Vers de nouveaux horizons RPG

Petit billet RPG pour dire un peu où j’en suis. Pour rappel, je ne suis jamais passé à la 7ème génération de console trop occupé que j’étais à faire tourner des vieilleries sur ma PS2 ou sur émulateur. Il y a dix mois, j’ai ressenti un manque et je me suis procuré une Xbox360 pour 50 euros. Avec un disque dur de 120 GO, c’est pas une mauvaise affaire. Depuis j’ai chopé tous les RPG qui me tombaient sous la main pour une bouchée de pain.

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Voilà le résultat. Moins Dragon Age que j’ai oublié au salon. Je pense avoir fait le tour sur la console. Là où les gens claquent jusqu’à 60 euros pour s’acheter un titre flambant neuf, j’en trouve une dizaine pour le même prix. Et je fais même des affaires : j’ai déjà revendu mon Last Remnant en faisant un petit bénéfice au passage. Parce que sur Xbox, l’aventure était terriblement lassante.

J’ai déjà fait quelques titres dans le paquet. Bien sûr je me suis empressé de lancer Final Fantasy XIII. Et j’ai trouvé que tout ce petit univers crevait littéralement l’écran et que les personnages puaient de charisme. J’ai eu des problèmes contre le boss de fin mais c’est sûrement parce que je me fais vieux et que je veux prendre des raccourcis. Les deux volets suivants de la trilogie m’attendent bien au chaud.

J’ai trouvé Eternal Sonata bien trop classique et gentillet. Trop facile surtout dans cette version Xbox360. Reste un côté frais et enchanteur largement suffisant pour m’accrocher. J’ai beaucoup apprécié Lost Odyssey, notamment les souvenirs du héros qui ne laissent jamais indifférents. Et l’aventure s’avère longue et pleine de rebondissements.

Énorme coup de cœur pour Nier également, que j’aurais eu le plus de mal à me procurer à prix intéressant. J’étais parti pour une version allemande à 10 euros avant de me rendre compte que ma console est suffisamment sympathique pour m’épargner la langue de Goethe. Récit ultra épique, combats dynamiques et univers possédant un charme inouï.

Je regrette tout de même de ne pas avoir plus réfléchi avant d’opter pour une Xbox 360. Ne serait-ce que pour Ni no Kuni, paru uniquement sur PS3. D’un autre côté j’ai Tales of Vesperia qui semble prometteur. Et rien ne m’empêche d’attendre encore quelques années pour me procurer la console de Sony au rabais. Et une Wii pour Xenoblade.

En conclusion, je suis assez content de ma stratégie d’acquisition de jeux vidéos, parfaite riposte à un univers RPG bien trop éparpillé sur les trois consoles. Avec de nouvelles générations qui débarquent toujours plus vite. J’ai maintenant de quoi tenir quelques années. A condition d’accrocher à un genre de RPG auquel je ne suis pas du tout habitué. Je pense à Mass Effect et Skyrim, des genres dont j’ignore tout mais qui rencontrent un gros succès. J’ai mis le CD de Dragon Age Origins dans ma console pour un premier contact avec le RPG à l’occidental. Et la noble naine que j’incarne ne peut pas s’empêcher de tuer tous les gens qui l’agacent =)

En route pour de nouveaux horizons…

P.S : je mets toujours à jour ma Ludothèque RPG. Jetez-y un oeil!

J’aime pas les suites.

Un dernier billet à propos des animes qui se sont achevés avec les pâquerettes. Pour dire que finalement il y a un paquet de trucs que je ne regarderai pas. Les suites en particulier.

A commencer par Fate/stay night: Unlimited Blade Works. Franchement qu’est-ce que j’en ai à foutre de l’adaptation d’un second arc d’un eroge que je n’ai pas aimé après l’arc FATE adapté avec les pieds il y a quelques années? En plus un film l’a déjà fait, même que je ne me souviens plus si je l’ai vu ou non… Evidemment il faut s’attendre à ce qu’un jour ils fassent Heaven’s Feel pour recycler la franchise jusqu’au trognon.

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J’ai franchement eu du mal à supporter les épisodes qui remplissaient la première saison de Log Horizon. Les stratégies du type à lunette me laissaient indifférent et tout ça manquait trop d’enjeu. J’aurais peut-être tenté de jouer les prolongations si la suite avait eu un meilleur accueil.

