relation comme le terme est une invention américaine crée par analogie à « shonen-ai ». Au Japon le « yuri » englobe les deux types de relations que j’ai distinguées ci-dessus mais comme ce mot a une trop forte connotation pornographique, on utilise une sorte d’euphémisme aux USA. Le terme « yuri » n’est alors pas indissociable de « shojo-ai » comme il peut s’appliquer tant aux « josei » qu’aux œuvres estampillées « adult » ou « hentai », et réciproquement. Prenons quelques exemples pour tenter de comprendre la logique des bases de données anglophones. 

(Note : l’expression « shonen-ai » ne semble en revanche pas être une invention américaine et désignait à l’origine au Japon une relation intense mais non sexuelle entre hommes. C’est peut-être pour cela qu’on l’utilise pour des œuvres telles que Comte Cain et Tokyo Babylon qui sont classées « shonen-ai » mais ne dépassent pas la relation forte. J’ai donc cru un moment que l’appellation « shojo-ai » englobait aussi les relations intenses entre jeunes filles mais j’ai constaté qu’il y a toujours récurrence de l’élément amoureux.)

Strawberry Panic

(Quelques petits spoilers sont à prévoir dans ces deux paragraphes). Les shojos-ai sont des séries présentant des jeunes filles éprouvant des sentiments amoureux entre elles mais sans forcément recourir à des scènes explicites. En l’occurrence, Aoi Hana n’est pas un « yuri » car si elle offre de véritables relations amoureuses entre filles et laisse entendre certaines aventures de l’héroïne avec sa cousine, la série ne va jamais jusqu’à mettre en scène le passage à l’acte. Parfois il suffit d’une brève et tardive évocation du sujet pour qu’une série soit affublée de cette mention comme dans Mai Hime où Natsuki et Shizuru nous procurent des frissons d’extase dans la lourdeur du dénouement ou dans Maria-sama ga Miteru qui relate brièvement l’idylle passée de Sei. C’est aussi le cas de Candy Boy où l’attachement entre deux sœurs jumelles se veut teintée d’une subtilité quasi mystique et de Sasameki Koto où la relation semble à sens unique si on se réfère à la série.

La plupart de séries qualifiées de « yuri » sont des hentai. Comme je profite encore de l’innocence et surtout de l’hypocrisie de ma jeunesse, je ne parlerai pas des vilains animes pornographiques. Ma première expérience a été Kannazuki no Miko, un mecha assez ridicule et plat dans son genre que j’aurai eu tôt fait d’oublier s’il ne présentait la violente obsession de la superbe Chikane à l’égard de la douce Himeko. Ici pas d’ambigüité comme on a carrément droit à une scène de viol. C’est aussi le cas de Mnemosyne où la petite Mimi vend son corps à une indic (si j’ai bon souvenir, une « vieille » immortelle se cache sous ce corps d’adolescente alors faudrait pas parler de pédophilie). Et enfin dans le navet Strawberry Panic, on a le plaisir de voir Shizuma et sa kouhai enlacées nues au pied d’un cerisier. En version papier, j’ai lu récemment l’affreux Gokujou Drops qui plonge dans le proxénétisme de mauvais goût et surtout Girl Friends, le manga dont je suis sensé parler aujourd’hui. (Fin des spoilers)

Kannazuki no Miko

Mais avant tout, un mot pour avouer qu’au fond, j’ignore bien quels éléments de la bestialité nichée au plus profond de mon être cause une certaine complaisance pour les relations entre demoiselles dans les mangas. J’ai trouvé assez épiques les tirades pleines de guimauve entre Himeko et Chikane mais ça n’explique rien. Sûrement est-ce l’absence de l’élément masculin qui me plait tout particulièrement car vous vous en doutez bien : j’ai en horreur le yaoi et je doute que cette appréhension soit uniquement due à la carrure un peu trop carrée des protagonistes ou à leurs manières efféminées. Pour être simple : si vous êtes un homme (un vrai, pas un personnage de BL) et que vous regardez une scène porno à l’écran, plus il y a de femmes, plus vous êtes heureux. Si ça n’explique pas tout, ça, alors j’abandonne…

C’est pour cela d’ailleurs que même si ces genres ne sont à la base pas vraiment dédiés à un public particulier, je ne pense pas me mouiller en avançant que le yaoi, c’est pour les filles et les homos alors que le yuri, c’est pour les brutes et les lesbiennes. En revanche j’ignore si on peut séparer les auteurs de la même façon car si un rapide coup d’œil sur les mangas yaoi recensés par Baka-Updates montre qu’il s’agit essentiellement de femmes, j’ai presque l’impression qu’elles sont aussi majoritaires en ce qui concerne les production yuri. C’est à croire qu’elles auraient une passion plus marquée pour les intrigues autour des relations homosexuelles. Mais je me perds en hypothèses fumeuses alors bref, parlons de Girl Friends.

