Nodame Cantabile – Gyabo !

Nodame Cantabile est à l’origine un josei de Ninomiya Tomoko. 23 volumes sont parus au Japon (4 chez Pika) et la fin semble proche. Je n’ai jamais tenté la lecture alors on va s’intéresser aux séries TV adaptées du manga.

nodame_cantabile

Noda Megumi (alias Nodame) est une jeune pianiste naturelle et turbulente, paresseuse et goinfre. Chiaki Shinichi est un prodige : il excelle tant au piano qu’au violon mais désire embrasser une carrière de chef d’orchestre. Il aimerait rejoindre un grand maître en Europe mais une phobie assez extraordinaire de l’avion et de la mer l’en empêche. Il se contente donc de travailler son piano dans un conservatoire de Tokyo sous la férule du professeur Etoh. Comme le type enseigne avec son harisen à la main, toujours prêt à frapper à la moindre erreur, Chiaki le renie et doit partager la leçon avec Megumi. Le jeune homme se laisse très vite séduire par la magie de son jeu au piano même si ses talents techniques sont très limités. Voisins de palier, Chiaki va devoir lui faire sa popote bénévolement tous les soirs et Megumi est persuadée qu’ils sont destinés l’un à l’autre…

Nodame Cantabile
Relation sado-masochiste? Violence domestique?

De la musique avant toute chose

Je ne distingue pas un Mozart d’un Chopin, un hautbois d’une clarinette et je sais même pas lire les notes sur une portée. Cela ne m’empêche pas d’aimer la musique. S’il est inutile d’avoir des notions pour regarder Nodame, il est conseillé d’apprécier la musique classique dans la mesure où récitals de piano et orchestres symphoniques forment l’essentiel de la série. J’ai facilement été transporté par la musique de Nodame malgré ma profonde ignorance en la matière.

Nodame Cantabile

La réalisation n’échappe pas aux clichés du genre. L’héroïne se trouve parfois soudainement transportée en plein milieu d’une forêt pour représenter les sensations que lui procure la musique ou comme ici entourée d’une farandole. Plus grave, des fleurs viennent décorer l’écran de manière totalement inopportune, tel un manifeste exagéré de la floraison musicale. Pire encore, le public ne connaît pas une des règles élémentaires de politesse : réserver ses remarques pour la fin. C’est scandaleux de voir les spectateurs – les experts qui plus est – discuter durant un récital de musique classique. Des plans pour montrer combien ils chialent, passe encore, mais pas des analyses tarabiscotées à voix haute. J’ai aussi peu goûté à la manière trop statique dont Chiaki est représenté quand il dirige. Ce qui impressionne chez le chef d’orchestre, c’est sa verve, ses gestes effrénés. Ici on multiplie les plans fixes. Heureusement, le mouvement des doigts sur le piano rattrape le coche.

nodameDes positions un peu fixes mais très réalistes.

Une grande famille

Beaucoup de personnages croisent la route de nos héros. Les trois premiers épisodes donnent l’impression que la série observera le quatuor qu’ils forment avec Masumi et Ryutaro. C’est bien heureusement pas le cas : si tous deux se paient le luxe d’avoir un épisode pour se présenter, leur présence est peu marquée en définitive. J’avoue ne pas avoir accroché à ces deux personnages : ils possèdent un look agaçant et Masumi est difficile à cerner avec ses manières de tapette efféminée. Car il faut préciser que Chiaki a bien du succès auprès des étudiants gays de son orchestre même si la chose est traitée avec humour.

Nodame Cantabile
Mange toi ça! Chiaki engraisse Nodame avant de la bouffer.

Chiaki a l’opportunité de faire ses débuts devant la scène grâce à Stresemann, un maestro totalement atypique, pervers et imprévisible. Ce bouffon ne désire en fait qu’échapper au joug d’une manager démoniaque qui passe son temps à manger du bœuf séché pour draguer les petites japonaises. S’il semble dépourvu de tout sérieux d’un premier abord, sa façon de rassurer les musiciens et son amour pour la musique en font un chef d’orchestre d’envergure.