La suite de Psycho Pass, n’ayant plus vraiment idée de ce dont parlait la série ni comment ça s’achevait, je vous dis pas mon enthousiasme. Celle d’Aldnoah Zero devait tenir du génie avec ses potions de résurrection mais je préfère croire que tout le monde est bien mort à la fin de la saison 1 parce que c’était un joli ramassis de casse-pieds sans âme.

Le cas de Durarara est plus ambigu. Je me souviens avoir apprécié à l’époque mais là aussi, je ne me souviens de rien. Et ça c’était pas bon signe. Je ne me farcirai jamais une seconde fois une série qui ne m’a pas plus marqué que ça. Ce qui semble nécessaire pour suivre le gros blabla des premiers épisodes et resituer tous les protagonistes.

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Concernant la suite de Divine Nanami, j’aurais déjà acheté le manga après la première saison si je ne m’étais pas fait chier devant l’écran. Parce qu’en terme d’histoires gentillettes qui nous mènent sur une voie de garage, c’est pas si mal.

Il y a aussi la troisième de Kuroko. Dont je me suis empressé de lire les scans à la fin de la parution des chapitres. Et ça confirme que le série s’enfonce dans le surréalisme et les retournements de situations méchamment prévisibles.

Et la série qui parlait de zombies, avec la racine carrée dans le titre de la seconde saison. Comme j’ai pas le signe sur mon clavier, je ne la citerai pas et j’en parlerai même pas.

Bref, je conchie toutes ces adaptations partielles, ces franchises commerciales et ces suites qui viennent trop tard ou jamais. Qu’on me serve plutôt du Cross Ange avec des lesbiennes à trois dans un lit et des séquences de cunnilingus en plein vol.

Kakukaku Shikajika – autobiographie d’une mangaka

Kakukaku Shikajika est un manga autobiographique en 5 volumes d’Akiko Higashimura. En fait, je m’en suis rendu compte au fil de la lecture et ce n’est qu’après quelques chapitres que j’ai découvert qu’elle était l’auteur de Kuragehime. J’avais parlé il y a quelques années de l’adaptation du manga paru chez nous sous le titre de Princess Jellyfish. A vrai dire, cette histoire ne m’intéressait pas vraiment et je n’ai donc pas suivi les sorties chez Delcourt. Je conseille plutôt à l’éditeur de publier chez nous Kakukaku Shikajika, du même auteur. Assurément je serais client.

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En terminale au lycée, Hayashi veut se préparer aux examens d’entrée à l’université. Elle a choisi les arts comme elle ambitionne de devenir mangaka. On lui conseille alors d’aller suivre les cours d’un sensei aux méthodes pour le moins virulentes…

Kakukaku Shikajika, c’est l’histoire d’un parcours, la relation de soi-même avec l’art, l’influence d’un sensei atypique. Les protagonistes sont nombreux mais on observe surtout comment l’auteur (Hayashi) devient mangaka. Kakukaku Shikajika n’aborde pas vraiment la vie affective de l’auteur et l’aspect « histoire sentimentale » est bouclé en quelques cases avec une bonne dose d’autodérision.

L’auteur rend éminemment sympathique la figure de ce sensei. Toujours sévère, parfois avec un chat entraîné à griffer dans les bras, un sabre de bambou à la main, le professeur apparaît au premier abord comme un tyran excentrique. Il n’hésite pas à frapper de son sabre un pauvre vieux condamné à dessiner une boîte de kleenex. Il hurle sur les plus paresseux et encourage ses élèves d’une perpétuelle rengaine : « dessine ! » On sent néanmoins chez ce professeur un regard attentionné pour chaque élève, le désir sincère de les voir réussir, un optimisme à toute épreuve, une confiance parfois aveugle. Il s’investit corps et âme dans l’art et l’enseignement, une passion gravée dans son regard vif et dévorant.

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J’ai parfaitement réussi à m’identifier au parcours d’Hayashi. Une vague envie de devenir mangaka la pousse à dessiner au quotidien des choses qui ne l’intéressent pas vraiment. Ses études en art lui permettent surtout de passer ses journées à s’amuser. Elle ne va pas aux cours mais sort avec ses amies pour se retrouver sans inspiration devant ses vastes canevas à l’approche des échéances. Comme beaucoup de jeunes, sa trajectoire l’a poussée bien malgré elle à suivre une voie qui ne lui offre guère de satisfaction ni de débouché mais qui rallonge quelque peu sa jeunesse estudiantine. C’est un peu la première trahison de l’auteur à l’égard de son professeur.

