Slow Step – Just another Adachi

La jeune et belle héroïne de notre histoire s’appelle Minatsu, lanceuse dans l’équipe féminine de softball de son lycée. Malicieuse, pétillante et énergique, elle attire de nombreux prétendants : Shuu, un petit fils de riche un peu pervers et prétentieux sur les bords ainsi que Naoto, un garçon assez bizarre qui s’ingénie à se déclarer à la ronde avant de se désister. Tous deux font de la boxe mais tous deux ne sont pas amoureux de la même Minatsu. En effet celle-ci était déguisée afin d’échapper à des voyous quand Naoto s’est déclaré à elle. Sans compter que le professeur Yamazakura, jeune coach de l’équipe de softball à la barbe de trois jours, s’est mis en tête d’épouser Minatsu quand elle aura fini ses études.

Un, deux trois… Tiens le chiffre me dit quelque chose…

Alors Slow Step, un Adachi comme les autres ? Un peu de sport, de romance, de comédie, de tranche de vie. Tout y est : les quatre éléments fondateurs de l’œuvre du célèbre mangaka sont au rendez-vous. Mais cette série se distingue quand même des autres sur certains points. L’œuvre est plus courte et s’étend sur 7 volumes. Si on observe les dates de publication (1986-1991, on constate que le projet n’était pas la priorité de l’auteur qui semblait se concentrer à l’époque sur Rough. On sent d’ailleurs, du premier au dernier tome, une certaine évolution dans le coup de crayon du mangaka. Est-ce à dire que Slow Step est une œuvre mineure en tous points ?

Règle de vie essentielle et pleine de bon sens

L’humour de Slow Step est fondé sur un quiproquo. Minatsu réalise un sacré exercice en devant endosser deux personnalités pour ne pas décevoir Naoto. Ce double jeu donne lieu à des malentendus et situations pour le moins cocasses. La bonne ambiance de Slow Step est aussi due au caractère décalé de tous ses protagonistes : Naoto est maladroit et un peu bêta alors que Shuu et le prof Yamazakura se ressemblent un peu par leur côté pervers. Ajoutons à cela les traditionnelles blagues teintées de subtile ironie et les messages publicitaires de l’auteur un peu moins subtils et la recette est là et fonctionne toujours.

L’auteur a même eu la sympathie de dresser un portrait robot pour Naoto

La manière dont Adachi traite ici le sport est assez spéciale. Les deux compétitions abordées sont le softball et la boxe même si l’héroïne qualifie Slow Step de manga sur le softball. A vrai dire, ces sports sont traités avec désinvolture : jamais on n’explique ni on ne s’intéresse au jeu. On apprend juste à un moment que l’équipe a passé les éliminatoires après deux pages d’esquisses rapides et Minatsu s’indigne auprès de l’auteur de cette méchante ellipse. Il s’en fout Adachi, il préfère dessiner des nuits étoilées et des tableaux de scores pour remplir ses planches, na. Si le sport est une thématique avec une place clé au sein de l’intrigue, Slow Step ne présente que très peu d’action et s’intéresse essentiellement au quotidien des protagonistes. C’est une romance, mais sans prise de tête, d’ailleurs on s’en fout à la fin.

A noter enfin que le manga n’est pas licencié dans nos contrées (c’est dire combien Slow Step doit être ressentie comme une œuvre mineure) mais Iscariote nous fait le grand plaisir de nous offrir une traduction française de qualité. Une adaptation en 5 OAVs est parue chez Déclic Images.

Ouais il y a de la boxe. Ben on se bat pour une nana quand même.

Le grand point fort de Slow Step était pour moi son héroïne, Minatsu, toujours pleine d’entrain, de malice et de gaieté. Assez typique de l’auteur. C’est la première fois en revanche qu’une série d’Adachi se focalise sur un personnage féminin et c’est parfaitement réussi. Slow Step parvient sans aucun mal à contenter ceux qui apprécient les romances gentillettes du mangaka même s’il nous livre ici un scénario sans une once de sérieux malgré les réflexions sur l’avenir qui viennent clore le récit. N’empêche j’ai dévoré avec plaisir ces volumes qui profitent largement de la bonne humeur traditionnelle à toute œuvre de Mitsuru Adachi. Slow Step n’a pas l’ambition d’un Touch ou d’un H2 mais sa simplicité et son ambiance bon enfant suffisent amplement pour passer un bon moment de lecture.

2 réflexions au sujet de « Slow Step – Just another Adachi »

  1. Je sais pas si c’est le meilleur moyen d’aborder l’auteur mais pourquoi pas? On voit bien dans Slow Step à quel genre de mangaka on a affaire =)

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