Cat Street

Keito Aoyama a seize ans et ne sort plus de chez elle depuis bientôt sept ans. Elle a subi une expérience assez traumatisante durant son enfance alors qu’elle était destinée à devenir une grande star de la scène. Trahie par une amie, elle s’est plongée dans un mutisme durant toute une représentation. Elle est depuis restée enfermée dans sa chambre et n’est plus retournée à l’école pour ne pas subir les brimades des camarades.

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Sept ans plus tard, alors que sa relation avec sa famille est des plus épineuse et qu’elle n’a plus aucune motivation dans sa vie, Keito rencontre un homme assez louche dans un bar qui l’invite à la suivre dans un endroit qui redonnera un sens à sa vie. El Liston est une école libre pour les jeunes qui ne trouvent pas leur place ailleurs, pour ceux que la société considère comme des « chats égarés », une Thélème moderne en quelque sorte. Keito y fera la connaissance de quatre camarades : Rei, Momiji et Kouichi. Ce nouvel entourage lui permettra-t-il de rompre avec les démons de son passé ?

Critique

cat streetCat Street est un manga en 8 volumes de Youko Kamio, à qui l’on doit entre autres le fameux Hana yori Dango. Il s’agit d’un shojo assez récent étant donné qu’il parut entre août 2004 et octobre 2007 dans le magazine Betsuma. Cat Street n’a en revanche été publié ni en français, ni en anglais à l’heure actuelle. Il a été l’objet d’une adaptation en série live de six épisodes transmis sur NHK.

Généralement réfractaire du genre, Cat Street est pour moi un petit coup de cœur. Il présente dès les premières planches une histoire poignante en livrant le passé de Keito, l’incident qu’elle a vécu sur la scène et ses conséquences sur son enfance. La jeune fille ne sort plus de sa chambre, se fait apporter son repas et n’échange presque plus un mot avec sa famille. Au sortir d’un flash-back qui laisse attendre un récit assez sombre, on retrouve Keito dans un bar, assise à côté d’un type qui semble l’hypnotiser. Elle suit cet homme assez mystérieux (cheveux en bataille, mal rasé, regard étrange) qui l’amène dans un endroit spécial : il s’agit d’une école libre, un foyer où les élèves font un peu ce qu’ils veulent en attendant de rebondir, de trouver un nouvel élan.

cat street

Lors de ses premiers contacts, Keito réagit souvent comme une gamine et c’est édifiant : elle a un retard de sept années sur les autres. Elle ne se prend pas la peine de brider ses accès de colère et déballe une insouciance et une ignorance manifeste de tous les principes de savoir-vivre. C’est une vision  très réaliste des conséquences de la vie des reclus qui est posée. On est à des lieues des extravagances d’un manga tel que NHK : Keito n’est pas une otaku mais une sorte d’hikikomori bien plus banale et représentative. Un vrai point de départ motive sa décision de rester cloîtrée dans sa chambre et le manga met bien en exergue les effets de cette expérience sur le développement de sa personnalité en freinant son épanouissement. On observe comment elle parvient à se sortir de cette situation inconfortable qui met en péril son avenir.

cat street (keito)Cat Street est un récit très bien mené, sans rupture de rythme et qui ne m’aura pas déçu du début à la fin. L’histoire est parfaitement posée, les rencontres vont bon train et chaque expérience permet à Keito de grandir et de combler son déficit. Ses camarades possèdent chacun une psychologie assez bien conçue. Rei est un passionné de foot qui a cessé toute activité car ses coéquipiers ne voulaient plus de lui à cause de son tempérament. Momiji est une gothic-lolita quelque peu rejetée en raison de son look qui cherche à créer une robe qu’elle portera pour se déclarer à celui qu’elle aime d’un amour secret. Finalement Kouichi est un expert en programmation, une sorte de geek qui reste toujours scotché devant son ordi mais surtout un véritable génie. J’ai bien aimé la petite sœur de Keito, au début bien distante, voire méprisante à l’égard d’une aînée qui s’avère un véritable boulet, qui a passablement nourri les querelles entre ses parents et dont la réputation lui vaut d’être maltraitée à l’école. Une belle famille pour des instants d’émotion, d’humour et surtout de tranche de vie, afin de montrer une fois encore combien la vie en société permet à chacun de s’épanouir. Il faut évidemment compter sur un minimum de romance comme dans la plupart des shojos mais elle est ici bien secondaire tellement on s’attache au message de l’œuvre. Et surtout : pas de ridicule, pas de couple prévisible, une romance sans exagération sur les mots doux et tout en subtilités. Tout est strictement naturel dans ce shojo.

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Un mot concernant le dessin finalement. N’attendez pas quelque chose de spécial à ce niveau car Cat Street est un pur shojo avec ses personnages aux grands yeux, ses hommes efféminés, et un background assez synthétique avec une pléiade de fleurs et d’effet spéciaux en lieu et place de décors réalistes. Si l’auteur a un crayon léger et un style assez frais, elle a surtout le mérite de varier l’agencement des palettes pour nous offrir une lecture fluide et aérée. Cat Street est donc un shojo court, sans temps mort, très bien ficelé et qui présente de belles réflexions sur la vie et l’amitié. Un manga très réussi dont j’espère une parution dans nos contrées.

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7 réflexions sur “Cat Street

  1. Je ne lis habituellement pas de scantrad mais c’est très tentant tout ce que tu nous racontes ! Si Glénat avait la bonne idée de nous sortir ça, maintenant que Hana Yori Dango est enfin terminé ! En tout cas, même si ça reste simple, la mangaka a l’air de s’être améliorée niveau dessin.
    J’avais entendu un peu parlé du drama mais pas en détail de l’oeuvre originale, merci pour ce bel article !
    (et je pinaille, mais le nom de l’auteur, c’est Kamio ^^)

  2. Ahah oui bien vu j’ai planté sur ce coup. Je corrige. Je sais pas pourquoi le manga n’est pas encore licencié. Peut-être les éditeurs sont-ils moins attirés par les œuvres courtes ??

  3. C’est vrai que si la période de publication est plus courte ça donne peut-être moins de chance de faire connaître l’oeuvre, mais d’un autre côté c’est peut-être pas mal de savoir à l’avance que le nombre de tomes est réduit et de pouvoir évaluer ses coûts. Enfin, je ne fais que supposer, j’y connais rien !^^
    Mais c’est clair que pour Cat Street, vu la notoriété de Hana Yori Dango, y’a un truc à faire, comme l’a fait Delcourt pour les auteurs de Nana ou de Fruits Basket.
    Wait and see! ^^

  4. Ca donne envie tout ca. :)
    J’espere que ca sortira un jour en France. Peut-etre que c’est possible maintenant que Hana Yori Dango est effectivement enfin fini chez Glenat.

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