Petites considérations pécuniaires

A chaque fois que je mets à jour le blog, je suis dérouté par l’interface de wordpress qui change sans arrêt ces derniers temps. Cela signifie aussi que la motivation n’est pas au beau fixe. Pourtant je continue de jouer, de regarder des animes, de lire un paquet de mangas. Avec passion et sans modération. Et quand je me dis qu’il faudrait que j’écrive un petit quelque chose sur le blog, je suis secoué par une fatale procrastination. Même si ce que j’ai à dire n’est pas forcément intéressant et que ça tient en trois lignes, tentons d’adopter une nouvelle résolution…

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Et mine de rien ce n’est pas sans rapport avec un des mangas que je viens d’acquérir. Mais ça ne sera pas pour aujourd’hui. J’aimerais juste parler de ma consommation de mangas. Alors je suis quelqu’un de très raisonnable. Pas forcément pingre, ni dans la dèche, mais parcimonieux. J’aime bien savoir ce que j’achète, si l’éditeur viendra à bout de son projet, si l’auteur ne nous mène pas en bateau, etc. Et je dois ajouter que jusqu’à ce jour il y a un autre aspect qui me touchait personnellement en tant que Suisse : le prix.

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Plus haut, le prix d’Orange, volume 3 en francs suisses comme on peut le voir sur le site suisse de Payot. En dessous, le prix du même ouvrage chez Amazon. Si on ne prend que les chiffres, on peut s’étonner de lire un tel écart. Mais on ne parle pas de la même devise. Il convient donc d’observer le cours du franc suisse :

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En fait, on flirte quelque peu avec la parité. Il y a deux jours, on pouvait encore lire que le franc était plus lourd que l’euro. bref, tout ceci ne change pas grand chose au constat : on paie bien plus cher nos mangas en suisse. Et c’est surtout valable avec les éditeurs Ki-oon et Akata, dans une moindre mesure Sakka.

Depuis que la BNS a décidé d’abandonner le taux plancher de 1 euro pour 1,20 FRCH, j’ai décidé qu’il n’était plus nécessaire de m’embêter avec nos libraires et que le patriotisme avait ses limites. J’ai donc été grossir les rangs des clients d’Amazon, la boîte qui emploie des petits nègres pour mettre des livres dans des cartons. Avec frais de port gratuits dès 25 euros d’achat (on y est vite arrivé quand on achète des mangas.)

On va me parler de solidarité avec les libraires. Désolé pour eux, mais ils ne me servent guère que de caissiers les rares occasions où je passe les visiter. Aucune librairie n’est spécialisée manga dans le coin où j’habite et la rare fois où j’en ai rencontré un, il ouvrait selon l’humeur et il étalait un peu n’importe quoi sur ses rayons. Bref, il a fermé.

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Voilà le résultat. Bon là on va dire que je fais la pub pour Ki-oon. Bien malgré moi. Quand on paie ses bouquins la moitié du tarif auquel on était habitué, on se laisse un peu plus aller, on commence des « nouveaux » titres. Et les soucis de place sur la bibliothèque reviennent. Des titres qu’on attendait pas vraiment, qu’on n’aurait pas acquis à n’importe quel prix, mais qui nous surprennent en bien. 4 bons titres… pour 4 futurs billets? Allez, je relève le défi. Ou pas…

Cartagra

Takashiro Shugo est un ex-policier qui travaille désormais comme détective privé et squatte un petite chambre d’un bordel. Quand on lui demande de retrouver Kozuki Yura, une jeune femme qui a mystérieusement disparu depuis quelques années, Shugo se sent particulièrement impliqué comme il a eu autrefois une relation avec elle. Il est assisté dans son enquête de Kozuki Kazuna, la jumelle de Yura, une demoiselle très enjouée et convaincue que sa sœur est encore en vie. Pendant ce temps, des meurtres assez macabres déchaînent la chronique et fait une victime dans le bordel qui l’abrite.

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Trois ans après Kara no Shoujo, on a droit à un nouvel eroge d’Innocent Grey. Cartagra est pourtant sorti trois ans… avant Kara no Shoujo sur l’archipel. Ca ne nous avance pas tout ça. Beaucoup estiment que la boîte est alors à ses balbutiements et que Cartagra ne tient pas la longueur face à son aîné. Ce n’est donc pas sans appréhension que je me suis lancé dans l’aventure. Au final j’en sors agréablement surpris. Peut-être parce que le souvenir de Kara no Shoujo n’était plus tellement frais dans ma mémoire. Cartagra possède néanmoins des qualités qui m’ont scotché une vingtaine d’heures alors que les visual novels ne me tiennent plus vraiment en haleine.

