H2 – Formule gagnante

L’ami Adachi

Les shonen sportifs d’Adachi se ressemblent tous à peu près. Pas la peine de soulever ce point et encore moins d’en faire la critique car l’auteur en est pleinement conscient, le souligne parfois de manière narquoise et s’en fiche éperdument. Les personnages ont toujours la même gueule et sortent la plupart du temps du même panier. Il suffit de voir la personnalité du héros qui est toujours strictement la même. Je ne m’étendrai pas là-dessus car je compte très certainement écrire un billet sur Adachi quand j’aurai lu Touch et reçu les premiers volumes de Cross Game.

A ce jour, je n’ai jamais été déçu en lisant un manga signé Mitsuru Adachi. Qu’il s’agisse de Rough, Katsu! ou encore du one-shot Adventure Boys, j’ai toujours apprécié la lecture. H2 ne fait pas exception à la règle, bien au contraire, je crois bien qu’il s’agit du show qui a le plus réussi à me faire vibrer.

Comme d’habitude, Adachi participe au spectacle : il est hilarant quand il intervient dans certaines planches ou profite de nombreux espaces pour faire la promotion de son œuvre. On a ainsi droit à une « expo Adachi « qui sert de rendez-vous aux protagonistes et dont Hiro ressort avec un « ouah Adachi est mon mangaka préféré, ça fait aucun doute » dont on ne doute pas de la sincérité et cela même si l’expo est finalement copieusement dénigrée. Adachi est faussement imbu de lui-même et ça fait bien marrer.

Du baseball assez léger

H2 parle de baseball. Un sport dont je n’ai jamais vu une seule partie en vrai mais que je commence à connaître en ayant vu Ookiku Furikabutte (très technique : 26 épisodes pour 2 matchs, outch !) ou encore Rookies (beaucoup plus sérieux dans le ton même si assez barge par moment, mais très long). J’avais déjà suffisamment de bases pour affronter le pavé que forment les 34 (!) volumes d’H2.

Mais j’ai été surpris. Alors que la plupart des histoires de base-ball décortiquent en détails les principes du jeu ou offrent de loooooongues parties en montrant tous les lancers sur 3 tomes ou 12 épisodes, H2 nous épargne ces ennuis et les 34 volumes s’étendent sur trois années et non pas trois matchs (ouf!). On apprend surtout ce qui se passe avec le panneau d’affichage et le commentaire des spectateurs n’est pas trop lourd mais se contente de souligner l’intérêt des parties. Tout va très vite et parfois seul le résultat est donné, peu importe le déroulement de la rencontre.

L’histoire

Les deux grands H sont Hiro et Hideo. Tous deux faisaient parties de l’épique qui écumaient les tournois de baseball durant le collège. Hiro formait la batterie la plus incisive avec son receveur, Noda, alors qu’Hideo était un batteur hors pair. Mais le destin a décidé de briser les rêves de la batterie en leur infligeant des blessures fatales. Noda et Hiro s’en vont alors dans un lycée dépourvu de club de base-ball afin de résister à la tentation alors qu’Hideo entre dans l’académie Meiwa.

Noda et Hiro ont ainsi rejoint le lycée Senkawa où ils sont surpris de voir l’existence d’un petit club de baseball sans équipe officielle, ils font ainsi connaissance de la très mignonne et maladroite Haruka (héroïne craquante numéro 1 à gauche).

En marge, une romance autour d’Hikari (héroïne craquante numéro 2 à droite), une amie d’enfance d’Hiro qui n’a jamais considéré ce petit garçon à la morve au nez autrement que comme un petit frère. Elle lui a demandé de la présenter au fameux Hideo, bien plus viril. Le jour où il s’avère à la surprise générale que le petit crasseux a bien grandi, il est désormais trop tard pour revenir en arrière…

Combien j’ai bien aimé le show

Les mangas d’Adachi se boivent comme du petit sirop. Il a beau toujours dessiner la même chose, reprendre les mêmes personnages, il varie suffisamment son canevas pour pas m’ennuyer le lecteur. Et le moins que je puisse dire c’est que l’histoire est parvenue sans mal à me tenir en haleine tout au long des 34 volumes. L’avantage d’H2 est de posséder une trame un peu plus fouillée que la norme prônée par Adachi. Au lieu d’avoir une rivalité autour d’une demoiselle, les relations sont ici bien plus compliquées et si rien ne bouge véritablement, on passe un bon moment à suivre la tranche de vie de tous ces adolescents.

Deux grands H pour deux ravissantes H. Bien trouvé le titre ? C’est H2 puissance 2 et comme l’affirme Hideo quand l’auteur entre dans ses trips délirants, on aura peut-être droit plus tard à H22 quand les petits seront devenus pros.

J’aime toujours autant les personnages de l’univers d’Adachi. Un héros d’un naturel exemplaire et guilleret, le papa qui essaye de pervertir les gentilles jeunes filles, des demoiselles qui ne laissent jamais déborder leurs émotions mais qui sourient en toute circonstance. La force de caractère des héroïnes d’Adachi n’est plus à démontrer et dieu sait que j’en raffole. Faut dire aussi que j’accroche beaucoup aux traits des héroïnes. Il y a des méchants, bien évidemment, mais qui sont jamais aussi mauvais bougres qu’ils n’en ont l’air. Et un coach qui sert plutôt de mascotte à casser l’ambiance dans les grands moments…

Un manga qui va bon rythme, les matchs se succèdent vite durant les tournois et sont très bien dosés. Pas de super coup de la mort qui tue, pas de stratégie tarabiscotée : si on maîtrise les bases on prend plaisir à suivre des matchs qui nous promettent de grands moments de tension. Un regret au terme de la lecture ? Aucun, je remarque juste après chaque infiltration dans l’univers d’Adachi que j’en deviens presque dépendant tellement ses travaux sont légers et respirent la joie de vivre.

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8 réflexions sur “H2 – Formule gagnante

  1. Haaa, il faut vraiment que je me mette à lire Adachi, depuis le temps que ses mangas me font de l’oeil. Par quoi je commence : cross game, H2 ,ou autre chose ?

  2. Je te conseillerai de faire comme moi et de commencer par Katsu. Comme le dessin d’Adachi est déjà mûr (il date de 2002) et qu’il compte seulement 16 tomes, c’est peut-être l’entrée en matière idéale. A cela près que le manga parle de boxe cette fois alors qu’Adachi verse plutôt dans le baseball.

  3. Je ne sais pas si ces histoires courtes suffiront à donner une idée de ce que fait Adachi mais pourquoi pas? C’est quand même différent des longs shonen sportifs auxquels il nous habitue. Moins de temps pour s’attacher à l’ambiance, aux personnages, etc.

  4. Merci pour le conseil ^^ Va pour Katsu alors, en espérant toutefois qu’il ne souffrira pas trop de l’inévitable et involontaire comparaison que j’en ferais avec Hajime no Ippo (manga sur la boxe tout simplement énormissime). Si jamais c’est le cas, je passerais à cross game qui n’a que 15 tomes, si l’on en croit l’ami wikipedia.

  5. Oui mais ce dernier est toujours en cours (et il compte 17 volumes au Japon). C’est pour ça que je ne me suis pas encore décidé à le commencer. Après la comparaison avec Ippo je saurais pas dire comme je n’ai pas lu celui-ci (faudrait voir pour) mais ne t’attends pas à quelque chose d’épique. Adachi c’est du léger, sans prétention, bon enfant, tranche de vie et c’est tout =)

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