Mangas en vrac (nº1)

J’ai aussi lu pas mal de mangas durant ces quelques mois. En particulier quelques shonen-ai dont j’ai vaincu ma phobie du genre. Une fois de plus, quatre commentaires succincts, sans synopsis.

Tokyo Babylon

Longtemps j’ai fui à la lecture de l’étiquette « shonen-ai » qui suit l’évocation de ce manga. Or malgré le comportement ambigu de Seishirô, Tokyo Babylon n’a strictement rien d’une romance homosexuelle. Subaru est un jeune maître du ying et du yang travaillant comme exorciste dans un Tokyo assez obscur qui se revêt d’une touche rétro en des planches noircies du vieux style des dessinatrices. Subaru met de l’ardeur à mener à bien un métier qui est l’occasion de rencontres uniques avec des êtres qui supportent souffrance et mal-être dans ce monstre d’urbanité qu’est Tokyo. Il profite dans sa quête de l’appui d’Hokuto, une sœur jumelle pour le moins excentrique et d’un mystérieux vétérinaire, Seishirô qui multiplie de façon taquine les mots doux à son égard. On s’attache beaucoup à cette petite famille, à ce qui les relie et à leur destinée. Un petit condensé de légèreté, de fantastique et de mélancolie dont seules CLAMP ont le secret.

Il faudrait que je me mette en tête une fois pour toute que shonen-ai ne rime pas forcément avec yaoi. Un manga fraichement réédité par Tonkam en 5 volumes. L’histoire semble inachevée mais en creusant ma mémoire je me suis souvenu du dénouement présent dans l’adaptation TV de X.

Comte Cain

Kaori Yuki nous offre une œuvre assez hétérogène. La première partie datant de 1992 propose des histoires adaptées des Contes de ma mère l’Oye, gothiques et macabres à souhait en pleine Londres de l’époque victorienne. Ces courts récits sont très réussis et annonce ce que l’auteur entreprendra avec Ludwig Revolution qui reprendra avec brio les fameux récits des frères Grimm. Malheureusement la seconde partie réalisée dix ans plus tard et intitulée « God Child » délaisse ce principe pour se concentrer sur la lutte entre Cain et l’organisation Delilah. Si l’histoire du jeune comte est tout aussi glauque, elle traîne en longueur, sombre dans le surnaturel et n’offre pas autant d’intérêt que les récits adaptés même si elle exploite d’autres références bibliques et culturelles. Encore une fois, l’effrayante mention « shonen-ai » n’est là que pour mettre en évidence la nature intime de la relation de Cain et son majordome, Riff.

Ludwig Revolution et maintenant Comte Cain (du moins les cinq premiers volumes de la saga) relèvent magistralement le peu d’estime que j’avais pour Kaori Yuki après la lecture d’Angel Sanctuary, œuvre soûlante, insipide et soporifique à souhait (pardon aux fans).

Touch

Sport, adolescence, romance et rivalité : du bon vieux Adachi à première vue. Mais Touch se pare d’une mélancolie qui lui est propre et aborde de sérieuses réflexions sur la relation entre deux frères jumeaux, Tatsuya et Kazeya. Le premier se trouve quelque peu effacé devant l’aura de son petit frère qui lui est en tous points supérieur. Sous ses apparences de gai luron, Tatsuya privilégie le bonheur d’autrui et manque de confiance en soi. Mais se contentera-t-il de rester en coulisse quand l’amour de la belle Minami est en jeu? Touch est un grand classique, certainement l’œuvre la plus aboutie de Mitsuru Adachi. Il y aurait parait-il des éléments d’autobiographie et on sent en effet la volonté de l’auteur à cerner le comportement des protagonistes, étroitement liés aux planches muettes esquissant leur enfance. Ces 26 tomes se dévorent au rythme des matchs de baseball, toujours aussi bien exploités chez l’auteur.

Avec ce dernier tome sorti en février chez Glénat, j’ai à peu près fait le tour de l’œuvre de Mitusuru Adachi mais peut-être faudrait-il que je m’intéresse à quelques travaux secondaires (je pense à Nine, Miyuki, Niji-iro Tohgarashi) avant de rédiger un article focus sur ce mangaka qui me tient décidément à cœur.

Bloody Monday

Un manga qui parle de piratage informatique, de virus biologique, d’organisation extrémiste et bien sûr de l’apocalypse imminente qui menace d’abattre le Japon. J’ai trouvé la trame de qualité assez aléatoire en raison des théories en matière d’informatique qu’on nous lance à la figure par moment pour montrer combien Fujimaru est un crack en la matière et réduit à néant les efforts de l’ennemi grâce à son PC. Au début l’enquête est passionnante et riche en révélations notamment grâce à un penchant manifeste du scénariste pour les trahisons et les comptes à rebours, mais l’intrigue perd paradoxalement en intensité à l’approche du drame. Le jeune héros affiche en outre une arrogance qui nous donne presque envie de soutenir l’ennemi et d’espérer l’échec de ses stratégies élaborées. L’histoire parvient néanmoins à nous tenir en haleine jusqu’au bout et je compte bien lire un jour la seconde saison.

Un manga bien plus récent, que ce soit au niveau du dessin de Kôji Megumi ou des thèmes de Ryûmon Ryô. J’ai été un peu déçu au final car l’insolence du héros a fini par me taper sur le système et le tout a perdu en intensité au fil des tomes. Par contre j’ai bien aimé la voluptueuse agent double, Maya =)

4 réflexions au sujet de « Mangas en vrac (nº1) »

  1. Je n’aurai jamais eu idée de considérer Comte Cain comme shonen-ai O_O C’est jamais que du fanservice comme on en voit dans les 3/4 des shôjo (et même shônen maintenant XD)
    Les mangas de Kaori Yuki en sont bourrés jusqu’à la gueule, mais elle l’assume complètement et je ne crois pas qu’elle se prenne au sérieux à ce niveau là. A ma connaissance, le seul vrai shonen-aï qu’elle ai écrit (doujin exclus) est Boy’s next door et il est à lire :)
    Idem pour Tokyo Babylon et Clamp, même si là j’aurai du mal à te recommander leur Lawful Drug que je trouve vraiment tout pourri ^^ »

  2. En fait j’ai cru que les bases de données se plantaient en étiquetant ces séries « shonen-ai » (je parle de Baka-Updates et MAL). Mais si on va voir la définition du genre : wiki parle de « relations très fortes mais non-sexuelles entre jeunes hommes », dans un sens un peu plus vieux, certes (ces œuvres datent). Comme aujourd’hui le genre implique la plupart du temps une romance véritable, l’étiquette n’aurait plus raison d’être à mon sens.

    Tiens je garde Boy’s next door dans un coin de ma mémoire. Un one-shot qui parle de meurtres, d’homos et de prostitués? Ça a l’air marrant ^^

  3. Tokyo Babylon et Bloody Monday me tentent pas mal. Ca fait beaucoup de série à continuer et à commencer de mon coté. Je suis pas sorti de l’auberge ^^

  4. Je pense qu’on peut dire qu’elles en « contiennent » c’est assez indéniable, mais comme je disais c’est aujourd’hui le cas dans la plupart des shôjos, surtout que l’intrigue ne tourne pas vraiment autour (questionnable pour Tokyo Babylon, mais le manga aurait tout aussi bien fonctionné si Seïshiro avait été une femme, donc bon…)
    Les « vrais » shonen-aï pures et chastes existent encore, malheureusement les éditeurs français préfèrent les yaoi bien gras :(

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s