La qualité première du titre est d’aller à l’essentiel. La trame est vite mise en place, les personnages sont introduits sans trop de cérémonie et les dialogues ne se perdent jamais dans les champs. Contrairement à la grande majorité des nakige sortis ces derniers temps, Cartagra ne nous baratine pas avec des séquences dating-sims à deux balles. Il n’y a pas un dialogue qui ne fasse pas avancer l’action. Du coup les séquences semblent parfois très abruptes : à peine est-on sur une route que l’héroïne vous saute dessus et que ses éventuels problèmes sont ficelés. Bref, je me suis pas emmerdé une seconde dans la lecture et je n’ai pas eu à utiliser la touche ctrl : un exploit.

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Deuxième qualité : l’ambiance. On est dans le Japon d’après la guerre et les décors ont donc une délicieuse touche rétro un peu comme dans KnS. Le point fort du titre est d’alterner les séquences macabres et comiques avec un certain brio. Dans Cartagra, soit on se marre soit on flippe. L’histoire s’appuie sur un casting étoffé. Il y a la sœur de Shugo, Nana, qui vole carrément la vedette à son frère tellement elle est en avance sur l’enquête. Et qui lui voue une admiration… inquiétante. Il y a les employées du bordel qui forment la petite famille de notre héros et qui s’en occupent… plutôt bien. Il y a d’autres mais surtout, il y a le vieux marchand de takoyaki. Qui supplante tous le casting en termes de charisme et d’inutilité dans l’histoire.

Mais l’ambiance de Cartagra, c’est surtout une bonne dose d’horreur avec des corps démembrés, mutilés, empalés, des scènes de viol et ce qui entoure l’aspect eroge est souvent délicieusement grotesque. Enfin, j’imagine qu’il faut être un peu dérangé pour utiliser cet adverbe ^^’ J’entends par là que chaque route s’achève par une bad end retentissante, des séquences durant lesquelles on croit halluciner. Et comme elles se font à une vitesse éclair et se terminent toujours en surprenante apothéose, ça rend la quête de chaque fin irrésistible et addictive.

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Mais j’ai pas seulement apprécié le délire qui vous prend aux tripes quand vous vous écartez du droit chemin, j’ai aussi trouvé bien amenée cette enquête autour des meurtres, de la disparition de Yura, de la secte et la fin ficelle adroitement le tout. Et le récit est vraiment bien mis en scène avec un joli nombre de CG qui viennent enrichir le background lors de certaines séquences. Et tout ça c’est très beau (est-ce utile de préciser pour un produit d’Innocent Grey?) Au final, Cartagra est un eroge que j’ai beaucoup apprécié. Beaucoup le trouveront court après le complexe Kara no Shoujo. Personnellement, j’ai autant aimé que la trame soit simple et la true route vous tient d’autant plus en haleine qu’elle est riche en rebondissements. Vivement Kara no Shoujo 2.

Daisy : Lycéennes à Fukushima

En terminale au lycée Wakaba dans le département de Fukushima, Fumi Kubo est restée cloîtrée chez elle un mois et demi après le séisme du 11 mars 2011. Trois amies l’accueillent avec joie à son retour au lycée : Moe, Ayaka et Mayu. Ensemble, elles forment un groupe de rock appelé « Daisy ». Soudées à jamais, elles décident dans l’euphorie d’une répétition de se réunir chaque année à la même date. Mais toutes les trois verront leur destinée changée durant cette terminale. Elles devront prendre de graves décisions pour leur avenir, des décisions inévitablement liées à la catastrophe du 11 mars.

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Soredemo Sekai wa Utsukushii

Sans titre 1Les adaptations de shôjo se font très  rares et ne reçoivent pour la plupart pas le succès souhaité. On part toujours avec les mêmes à-priori : c’est juste pour faire la promotion du manga, on n’aura jamais le mot de la fin. Et très souvent on a raison. Soredemo Sekai wa Utsukushii (The World is Still Beautiful) ne déroge pas à la règle. Faut-il pour autant bouder son plaisir?

L’héroïne de notre histoire, Nike, est princesse du duché de la pluie. Pour éviter une dispute entre royaumes, son père décide de la marier au roi du soleil. Arrivée dans sa nouvelle demeure, elle constate avec surprise que son futur promis est un sale mioche haut comme trois pommes. De mauvais augure comme Nike est elle-même une fille de caractère ignorant les bonnes manières.