Un couple très glamour :

Nodame Cantabile Chiaki et Megumi. Le premier est de loin le plus responsable même s’il s’avère souvent quelque peu arrogant. Il sait où il veut aller mais ne peut rejoindre son maître en raison d’un vieux traumatisme. Quand Stresemann arrive dans le conservatoire, il est un peu en train de faire du sur place. S’il a tendance à énerver dans son rôle de jeune homme parfait sachant faire le ménage et la cuisine, on s’attache beaucoup au personnage. Peut-être grâce à sa patience quand il s’agit de supporter son entourage et aux changements que la rencontre avec Megumi va engendrer sur sa manière d’être.

Nodame Cantabile, c’est surtout la pétillante Megumi. Les cheveux en bataille, souvent habillée de manière désuète, toujours avec ses petites mimiques, je suis tombé raide dingue de la jeune fille. Et surtout, elle est doublée par la grande Kawasumi Ayako qui a notamment prêté sa voix à Kanako (Genshiken), Aoi (Bleu Indigo), Fuu (Samurai Champloo) et Saber (Fate). Avec Megumi, elle réalise une performance de premier plan : j’ai été séduit par sa voix, son rythme, son intonation, sa manière de scander les mots et de varier les tons, du plus burlesque ou plus amer. Ses onomatopées sont simplement irrésistibles : les « gyabo » et « mukya » pullulent sans avoir de valeur fixe.

Nodame CantabileMukya…

Un soupçon de romance

Je me demande encore pourquoi j’ai dévoré les deux saisons de Nodame Cantabile. Peut-être l’effet de la romance sous-jacente, peut-être suis-je quelque part un peu fleur bleue moi aussi ? J’avais envie de voir comment la relation entre Megumi et Chiaki évoluerait. Vous conviendrez qu’elle n’est pas banale : dès le départ, Megumi a un semblant de coup de foudre pour le jeune homme. Cela semble burlesque dans la mesure où son comportement est inédit : elle se déclare à Chiaki sans jamais se décourager devant son indifférence, lui colle sans arrêt aux baskets et squatte chez lui pour la popote. Elle s’affiche sans gêne avec celui qu’elle appelle « son fiancé » ou dont elle joue la parfaite mariée.

Nodame Cantabile
Bisou volé

Vous l’avez compris : il n’y a pas de prises de tête romantique dans Nodame Cantabile ou si peu. Certains couples se forment sans que rien ne le laisse supposer et on sait d’emblée à quoi s’attendre avec nos héros. N’empêche que la manière totalement décalée dont Megumi essaie de séduire Chiaki ne manque pas de surprendre et rompt avec tous les clichés romantiques.

Paris

On ne retrouve plus que Nodame et Chiaki au lever du rideau. Ce n’est pas un mal notez : ce sont les seuls qui se démarquent dans le casting. Ils rencontrent de nouveaux camarades : une russe qui se balade en maillot, un français otaku et une célèbre pianiste chinoise. Megumi améliore sa technique au conservatoire tandis que Chiaki débute en tant que professionnel. C’est aussi l’occasion de faire évoluer un peu la relation entre nos deux héros pour désambiguïser un peu. Sans pour autant verser dans le mélo et j’aime ça.

Nodame Cantabile Paris
Shana VS bikini taille E

Une seconde saison dans la parfaite continuité de la précédente : tranquille, bon enfant et musicale, mais aussi un peu française cette fois. Évidemment, Paris c’est l’occasion d’apprendre la vieille langue pour nos héros et le premier épisode propose des malentendus assez marrants en ce sens. Heureusement, le filon est vite abandonné car la prononciation est traumatisante à souhait. Mention spéciale pour l’ending qui m’a carrément hypnotisé.