Akiko Higashimura ne cesse d’effectuer des allers et retours entre présent et passé. Vers la fin, on la voit souvent penchée sur les planches que l’on a sous les yeux, provoquant une mise en abîme du récit. L’histoire se lit dès le début comme un regard nostalgique sur le passé, jonchés de regrets et de dédain à l’égard de celle qu’elle était. L’histoire se lit également comme une lettre au professeur, que la narratrice interroge parfois en fin de chapitre. Le jeune fille a mûri et comprend désormais tout ce qu’elle doit à un personnage qui aura exercé une grande influence sur son parcours, qui aura su lui insuffler le courage et la force de caractère nécessaires pour réussir dans sa carrière.

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Akiko Higashimura demeure malgré tout une mangaka qui ne m’intéresse pas. Je n’appartiens pas au public-cible car ses titres, trop féminins à mon goût, tournent souvent autour de la mode. Kakukaku Shikajika n’en reste pas moins une œuvre d’exception dans la mesure où il s’agit d’une des rares introspections signées par une mangaka, superbement touchante et réaliste. Avec sa fraicheur et sa spontanéité, elle devrait déloger de nos étagères d’autres récits autobiographiques qui commencent à prendre la poussière : « Journal d’une disparition » et « Dans la prison » pour ne pas citer les titres de Mizuki. La balle est dans le camp de Delcourt.

P. S. : Kakukaku Shikajika a remporté l’édition 2015 du Manga Taishô qui récompense le meilleur manga de l’année au Japon. Devant Silent Voice et Erased notamment.

[NSFW] Cross Ange

Dans un joli petit monde où l’énergie mana facilite la vie de tous les jours vit une princesse à l’égo démesuré, Angelise. Pour fêter son 16e anniversaire, elle se fait jeter comme une malpropre et est envoyée sur une île lointaine, dans une sorte de prison où on lui fait passer un toucher rectal à l’accueil. Ange va devoir combattre des DRAGONs.

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Le combat final. Ou comment Sunrise vend bien sa came.

Je déteste Gundam et toute sa franchise. Sunrise s’est d’ailleurs rendu compte que ses robots géants qui combattent sur fond de conflit politique, ça ne valait rien et qu’il fallait améliorer son canevas avec quelques modifications par-ci par-là. Il s’agit en premier lieu de trouver un concept qui justifie que tous les personnages soient des nanas à gros seins. Des méchantes, des jalouses, des lesbiennes qui font des orgies à trois. Et l’héroïne, Ange, est une belle salope blonde qui regarde tout le monde de haut, qui a l’insulte facile et qui veut tout démolir. Comme nous sommes adeptes des histoires à l’eau de rose, Sunrise a flanqué la tête d’un Kira Yamato dans sa foufoune. Et pour l’intrigue, il nous sert robots géants, molestations, fugues, trahisons, dimension alternative, combats contre des DRAGONs. Tout ça progresse de manière tellement fulgurante et ridicule que Cross Ange devient un spectacle épique dont on ne décroche jamais.

La série réussit là où beaucoup d’autres échouent. En racontant une histoire du début à la fin, avec des héroïnes détestables mais captivantes, en balançant des scènes malsaines ou affriolantes entre deux plot-twists aussi trépidants que grotesques, en se fichant bien mal de rester crédible, de construire un univers cohérent, Cross Ange prouve que les grands divertissements sortent parfois du sac à ordures.

9/10

Yuri Kuma Arashi

Destiné à ceux qui aiment les ourses et les fleurs de lys, le péché mignon de l’hiver dernier s’adresse à un public de niche. Un public surtout attiré par la mention de Kunihiko Ikuhara sur les affiches. Un type qui nous a retourné l’estomac avec ses scènes dégueulasses dans Utena. Malgré toute ma rancune à son égard, je n’ai pas renoncé à mon amour pour les ourses et les fleurs de lys. Et bien m’en a pris car Yuri Kuma Arashi est une jolie petite série dans le désert hivernal, pas difficile à comprendre mais riche en symboles. Voici donc quelques bonnes raisons d’en manger parce que c’est bon, growl !