Girl Friends, de Morinaga Milk

Un titre assez banal et peu recherché, il faut l’avouer. L’utilisation du pluriel semblerait trahir une relation entre deux « petites amies » et donc une relation lesbienne.

Quelle allumeuse…

Les 5 volumes de Morinaga Milk (une femme en l’occurrence) ont été publiés dans le magazine Comic High! entre octobre 2006 et août 2010 et portent du coup en plus des qualitatifs de « shojo-ai » et de « yuri » celui de « seinen » comme le magazine s’adresse à des hommes entre 18 et 35 ans. Un paradoxe assez remarquable car le dessin est typiquement « shojo » et les thèmes abordés concernent uniquement les jeunes filles. Du même auteur, j’ai vite repéré outre les nombreux hentai et doujins deux œuvres potentiellement intéressantes : Kuchibiru Tameiki Sakurairo, un recueil de sept histoires ayant lieu au sein d’une école pour filles et Tsubomi, une anthologie de récits estampillés « yuri » à laquelle Morinaga Milk participe (elle est l’auteur de « The Secret Recipe »).

L’histoire tiendrait sur une ligne mais présentons un peu les personnages. Mari est une étudiante assez modèle au vu de ses résultats mais une camarade tellement timide et effacée qu’elle ne semble pas avoir d’amie dans sa classe. Akko est infiniment plus joviale et populaire comme elle est toujours à l’affut des dernières modes en matière de vêtements et de cosmétique dont elle partage les nouvelles tendances avec ses camarades. L’histoire a lieu dans une école pour filles et dès le lever du rideau, Akko invite Mari à rentrer avec elle à la fin des cours car elle désire devenir son amie comme elle la trouve trop mignonne. Vous imaginez un peu la surprise mêlée de suspicion qui s’empare de Mari à ce moment-là, d’autant plus que c’est peut-être la première fois qu’elle lui parle. En plus Akko s’adresse à elle en utilisant un diminutif assez intime et s’est mise en tête de l’amener dans un salon de coiffure et faire du shopping pour qu’elle soit encore plus mignonne…

Les personnages ont beaucoup de pensées mignonnes.

On pourrait alors s’interroger sur ce subit intérêt de Akko pour sa camarade, si elle ne s’amuse pas en réalité avec elle comme elle le ferait avec une poupée ou s’il y a déjà plus que du copinage derrière ses sentiments. Mais on constate assez vite que leur relation se limitera longtemps à la simple camaraderie et c’est là un des points faible de l’œuvre. Avant que la situation n’explose, l’auteur prend vraiment beaucoup de temps à décrire en détails les sorties entre amies, les soirées alcoolisées avec des mecs louches, les discussions romantiques, le régime et les débats fiévreux autour des produits cosmétiques et de leur utilisation. Le récit accuse alors une certaine lourdeur et comme je l’ai souligné plus haut, les thèmes abordés risquent d’ennuyer, voire même d’exaspérer un certain public qui semble pourtant la cible de l’histoire. En revanche, cela permet de mieux connaître les personnages, de cerner précisément leur psychologie et ainsi de mieux comprendre comment leurs sentiments évoluent par la suite. Passage obligé donc, mais que l’auteur aurait pu raccourcir un peu.

Cette longue introduction laisse place à l’éclosion d’un sentiment amoureux expérimenté par l’une des deux demoiselles et c’est là bien sûr que l’histoire devient intéressante. Mais le processus est long car Mari met du temps à se rendre compte qu’elle ne trouve pas Akko simplement mignonne en tant qu’amie et s’interroge alors sur ses vrais sentiments, sur elle-même (on est quand-même déjà au tiers du second volume, remarquez!) Des sentiments alors mêlés de tristesse et de fatalité car ils semblent condamnés à ne jamais pouvoir être extériorisés comme une relation entre jeunes filles est taboue pour elle et qu’elle a peur de détruire la relation privilégiée qu’elle a construite avec sa meilleure amie.

T’inquiète pas, on avait beaucoup bu.

