Durarara!! – Sans tête… ni queue ?

Mise en place de l’intrigue

Le quartier d’Ikebukuro, ses quartiers chauds, ses mystérieux résidents, sa légende urbaine : un tableau suffisamment attrayant pour que le jeune Mikado Ryūgamine décide d’y emménager avant d’entrer au lycée. Un ami d’enfance, Masaomi Kida, l’accueillie à son arrivée et affirme que le quartier est plutôt calme en ce moment. Et pourtant, le jeune homme n’a pas le temps de se familiariser avec les lieux qu’une légende prend forme sous leurs yeux : un motard sans tête fonce devant la foule ébahie sur une grosse cylindrée noire.

Le titre est classe et déchire l’écran

L’héritage de Baccano!

On attendait beaucoup de cette série, surtout les amateurs de Baccano! dont on retrouve ici tous les principaux artisans : même studio, même auteur, etc. L’opening confirme cette parenté en présentant l’impressionnant casting de Durarara!! avec une musique et des paroles très dynamiques. C’est d’ailleurs la seule fois où je n’ai pas trop regretté que la J-pop ait pris le dessus sur l’ambiance jazzy de Baccano! Ce qui rattache surtout les deux séries, c’est un style de  narration assez déstabilisante qui demande au spectateur de se laisser imprégner par l’ambiance d’Ikebukuro avant de comprendre une infime portion de ce qui s’y trame.

Studio d’animation : Brains Base
Nombre d’épisodes : 24
Réalisation : Ômori Takahiro
Diffusion : du 7 Janvier au 24 Juin 2010
Auteur : Narita Ryohgo
VOSTA préférée : AnimeCouncil

Toujours autant la pêche le petit Masaomi

Une narration bien réglée

Les premiers épisodes sont déroutants et mettent en place des bribes de scénario qu’il faudra rassembler. Là où Baccano! s’amusait à passer d’une année à l’autre dix fois par épisode, Durarara!! reste sobre en se contentant de varier les points de vue et d’éclairer certains faits passés. Au début, chaque épisode est narré par un protagoniste différent, ce qui permet d’avoir à chaque fois un nouveau regard sur le quartier (on croise les gens sous un nouvel angle, des scènes se répètent d’un point de vue différent) et surtout de mieux comprendre le personnage. L’opening aide à refaire le puzzle en plaçant quelques flash-back bien choisis avant le refrain final. Le récit devient ensuite plus linéaire même si un épisode revient souvent quelques heures en arrière pour suivre le parcours d’un autre personnage.

Un casting de ouf

Durarara!!, c’est avant tout une belle palette de personnages. L’informateur espiègle qui pousse les jeunes filles au suicide et semble un peu au-dessus de tout, le black à la rengaine « peace and love » qui tient un restaurant de sushis, le barman blondinet qui te fout un distributeur sur la gueule ou un coup de poing qui t’envoie faire un strip-tease dans les airs (mais il n’aime pas la violence notez bien), des otakus qui traînent dans la camionnette d’une bande en longueur de journée (ils ont de bonnes références : L’Odyssée de Kino, Yotsuba, Spice and Wolf). Les Foulards Jaunes, les Carrés Bleus et les Dollars : des gangs sensés enflammer le quartier mais dont on ignore les motivations. Sans oublier l’essentiel : la belle, rebelle et éternelle Celty Sturluson.

Belle à en perdre la tête

Déjà parce qu’elle pète la classe sur sa moto avec son casque sauvage. Ensuite elle prouve qu’une héroïne peut être craquante même avec de la fumée noire en lieu et place d’un joli minois. Sa silhouette voluptueuse sous son uniforme de motard en matière obscure ne trompe personne : Celty c’est une bombe. Une bombe tout droit sortie de la mythologie scandinave, une Dullahan (esprit du folklore celtique dont la visite présageait le trépas) venue d’Irlande pour rechercher sa tête dans les ruelles d’Ikebukuro. On doit sa voix off très séduisante à Miyuki Sawashiro et elle suffit à devenir raide dingue du personnage. Comme Celty est sensée être muette (ouais elle a pas de tête, d’ailleurs elle mange pas non plus), cette voix est réservée exclusivement à la commodité du spectateur. Or elle rend bien sa personnalité, ses frustrations passagères et ses accès de colère. On sait d’ailleurs pas trop comment elle fait pour écrire si vite sur son portable qu’elle utilise frénétiquement. Son comportement trahit souvent des instants de faiblesse durant lesquels Celty est tout simplement irrésistible.

Your average teenagers…

Des grosses pointures qui croiseront la route de quelques étudiants au quotidien à priori banal : le petit « trio amoureux » que forment Mikado, Masaomi et la très mignonne Anri. Mikado est on ne peut plus banal dans son rôle d’étudiant sympathique. Il s’ennuie désespérément et aimerait changer son côté gentillet. C’est pourquoi il décide d’embarquer dans la jungle d’Ikebukuro. Masami est un gai luron hyperactif (chapeau à son doubleur, Miyano Mamoru, en passant) qui délire sans cesse et n’hésite pas à démêler une situation géante par sa franchise exagérée. Anri est quand à elle assez effacée même si elle a décidé d’être déléguée de classe avec Mikado. Elle recherche une amie portée disparue depuis un moment et semble harcelée par un enseignant. Un trio qu’on aimerait bien plus discret car il finit par voler la vedette à ma Celty adorée.

