Angel Densetsu – Les déboires d’un moche

Kitano est un jeune homme dont la sale tronche inspire la terreur à des lieues à la ronde et incite les gens à le traiter comme un voyou de la pire espèce. Les plus durs vont même jusqu’à lui filer des coups simplement parce qu’ils sentent que leur vie est en danger face à ce monstre. Kitano a inconsciemment développé une technique d’esquive qui le rend imbattable et ses adversaires finissent toujours par glisser sur une peau de banane. Sa réputation de caïd n’est pas à faire et le pauvre Kitano n’y est pour rien.

Car en réalité Kitano a le cœur d’un ange mais son apparence de démon l’empêche de se faire des amis. Ce paradoxe est d’autant plus difficile à vivre quand on est transféré dans un nouveau lycée. Il reçoit dès le premier jour un défi du boss des lieux. Sa réputation totalement erronée de tueur de l’enfer ainsi que sa maladresse et son impressionnante naïveté vont lui causer bien des ennuis.

Yagi Norihiro, un nom qui n’est pas méconnu des fans de Claymore. Il publie en 1992 un one-shot narrant les déboires d’un moche qui formeront finalement une série de 15 volumes. N’en déplaise aux Grecs de l’antiquité, tout ce qui n’est pas beau n’est pas forcément mauvais ; avec Angel Densetsu c’est valable dans plusieurs sens. Même si les dessins sont incroyablement pauvres en détails et si le design manque de fraîcheur, ce manga n’est pas un torchon. Même s’il a l’apparence d’un drogué, Kitano ne tue pas sa mémé.

Ok il « nettoyait » mais là il n’y est pour rien…

Alors oui l’élément qui pourrait – à tord – faire fuir le lecteur potentiel, c’est le dessin de l’auteur. Au fil des tomes le trait de l’auteur s’améliore bien sûr mais l’œuvre garde une certaine sobriété notamment dans les décors, jolis mais bien trop discrets. Bien plus repoussant est le chara-design des personnages. Pour le héros l’effet est volontaire avec ses cheveux aplatis sur la tête (c’est pire quand la laque tient plus) et l’absence de sourcils qui lui donnent un aspect démoniaque. C’est surtout son incapacité à rendre son visage expressif qui le met en danger. Genre il semble menacer son prof alors qu’il fait un compliment. Mais la troupe de racailles qui l’accompagne n’est pas mieux lotie avec leur coupe dégueu, leur gueule disproportionnée et leur regard niais. Mais l’auteur soigne le design de ses héroïnes et sait les rendre kawaï ; ça met du baume au cœur.

Ça parle d’école, de voyous, de violence et surtout d’humour. Avec une touche de romance bienvenue. Les blagues sont toutes fondées sur le malentendu engendré par la sale gueule de Kitano, sa naïveté et la bêtise de ses camarades. L’auteur prend plaisir à le placer dans les situations les plus impossibles. Le pauvre est à la tête d’une bande de voyous alors qu’il n’a jamais fait de mal à une mouche et les profs cherchent le moindre prétexte évident à le renvoyer.

Le personnage de Kitano présente pas mal d’intérêts. Sa laideur est accompagnée d’une incroyable crédulité (il pense qu’on « nettoie » le parc avec un balais) d’une naïveté à toute épreuve (on le frappe et il s’excuse car l’autre avait sûrement ses raisons, un type sort un couteau, pour se suicider ?) et il pique une crise quand les autres lui semblent en danger (il pousse des cris d’oiseaux dans une posture digne de Seiya en voyant un type au cheveux rouges qu’il croit blessé). L’intérêt du manga est de voir comment il va s’intégrer et se faire des amis dans sa nouvelle école, comment les autres vont apprendre à connaître le vrai Kitano. Plus on avance, plus son horizon s’élargit et l’auteur se plait à construire une romance autour du jeune homme, à présenter ses parents, ses nouveaux voisins, etc. Des histoires parfois touchantes, toujours loufoques.

Kitano et ses potes, des durs qu’il vaut mieux pas chercher.

Je vous conseille donc vivement de tenter l’expérience. On rigole longtemps mais au bout d’un certain moment la recette ne prend plus et l’auteur, à court d’idées, commence à ne plus savoir comment utiliser cette sauce qui devient redondante. Les trois derniers volumes n’ont ainsi tellement plus d’intérêt qu’on ne regrette pas trop que Yagi Norihiro mette un terme aux aventures de Kitano.

4 réflexions au sujet de « Angel Densetsu – Les déboires d’un moche »

  1. Le tome 9 (et la suite) n’est pas traduit en français c’est vraiment dommage qu’aucune team de scantrad l’ai fait alors que le manga n’est pas licencié T_T

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s