Le point fort du récit, c’est la manière dont est décrite l’évolution des sentiments des personnages et ainsi toute l’ambigüité qui frappe leur relation à certains moments. Alors que je nourris généralement un certain scepticisme sarcastique en lisant ce genre d’histoire, j’ai trouvé que tout s’écoulait de manière assez réaliste et que les états d’âme assez complexes par moment des héroïnes restaient toujours justifiés. La manière dont l’auteur focalise les différents instants du récit y est pour quelque chose car après avoir longtemps vécu l’intrigue du point de vue de Mari et considéré Akko comme l’objet d’un amour inaccessible et impossible, on voit la relation entre les deux amies d’un tout autre angle, telle qu’elle est vécue par Akko, et sa camarade est dès lors vue différemment par le lecteur. Ce glissement de la focalisation est très bien orchestré au début du volume trois et permet par la suite de mêler et alterner un peu plus librement les deux points de vue, de saisir les attentes et les craintes de chacune.

Je l’ai dit plus haut : le dessin ressemble à n’importe quel shojo mais l’auteur maîtrise très bien son style d’un bout à l’autre de l’œuvre. Beaucoup de rougissements, des regards très expressifs, des décors légers mais très bien fondus dans chaque case, des palettes variées et dynamiques sans jamais être trop lourdes en éléments, de la brume et des effets spéciaux qui s’invitent aux bons moments, de la SD qui passe souvent très bien. A défaut d’être original, le style de Morinaga Milk est très appliqué ; elle dessine des héroïnes très mignonnes et des scènes érotiques bien soignées pour notre plus grand plaisir.

Oui, la série est à raison estampillée « yuri » par certaines bases de données.

Girl Friends pose à nouveau de sérieuses réflexions sur les relations lesbiennes : comment se déclarer à l’élue de son cœur, comment faire en sorte que l’entourage accepte la relation (même si le thème est tout juste esquissé), comment faire l’amour entre deux filles (google c’est magique). Une relation au sein de laquelle les héroïnes se rendent compte combien les sentiments de l’autre sont en définitive chose brumeuse et intangible même si elles sont amies depuis un moment et qu’il faut associer patience et compréhension pour ne pas brusquer les choses ou ne pas abandonner.

En conclusion, Girl Friends est un manga que je recommande chaudement aux amateurs de yuri et de shojo-ai ou aux néophytes car c’est peut-être l’œuvre la plus réussie en la matière. Je doute néanmoins qu’elle parvienne à convertir les réfractaires du genre car le penchant pour ce type de récit est ancré dans la chair (ça semble ridicule mais c’est mon avis). Je sors d’une lecture qui a su me mettre de bonne humeur grâce à son ambiance, me faire frémir d’inquiétude dans les instants difficiles qu’endurent nos deux héroïnes et dégager de mes narines des souffles de phoque durant les grandes révélations. Le récit assume quelques lourdeurs durant un tome et demi mais la suite se lit fiévreusement et on termine sa lecture pleinement satisfait.


(Note : manga traduit par MakiMaki Scanlations) Désormais licencié par Taïfu, WOOT!

18 réflexions sur “Girl Friends – apologie du yuri

  1. En tant que grand amateur de yuri reconnu dans le monde otaque francophone (hum… Enfin, un peu quand même), je ne puis qu’approuver cet article ! Je suis d’ailleurs moi-même à quelques chapitres de la fin de GF.

    Merci beeaucoup !

  2. Tu as bien fait le tour en ce qui concerne Girl Friends, j’ai retrouvé tout ce que j’ai pensé au fil de ma lecture. En ce qui concerne la première partie, cette longueur est obligatoire à mon avis : dans un contexte comme le lycée, les relations entre même sexe ne peuvent pas se faire aussi rapidement, et il était nécessaire de construire un passé suffisant entre les 2 filles pour que de véritables sentiments se dévoilent.

  3. Le yaoi et le yuri (avec leurs penchants shonen/shojo-ai) sont deux sous-genres du shojo et donc destinés aux filles (il ne sont pas « pas vraiment dédiés à un public particulier »!)!. Non mais. L’ambiance que tu décris est également typique du shojo. Ce fait est généralement assez dur à faire comprendre aux otaques masculins persuadés que le yuri, le vrai, même avec relations sexuelles, leur est prioritairement destiné… Ils se gourent pourtant en se mettant le doigt dans le nez jusqu’au coude ^^
    D’autant plus que le yuri n’est pas vraiment un genre nouveau puisqu’il est apparu en même temps que le yaoi dans les années 70, dans une sorte de mouvement d’émancipation sexuelle du manga shojo avec des auteurs prestigieux comme Riyouko Ikeda, l’auteur de La rose de Versailles ou Très cher frère. (il faut lire Très cher frère, boudiou! Et aller sur Alice au pays des shojo, le blogue qui en parle tout plein!)

