[NSFW] Cross Ange

Dans un joli petit monde où l’énergie mana facilite la vie de tous les jours vit une princesse à l’égo démesuré, Angelise. Pour fêter son 16e anniversaire, elle se fait jeter comme une malpropre et est envoyée sur une île lointaine, dans une sorte de prison où on lui fait passer un toucher rectal à l’accueil. Ange va devoir combattre des DRAGONs.

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Le combat final. Ou comment Sunrise vend bien sa came.

Je déteste Gundam et toute sa franchise. Sunrise s’est d’ailleurs rendu compte que ses robots géants qui combattent sur fond de conflit politique, ça ne valait rien et qu’il fallait améliorer son canevas avec quelques modifications par-ci par-là. Il s’agit en premier lieu de trouver un concept qui justifie que tous les personnages soient des nanas à gros seins. Des méchantes, des jalouses, des lesbiennes qui font des orgies à trois. Et l’héroïne, Ange, est une belle salope blonde qui regarde tout le monde de haut, qui a l’insulte facile et qui veut tout démolir. Comme nous sommes adeptes des histoires à l’eau de rose, Sunrise a flanqué la tête d’un Kira Yamato dans sa foufoune. Et pour l’intrigue, il nous sert robots géants, molestations, fugues, trahisons, dimension alternative, combats contre des DRAGONs. Tout ça progresse de manière tellement fulgurante et ridicule que Cross Ange devient un spectacle épique dont on ne décroche jamais.

La série réussit là où beaucoup d’autres échouent. En racontant une histoire du début à la fin, avec des héroïnes détestables mais captivantes, en balançant des scènes malsaines ou affriolantes entre deux plot-twists aussi trépidants que grotesques, en se fichant bien mal de rester crédible, de construire un univers cohérent, Cross Ange prouve que les grands divertissements sortent parfois du sac à ordures.

9/10

Yuri Kuma Arashi

Destiné à ceux qui aiment les ourses et les fleurs de lys, le péché mignon de l’hiver dernier s’adresse à un public de niche. Un public surtout attiré par la mention de Kunihiko Ikuhara sur les affiches. Un type qui nous a retourné l’estomac avec ses scènes dégueulasses dans Utena. Malgré toute ma rancune à son égard, je n’ai pas renoncé à mon amour pour les ourses et les fleurs de lys. Et bien m’en a pris car Yuri Kuma Arashi est une jolie petite série dans le désert hivernal, pas difficile à comprendre mais riche en symboles. Voici donc quelques bonnes raisons d’en manger parce que c’est bon, growl !

yurikumaarashi-bearhenshin Lire la suite Yuri Kuma Arashi

Akatsuki no Yona

Yona, la princesse de l’aube : magnifique périphrase pour désigner une irrésistible princesse dont la chevelure et le regard de feu ne laissent personne indifférent. D’ailleurs Akatsuki no Yona, c’est un peu une histoire de chevelure ; mais j’y reviendrai. Le studio Pierrot a eu la géniale idée d’adapter un shoujo dans la lignée de Basara, du genre « jeune demoiselle mêlée à un conflit politique dans un univers de fantasy. » Le manga original est toujours en cours avec 17 volumes sortis au Japon et 5 chez Pika (à rythme régulier semble-t-il, bravo Pika). Les 24 épisodes de l’anime couvrent les 8 premiers volumes. Et c’est bien là le problème, si une seconde saison n’est pas annoncée.

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Ne vous méprenez pas : j’ai beaucoup apprécié Akatsuki no Yona. Sinon trois jours ne m’auraient pas suffi pour voir la série (ne vous offusquez pas, je suis en vacances, je cherche à oublier le travail…) La fraîcheur de l’univers, son héroïne pétillante et son taquin bodyguard ont eu tôt fait de me séduire. Je n’ai presque pas été gêné par la touche otome que l’on prête souvent à l’ensemble. Et même pas honte. Il fut un temps où j’avais dévoré La corda d’Oro, sans savoir alors ce qu’était un otome game. Une jolie nana et un troupeau de beaux mecs qui tournent autour. Ici on a une princesse, deux amis d’enfance, quatre guerriers dragons : ça fait un joli harem et au bout de quelques épisodes on commence à se demander si on appartient vraiment au public cible.

