Gokusen : une pâle copie de GTO ?

Kumiko Yamaguchi, surnommée Yankumi par ses élèves, est engagée comme professeur de mathématiques dans une école privée réservée aux garçons et comptant essentiellement des voyous irrécupérables ou autre dégénérés sociaux. Malgré les multiples tentatives de ses élèves destinées à se débarrasser d’elle, elle parvient rapidement à s’imposer et à se faire respecter. Il faudra en effet bien plus que les frasques d’une bande de  sales garnements pour la déstabiliser comme elle est en fait l’héritière d’un fameux clan de yakuzas, une origine qu’elle doit autant que possible garder secrète si elle veut faire long feu en tant qu’enseignante.

Petite photo de famille…

La lecture du synopsis rappelle inévitablement l’œuvre de Tôru Fujisawa, GTO, qui raconte l’histoire d’un ex-délinquant qui devient prof pour se taper des étudiantes. Yankumi et lui ont en commun leur méthode peu orthodoxe pour venir en aide à leurs élèves et un sens du devoir irréprochable mais Onizuka reste infiniment plus déjanté dans son style comme il n’est pas du genre à donner une leçon sérieuse et invente toujours des conneries pour mettre l’ambiance dans son école. L’œuvre de Kozueko Morimoto fait preuve de beaucoup moins de panache, il faut le reconnaître, mais reste très amusante et facile à lire.

Mon avis sur l’œuvre après lecture des 15 volumes ? Ce josei ne figure sans doute pas parmi les indispensables mais propose un bon divertissement. Je lui trouve beaucoup de défauts or l’humour et l’ambiance sont parvenus sans aucun mal à me détendre. Mission accomplie donc pour une œuvre qui restera cependant dans l’obscurité de GTO. J’avais tout d’abord repéré l’adaptation TV en 13 épisodes par le studio Madhouse mais je me souviens d’avoir été très rebuté par le design des personnages : ces voyous ont tous une sale tronche bien distinguable. J’ai été content de voir que ça passe bien mieux en manga et que Yankumi a moins une apparence de boudin dans les cases de Morimoto. On peut rester de marbre devant son look de gamine avec ses lunettes et sa queue de cheval mais on finit par s’attacher à cette demoiselle qui profite d’un tempérament et d’une force phénoménaux. Un personnage très intéressant dans la mesure où elle est sensée pâtir de ses origines mais reste très accrochée à la famille de yakuzas dans laquelle elle a grandi. Cette héroïne de manga n’a pas la beauté de ses congénères mais s’en démarque sans aucun mal grâce à son charisme, son impétuosité… et ses lubies passagères.

Une jeunesse qui s’interroge…

Graphiquement, on regrettera bien souvent une trop grande simplicité dans l’agencement des planches (des cases qui prennent de la place pour rien) et le traitement des décors (rares et assez pauvres). Les bulles n’envahissent pas l’écran, c’est léger à lire mais l’œuvre manque d’âme artistiquement parlant. Tout ce qu’on a à se mettre sous la dent, c’est le design affreux (mais de circonstance et assez cliché d’ailleurs) des personnages qui envahissent chaque page. Les premiers volumes peuvent légitimement sembler affreux et d’une autre époque mais l’auteur trouve par la suite un trait beaucoup plus léger et agréable à l’œil pour dessiner ses personnages.

Au niveau du scénario, on est aussi un peu déçu car tout est construit sur une structure bien trop limpide à savoir 1) un élève a des emmerdes 2) Yankumi le sort du pétrin. On ne sent à aucun moment une véritable tension car il s’agit pour la plupart du temps de racket ou d’enlèvement et on sent bien que l’auteur ne prend pas vraiment son oeuvre au sérieux malgré la gravité de certains thèmes abordés. On a quand même des éléments qui constituent le fil de l’histoire tels que la relation entre Yankumi et son élève Shin ou l’amour à sens unique qu’elle nourrit pour l’avocat de sa famille. Gokusen se veut surtout une entrée dans l’univers de ces jeunes hommes étiquetés comme des délinquants par la société et promis à un avenir peu fameux. Au fil des tomes, Yankumi parvient à guider toutes ces brebis galeuses qui se voient dénigrées parfois même au sein de leur famille.