    Les productions « yuri » ou doujin H à destination des mecs sont selon moi à ranger dans la catégorie « fan service » ou « hentai » et sont largement plus récentes (les images montrées plus haut avec les seins-obus). Je pense qu’il serait temps de lui trouver un nom bien à lui (comme le « bara », équivalent homosexuel du yaoi) pour éviter de le confondre avec le yuri des origines. [/gromelle]

    Sinon, Girl Friends a l’air sympa, j’ai eu tort de le mettre de côté il y a quelques années :x Faut que je le retrouve ^^

  4. « je ne pense pas me mouiller en avançant que le yaoi, c’est pour les filles et les homos alors que le yuri, c’est pour les brutes et les lesbiennes. »
    Ben si, tu t’es mouillé grave.
    Le yaoï, c’est pas franchement lu par les homos, au contraire, à quelques exceptions près.
    Les homos, ils tapent plus dans le bara.
    De même, ça m’étonnerait que beaucoup de lesbiennes se sentent concernés par le yuri, par contre, des filles normales doivent en lire « facilement » pour la simple que les barrières morales sont moins lourdes chez les filles concernant l’homosexualité. Elles peuvent prendre ça plus pour un jeu.
    Si tu en doutes, va stalker des vestiaires féminins, tu verras que les filles font des trucs qu’aucun mec n’imaginerait faire avec son voisin de table.

    ….

    Par contre, si tu te fais arrêter pour voyeurisme pendant ton stalkage, je ne serai responsable de rien ! ^o^

  5. Trit’ et Tabris : on s’entend bien =) Et le fait que le sentiment amoureux mette du temps à éclore est tout à l’honneur du récit en effet!

    K66 : désolé pour les spoilers dans la première partie sur Mai Hime et compagnie (si c’est ce qui t’a gêné j’ai mis une note en gras) j’aurais dû les signaler plus tôt. Tu peux lire la seconde partie sans trop de problème je pense, c’est pas comme si le scénario de Girl Friends avait quelque chose à cacher ^^’

    Tata : pour les théories sur le yaoi et le yuri on trouve 36’ooo points de vue différents mais c’est bien ce que je pensais en voyant le genre de la majorité des auteurs : c’est un trip surtout féminin.

    Du coup Corti t’as sûrement raison en disant que je suis à côté de la plaque sur ce point. Ça me paraissait juste logique, c’est tout. D’ailleurs Girl Friends est paru dans un mag adressé à des hommes entre 18-35 ans je le répète. Mais j’irai stalker un jour o_O

  6. J’ai l’impression que le yuri est comme du shoujo mais en plus romantique encore, comme si on faisait l’opération fille + fille = amours purs, fusionnels et esthétiques sans aspérité. En connaisseurs du yuri qui devez siphonner les sorties de Lillicious et autres, y-à-t-il du yuri un peu plus sauvage ? J’ai bien sur à l’esprit le yaoi où je trouve que le glauque, la violence, l’aspect amour marginal a plus d’importance, non que ce soit un gage de qualité. A une époque je pensais que j’aimerais nécessairement le yuri comme tout mec peut apprécier les trucs saphiques, mais je n’en suis plus vraiment sur. Est-ce que le yuri peut se lâcher, sans qu’on le considère tout de suite comme perverti par les désirs masculins ? Parce qu’il me semble que ce sont au contraire ces amours éthérés qui relève d’une vision masculine culcul des amours de filles.

  7. Hum, finalement je n’aurais pas du aborder la question du lectorat et de son influence: c’est un gros pataquès et je manque souvent d’intuition sur le sujet. Honnêtement je pense que homos et lesbiennes doivent trop sentir les limitations et les clichés du yaoi et du yuri pour en être les premiers lecteurs, et seraient-ils assez nombreux pour constituer un lectorat de taille ? par contre les gens qui fantasment sur les amours homosexuelles (comme votre serviteur) sans forcément désirer franchir le pas et qui aiment se nourrir de fictions sont les clients désignés de ces genres.

