Terranigma

Terranigma est un vieux jeu sorti sur SNES en 1996. Curieusement, il était présent sur les rayons en Europe alors que les Ricains n’y ont pas eu droit. Mais peu importe puisqu’à l’époque tout le monde était passé à la Playstation première du nom. Le jeu n’a ainsi pas fait de bruit et pourtant c’est un petit bijou. S’il présente bien sûr quelques défauts, il m’a procuré un plaisir de jeu unique car il se distingue des RPG classiques sur de nombreux points.

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La mystérieuse porte bleue de la mort qui tue et le premier boss qui m’a appris qu’on se réveillait dans son lit en conservant son exp et ses objets après avoir morflé.

Tout d’abord, on a droit à un scénario d’une rare originalité si on le compare à ce qui se faisait sur la vieille console à l’époque. Le héros blondinet s’appelle Ark, il aime bien envoyer des vases sur la tête des habitants du village de Crysta, un endroit féerique avec plein de bulles de partout. Un jour on lui propose de faire une connerie et Ark accepte bien sûr avec grand plaisir. Il détruit la porte scellée que personne ne devait ouvrir sous peine d’apocalypse imminente. Mais voilà, c’est fait et tous les habitants du village sont transformés en statue vivante… Le chef du village qui a bien sûr été épargné lui demande de partir en voyage pour activer cinq tours et rendre au village son aspect original.

C’est donc le début d’une longue aventure qui semble avoir pour but de sauver les siens à la sueur de son front. Mais non en fait ces cinq tours forment un petit entraînement tout ce qu’il y a de plus sympathique pour maîtriser les principes du combat et apprendre les différentes astuces qui reviendront bien sûr durant le périple. C’est aussi l’occasion de régénérer les continents de la Terre qui semble avoir subit un semblant de big crunch qui a fait mal aux fesses. Le héros est donc envoyé sur Terre après cette « Genèse » pour régénérer la planète : la végétation, les animaux, les oiseaux et les zolies p’tites fleurs. Vous êtes Dieu et tuer du boss permet de remplir votre devoir créateur.

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Le héros arrive sur une Terre qui respire la désolation. Mais pas de panique : dès que le second boss du jeu sera mis à mort tout deviendra joli vert.

Le scénario est vraiment bien imaginé : on assiste à une version grossière mais tout ce qu’il y a de plus sympa de l’histoire de l’humanité de sa création à son extinction potentielle. On participe aux plus belles inventions, on fait la rencontre de Christophe Colomb; on finit par s’en aller à vol d’avion sur une Terre qui ne semblait pas avoir dépassé le stade de l’époque préhistorique quelques heures auparavant. Et tout cela sans que le héros ne manifeste une once de sérieux en sortant les pires vulgarités quant on essaye de le pousser dans les orties. Faut pas le chercher Ark sinon il vous fout un coup de lance supersonique à travers la tête et ça fait un peu mal.

Parlons baston. Les combats se déroulent en temps réel à une vitesse fulgurante : on passe l’essentiel du temps à courir, à s’élancer vers l’ennemi… qui est le plus souvent pulvérisé en un seul coup! A force de jouer à des RPG qui nous mettent sous la dent des ennemis présentant un certain nombre de points de vie et une stratégie particulière pour l’abattre, ça fait du bien de déconnecter et de bouffer trois monstres à la seconde. Les donjons ont aussi le mérite de ne pas être trop compliqués dans leur déroulement ni trop longs. Tout est bien dosé pour notre plus grand plaisir.

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Le menu du jeu : fort sympathique mais j’avoue ne jamais avoir utilisé les magicrocks dans la caisse à droite…

J’ai trouvé particulièrement sympa le système d’agencement des objets à l’aide de la boîte que trouve le héros au début du jeu. Un menu sous forme de chambre à plusieurs salles pour changer un peu de la routine. J’ai en revanche pas trop saisi l’intérêt du système de magicrocks. J’en ai peut-être utilisés une fois sur le premier boss du jeu parce qu’il me cassait un peu les orteils des pieds mais je n’en ai jamais eu l’utilité sinon. Mention spéciale pour le bouclier d’Ark : je me suis rendu compte de son existence… durant le combat final contre un boss dont une attaque donnait l’impression que le jeu, facile jusque là, avait l’intention de me laisser à jamais sur le carreau.

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Visuellement, le jeu est correct mais souffre un peu de la comparaison avec les hits de son époque (Tales of Phantasia, Seiken 3)
.

On regrettera juste que Terranigma prenne une tournure trop sombre, mystérieuse et tortueuse vers la fin alors qu’on s’attache beaucoup à l’ambiance magique du début et la personnalité saugrenue du héros. Plus j’avançais dans l’histoire et moins j’étais motivé car j’avais tendance à tourner en rond sans savoir quoi faire par moments. Qu’importe, Terranigma mise à fond sur le plaisir de jeu et nous offre une version poétique et remaniée de l’histoire de l’humanité. Un des RPG de la SNES à faire encore de nos jours.

7 réflexions au sujet de « Terranigma »

  1. (Il est vivant ! :D)

    Tiens, justement c’est la tournure bien plus sombre qu’avais fini par prendre Terranigma que j’avais bien apprécié. Et la fin m’avait bien marquée, bien qu’un peu déprimante.

  2. Je plussoie complètement ta petite critique de Secret of Mana, on parle de ce jeu comme d’une légende du RPG, et pourtant il ne m’a pas du tout transcendé, la progression est qui plus est redondante à souhait. J’aurai surtout retenu du jeu ses contrastes aveuglants et ses musiques stridentes.

    J’ai beaucoup entendu parler de Terranigma, un jour faudra vraiment que je m’y mette -_-

  3. Ah la trilogie Quintet.
    Personellement je préfère tout de même Time/Gaia à Terranigma pour l’ambiance globale qui se dégageait du jeu (l’ost, le fait de visiter les civilisation terrienes les plus connues)

    Après il reste toujours quelques décors vides que l’on pourrait reproduire facilement sous RPG Maker de nos jours, mais on pardonnera vu la qualité globale.

  4. Il faudrait que je tente de jouer à Illusion of Time même si le jeu me semble un peu trop vieillot et gentillet. Le plaisir de jeu doit être le même je suppose.

  5. Techniquement et au niveau de l’ambiance, Illusion of Time m’a l’air d’être très proche de Terranigma (mais je n’ai pas vraiment de point de comparaison étant donné que j’ai à peine commencé ce dernier). Le plus léger des deux, ça serait même plutôt Terranigma au début du jeu, l’intrigue tortueuse étant aussi très présente dans Illusion of Time.

    Et il ne faut pas oublier le premier de la trilogie, Soul Blazer, qui propose une progression intéressante même s’il est très limité techniquement. L’intrigue partage quelques points communs avec celle de Terranigma d’ailleurs, même si elle est aussi beaucoup plus basique.

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