Saraiya Goyou – Tranche de samurai

Masa est un rônin qui habite dans une petite piaule avec un chat qui squatte les lieux pour de la nourriture. Il traverse des temps difficiles car on cherche plus de travailleurs pour les manœuvres que comme garde du corps. De plus, étant à la fois timide et d’une franchise maladroite, il n’a pas vraiment le profil du métier.

En pleine errance dans les rues d’Edo, il rencontre un mystérieux bonhomme en compagnie d’une très belle dame. Tous deux sont membres des « Five Leaves », une bande de criminels spécialisés dans le kidnapping. Masa commence à fréquenter la taverne qui leur sert de repère et devient malgré lui petit à petit un membre de la « famille ».

Studio d’animation : Manglobe
Réalisation : Mochizuki Tomomi
Auteur : Ôno Natsume
Titre US : House of Five Leaves
Nombre d’épisodes : 12
Diffusion : du 15 avril au 1er Juillet 2010

Précisons d’emblée que Saraiya Goyou est adapté d’un manga d’Ôno Natsume et ceux qui auront goûté à l’admirable Ristorante Paradiso l’année dernière sentiront son emprunte non seulement dans le design atypique (mais remarquable) des personnages mais surtout dans l’ambiance douce et sobre, teintée de nostalgie et de mélancolie. Cette série n’est pas un chambara comme les autres et c’est justement là son intérêt. Ne vous attendez donc pas à des affrontements épiques à coups de katanas mais plutôt à une sorte de tranche de vie durant l’époque Edo, à la fois réaliste et touchante de simplicité.

Saraiya Goyou, c’est un récit admirablement maîtrisé qui suit la participation de Masa au sein de l’élégante bande de malfrats qui constituent les « Five Leaves ». Elégante, oui, même s’ils ne se qualifient pas de bandits chevaleresques. Chacun a sa  raison, pécuniaire ou autre mais exerce officiellement une activité légale. La série creuse le background et la personnalité de chaque personnage en recourant notamment à de nombreux flash-back. On s’intéresse tout particulièrement à Yaichi, le chef de la bande, très difficile à cerner. Mais l’évolution du héros, Masa, est aussi très intéressante et le casting s’avère très riche. La trame s’attache essentiellement à montrer se qui relie tous ces protagonistes et comment chacun traîne son passé derrière lui, comment ils parviennent à s’entraider. Avec des luttes entre bandes, des histoires de famille et autres complots, on n’a même pas l’impression que le récit n’adapte qu’une partie du manga en cours.

La série se distingue donc essentiellement par son ambiance calme et douce, limite paresseuse et s’appuie sur une réalisation exceptionnelle. Les quelques morceaux qui accompagnent cette ambiance sont d’une saveur délicieusement mélancolique et s’accordent à merveille chaque récit. Konishi Kayo et Kondo Yukio (Elfen Lied) signent vraiment un excellent travail sur la bande son en recourant quelquefois à de la musique traditionnelle fort bien intégrée.

Du côté de la conception graphique, c’est irréprochable. Le chara-design pourrait rebuter ceux qui ne sont pas habitués au dessin d’Ôno Natsume car les traits des personnages m’ont semblé plus grossiers que dans l’adaptation de Ristorante Paradiso. J’accroche beaucoup à ce style assez unique car il représente admirablement bien chaque expression du visage : tristesse, ennui, paresse, inquiétude, déception, étonnement, etc. Un style qui se marie très bien à la subtilité de chaque geste des personnages. Sinon j’avoue avoir une attention toute particulière pour la représentation des arbres et leurs coloris. La série ne m’a pas déçu sur ce point.

En résumé, une série qui profite de personnages complexes sans sortir de l’ordinaire, d’une histoire simple et réaliste mais remarquablement narrée, d’une bande son qui permet de s’imprégner l’ambiance triste et paresseuse du récit et enfin d’une belle représentation des décors d’Edo. Le printemps 2010 était décidément un grand millésime.

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5 réflexions sur “Saraiya Goyou – Tranche de samurai

  1. on n’a même pas l’impression que le récit n’adapte qu’une partie du manga en cours >> Il est vrai que la structure de l’anime est un peu différente de celle du manga, ce qui était sans doute nécessaire pour conserver une certaine cohérence. Je n’ai pas encore vu toute la série, mais j’ai été surprise de voir le le premier épisode commence par des évènemùents qu’on ne comprend vraiment que vers le volume 3 ou 4. Je suppose donc que le manga a été retravaillé dans sa globalité lors de la conception de l’anime. C’était sans doute facilité par le fait que le manga s’achèvera en septembre prochain au Japon (8 volumes).

  2. Vous m’apprenez tous les deux que la série ne suit pas le manga. En tout cas, ça prouve encore ce que je dis toujours : une adaptation n’est pas une simple transposition. En tout cas, le résultat ici est fluide et ne permet pas au néophyte de discerner des passages éludés.

    Encore une bonne série d’un printemps 2010 décidément riche en effet. J’ai apprécié sa simplicité soutenue par une narration aux ognons. Comme quoi, il est inutile et même contre-productif d’user de pathos, de rebondissements qui tombe du ciel ou des personnages stéréotypés pour faire de la vraie bonne tranche de vie. Goyô pourrait se passer de nos jours qu’on aurait pas perdu grand-chose (à part le dépaysement des superbes décors).

    Après, malheureusement, il semblerait que comme The Tatami Galaxy, la série n’a pas connu des audimats à la hauteur sur sa tranche. Mais en contrepartie, on peut espérer une longévité et une exportation à la hausse.

    Bon, c’est pas tout mais il va falloir que je regarde Ristorante Paradisio maintenant.

  3. Afloplouf > Disons que tous les animes de Noitamina se casse la tronche depuis deux trois ans, si certains animes comme Nodame avaient bien marché, il semble que ça ne prenne plus. :(

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