Note sur Akagi, Kaiji et One Outs

Garanti sans spoiler. Une petite remarque à propos d’Akagi pour commencer (je comptais m’en satisfaire mais je suis parti dans mes délires). A l’instar de Kaiji et One Outs, l’anime appuie ses bases sur le monde des paris. Cependant il ne s’agit pas de bêtes jeux tels que le janken, l’e-card ou le baseball. On joue au mahjong. Et c’est compliqué.

Il ne faut pas se voiler la face : même si l’intérêt de ce genre de série est fondé sur l’ambiance autour d’une table de jeu et la classe du héros qui met à ses pieds de méchants et hargneux yakuzas, ça ne suffit pas. L’essentiel est de comprendre ses stratégies, ce qui fonde sa pensée et ses gestes. Malheureusement, si on ne maîtrise pas les bases du mahjong c’est raté. Pire encore, si je me réfère à l’épisode 13, les explications d’Akagi ne volent pas plus haut qu’un simple « je l’ai pressenti ». Et ça après une phénoménale démonstration du genre : « les deux cercles sont à la base d’une pyramidale et monumentale stratégie par laquelle j’ai tout contrôlé » ou encore « j’ai recueilli toutes les infos dont j’avais besoin pour connaître la manière de réfléchir de l’adversaire en faisant quelques sacrifices et pour mieux le tuer. » Alors que dans les shows sus-mentionnés on pouvait prévoir ce qu’allait faire le héros, contrôler le déroulement du jeu, on est ici condamné à constater passivement qu’Akagi choisit toujours la bonne pièce.

Si Kaiji et One Outs sont épiques (pour peu que l’on connaisse le baseball dans ce dernier), Akagi est une déception car on ne peut décemment pas l’apprécier sans maîtriser les bases du mahjong. Et je doute même que cela suffise.

J’en profite pour dire deux mots sur les deux « successeurs » (ouais j’ai pas résisté même si le billet était sensé s’arrêter là). Le manga Kaiji est du même auteur qu’Akagi : Fukumoto Nobuyuki mais on leur associe souvent la série One Outs. Ces trois séries produites par Madhouse on en effet pas mal de chose en commun à commencer par un chara-design atypique qui ne manque pas d’en rebuter plus d’un et ce fameux univers des paris. Kaiji a été pour moi une grosse sensation, une de ces séries dont on ne parvient pas à décrocher un instant tellement chaque épisode nous tient en haleine et nous pousse à voir la suite. Jamais je n’aurais cru que de simples parties de janken auraient pu dégager une telle ambiance, de telles stratégies et servir de base à un jeu d’une telle envergure. Kaiji ne manque pas d’inventivité et il est surprenant de voir les magouilles  et autre plans tarabiscotés qui s’opèrent autour de simple jeux de hasard qui ne le sont plus vraiment en définitive. La psychologie du héros est aussi un élément exceptionnel du spectacle : tantôt en position de vainqueur, souvent soumis, toujours gourmand et orgueilleux, ses pleurs et autres débordements sont simplement jouissifs.

One Outs est finalement quelque peu à part comme le chara-design diffère quand même beaucoup et qu’il s’intéresse à un sport très prisé au Japon dont je commençais un peu à connaître les règles après avoir gouté à Ookiku Furikabutte, Rookies ou encore l’œuvre d’Adachi. Le show est encore plus jouissif dans la mesure où le héros n’est pas un perdant mais un véritable démon qui l’emporte inexorablement à l’instar d’Akagi. J’étais sceptique quand aux possibilités de dresser une tension telle que celle qui se retrouve dans Kaiji autour du baseball. Et pourtant l’exercice est réussi grâce au double jeu de notre lanceur fétiche. Non seulement les stratégies de Tokuchi servent à son équipe à remporter la victoire mais ce n’est pas son but fixe : le véritable adversaire qu’il affronte en coulisses n’est autre que le propriétaire de son club, un vieux riche qui se fiche du succès de l’équipe mais qui se concentre sur le contrat de Tokuchi. Ils ont en effet signé un contrat One Outs : chaque joueur sorti rapporte cinq millions au lanceur tandis qu’il doit payer dix fois plus à chaque ronde encaissée. Quand on sait que la meilleure moyenne est de 2,7 rondes encaissées pour 27 sortis par match, comment Tokuchi va-t-il s’y prendre pour recevoir un salaire? On observe alors des matchs de baseball qui dépassent notre entendement et contrastent furieusement avec ceux trop lents d’Ookiku Furikabutte…

One Outs et Kaiji proposent un show véritablement épique, on nous sort par moment des trucs tellement gros pour se tirer d’une situation impossible qu’on se retrouve debout à crier « WTF » devant son PC. Dommage que je n’ai pas su autant apprécier Akagi.

13 réflexions au sujet de « Note sur Akagi, Kaiji et One Outs »

  1. Kaiji m’avait littéralement mis en transe : pendant deux jours (où je restais chez moi avec mes cours par correspondance – ha, le bon vieux temps), lorsque ma copine allait bosser le matin et rentrait le soir, elle me trouvait devant mon PC avec mon casque sur les oreilles, poussant des cris de rage contre tel ou tel autre personnage fictif au design étrange. Une vraie perle que je conseille à tous. J’hésitais justement à me mettre à Akagi ou One Outs dans un avenir proche : ton article me fait donc pencher vers le dernier, pour commencer. Vive Kaiji !

  2. Deux jours? C’est à peu près le temps que j’ai du passer à voir la série. Un week-end si mes souvenirs sont bons. Mais c’est sûr qu’on ne décroche pas. Et oui One Outs déchire pas mal une fois les 2 premiers épisodes passés en tout cas.