yurikumaarashi-bearhenshin Lire la suite Yuri Kuma Arashi

Akatsuki no Yona

Yona, la princesse de l’aube : magnifique périphrase pour désigner une irrésistible princesse dont la chevelure et le regard de feu ne laissent personne indifférent. D’ailleurs Akatsuki no Yona, c’est un peu une histoire de chevelure ; mais j’y reviendrai. Le studio Pierrot a eu la géniale idée d’adapter un shoujo dans la lignée de Basara, du genre « jeune demoiselle mêlée à un conflit politique dans un univers de fantasy. » Le manga original est toujours en cours avec 17 volumes sortis au Japon et 5 chez Pika (à rythme régulier semble-t-il, bravo Pika). Les 24 épisodes de l’anime couvrent les 8 premiers volumes. Et c’est bien là le problème, si une seconde saison n’est pas annoncée.

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Ne vous méprenez pas : j’ai beaucoup apprécié Akatsuki no Yona. Sinon trois jours ne m’auraient pas suffi pour voir la série (ne vous offusquez pas, je suis en vacances, je cherche à oublier le travail…) La fraîcheur de l’univers, son héroïne pétillante et son taquin bodyguard ont eu tôt fait de me séduire. Je n’ai presque pas été gêné par la touche otome que l’on prête souvent à l’ensemble. Et même pas honte. Il fut un temps où j’avais dévoré La corda d’Oro, sans savoir alors ce qu’était un otome game. Une jolie nana et un troupeau de beaux mecs qui tournent autour. Ici on a une princesse, deux amis d’enfance, quatre guerriers dragons : ça fait un joli harem et au bout de quelques épisodes on commence à se demander si on appartient vraiment au public cible.

J’oubliais de vous raconter en deux mots l’histoire. Yona est la princesse du royaume de Kôka où elle vit paisiblement jusqu’au soir de son 16e anniversaire. Son amour de toujours Soo-Won n’a pas trouvé moment plus judicieux pour occire son père, le roi Il. Yona assiste à la scène (je vous raconte pas le choc) et se voit contrainte de prendre la fuite avec Hak, son garde du corps et ami d’enfance. Ils vont devoir rassembler les quatre boules de cr dragons légendaires pour… faire avancer l’histoire.

Sans titre 1J’en dis pas plus parce qu’au fond, on sait pas trop ce qu’elle veut la princesse en fuite. Les quatre dragons ce sont les quatre types derrière Yona sur l’eyecatch : force bleue, force verte, force blanche et force jaune. Les power rangers avaient besoin d’une armure pour montrer leur couleur, eux leurs chevelures suffisent. C’est le progrès. Avec toujours le rouge qui commande, voilà qui n’a pas changé. Et les 24 épisodes, c’est un peu leur recrutement, avec des histoires plus ou moins longues (voir très très courtes) et enthousiasmantes. Tous quatre s’entichent dangereusement de notre princesse fétiche avec laquelle ils partagent d’ailleurs un lien qui remonte à des temps immémoriaux. Je spoile rien remarquez, on a une prolepse dès la fin du deuxième épisode qui montre l’équipe au complet.

Et il y a Hak. Alors Hak, plus qu’un nom débile, c’est un type qui a vraiment la classe. On pourrait croire qu’il est trop sérieux dans son rôle de chien fidèle. On pourrait penser que ses sentiments à l’égard de Yona relèvent du mystère. Il n’en est rien. La façon dont il se moque sempiternellement de Yona est tout bonnement géniale. Du coup il exprime son amour au grand jour quand la demoiselle croit à une plaisanterie. Et que dire de sa façon pédagogiquement ultime d’enseigner le tir à l’arc, de s’imaginer le dark dragon de l’équipe ? D’ailleurs le méchant Soo-Won (le terme n’est pas très correct remarquez; le manichéisme est un peu mis à plat) avec ses cheveux blonds, ça doit être le dragon de lumière. Vous l’avez compris : je suis pour une fin Yona x Hak. Voilà, tout est dit. Et demain je me mets plus sérieusement aux otome games.