J’oubliais de vous raconter en deux mots l’histoire. Yona est la princesse du royaume de Kôka où elle vit paisiblement jusqu’au soir de son 16e anniversaire. Son amour de toujours Soo-Won n’a pas trouvé moment plus judicieux pour occire son père, le roi Il. Yona assiste à la scène (je vous raconte pas le choc) et se voit contrainte de prendre la fuite avec Hak, son garde du corps et ami d’enfance. Ils vont devoir rassembler les quatre boules de cr dragons légendaires pour… faire avancer l’histoire.

Sans titre 1J’en dis pas plus parce qu’au fond, on sait pas trop ce qu’elle veut la princesse en fuite. Les quatre dragons ce sont les quatre types derrière Yona sur l’eyecatch : force bleue, force verte, force blanche et force jaune. Les power rangers avaient besoin d’une armure pour montrer leur couleur, eux leurs chevelures suffisent. C’est le progrès. Avec toujours le rouge qui commande, voilà qui n’a pas changé. Et les 24 épisodes, c’est un peu leur recrutement, avec des histoires plus ou moins longues (voir très très courtes) et enthousiasmantes. Tous quatre s’entichent dangereusement de notre princesse fétiche avec laquelle ils partagent d’ailleurs un lien qui remonte à des temps immémoriaux. Je spoile rien remarquez, on a une prolepse dès la fin du deuxième épisode qui montre l’équipe au complet.

Et il y a Hak. Alors Hak, plus qu’un nom débile, c’est un type qui a vraiment la classe. On pourrait croire qu’il est trop sérieux dans son rôle de chien fidèle. On pourrait penser que ses sentiments à l’égard de Yona relèvent du mystère. Il n’en est rien. La façon dont il se moque sempiternellement de Yona est tout bonnement géniale. Du coup il exprime son amour au grand jour quand la demoiselle croit à une plaisanterie. Et que dire de sa façon pédagogiquement ultime d’enseigner le tir à l’arc, de s’imaginer le dark dragon de l’équipe ? D’ailleurs le méchant Soo-Won (le terme n’est pas très correct remarquez; le manichéisme est un peu mis à plat) avec ses cheveux blonds, ça doit être le dragon de lumière. Vous l’avez compris : je suis pour une fin Yona x Hak. Voilà, tout est dit. Et demain je me mets plus sérieusement aux otome games.

Pour peu qu’on la voie un jour cette fin. Akatsuki no Yuna a démarré sur des chapeaux de roue avec ce coup d’état grandiose des premiers épisodes. La quête des quatre dragons traîne un peu en longueur mais notre princesse prend de la bouteille (d’ailleurs elle se coupe les cheveux, c’est tout dire) et en profite pour voir d’elle-même le royaume que son père a négligé. Cerise sur le gâteau, la série est vachement bien réalisée par les types de chez Pierrot. Mais si la suite du manga n’est pas adaptée au plus vite, tout ça aura un tout petit peu servi à rien.

7/10

Death Parade

Le projet Anime Mirai a certainement connu sa plus belle volée en 2013. On avait droit à un joli coup d’essai du studio Trigger avec Little Witch Academia tandis que Madhouse nous présentait une intrigante partie de billards. Je vous refais le pitch. Deux hommes sortent d’un ascenseur et s’asseyent à un bar. Ils ne savent pas comment ils sont arrivés là et le barman leur annonce qu’ils vont devoir participer à une partie de billard où leur vie sera en jeu. Tous deux ignorent qu’en réalité ils sont déjà morts et que cette partie sert à définir qui suivra le chemin de la réincarnation et qui sera plongé dans le néant.

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Death Billiards était un court métrage plutôt sympathique dont le style ne m’avait pas laissé indifférent. Les couleurs mauves et sombres du bar Quindecim dont la vitrine s’avère richement fournie en alcools en tous genres, la classe excentrique du barman et ses explications cérémonieuses, la vague de folie qui s’empare des personnages durant la partie sans oublier quelques scènes d’animation débridée qui en mettaient plein la vue. Et surtout, ce petit doute qui nous rongeait quand arrivait le moment du jugement et le retour à l’ascenseur. Une année plus tard, le studio nous annonce la diffusion de Death Parade en 12 épisodes. Histoire de visiter d’autres types de jeux que le billard.

