Mushishi T10 – La fin du voyage

Le voyage entrepris aux côtés de Ginko vient de toucher à sa fin. Yuki Urushibara a décidé de laisser notre mushishi favori poursuivre seul son chemin. Comme prévu, le tome 10 n’apporte pas de fin particulière mais laisse la porte ouverte si l’auteur décide un jour de reprendre le récit.

Ce dernier volume offre quatre nouvelles histoires empreintes de merveilleux. J’ai compris en lisant ce tome que l’inspiration avait ses limites et qu’il valait mieux poser sa plume à un certain moment. Cela ne signifie pas que j’ai trouvé ces quelques récits médiocres, au contraire, j’ai à nouveau été enchanté par l’ambiance unique de Mushishi. Mais tout voyage a une fin.

Les fils de lumière raconte l’histoire d’un petit garçon qui profite d’une énergie débordante et d’une vigueur qu’il n’utilise malheureusement pas à bon escient. Il a également la capacité de voir d’étranges choses dans la nature environnante. Un jour il trouve un kimono fait par sa mère qui resplendit d’une lueur éclatante. Le récit met en évidence les liens très forts qui relie la mère à son nouvel enfant.

Dans L’arbre éternel, un homme absorbe un mushi qui possède la mémoire de l’arbre millénaire et a dès lors des réminiscences dont il ignore l’origine. Il est ensuite pris au piège de l’arbre qui tente de l’enraciner alors qu’il inspectait le tronc. Il se rendra compte que son malheur n’a pas que des mauvais côtés et que le vieil arbre ne nourrit pas de rancune à l’égard des hommes.

Les ténèbres fragrantes s’emparent d’un homme dont la vie recommence à chaque fois qu’il entre dans une grotte, attiré par le parfum des fleurs. Il est alors prisonnier d’une spirale qui voit à son insu son existence recommencer perpétuellement en introduisant chaque fois des éléments qui  ont marqué sa vie, nourrit ses regrets, etc. Une succession de « déjà-vu » qui inquiètent le personnage mais lui procurent un sentiment inexplicable de nostalgie.

Les larmes des grelots vient finalement conclure le périple du lecteur – celui de Ginko se poursuivra – en racontant l’histoire d’une petite fille qui s’est vue assigner le rôle de gardien de la montagne. Elle ne peut malheureusement pas assumer son rôle en restant auprès de sa famille et en cultivant des souvenirs humains. Ginko se trouve face au dilemme : doit-il l’aider à remplir sa tâche afin que l’homme ne soit pas évincé du principe qui régit la nature ou faut-il la délaisser de son fardeau et désigner un successeur avant que la montagne ne périsse?

Il a fallu attendre un an pour avoir droit à ce dernier voyage mais on n’en sort pas déçu. L’auteur a su une nouvelle fois raconter des histoires poignantes et riches en significations. Les ténèbres fragrantes marque son apothéose tellement le récit parvient à nous surprendre en cumulant des petites cases de vie répétées encore et encore avec une voix qui s’étonne et s’interroge… Une ambiance extraordinairement réussie. Mushishi est un univers insondable qui séduit les esprits contemplatifs, un voyage qui propose d’étranges rencontres et un manifeste de la communion de l’homme avec la nature. Une des œuvres les plus marquantes de l’iyashi kei aux côtés de L’Odyssée de Kino et de Yokohama Kaidashi Kikou. On quitte avec regret un monde onirique peuplé de petits êtres mystérieux.

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4 réflexions sur “Mushishi T10 – La fin du voyage

  1. Ca me donnerait presque envie de lire le manga. Si je n’ai jamais succombé, c’est parce que les musiques étaient le point fort de l’anime et que j’avais peur qu’elles manquent dans le manga.

  2. J’avoue que l’adaptation TV (que je viens de voir) est simplement excellente : mise en scène, musique, patte graphique, etc. Mais le manga est artistiquement très bien fait même si l’auteur cherchait bien évidemment son coup de crayon dans les premières planches. Un manga à avoir d’urgence sur sa bibliothèque =) Surtout que l’anime ne couvre que 5 des 10 volumes.

  3. Les ténèbres fragrantes c’est le Endless eight de Mushishi!

    Plus sérieusement, ayé c’est fini, je m’en vais pleurer la fin du seul manga un tantinet poétique qui m’aie jamais touché.
    Merci Yuki Urushibara pour cette magnifique série *____*

  4. J’avais commencé l’anime il y a un moment de ça, et je ne l’ai jamais fini, sûrement parce que j’avais du être coupé dans ma lancée par autre chose. Mais le peu que j’avais vu, m’avait vraiment emballé !
    Mais il va falloir que je m’y remette. Et le manga ne faisant « que » 10 volumes, ça pourrait être une bonne idée. :)

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