Mangas en vrac (nº2)

Je lis pas mal de mangas en tous genres ces temps-ci mais quand ce n’est pas du Adachi, j’ai soudainement la flemme de publier un billet digne de ce nom. Quelques petites séries vite lues, pas inoubliables pour la plupart mais de qualité.

Je ne Suis pas un Ange

Aï Yazawa savait dessiner des shojos simples et sympathiques avant de se perdre dans des œuvres trop kitch à mon goût. Elle raconte ici les trois années de lycée de Midori, passionnée de dessin et amoureuse d’Akira, un camarade à la trompeuse apparence de voyou. Le lycée qu’ils fréquentent vient d’ouvrir ses portes ; c’est l’occasion pour le conseil d’étudiant qu’ils président tous les deux d’inaugurer toutes sortes d’activités et ça tombe bien car la demoiselle est hyper motivée. Même si l’auteur change trop souvent sa coupe de cheveux, l’héroïne est attachante mais pas aussi mignonne que sa copine Mamirin. Huit volumes développent des histoires de cœur autour de Midori et de ses amis, qui lui apprendront que l’amour est un champ de bataille sur lequel on ne peut pas être gentil avec tout le monde. Dans la joie et la bonne humeur.

J’aime pas du tout cet auteur, c’est une raison d’esthétique. Je suis vraiment allergique à la couture, aux japanese girls à la mode, à l’ambiance kitch. Un jour peut-être je réessayerai de lire Nana mais je garantis rien.

Tomie

Une des premières œuvres de Junji Ito, l’autoproclamé maître de l’horreur auquel on doit le très dérangeant Spirale. Les trois tomes constituent un ensemble de nouvelles qui tournent autour du même personnage : la belle, attirante, mystérieuse mais funeste Tomie. Objet d’une bien étrange malédiction, son charme attise la folie des hommes qui cèdent à l’envie irrésistible de la découper en morceaux. Or chaque particule du corps de Tomie se reproduit pour donner naissance à d’autres Tomie, tel un cercle horrifique et sans fin. Le trait de Junji Ito paraît encore très inexpérimenté dans les premiers tomes mais ses personnages trouvent ensuite la petite touche de démence propre à son style. En revanche, on ne peut pas dire que ce soit son œuvre qui fait la plus forte impression. Certains chapitres parviennent à frapper le lecteur là où la plupart sont empêtrés dans le piège d’une trop forte redondance : la sauce ne surprend plus et finit par lasser.

C’était du Ito de l’époque où il savait encore fasciner et horrifier son lectorat. Il faut dire qu’à part Spirale je goûte très peu à ses œuvres qui ont sombré progressivement dans le grotesque. Et le grotesque ne m’effraie pas pour un sou.

L’Île de Hôzuki

Kokoro et sa petite sœur aveugle sont pris en charge par une école sur l’île de Hôzuki où d’étranges faits semblent se produire. Du sang et un cutter dans un bureau, une salle où un enfant semble avoir été séquestré : de quoi créer un climat de suspicion entre les quelques élèves et enseignants qui résident en ces lieux. Ce petit manga de Kei Sanbei mêle horreur et suspens, profite d’un dessin frais qui représente bien l’expression du regard des personnages, mais ne tient pas vraiment toutes ses promesses. L’œuvre montre bien comment la méfiance s’accroît parmi les élèves jusqu’à ce que la situation dégénère. Leur passé trouble a développé un instinct devant le danger et une tendance à la surinterprétation. Or l’essentiel de l’intrigue décrit une poursuite derrière laquelle on peine à ressentir une quelconque tension. Dommage car l’intrigue de fond était bonne et si certaines réponses semblent tirées par les cheveux, la clé du « mystère » est logique et satisfaisante.

L’auteur nous a fait le plaisir de planquer des scènes ecchi avec une prof aux belles rondeurs. Et en plus il s’applique pour dessiner le contour des fesses. Un divertissement comme un autre, pas super intéressant mais pas trop chiant non plus.