    A propos du fort taux de mangaka féminin dans ces domaines, je n’ai pas l’impression qu’il soit très signifiant: ça me parait presque une convention acceptée et rassurante pour le lecteur. Dites-vous que ces auteures sont bien contentes d’avoir du boulot, et que certaines n’ont aucun atome crochu avec le boy’s love et en dessinent pourtant (j’ai oublié ma source).

    Enfin, je suis content qu’il y ait autant de mangaka femmes, pas pour une question de parité mais parce qu’elles assurent.

  8. Evidemment ça se vendrait pas trop ces bouquins si ça voulait seulement s’adresser à un public homo. Mais c’est intéressant de supposer que ça pourrait soulager les frustrations de ceux qui n’osent pas franchir le pas.

    Sinon je trouve au contraire très significative la proéminence de mangakas féminins dans le registre du yuri et du yaoi car au fond, elles dessinent très certainement des histoires qui les font elles-mêmes fantasmer ou dont elles aiment les tenants. (Cf. ogiue dans genshiken ^^’)

    « finalement je n’aurais pas du aborder la question du lectorat et de son influence » -> je pense que j’aurais aussi dû m’abstenir car la question reste insoluble et je voulais surtout présenter le manga… D’ailleurs Girl Friends je le répète, est pré-publié dans un seinen (pour homme entre 18-35) c’est dire l’ambigüité de la question…

    Edit : j’ai du mal à comprendre ton premier post…

  9. « Pour être simple : si vous êtes un homme (un vrai, pas un personnage de BL) et que vous regardez une scène porno à l’écran, plus il y a de femmes, plus vous êtes heureux. »

    Pardon ? Si on est pas d’accord avec toi, on est pas « un homme », là ?

  10. Dans mon premier post je demandais en (très très) gros si vous connaissiez du yuri moins culcul et moins amour fusionnel, et j’ajoutais que le yaoi avait des particularités qui peuvent manquer au yuri. Une question au fond très simple: peut-être n’avez vous pas identifié le problème ou au contraire connaissez-vous des œuvres qui me contredisent.

    Pour en revenir aux mangaka et à Genshiken, il me semble que la fille créé des doujin qu’elle expose dans les conventions otaku, non ? Ca m’a l’air éloigné de la dynamique d’un magazine, où tu essaies de devenir un auteur et de le rester et t’es bien content de prendre la place qu’on te donne. Pour autant tu peux prendre gout et te révéler doué pour ce type d’histoire, mais sinon les auteurs lisent plein de docs pour trouver toutes les idées, leurs rapports avec leurs éditeurs sont très serrés, etc. J’ai l’impression que vous voyez la création d’un manga d’un point de vue BD français, ou que vous vous dites que des histoires homos sont un genre « trip » nécessitant une vocation forte de l’auteur, alors que y en a des milliers de pages qui sortent tous les mois…je sais pas, j’aimerais avoir de vraies infos sur ce milieu.

    « Pour être simple : si vous êtes un homme (un vrai, pas un personnage de BL) et que vous regardez une scène porno à l’écran, plus il y a de femmes, plus vous êtes heureux. »

    Moi aussi j’ai tiqué. Trop de femmes à l’écran c’est parfois du gâchis: dans le prOn il faut pas rester les bras ballant à gémir comme un robot, c’est du plus mauvais effet. Mais j’ai acquis une certaine expérience dans le sujet et je me fais peur.

  11. J’ai surtout vu du yuri dans les séries TV et je ne suis pas du tout les sorties de Lillicious : c’est pas comme si je faisais du yuri mon violon d’Ingres.

    En fait le problème c’est que je ne comprends pas du tout ta définition du yuri (un shojo en plus romantique??) On parle de yuri quand il y a relations entre lesbiennes. Après j’adhère à la pensée des bases de données anglophones qui estampillent « yuri » les séries présentant des rapports sexuels explicites (passage à l’acte ou viol). Tous les hentai mettant en scène des lesbiennes sont ainsi des yuri.

    D’après moi, il faut se pencher du côté des shojo-ai (pas de passage à l’acte sexuel représenté) pour une approche plus sérieuse des relations entre lesbiennes car la présence de yuri dans certaines séries (Mnemosyne est un exemple) est souvent purement fanservice à mon avis. J’ai cité des séries qui me semblent pas trop mal dans le genre : Sasameki Koto, Aoi Hana ou même Candy Boy (faut quand-même ajouter une sorte d’inceste entre sœurs jumelles dans ce dernier).