L’héroïne possède beaucoup de charisme de par sa fougue et son impétuosité. Elle est à des lieues de la parfaite princesse formatée mais dégage un certain naturel dans sa façon de penser et d’agir. Ce côté différent et rebelle la rapproche de son époux, le roi Livius, refermé sur lui-même depuis la mort de sa mère. Au côté de Nike, il prend conscience de la beauté du monde qu’il a conquis, beauté devant laquelle il restait aveugle jusqu’alors. Leur relation s’avère néanmoins souvent conflictuelle, l’acariâtre et jaloux prince n’hésitant pas à jeter sa prétendante au cachot. Entre rires et émotions, on suit avec plaisir l’évolution de ce duo pour le moins surprenant en raison de leur différence de taille.

Le casting n’est pas des plus étoffé. Au côté de notre couple princier, il n’y a guère que Neil, l’intendant du prince, qui se démarque. Et il est plutôt sympathique, drôle et sérieux quand il le faut. A vrai dire, chaque personnage introduit amène un arc plus ou moins intéressant. Les arcs construits autour de Lani Aristes, grand prêtre du royaume, et de Tohara, la grand-mère de Nike, m’ont particulièrement plu. J’ai moins apprécié ceux qui sont consacrés à l’amie d’enfance de Livius et à son ancien ministre.

En regardant Soredemo Sekai wa Utsukushii, on devine sans aucun mal que le manga original est un shôjo qui a beaucoup de saveur. L’univers typiquement fantasy dégage un charme fou. Sa magie et ses traditions également. Nike est capable de faire tomber une pluie en harmonie avec les sentiments qu’elle met dans ses chansons. Et c’est pas souvent que l’héroïne d’un shôjo se met à chanter aussi bien. La voix de Rena Maeda est tout simplement sublime au moment où elle interprète « Tender Rain ». Tout cela donne à la série les senteurs enchanteresses d’un World Masterpiece Theater.

Soredemo Sekai wa Utsukushii

Soredemo Sekai wa Utsukushii est un bon divertissement qui adapte un shôjo tout frais, tout léger. Malheureusement et à l’instar de ses semblables, il est promis à sombrer très rapidement dans l’oubli. Malgré un semblant de conclusion qui ne trompe personne, cette petite série ne restera dans mon esprit qu’un gentil prélude sans grande ambition. Et je ne me précipiterais peut-être pas sur le manga s’il devait sortir chez nous.

7/10

Sidonia no Kishi

56019lLes mangas de Tsutomu Nihei, c’est vraiment pas ma tasse de thé. Je me souviens vaguement avoir tourné les pages de Blame! il fut un temps, sans trop chercher à comprendre. Ses planches pètent la classe, l’univers qu’il met en scène a du charisme. Le récit s’avérait trop sibyllin pour que j’apprécie. C’est avec un peu d’appréhension que j’ai accueilli l’adaptation de son dernier titre, Sidonia no Kishi. J’en sors séduit.

Le Système solaire a été pulvérisé par une mystérieuse race extraterrestre appelée « Gauna » voici un millénaire. Les survivants voyagent à travers l’espace à l’intérieur de gigantesques vaisseaux. Depuis la mort de son grand-père, Tanikaze Nagate vit seul dans les entrailles de l’un d’entre eux, le Sidonia. Durant toute son enfance, il a reçu l’entraînement d’un chevalier destiné à protéger le vaisseau de la menace extra-terrestre. Il est temps de le mettre en pratique.

Voilà un synopsis simple à comprendre, à croire que Tsutomu Nihei s’est assagi et qu’il souhaite toucher à quelque chose de plus mainstream. Les grandes lignes de Sidonia no Kishi n’ont rien d’originales et semblent très souvent s’inspirer d’Evangelion. Une menace extra-terrestre, de jeunes gens qui luttent à l’intérieur de gigantesques mechas, qui doutent et craignent pour leur lendemain. Devoir, orgueil, rédemption, désespoir. Avec une touche science-fiction post-apocalyptique particulièrement élaborée. Les derniers représentants de la race humaine  se nourrissent par photosynthèse, se reproduisent de manière asexuée, sont bénis d’une éternelle jeunesse et libres de choisir leur genre. Notre héros Tanikaze est particulier comme il a grandi à l’écart de la société. Il vieillit normalement et a besoin de trois repas quotidiens.

