Kimi Wa Pet

Sumiré Iwaya est une journaliste qui sort d’une grande université américaine et fait étalage de toutes ses qualités de rédactrice et de son assiduité. Malheureusement, elle est quelque peu asociale et ne parvient qu’à provoquer la jalousie de son entourage qui la raille dans son dos. Elle est considérée comme arrogante, égocentrique et se trouve un jour mutée à la rubrique culturelle.

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En amour, ce n’est pas la joie non plus, son copain l’a quittée car il la trouvait trop classe pour lui et Sumiré recherche désormais en vain un homme plus grand, plus âgé, socialement distingué : il ne serait pas complexé à côté d’elle mais ferait son bonheur. Un jour, elle trouve un jeune homme visiblement démuni dans un carton devant son appartement et décide de l’héberger. Elle décide de l’adopter en tant qu’animal de compagnie qui soulagera les états d’âme de sa maîtresse et sera nourri et logé en contrepartie. Il est ravi et elle lui donne le nom de son regretté petit chien : Momo.

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Kimi Wa Pet est un josei qui m’a totalement réconcilié avec le genre et propose un superbe mélange de comédie, de romance et de tranche de vie. L’œuvre de Yayoi Ogawa présente une esthétique qui frappe dès la première page avec des personnages aux traits assez étranges mais auxquels on s’attache très vite. J’ai accroché au style de l’auteur, il semble dur et grossier mais dégage une fraîcheur et une originalité certaine. Les planches présentent peu de détails mais sont très bien agencées et les tomes sont longs à lire car on a droit à beaucoup de textes, ce qui est normal dans ce genre d’histoire.

kimi wa pet (4)L’intrigue est originale sans quitter les sentiers battus du triangle amoureux. La romance est tout ce qu’il y’a de plus banale, cohérente et finement analysée. On se focalise sur une femme, Sumiré, et on observe l’évolution de son comportement et de ses états d’âme en compagnie de son petit chien Momo. L’intrigue peut rappeler Hataraki Man : l’entrée dans l’univers du journalisme et tout ce qui l’entoure avec une héroïne qui vit à fond sa passion au détriment de ses relations et qui est souvent la cible des brimades de ses collègues. La vie n’est pas facile pour Sumiré : à bientôt 29 ans, elle risque de finir vieille fille…

Momo a des vertus thérapeutiques : quand Sumiré rentre chez elle, il l’accueille cordialement, elle lit un journal sur son canapé en lui caressant les cheveux, elle lui donne à manger, elle le taquine, elle lui fait un shampooing, elle joue au dernier Silent Hill avec lui, il lui enregistre les derniers matchs de catch, etc. Car oui vous l’aurez compris : elle exploite honteusement un jeune homme de 21 ans sans refuge et sans le sou à son domicile. Les règles sont fixées : Momo est le chien, Sumiré est la maîtresse et leur relation n’ira pas plus loin. Une drôle de situation vous conviendrez et pourtant diablement réaliste. Au contact de l’autre, chacun évolue. Petit à petit, ils se rendent compte qu’ils deviennent dépendants l’un de l’autre même si Sumiré a un fiancé et  Momo se complait dans son rôle de toutou.

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Ce n’est pas un manga qui vous surprendra par sa fin, logique et prévisible en somme, mais par le ton utilisé et l’humour véhiculé. Le récit cumule les situations loufoques, les faits abracadabrants pour montrer les déboires de Sumiré, ses maladresses quotidiennes et ses multiples ennuis dans ses relations avec ses fiancés. Momo est un pur bouffon qui divertit bien sa maîtresse et sait tout de suite changer son humeur. Bref, l’auteur possède un sens de l’humour qui touche juste et ça m’a surpris, c’est la qualité essentielle du manga alors que le sujet abordé est assez adulte dans le fond. Le récit est très bien ficelé mais l’auteur semble avoir voulu innover dans le dernier tome en cumulant des petites rêveries et historiettes sans fil qu’il appartient au lecteur d’interpréter.

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On suit le quotidien de Sumiré à son travail, réglé comme une horloge. C’est une représentation très réaliste de la vie de tous les jours, du stress cumulé et de l’importance toujours plus croissante d’avoir un moyen, d’avoir quelqu’un à ses côtés, la personne idéale, afin de décompresser et de trouver ces instants magiques où l’on est à nouveau soi-même. Kimi Wa Pet réussit admirablement dans ce sens en posant la relation entre Momo et sa maîtresse. Un manga qui propose une belle palette de personnages, qui aborde un grand nombre de thématiques et réflexions toutes aussi intéressantes et bien esquissées : les souvenirs d’enfance, l’amitié, la vie de couple, la recherche de l’âme sœur, le travail et les collègues, la réussite sociale, la femme qui s’émancipe, la famille, la détente, etc. Inutile de tout énumérer : Kimi Wa Pet est simplement une tranche de vie énormément riche et qui touche juste. Un vrai bonheur.

9 réflexions sur “Kimi Wa Pet

  1. Merci pour le compliment ; ) Et oui, ce manga a sans aucun mal sa place parmi mes favoris. J’aime beaucoup mieux ce style que celui d’Ai Yazawa auquel j’accroche pas du tout.

  2. Une chef d’oeuvre, c’est le mot juste :) J’ai eu de la chance de pouvoir lire ce manga d’une traite, sans devoir attendre 3 mois entre chaque tome (j’aurai jamais tenu sinon ^^)

  3. Article très convaincant … Kimi Wa Pet sera donc mon premier Joseï … j’ai cependant quelques craintes: « arriverais-je à apprécier momo le toutou? »

  4. Moi j’ai vu le drama, et j’ai…adoré.
    (Matsumoto Jun est un de mes acteurs de jdrama préféré, ceci explique cela? XD)
    Le manga me rebute par son graphisme je dois avouer, mais bon, un jour je m’y mettrai je pense^^

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