Pour peu qu’on la voie un jour cette fin. Akatsuki no Yuna a démarré sur des chapeaux de roue avec ce coup d’état grandiose des premiers épisodes. La quête des quatre dragons traîne un peu en longueur mais notre princesse prend de la bouteille (d’ailleurs elle se coupe les cheveux, c’est tout dire) et en profite pour voir d’elle-même le royaume que son père a négligé. Cerise sur le gâteau, la série est vachement bien réalisée par les types de chez Pierrot. Mais si la suite du manga n’est pas adaptée au plus vite, tout ça aura un tout petit peu servi à rien.

7/10

Death Parade

Le projet Anime Mirai a certainement connu sa plus belle volée en 2013. On avait droit à un joli coup d’essai du studio Trigger avec Little Witch Academia tandis que Madhouse nous présentait une intrigante partie de billards. Je vous refais le pitch. Deux hommes sortent d’un ascenseur et s’asseyent à un bar. Ils ne savent pas comment ils sont arrivés là et le barman leur annonce qu’ils vont devoir participer à une partie de billard où leur vie sera en jeu. Tous deux ignorent qu’en réalité ils sont déjà morts et que cette partie sert à définir qui suivra le chemin de la réincarnation et qui sera plongé dans le néant.

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Death Billiards était un court métrage plutôt sympathique dont le style ne m’avait pas laissé indifférent. Les couleurs mauves et sombres du bar Quindecim dont la vitrine s’avère richement fournie en alcools en tous genres, la classe excentrique du barman et ses explications cérémonieuses, la vague de folie qui s’empare des personnages durant la partie sans oublier quelques scènes d’animation débridée qui en mettaient plein la vue. Et surtout, ce petit doute qui nous rongeait quand arrivait le moment du jugement et le retour à l’ascenseur. Une année plus tard, le studio nous annonce la diffusion de Death Parade en 12 épisodes. Histoire de visiter d’autres types de jeux que le billard.

Le scénariste s’est un peu perdu en route. J’attendais 12 épisodes construits sur le même canevas : deux clients, un jeu, un jugement. Un peu à la façon de Jigoku Shoujo, avec inévitablement des épisodes qui marquent plus que d’autres. Cela aurait aussi rappelé une vieille série, Bartender, où à chaque épisode le barman présentait le cocktail en adéquation avec les états d’âme de son client. Le premier épisode donne l’impression que Death Parade va suivre ce petit bonhomme de chemin et le show, suffisamment riche en émotions, augure du bon pour la suite, toujours avec ce petit doute qui accompagne la décision de l’arbitre au moment de rejoindre l’ascenseur. L’épisode suivant montre que la série se focalisera sur l’assistante de notre imperturbable barman, la gothique lolita qu’il n’a pu se résoudre à faire participer au jeu.

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Un choix regrettable mais qui permet d’en savoir un peu plus sur toute la société qui régit la vie après la mort, sur ceux qui dirigent le rituel, sur le devenir des hommes condamnés au néant et sur la façon de traiter la mémoire des gens. On s’intéresse donc à la famille que forment tous ces agents de la mort, ceux que l’on voit bizarrement danser durant le générique d’ouverture. Avec des pointes d’humour malvenues qui viennent quelque peu désacraliser l’ensemble. Et l’on constate que si tout ce petit monde réfléchit sur des questions existentielles fort intéressantes comme la pertinence du jugement et les règles sous-jacentes, la façon dont les parties sont truquées pour stimuler les participants, leur situation n’évolue pas d’un iota.

La grande force de Death Parade demeure dans ces parties qui opposent les clients du bar. Depuis les coulisses, d’étranges marionnettes assistent à la scène tandis que d’autres pendues par les pieds servent à dissuader les clients trop pressés de partir. On appréciera également le design des « plateaux de jeu ». Une fois le jeu déterminé à la roulette, les stands de fléchettes, couloirs de bowling et autres machines arcades entrent en scène dans un fracas spectaculaire. Très souvent les cibles ou les objets de tir représentent les organes des participants, histoire de rappeler que c’est leur vie qu’ils jouent. Les clients sont volontairement placés dans une situation précaire, poussés dans leur dernier retranchement afin de réveiller leur côté obscur. Quand la mort approche, on laisse ses instincts les plus noirs se libérer et cela n’échappe pas au regard de l’arbitre.

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Un canevas vraiment cool et évocateur, que j’aurais volontiers vu se répéter douze fois de manière sensiblement variée plutôt que de suivre les aléas d’une assistante guère charismatique. Un bon divertissement quand même.

7/10