Si le spectateur ne perd jamais le fil du récit, cela ne signifie pas pour autant qu’il est sans profondeur, au contraire. L’histoire de la communauté de Sidonia et de sa lutte contre les Gauna est parfaitement diluée à travers les 12 épisodes. Les informations vont bon rythme, associées à une action qui nous tient toujours en haleine. On se demande comment la série trouve la place pour quelques scènes du quotidien qui nous permettent de mesurer l’harmonie et les dissonances au sein d’une communauté plus complexe qu’il ne paraît. Les mystères foisonnent et on sent bien vers la fin que cette simple saison ne suffira jamais à répondre aux questions entourant l’existence des Gauna, les armes développées pour les abattre et le projet de terraformation. Pas de souci pour autant : une suite a déjà été annoncée pour très bientôt.

La réalisation s’appuie sur des images de synthèse qui rendent plutôt bien le côté futuriste et cyberpunk de l’univers de Tsutomu Nihei. Les paysages artificiels de Sidonia dégagent beaucoup de charme, les mechas ont de l’allure, les ennemis possèdent un côté mystique et les batailles prennent véritablement vie. Si la 3D dans les animes fait généralement débat, j’ai été plutôt séduit par le résultat et je pense que les producteurs ont réussi leur pari en s’adressant à l’obscur studio Polygon Pictures.

Sidonia no Kishi

Impossible de donner un jugement définitif comme le récit n’en est qu’à ses prémisses. Cette première partie livre beaucoup de promesses pour la suite avec un casting attachant, un univers parfaitement mis en place et une très bonne intrigue. En regardant Sidonia no Kishi, j’étais content de pouvoir enfin apprécier l’univers si délicieusement cyberpunk de Nihei et un genre auquel je ne croyais plus.

8/10

No Game No Life

Sans titre 1Question du jour : pourquoi cette série a-t-elle rencontré autant de succès ce printemps? J’ignorais la réponse comme j’étais totalement déconnecté. Je l’ignore encore. J’ai pris connaissance de No Game No Life il y a quelques jours seulement en voyant sa moyenne sur un certain site de référencement. Parce que l’eyecatch n’avait vraiment rien pour attirer mon attention. Trop de lolis, trop de rose. Résultat des courses? Trop de lolis, trop de rose. Et ce n’est peut-être pas le plus grave.

Sora et Shiro, frère et sœur, gamers chevronnés, hikikomoris endurcis, ont une sacrée réputation sur le net en tant que 『  』(espace vide qu’ils utilisent pour nommer leur caractère). Un jour, un inconnu leur lance un défi aux échecs puis les emmène dans un monde alternatif nommé Disboard. Un univers qui consiste en 10 règles et 16 différentes races. Chaque confrontation, chaque guerre doit être résolue à travers un jeu dont le principe est décidé par la partie agressée. Toute tricherie (évidente) est interdite et les enjeux doivent être respectés. Sora et Shiro luttent au côté de la race humaine pour un jour défier le Dieu qui les a introduits dans ce monde idyllique.

Les prémisses sont assez cool et le duo formé par Sora et Shiro ne manque pas de charisme. Sora a une gueule de reclus avec ses traits tirés et ses cheveux en broussaille. Shiro ressemble à une poupée vide et narcoleptique. Tous deux entretiennent une intimité limite malsaine et perdent leurs moyens quant ils sont séparés. Le grand frère reste clairement un meneur de jeu dans la lignée des Lelouch ou Yagami Light. Quand à la petite, elle possède une intelligence qui défie les IA les plus abouties. Ensemble, ils sont imbattables. Et c’est bien un des problèmes de la série : ils ne perdent jamais. Pour s’approcher un peu plus de Dieu, ils se lancent dans des jeux tous un peu plus débiles les uns que les autres. Une partie d’échec qui part en live, de shiritori matérialisée, d’othello transcendantale. Et j’en passe. Des parties qui ne m’ont procuré aucune émotion ni vraiment de surprise. Tout semble trop convenu, jamais la situation n’échappe à nos héros car on sait qu’avant même le début de la partie Sora a rassemblé les conditions de la victoire. Bref, au niveau du jeu et du suspense, NGNL n’arrive jamais à la cheville de la référence en la matière, le fameux Kaiji dont j’attends encore la suite.