ES – Eternal Sabbath

Un être artificiellement conçu à partir du gène ES a la capacité de manipuler la pensée des gens à sa guise, se faisant ainsi passer pour n’importe qui à leurs yeux et influençant leur comportement. Est-il responsable des accidents incompréhensibles qui viennent de coûter la mort de plusieurs personnes ? Le synopsis semble banal mais l’histoire ne s’appuie pas simplement autour des capacités spéciales du héros. En compagnie d’une charmante – bien qu’un peu excentrique – physiologiste du cerveau, on va voyager aux tréfonds de la conscience humaine en observant comment l’être se forge un ego à partir de son environnement. On s’attache beaucoup aux deux personnages et les réflexions abordées sont sérieuses et bien développées même si l’auteur a peut-être cédé à la facilité dans certains moments clés de son récit. Un manifeste contre l’orgueil scientifique et la peur égoïste face au surhumain. Une œuvre poignante et captivante.

A noter que les visages ne sont pas riches en expressivité et cela peut frapper. Ils ont le plus souvent un air halluciné, pas toujours de circonstance. Je n’ai d’ailleurs pas reconnu l’auteur de Mars derrière un dessin qui n’est plus du tout « shojo » dans le ton.

7 réflexions sur “Mangas en vrac (nº2)

  1. Tu dois absolument lire Nana, ne serait-ce que pour la narration originale que Ai Yazawa nous propose. Puis outre ceci, avouons-le, ça poutre (un manga capable de te faire lire et pleurer en un chapitre, damnation !).

    Si ce n’est ceci je trouve quand même regrettable le fait que tu détestes l’auteur à cause de son style… :<

  2. J’ai lu deux volumes et vu un épisode il fut un temps. J’avais peut-être pas l’habitude des joseis à l’époque mais même, quand je pense que je me suis écroulé devant ParaKiss tellement j’avais la gerbe devant l’ambiance et les couleurs… Le design des hommes aussi me foutait les ch’tons. Je me demande si j’arriverais à m’accrocher un jour car l’histoire semble avoir ses qualités. J’attends la fin pour l’instant.

  3. Après avoir lu Tennai je pense qu’il est « encore plus » difficile d’apprécier Nana. Le style des début de Yazawa était bien plus frais et plus sympathique, sans prise de tête avec des punks en tous genres.
    Nana est un shojo qui veut se faire passer pour un josei. Un truc qui a une apparence adulte mais dont le fond est désespérément accroché aux canons du bon vieux shojo de tata Suzanne. Ca ne le rend pas mauvais, et sa narration assez originale aide pas mal, mais Yazawa était bien plus efficace quand elle ne cherchait pas à taper dans ce registre et restait dans le shojo « standard ».
    Je conseille donc plutôt Gokinjo si tu as apprécié Tennai (qui est néanmoins pour moi le meilleur qu’elle ait fait).

    Pour le graphisme en lui-même par contre, difficile de faire grand chose…

  4. J’ai suffisamment apprécié Tennai pour y jeter un coup d’œil alors pourquoi pas ; )
    Mais le dessin me semble déjà avoir pris une ascension vers l’enfer du rouge à lèvres, les crânes disproportionnés et des types au look de bad boys bien top zarbi.
    Je doute que je puisse m’y faire ^^

  5. Je pensais que tu apprécierais d’avantage l’Ile d’Hozuki, même si je comprends tes raisons. Je pense que le dernier tome sera plus riche, enfin je l’espère car sinon, ce serait décevant. Ca fait peut-être parti des mangas qui sont bons une fois terminé. Je croise les doigts ;)

  6. Eternal Sabbath est une tuerie absolue à ne surtout pas manquer, je suis tombé dessus par hasard il y a biiieeeen longtemps (j’étais au collège) et je ne lisais même pas de manga à l’époque.

    Etrange qu’il ne soit pas plus connu étant donné sa qualité. J’en profite pour dire que l’auteur (une femme) d’ES réalise ses manga seule (art et scénario) et qu’elle a quelques autres bonnes productions à son actif malheureusement tout aussi peu connues.

  7. J’avoue que je pensais avoir affaire à un shonen basique avec héros aux super-pouvoirs et que du coup ça n’a jamais figuré parmi mes priorités. Mais c’était pas du tout le cas.

    Sinon en effet, je lis Mars en ce moment et c’est du bon shojo (signé Sôryô Fuyumi lui aussi alors que c’est à des lieues du style d’ES). Je sais pas si ça tiendra sur la longueur (j’ai lu 4 volumes sur 15) en revanche car ça devient un peu mélo romantique.

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