Voyage en gondole à travers Neo-Venezia

Nous sommes en 2301 et la planète Mars vient d’être terraformée. Comme les glaciers ont fondu énormément durant le processus, 90% de la planète est recouverte d’eau. On l’appelle ainsi « Aqua ». Sur cette planète, une cité touristique construite sur le modèle de la vieille Venise : « Neo-Venezia ». Akari est venue depuis Man Home (la Terre) pour suivre l’apprentissage d’Ondine, celle qui guide les visiteurs en gondole à travers les ruelles d’eau de la cité. Le temps passe et Aqua prend une place toujours plus importante dans le cœur de la jeune fille.

neo-venice

Comment convaincre le spectateur de tenter l’aventure intitulée Aria? C’est la question que je me pose en abordant l’écriture de ce billet et autant dire que les réponses ne fourmillent pas. Série adaptée du manga éponyme d’Amano Kozue, Aria peut s’avérer l’expérience la plus endormante offerte par l’animation japonaise. Tout est purement contemplatif et tranche de vie : on suit l’apprentissage d’Akari et les aventures qu’elle vit avec ses deux amies, Aika et Alice ainsi que leurs trois formatrices sur la planète futuriste Aqua. Comme son nom l’indique, Neo-Venezia est la nouvelle Venise crée sur une planète artificielle (originellement Mars), une ville qui doit rappeler la grandeur et le mysticisme de la véritable à son apogée. Mis à part le vaisseau qui emmène Akari sur Aqua, son ordinateur qui lui permet d’envoyer des mails à Ai, une jeune fille qu’elle a eu comme première cliente et qui vit sur Man-Home (La Terre) et les monoplaces volantes, tout doit respirer la tradition et la belle époque, une Venise idéalisée. Ainsi les gondoles sont-elles de rigueur pour voyager à travers les étroites ruelles de la ville et les ondines servent de guides aux touristes de passage…

Aria met en place un univers splendide dont on observe à chaque épisode un nouvel aspect en compagnie d’Akari. Poésie et camaraderie sont les principaux ingrédients d’une série réservée aux esprits contemplatifs. Aria dévoile en effet de somptueux tableaux devant lesquels on ne peut que se tenir dans un silence sacré. Les génériques d’ouverture présentent chacun un tableau propre accompagné d’une chanson douce et exquise. Les paysages sont admirablement colorés selon chaque période de la journée. Aria, c’est aussi un peu de fantastique avec le monde des chats, les secrets dont recèle Neo-Venezia et les endroits mystiques que découvre Akari au hasard des ruelles.

Parcourons rapidement le contenu des séries. The Animation met en place les éléments de l’univers, les principaux personnages en commençant par l’arrivée d’Akari sur Aqua. Il est extrêmement difficile d’accrocher directement à la série car il faut prendre le temps de s’attacher à nos ondines et contempler le spectacle avec parcimonie. Aria, c’est un moment de détente qu’il faut apprécier comme il se doit avec modération. Un dérivatif idéal avant de se reposer ou après une journée chargée. La seconde série, The Natural, est plus longue mais présente à mon goût des épisodes bien plus marquants et des thèmes qui touchent plus profondément le spectateur. Peut-être ne s’agit-il que d’une impression et qu’à mon insu je m’étais déjà très attaché à l’univers et aux personnages mais il faut avouer que cette seconde saison est la plus aboutie tellement la poésie et la finesse de l’univers d’Aqua s’y trouvent étinceler. The Origination marque un nouveau départ : les trois apprenties commencent à réfléchir sur leur devenir et attendent avec une certaine appréhension l’instant qui fera d’elles une prima. Les derniers épisodes sont forts en intensité. L’OAV intitulée Arietta raconte comment Alicia s’est décidée à prendre une élève à ses côtés, encouragée par ses deux amies, Akira et Athena. Akari est curieuse de savoir pourquoi Alicia l’a choisie comme apprentie.