  3. Si j’ai beaucoup aimé Kaiji et que j’ai assez accroché à Akagi une fois un bonne partie passée (le début est un peu difficile je trouve), j’ai totalement été déçu par One Outs qui m’a d’autant plus dégouté que j’y mettais plein d’espoirs. D’après les 3iers épisodes, je n’ai vu qu’une idée de psychologie de rue où tout semble si facile pour le héros et où le base ball ne fait qu’office de figuration pour instaurer ce personnage. Peut être que je ne suis pas allé assez loin dans la série mais le début m’a vraiment rebuté.

  4. Ah ben non justement : le One Outs qu’il joue dans la rue est absolument pas représentatif de la suite de la série. C’est vraiment une mise en train lourde et peu passionnante en effet. Je dis d’ailleurs plus haut : « une fois les 2 premiers épisodes passés » ou 3 peut-être. Enfin, à partir de moment où Tokuchi s’engage dans un club ça devient bien plus intéressant. C’est plus simplement du « personne n’aura m’a balle ».

  5. Bon bah je regarderai la suite alors, même si j’ai pas l’impression que l’entrée de nouveau facteur va résoudre mon problème sur la manière dont ils regardent la psychologie des personnages, je veux dire par là que le personnage qui lit l’avenir par la psychologie de ces adversaires comme si c’était un livre ouvert, je n’y crois pas une seconde quand on sait le nombre de facteur qui rentre la dedans ne serait-ce que les émotions. J’ai vraiment eu l’impression que cette perception de la psychologie par le héros est fait de manière bien trop simpliste en avançant juste comme argument que celui-ci a un « don », trop bieng mais pas convainquant.

  6. C’est sûr que c’est pas le plus convainquant mais par la suite il ne s’agira pas simplement de psychologie crois-moi. Des calculs, de la magouille, etc.

  7. *Salut, je ne commente que les billets ayant plus d’un an.*

    Alors moi j’avais lâché One Outs à la moitié de la série, ou on va dire que je l’avais plutôt mis en pause pour être plus clément. Je me souviens d’une chose qui m’avait à la fois fait sourire et un peu agacé, c’était le fait qu’il n’y ait que Tokuchi qui ait un cerveau dans l’équipe. Il est sans cesse en train d’expliquer la vie aux autres membres de l’équipe et eux sont toujours en train d’écouter leur sauveur en le regardant avec des étoiles dans les yeux. Malgré ça, ton billet me donne limite envie de m’y remettre car d’un autre côté, les stratégies imaginées par Tokuchi étaient assez jouissives et plutôt inattendues.

    Et pure coïncidence mais j’avais prévu de me mettre à Akagi (et Kaiji) sous peu mais en lisant ton billet je suis du coup un peu moins enthousiaste, ne connaissant absolument rien au mahjong. Akagi dispensable ? Kaiji indispensable ?

  8. En tout cas j’ai toujours pas eu l’idée de regarder la seconde moitié d’Akagi depuis que j’ai pondu ce billet. La série fait partie des rares que j’aie abandonnées à mi-chemin, c’est dire. Comprendre le baseball et le janken ça passe encore mais le mahjong, c’est difficile et l’éclat de génie laisse dès lors de marbre. Pour Kaiji j’ai été heureux d’apprendre qu’une seconde saison va débuter sous peu.

  9. Personnellement j’ai beaucoup aimé Akagi, je connaissais déjà les règles du Mahjong chinois mais les termes techniques japonais m’ont tout de même assez perdue. Je pense cependant que pour ceux qui ne comprennent pas le mahjong, l’intérêt de la série est la psychologie des antagonistes et le personnage d’Akagi qui semble être le mystère principal de la série que tout les personnages secondaires cherchent à saisir. Leur panique et leur non-compréhension totale face à sa stratégie m’ont toujours semblé très amusantes. (Spoiler: Il est d’ailleurs surprenant de constater que c’est un personnage qui a tellement marqué que depuis 2 ans les fans célèbrent l’anniversaire de sa mort dans le manga « Ten » lors d’un évènement créé pour l’occasion, avec une fausse tombe et des invités.) Aussi son côté « il a la classe » et le fait qu’il semble invisible offre un contraste comparé au personnage un peu « looser » de Kaiji.
    Mais il est vrai que le fait que devant certaines explications le spectateur soit forcé de croire à un instinct hors-norme, au destin ou une prémonition est un peu dommage, on n’est plus dans quelquechose de purement stratégique.
    En tout cas si la première partie t’a ennuyé, la partie finale contre le « boss de fin de niveau » se rapproche plus de Kaiji dans sa prise de risque qui met en danger la vie du joueur (eh oui, difficile à imaginer avec du mahjong pourtant). Spoiler: Le dernier match voit aussi une modification importante du jeu du mahjong lui-même, ce qui rend la partie intéréssante et qui l’oblige à repenser sa façon de jouer.

  10. bonsoir,alors,étant en ce moment même à la rechercher d’anime ou de manga du style d’akagi,j’ai atterri ici.pour ma part j’ai bien aimé cet anime et ne connaissant même pas les règle du majong j’ai adoré,ça m’était déjà arrivé sur « hikaru no go » j’y connaissait rien en le débutant et pareil à la fin mais j’en redemandait à la fin e je me suis même mis à m’intéresser au go et au majong.bref pour ceux qui veulent les commencer ainsi que « one out » et « kaiji »,je dirais qu’il ne faut pas s’arrêter aux avis des autres et se lancer puis se faire son propre avis

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