Alors pourquoi NGNL rassemble-t-il les foules? La série adapte un light novel d’un genre qui a bien marché ces derniers temps avec Log Horizon et Sword Art Online. Avec comme spécialité de verser dans le harem à outrance recouvert d’une épaisse sauce ecchi. L’essentiel de l’humour tourne là autour et atteint un niveau culminant de bêtise durant la partie de shiritori de l’épisode 6. Sans compter les scènes de bain qui introduisent chaque héroïne dans l’entourage de Sora, telles un rituel de passage obligé. Ce n’est pas l’unique problème de NGNL : même ce qui accroche le spectateur, cette marche en avant vers un objectif ambitieux, s’achève en pétard mouillé dans l’épisode 12. Sans l’annonce rapide d’une saison 2, les fans de la première heure étiquetteront NGNL d’échec magistral. Pour moi, c’en est déjà un.

No Game No Life

En somme, NGNL laisse le sentiment d’un énorme gâchis. Le concept semblait suffisamment original, la réalisation s’appuyait sur une palette de couleurs pétillantes qui donnaient à l’univers de Disboard une identité fraîche et propre, le héros possédait un certain charisme. Tout ça est gâché par des parties finalement barbantes, des intermèdes ecchi malvenus et un rythme globalement trop lent.

4/10

Mushishi Zoku Shou

Sans titre 1Cela faisait huit ans qu’on attendait la suite des aventures de Ginko à l’écran, cinq que son auteur, Yuki Urushibara, décidait de laisser au bord de la route notre chasseur de mushis préféré. J’ai donc été agréablement surpris en apprenant l’année dernière que deux nouveaux chapitres avaient été publiés au Japon. Joie redoublée quand ils furent portés à l’écran dans un épisode spécial de 40 minutes intitulé Hihamukage.

L’histoire raconte l’épreuve que subit un village condamné à l’obscurité en raison d’une nuée de mushis qui bloquent les rayons du soleil suite à une éclipse. Les ficelles du récit sont on ne peut plus classiques, dans la lignée des précédents : des mushis causent des problèmes, Ginko rapplique et étudie le phénomène, une solution est finalement trouvée avant que le rideau ne se baisse sur un nouveau manifeste de la communion de l’homme avec la nature. Avec en toile de fond l’histoire d’une petite fille sensible aux rayons du soleil qui ne peut qu’observer jalousement sa sœur jumelle profiter du plein air. Episode inédit, réalisation sublimée : une excellente façon de reprendre contact avec l’univers de Mushishi.

Cet épisode spécial annonçait surtout une seconde saison à la diffusion fragmentée avec dix épisodes ce printemps, dix cet automne et un nouvel épisode spécial qui adaptera fin août La voie des broussailles. On peut légitimement croire que toute la série sera finalement adaptée. C’est un soulagement car j’ai le sentiment que cette première partie séparait l’ivraie du bon grain. Chaque épisode me lassait un peu plus, comme si j’étais finalement désenchanté par l’univers de Mushishi. J’aimerais bien louer à nouveau l’ambiance mystique, la douceur de la narration, la complicité invisible entre les hommes et les mushis, la morale de chaque histoire, ces pistes musicales toujours si pittoresques et cette peinture grandiose, vivante et mystérieuse de la nature. Ce serait passer sous silence l’ennui qui m’a assailli au fil des épisodes.

Mushishi Zoku Shou

Si je devais citer quelques bons épisodes, ce serait en premier lieu La main qui caresse la nuit, pour l’arrogance humaine qu’il dépeint. Un chasseur est possédé par un mushi lui permettant d’attirer ses proies. Il tue plus que de raison et son gibier prend un goût infect, damnant de la sorte son action. L’abîme du miroir est aussi intéressant dans la mesure où un mushi vient aider une jeune fille à surmonter une déception amoureuse. Par la manière forte précisons-le bien. Certains se démarquent par leur ton plus glauque : je pense à L’illusion des fleurs et à La vallée où jaillissent les flots. L’interdépendance entre l’homme et les mushis reste présente partout, même dans ce dernier épisode, très solitaire et contemplatif, qui voit Ginko se faire embobiner malgré lui par le gardien d’une montagne.

Si ces quelques épisodes restent magnifiques en tout point, je les ai trouvés quelque peu monotones. Comme si l’adaptation accusait  un manque de rythme. De mémoire, je suis persuadé que ce ne sont pas les meilleurs et que cet automne devrait nous fournir bien plus de spectacle et d’émotions.

7/10