J’ai beaucoup apprécié l’ambiance qui se dégage de la série notamment grâce à l’esprit bon enfant et à l’humour tendre que l’on y trouve. Les héroïnes ont toutes un caractère type admirablement transcrit par leur représentation en SD. Ainsi Athena donne l’impression d’avoir fait bêtise, Alice a son petit air grognon et colérique, Alicia rigole d’un air compatissant, Akari est dans la lune entre état de surprise et d’incompréhension, Aika présente son petit air taquin tandis que sa sempai semble sidérée…

Akari est l’héroïne de la série. Maladroite, lunatique, joviale, elle excelle dans l’art de multiplier les expressions embarrassantes mais se profile comme le personnage le plus apte à comprendre le ressenti de chacun et à s’attirer la sympathie des autres. Elle aime profondément Aqua et celle-ci, ainsi que ses habitants,  le lui rendent bien.

Aika est la première véritable amie que s’est faite Akari sur Aqua. D’un naturel grincheux et colérique, elle voue une profonde admiration envers Alicia. C’est un peu elle qui domine les débats dans le trio tellement elle impose sa présence. Elle déteste les phrases embarrassantes. Elle n’a pas de talent particulier mais travaille dur pour devenir ondine.

Alice, c’est la petite princesse du groupe, le véritable prodige qui nourrit un certain complexe de sa position. Elle a du mal à sourire sincèrement et à se faire des amies tellement elle est distante à l’égard de tous. Ses nouvelles amies lui permettront-elles d’y remédier? Sa relation avec son mentor, Athena, est difficile à apprécier.

Alicia, c’est une fée qui sourit toujours et en toute circonstance. La formatrice d’Akari est simplement irrésistible avec ses petits rires et ses « ara ara ». Sans oublier la manière mystérieuse dont elle scrute son interlocuteur et qui vous retourne les entrailles au passage… C’est d’emblée un mythe parmi les ondines sur Aqua.

Akira représente la force de caractère à l’état pur, la vigueur et la volonté de se surpasser. Elle entretient une relation quelque peu houleuse avec Aika, sa protégée ,mais celle-ci lui voue une secrète admiration malgré tous ses dires. L’esprit de classe et de responsabilité. Elle est quelque peu tyrannique à l’entraînement…

Athena est une sirène qui se fait quelque peu discrète. Son chant suffit à émerveiller son entourage et compense une maladresse à toute épreuve. On devine derrière ce personnage une douceur infinie et un attachement  profond pour sa jeune élève, Alice. Dommage que le personnage n’apparaisse que trop peu souvent.

Ce qui me fait le plus rêver en regardant Aria, c’est un univers simplement somptueux. S’il est une raison de regarder une telle série, c’est pour se laisser imprégner par une ambiance onirique qui vous laisse devant l’écran avec un air de béatitude stupide au visage. Neo-Venezia en mosaïque :

Aria, c’est une poésie de l’instant, une sorte de « carpe diem » mis en images. Une invitation à explorer la grandeur et la beauté de l’environnement dans lequel se fond notre héroïne et à ressentir la pureté des émotions qu’il lui inspire. Aria, c’est une amante à la robe de laquelle il faut s’accrocher, au risque d’en tomber désespérément amoureux.

6 réflexions au sujet de « Voyage en gondole à travers Neo-Venezia »

  1. Puissent tes mots atteindre ceux qui hésiteraient encore à se lancer dans l’aventure ou ceux qui n’ont jamais été tenté par cette série exceptionnelle. :)

  2. Rhaa, j’ai tellement de choses à redire à ton article que je ne trouve même plus mes mots !!

    Enfin, si ça fait regarder ARIA, je te pardonne tout mais quand même là, fais attention à ce que tu écris !

    D’habitude, je suis pas aussi grognon, c’est sans doute une humeur passagère délétère ou alors mes standards qui sont devenus trop élevés.

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