De grandes leçons d’humanité…

Mais outre ces quelques thèmes sociaux qui restent ma foi anecdotiques,  Gokusen tire principalement ses qualités de l’humour qu’il dégage. Certains aspects de la personnalité de Yankumi sont pour le moins cocasses et l’univers des yakuzas semble édulcoré tellement on a affaire à des bouffons qui s’amusent comme des pitres et qui débordent d’émotion sous des torrents de larmes plutôt qu’à des terreurs. Comme si l’auteur voulait nous proposer une approche sympathique d’un phénomène de la société japonaise qui est toujours mal considéré. Tout ça contribue à mettre une ambiance bon enfant : des plaisanteries grivoises et surtout un humour qui repose beaucoup plus sur le comique de situation que dans GTO où l’on a affaire à du burlesque à l’état pur. A noter la présence de chapitres extras durant lesquels Shin devient le sbire de Fuji, le gros monstre qui sert de chien dans toute cette histoire ; des sketchs dont la lecture n’est pas forcément obligatoire mais toujours assez hilarante.

Ouais, c’est bien.

En résumé, une comédie assez drôle qui mêle milieu scolaire et petit monde de la pègre. N’y voyez pas trop une réflexion sur la société mais surtout l’occasion de passer des bons moments de fous rires. Gokusen est une lecture que je recommande aux fans de GTO même si elle reste une pointure en dessous. (P.S. : le manga est « disponible » en scans uniquement.)

6 réflexions au sujet de « Gokusen : une pâle copie de GTO ? »

  1. Me demande si le drama n’est pas finalement la meilleure version de cette série. En reprenant les même bases et la même structure scénaristique (au combien répétitive il faut le dire), l’humour aussi, mais en évitant justement ce style graphique quelque peu rebutant (avec des « idols » dedans ça passe tout de suite mieux). Puis le professeur principal dans le drama est juste énorme :D

  2. J’ai regardé l’anime en premier, il y a longtemps, et j’avais trouvé ça assez sympa. Je n’ai pas vu GTO, donc je n’ai pas de point de comparaison (peut-être tant mieux). Je n’ai jamais lu le manga, par contre, j’ai aussi vu le drama. Celui-ci a de bons côtés : Yukie Namaka :coeur: et je confirme pour le principal. Par contre, les leçons de morale en fin d’épisode me laissaient plutôt de marbre :/ Et si les 2 premières saisons se laissent suivre, je préconise d’attendre un paquet de mois avant de regarder la 3ème qui a bien du mal à se renouveler par rapport aux 2 premières.

  3. Ah oui, j’ai vu quelques images à l’instant : pas mal en effet l’actrice ^^ En tout cas je constate que le drama est de loin plus populaire que le manga ou l’anime. Suffit de voir la quantité d’images disponibles.

  4. Ohlà, je suis fatigué, j’ai lu « Gokusen est une lecture que je recommande aux fans de GTO même si elle reste une poitrine en dessous. » XD

    Je n’ai que regarder la série d’animation Gokusen et je n’avais pas du tout accroché. Mais la technique à la masse était aussi un frein mais le côté pastiche des Yakuzas m’a toujours fait rire (cf Fumoffu) donc je vais peut-être jeter un coup d’œil au manga.

  5. J’ai absolument a-do-ré le drama, et même les effets ultra-kitch et mille fois attendus n’ont pas réussi à m’en lasser. J’ai passé des petites heures bien bidonnantes à le regarder.
    (mais la première saison du drama, hein…pas les 2 autres. La présence d’Oguri Shun a du y contribuer largement :p)

    Le manga…ne m’a pas interpelé, donc je pense que je vais en rester là et pas chercher plus loin que le drama.^^

  6. J’ai pris ce manga comme une oeuvre complètement différente de GTO et c’est passé tout seul. Pour moi, ce manga n’est pas comparable et n’a même pas le but de se rapprocher de GTO. Je ne l’ai pas trouvé très drôle, je me souviens de passages décrivant la succession dans les familles yakusa pas si marrants que ça. Ce que j’ai par contre apprécié outre le dessin (oui j’ai aimé le dessin), c’est le côté simple de l’histoire, dans le sens réaliste et posé, sans grandes onomatopées et gesticulations inutiles typiques de GTO (perso ça me fatigue au bout d’un moment). Les situations comiques arrivent parfois sans avoir besoin de dialogues ou d’onomatopées, ce que j’aime beaucoup. Pas de grandes démonstrations de force non plus (ou très peu), les personnages ont des limites et par exemple quand un personnage se fait buter, il va à l’hôpital. C’est reposant et c’est pourquoi j’aime ce manga.

    Le drama (première saison uniquement, avec Shun Oguri et Grosourcils Matsumoto Jun) est extra, pour du drama japonais.

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