On recherche : jeune fille avec uniforme scolaire, lunettes et forte poitrine…

Des couleurs de partout

Le scénario de Durarara!! est donc assez hybride, mêlant tranche de vie, école, guerre des gangs, chirurgie et mythologie. L’ambiance et toute autre que dans Baccano! : on n’est pas à New-York dans les années 1930 mais dans un quartier de Tokyo contemporain. La j-pop prend la place du jazz avec des touches rock. La ville est formidablement représentée par les réalisateurs : ses décors et ses couleurs célèbrent la grandeur d’Ikebukuro entre jour et nuit et le chara-design de  Takahiro Kishida s’y fond admirablement. A noter l’utilisation de silhouettes décolorées pour les figurants : les ruelles sont trop peuplées pour se payer le luxe d’attribuer un design à tous les passants. On critiquera pas : même Shaft abuse du procédé.


Celty en action… A droite, Brains Base fait la promo de la dernière saison de Spice and Wolf.

De longs moments sur le chan

Une des particularités de Durarara!! est de nous faire passer pas mal de temps sur un channel assez mystérieux dont on ignore longtemps tout des participants. C’est d’ailleurs le principal intérêt de la série : on ne sait rien des implications de chacun et eux-mêmes mettront du temps à se reconnaître dans la mêlée. Ces instants passés sur le chan peuvent sembler au départ fastidieux et les réalisateurs ont dû pouvoir se payer des vacances tellement ils ont exagéré de la chose. Quand on apprend qui qui se cache derrière chaque pseudo, on a envie de revoir les conversations des premiers épisodes pour mieux cerner le jeu de dupes qui s’y déroulait.

Je doute que ça ait été la partie la plus difficile à réaliser :p

Un show épique mais sans queue ?

Durarara!!, c’est une série qui claque comme il faut. Vous voulez une intrigue bien fouillée, de l’action, des personnages charismatiques ? Vous allez être servi. Le troisième épisode suffira amplement à vous convaincre combien le show est « full of epic ». Les retournements de situation ne manquent pas et le scénario vous réserve des surprises de taille. Alors pourquoi ce sentiment mitigé ? Et bien comme pour Higashi no Eden il y a un an, on a l’impression que le spectacle s’achève en laissant bien des éléments en suspens. On reste sur notre faim au baisser du rideau car une partie de l’intrigue semble inachevée, des personnages sont totalement délaissés alors qu’on s’était pris la peine de tisser un joli background derrière eux. Mais deux épisodes spéciaux sont prévus : le 12.5 et – ce qui semble bien plus intéressant – un numéro 25 qui, je l’espère, mettra un terme à la quête de notre Dullahan fétiche, toujours en suspens.

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4 réflexions sur “Durarara!! – Sans tête… ni queue ?

  1. Bon, je suis la parution sur Dailymotion donc je ne sais pas encore ce que donne la conclusion, mais il y a peu de chances qu’on ai une fin avec l’anime étant donné que les romans à la base de l’adaptation sont toujours en cours. La série comme les romans semblent avoir eu beaucoup de succès, donc ça ne m’étonnerai qu’à moitié si on voyait débarquer une saison 2 un de ces 4. Après étant donné la nature de l’anime et sa narration, personnellement je ne serai pas trop gênée de ne pas avoir de « suite ». En regardant cet anime, je ne me suis jamais dit « bon sang mais comment ça va finir ? » car même s’il y a bien une trame intéressante, l’issue ne m’intéresse pas plus que ça. C’est plus tout le reste que j’ai apprécié, avec bien sûr en tête les interactions entre les personnages, la façon dont ils évoluent chacun de leur côté, etc. Après, tout le bazar avec Izaya laisse présager quelque chose de bien plus gros.
    Et Celty bute ! \o/

  2. Yes j’avais oublié d’apporter ces quelques précisions : le roman est en cours et compte 7 volumes (du moins en date de janvier 2010). Mais ça n’excuse rien. On a l’impression au final que les réalisateurs ont essayé de donner une fin propre à la série sans égard à l’œuvre originale. Mais des ouvertures restent possibles pour une éventuelle saison 2 ou bien ce dernier épisode qui sortira apparemment début 2011 seulement. Encore une fois, j’espère que les réalisateurs n’ont pas trop calculé afin de donner quelques ouvertures pour une suite qui aurait 45% (enfin on en sait rien) de chance de paraître au risque de frustrer à jamais le spectateur. J’aurai préféré une fin cinglante et pleinement satisfaisante au risque de trahir l’œuvre originale.

  3. Là où j’ai été déçu, c’est les 2 derniers épisodes où on a vraiment l’impression que la grosse bulle de pression qui s’est gonflée tout au long de l’arc 2 se dégonfle plutôt que d’exploser. Et là où tout le monde attendait un final haletant et intense, on a droit à quelques actes héroïques mais qui laissent sur leur faim les spectateurs par rapport à ce que l’on aurait pu espérer.

  4. Tu m’as donné envie. J’attendais d’avoir plusieurs et tu as des arguments convaincants ;) A ajouter à ma longue liste de truc à voir ^^

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