    Pour l’amour fusionnel, difficile de passer outre comme voir ses sentiments devenir réciproques un peu l’objectif des personnes impliquées dans ce type de relation. (Ou alors on aurait une histoire avec des lesbiennes mais dont la relation n’est pas au centre des intérêts?) Dans Sasameki Koto par exemple, c’est à sens unique pour ce que j’ai vu de la série TV même si je suspecte une certaine évolution dans la suite du manga. Dans Girl Friends, les héroïnes peuvent mesurer toute la difficulté du chemin qui mène à cet amour. J’aurais tendance à dire d’ailleurs que Girl Friends est un yuri très sérieux dans son genre mais je n’ai pas une expérience poussée dans ce type de lecture.

    Pour Ogiue, tout ce que je voulais avancer comme idée, c’est qu’en principe, tu aimes le genre de récit que tu écris (ok, c’est pas forcément une obsession non plus). Ou alors je sais pas ce qui pousse les mangakas à en écrire…

    (Edit : Ok, à la réflexion, je comprends mieux ce que tu veux dire par le glauque du yaoi ou la violence sous-jacente. C’est vrai :on dirait que le yuri est un peu enfermé dans son canevas (la plupart du temps au sein d’une école pour filles d’ailleurs) alors que le yaoi s’étend peut-être à des récits en tout genre, à d’autres horizons de la société, plus d’originalité et de variété? Je ne me suis pas posé la question car encore une fois, j’y connais pas grand chose en yaoi et je suis pas non plus un addict du yuri.)


  12. *entre doucement par la porte arrière*

    Le yuri…euuuh, pas ma tasse de thé? C’est trop rose et nyan-nyan et plein de beaux sentiments, et vulgaire et dégoulinant, et trèèèèèèèèès ‘VACHE A LAIT’ en général (je dis bien ‘en général’, me tapez pas XD)

    J’ai bien aimé Mnemosyne, justement pour le côté PAS rose, et PAS dégoulinant, et PAS niais et amour fusionel. Mimi et Rin ne sont pas collées l’une à l’autre tout le temps, et ne passent pas leur temps à se tomber dans les bras et à vérifier leurs sous-vêtements. (pareillement pour La Rose de Versailles)
    Car je trouve malheureusement que le yuri se résume à ça : une pléthore de petites culottes pour satisfaire l’otaku coincé qui a épuisé le stock de .jpg et de .avi, et les dvd pour adultes dans la section ‘femme/femme. » Le fanservice, c’est bien, ensuite faut pas tomber dans le dégoulinage.

    Oui, je suis une femme (si si, je vous assure) et je préfère le yaoi au yuri (si si, je vous assure). Toutes les séries BL ne sont pas empreintes de violence et de moments glauques. Je ne citerai que « Stupid Story »ou « Hey, Sensei! » Même les plus anti-yaoi ne pourraient pas s’empêcher de rire tellement c’est débile mais sans passer dans le niais, halleilujah!

    (ensuite, il existe de tout et de rien dans le genre yaoi comme partout, c’était juste pour montrer mon point de vue de fangirl enragée.^^)

  13. Bon ben je vais essayer de présenter un yuri pas trop dégoulinant dans un moment. ^^ Mais je suis d’accord sur ton impression pour Mnemosyne et le yuri en général.

  14. Ben en fait pour moi Mnemosyne c’est pas du yuri. Tout comme les myriades de mangasses et animes plein de filles qui se touchent mais qui ont pour cible les garçons. En fait pour moi le yuri c’est une question de public cible : si ce n’est pas « pour fille », c’est à dire publié dans un mag shojo ou un programme pour filles, c’est pas du vrai. Idem pour le yaoi ^^La cible ne fait pas tout, mais elle aide un peu :3

  15. Oui c’est la toute l’ambigüité des catégorisations : pour certains ça représentent tous les aspects de l’œuvre (il y a un peu de yuri et donc on qualifie l’œuvre de yuri), pour d’autres c’est juste le public ciblé et donc le magazine de publication qui permet de catégoriser les mangas.

    Mais je peux t’assurer que Girl Friends est un vrai yuri même s’il est publié dans un seinen o_O

  16. Ah bah pour le coup, le yuri, toutes les filles que je connais qui en lisent sont lesbiennes ou bi ! Et mes amies hétéro, je les vois vraiment pas lire du shôjo-ai même… Après je suis peut être un cas isolé !

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