Sous un rayon de soleil

Sara est une petite fille qui aide son père à tenir une boutique de fleurs ambulante dont l’enseigne s’intitule « Sous un rayon de soleil ». Tous deux nourrissent un amour profond pour les végétaux qu’ils considèrent presque comme des humains. Ainsi les fleurs s’épanouiraient selon les émotions des hommes qui leur parlent ou réagiraient à leurs marques d’affection. La nature partagerait donc un lien indestructible avec l’homme. Sara en est d’autant plus convaincue qu’elle est capable de ressentir les émotions des fleurs et de leur parler. Un jour elle fait la rencontre de Tatsuya, un jeune garçon qui s’est fait un devoir de scier un cerisier afin de venger sa petite sœur handicapée. Aux côtés de Sara, il apprendra à apprécier une nature dont les défauts sont finalement le reflet d’une profonde bonté à l’égard des hommes…

Un jour, lors d’une promenade, je me suis arrêté pour regarder un arbre dont les milliers de fleurs blanches resplendissaient sous le soleil de ce début d’été. Ce spectacle réveilla en moi le souvenir lointain d’autres arbres devant lesquels je passais jadis en me rendant au collège. Je ne pris jamais le temps de les observer. C’est pour tous ceux qui comme moi dans leur jeunesse, ont oublié de s’émerveiller devant le spectacle magnifique de la nature que j’ai écrit et dessiné cette histoire.

Tsukasa Hojo

Tsukasa Hojo nous offre trois volumes d’un genre auquel il ne nous a pas habitué. Pas d’enquête policière ni de chasseurs de prime, juste une petite fille mystérieuse, ses pouvoirs paranormaux et quelques petites historiettes dans la nouvelle ville où elle monte son magasin de fleurs avec son père. A noter qu’un premier chapitre introduisant Sara figurait dans « Le Temps des Cerisiers » un one-shot paru la même année. Une lecture indispensable pour mieux apprécier « Sous un rayon de soleil » car des éléments sont repris dans le second volume.

On s’attache très vite à la petite Sara, à la fois adulte et mystérieuse. Malgré son apparence trompeuse de petite fille, elle est dans la lignée des héroïnes d’Hojo avec des traits qui rappelleront par moment la gentillesse incarnée de Kaori ou la malice de Shion. Le père est un clone d’Umibozu, l’éléphant de « City Hunter » : même carrure, mêmes lunettes, même tendance à faire fuir les clients tout en étant bien plus sensible qu’il ne paraît. Cette petite famille vit dans un grand camion qui comprend un magasin de fleurs. Cette mise en train de l’intrigue est on ne peut plus curieuse : pourquoi parcourent-ils les routes ? Quels secrets cache la petite fille ? D’où lui vient cette aptitude à communiquer avec les plantes ?

Les trois volumes datent de 1993 et le trait de Tsukasa Hojo était déjà bien affûté. Si le design est dans la parfaite continuité avec tout ce qu’il implique de soin et d’expressivité, « Sous un rayon de soleil » présente en outre un tableau plus rustique qu’à l’accoutumée. On sait désormais qu’Hojo excelle dans l’art de représenter la nature et ses végétaux, de leur donner vie et de les mettre en harmonie avec l’homme. L’ennui c’est que l’auteur pousse un peu trop loin l’apologie de la nature. Sara affirme qu’il ne faut pas casser une branche d’un cerisier, qu’il faut parler aux fleurs avec douceur et bien s’en occuper. Elle va jusqu’à montrer que les émotions de l’homme et de la nature sont réciproques, que les deux êtres se reflètent tels des miroirs et que les végétaux évoluent pour le salut de l’homme et que même les ronces et les épines ont une raison d’être.

Cette exagération accentuée rend le récit un peu trop mièvre alors que l’ambiance est bonne et l’humour léger. On sent que l’auteur aborde une thématique qui lui est chère mais succombe à la tentation en lui donnant une touche fantastique pour amplifier le merveilleux qu’il prête à la nature. C’est dommage car ces histoires simples touchent juste et montrent qu’il était possible d’aborder la thématique sans recourir au surnaturel. « Sous un rayon de soleil » n’en reste pas moins une très belle histoire qui saura réveiller l’amour pour la nature qui sommeille en chacun.

4 réflexions au sujet de « Sous un rayon de soleil »

  1. Mince, tout le début de l’article m’a donné envie de lire ce manga mais la fin m’a un peu calmé : j’ai peur de ne pas supporter le côté « faut pas faire bobo aux plantes, les fleurs veulent le bien de l’homme ». J’ai jetté tout forme d’anthropocentrisme à la poubelle en même temps que mes anciennes convictions religieuses quand j’étais au collège. Du coup, je m’énerve à chaque fois que des faux écolos nous disent qu’on est en train de tuer la planète (ce qui est faux, on ne détruit qu’un certain éco-système qui est nécessaire à notre survie : l’écologie n’est pas une question d’altruisme envers la nature mais de conservation de nos propres moyens d’existence à nous les hommes ; la planète peut très bien supporter une ère glacière, pas nous) et je ne pense pas être en accord avec la théorie des gentilles plantes : les plantes se foutent totalement de nos gueules et elles ont bien raison. Par contre elles peuvent réellement nous toucher (sans que cela provienne d’une quelconque volonté de leur part)comme le décrit Hojo dans sa citation qui me parle énormément (j’ai moi-même, comme tout le monde je pense, beaucoup de souvenirs liés à des coins de verdure et aux plantes que l’on y trouve, à leur odeur et à l’ambiance qu’elles contribuent à créer). Dans ce sens, ça pourrait quand même me plaire. Halala, comment je parle trop de ma vie dans ce commentaire. Allez, je vais taper la causette avec mon orchidée ^^

  2. Le message « nostalgie du passé à travers les éléments de la nature » passe plutôt bien en effet. Mais je trouve aussi qu’Hojo a voulu faire une œuvre un poil trop écolo qui sombre dans des élucubrations qui font penser à celles d’Arjuna par moment. Par moment j’étais agacé car ça allait trop dans le sens « il faut aimer les plantes » ou encore « il faut arroser les fleurs » comme si sa vie en dépendait. Il y a aussi le sempiternel manifeste contre les entreprises qui s’en vont terrasser les jolies forêts pour construire un terrain de golf…
    Et pis moi je vis à la campagne alors j’ai du mal à saisir l’importance que les citadins peuvent donner à tous les cerisiers du coin de la rue même si ça fout toujours un choc et un vide quand l’état décide d’en couper un…

  3. Ca me fait penser que je n’ai toujours pas terminé de le lire :(

    J’avais moins accroché que ses autres oeuvres mais il y avait quelque chose de touchant (pour le peu dont je me souviens).

  4. Hello

    Je trouve ton article sur cette oeuvre de Hojo Tsukasa très bien fait, ça me donne envie de le lire après me l’avoir fait découvrir, merci ! ^^

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