Ces animes qui parlent de musique

A ce jour, Nodame est la série musicale qui m’a le plus marqué. A des lieues devant La Corda d’Oro, une série un poil trop mélodramatique à mon goût et qui ressemble à s’y méprendre à un harem. Les leçons sur la musique y sont diablement éculées et rappellent celles d’un certain Piano Forest. On retrouve  lors du concours qui clôture ce dernier la façon dont Megumi est transportée dans une forêt alors qu’elle joue du piano dans sa chambre.

nodameCantabile1_2

J’hésite à m’attaquer au support original de Nodame Cantabile. J’ai du mal à m’imaginer lire un jour une œuvre  incapable de transcrire la manière dont Megumi est interprétée, sa frénésie au piano et la puissance d’un orchestre. D’autant plus que l’adaptation aura droit à une véritable fin avec sa troisième saison prévue cet hiver. J’en frissonne d’avance.

10 réflexions au sujet de « Nodame Cantabile – Gyabo ! »

  1. C’est très vrais que Nodame Cantabile est une série qui se dévore très vite … je crois que la recette c’est une histoire plutôt simple sans trop de prise de tête, un ton très léger et amusant, de la bonne musique pour ravir tout les mélomanes enfuis en nous et ptet surtout ce couple de toute les oppositions Megumi-Chiaki qui épice sacrément bien la chose.

  2. Moi qui ne voulait pas la voir, je crois que je vais réviser mon jugement. Comme si j’avais pas assez de séries à mater ^^

  3. Et moi qui me retenais de regarder cet anime en fansub, attendant une éventuelle licence (on a bien le manga, on peut toujours espérer !), tu vas vraiment finir par me faire craquer ! ^^
    Le manga me tente bien, mais comme toi je me demande bien ce que ça peut donner sans le son.
    En tout cas, je te conseille vivement le drama, il est vraiment super. Les personnages de Nodame et Chiaki sont tellement excellents en chair et en os que je me demande si la version animée peut être aussi bien, même si elle est forcément plus proche de l’oeuvre originale ^^.

  4. Je n’aime malheureusement pas du tout les dramas. J’ai quand-même vu un extrait mais je trouve Nodame bien plus moe en anime. 2D is superior :p

  5. pour ma part j’ai vu la premiere saison en anime puis j’ai enchainé avec la premiere et deuxieme saison en drama… j’avais un a priori aussi, n’etant pas fan de drama a la base, mais perso j’ai bien aimé, il y a quelques effets speciaux + le jeu des deux acteurs principaux qui sont excellents, surtout le mec qui joue chiaki, je trouve qu’il rend bien le perso!

    ensuite j’ai voulu mater la saison 2 en anime… et j’ai pas du tout aimé, l’accent a deux balles des francais… la realisation exécrable souvent … elle valait pas la saison 1 selon moi…

  6. Hé ben du coup moi j’hésite entre le drama et l’anime.
    Par contre je partage l’avis de tout le monde quand il s’agit de dire que le manga peut difficilement retranscrire les émotions de l’anime, c’est également le problème avec Beck par exemple.

  7. En ce qui concerne Beck, c’est plutôt l’inverse pour moi : l’auteur parvient avec classe à faire ressentir les émotions et la musique lors d’un concert et les scènes te donnent un tel frisson de par la manière dont elles sont représentées que la musique et le son en deviennent inutiles. Et le manga est bien plus complet que l’anime.

  8. L’anime ne doit couvrir qu’une infime partit du manga il me semble. En fait je n’ai jamais tester le manga en partant du principe qu’un support papier pour retranscrire un univers musicale, pas évident. Mais pourquoi pas tester du coup. Mais bon, vu le nombre de volume….

  9. J’avais tout d’abord regardé le drama, que j’avais adoré. J’ai ensuite regardé l’anime, que j’ai encore plus adoré xD

    Je ne lirais sans doute pas le manga, en tout cas pas tout de suite, ayant vu quelques planches, je sais que je n’entrerais pas aussi facilement dans le livre, comme je suis entré dans le drama et l’anime. Mais au vu des quelques planches que j’a lue par ci par là, le support original est très bon lui aussi. Même si « lire » la musique au lieu de l’entendre n’a probablement pas le même effet ^^ »

    Excellent article en tout cas ! =D

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