Le scénariste s’est un peu perdu en route. J’attendais 12 épisodes construits sur le même canevas : deux clients, un jeu, un jugement. Un peu à la façon de Jigoku Shoujo, avec inévitablement des épisodes qui marquent plus que d’autres. Cela aurait aussi rappelé une vieille série, Bartender, où à chaque épisode le barman présentait le cocktail en adéquation avec les états d’âme de son client. Le premier épisode donne l’impression que Death Parade va suivre ce petit bonhomme de chemin et le show, suffisamment riche en émotions, augure du bon pour la suite, toujours avec ce petit doute qui accompagne la décision de l’arbitre au moment de rejoindre l’ascenseur. L’épisode suivant montre que la série se focalisera sur l’assistante de notre imperturbable barman, la gothique lolita qu’il n’a pu se résoudre à faire participer au jeu.

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Un choix regrettable mais qui permet d’en savoir un peu plus sur toute la société qui régit la vie après la mort, sur ceux qui dirigent le rituel, sur le devenir des hommes condamnés au néant et sur la façon de traiter la mémoire des gens. On s’intéresse donc à la famille que forment tous ces agents de la mort, ceux que l’on voit bizarrement danser durant le générique d’ouverture. Avec des pointes d’humour malvenues qui viennent quelque peu désacraliser l’ensemble. Et l’on constate que si tout ce petit monde réfléchit sur des questions existentielles fort intéressantes comme la pertinence du jugement et les règles sous-jacentes, la façon dont les parties sont truquées pour stimuler les participants, leur situation n’évolue pas d’un iota.

La grande force de Death Parade demeure dans ces parties qui opposent les clients du bar. Depuis les coulisses, d’étranges marionnettes assistent à la scène tandis que d’autres pendues par les pieds servent à dissuader les clients trop pressés de partir. On appréciera également le design des « plateaux de jeu ». Une fois le jeu déterminé à la roulette, les stands de fléchettes, couloirs de bowling et autres machines arcades entrent en scène dans un fracas spectaculaire. Très souvent les cibles ou les objets de tir représentent les organes des participants, histoire de rappeler que c’est leur vie qu’ils jouent. Les clients sont volontairement placés dans une situation précaire, poussés dans leur dernier retranchement afin de réveiller leur côté obscur. Quand la mort approche, on laisse ses instincts les plus noirs se libérer et cela n’échappe pas au regard de l’arbitre.

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Un canevas vraiment cool et évocateur, que j’aurais volontiers vu se répéter douze fois de manière sensiblement variée plutôt que de suivre les aléas d’une assistante guère charismatique. Un bon divertissement quand même.

7/10

Garo: Honoo no Kokuin

63667lAvec le retour des pâquerettes, une saison d’animes s’achève et je me retrouve avec environ 150 épisodes à voir en attendant l’été. Les séries de l’hiver en deux cours, les petites séries de l’automne : ça en fait un joli paquet et ça me manquait comme je n’ai rien vu depuis deux mois. Un petit coup d’œil sur Anichart et mon premier choix se porte sur Garo: Honoo no Kokuin.

L’histoire se déroule dans le Royaume de Valiante, où le roi a lancé une chasse aux sorcières contre les Makai, sous l’influence de son conseiller Mendoza. Les Makai œuvrent pourtant à la sauvegarde de la population : ces alchimistes et chevaliers combattent les horreurs, des créatures qui dévorent les âmes des plus faibles. L’alchimiste Anna Luis est livrée aux flammes du bûcher alors qu’elle s’apprête à mettre au monde l’héritier du sang de Garo, le chevalier d’or. L’enfant, Léon, naît dans la fournaise du bûcher avant d’être recueilli par son père German, le chevalier zorro. Il porte dans sa chair les flammes symbolisant le ressentiment de sa mère.

Visuellement, Garo possède de grands atouts en nous plongeant dans un contexte familier et un univers aux senteurs espagnoles. Le Royaume de Valiante fait certainement référence à la ville de Valence, un des lieux où l’inquisition a élevé le plus de bûchers, proximité mauresque oblige. Le premier épisode donne le ton avec des scènes d’exécution suffisamment macabres et sanglantes pour nous mettre dans l’ambiance de l’inquisition : écartèlement, potence, décapitation… Les paysages et les décors urbains sentent aussi bon l’époque médiévale et le chara-design dégage beaucoup de personnalité. Avec sa cape et son visage déchiré par une chevelure rouge feu, on sent tout de suite que Léon est le héros tandis qu’une gueule de fauve et une poitrine touffue suffisent à donner la classe à son père. Mais ce sont les armures des chevaliers qui donnent à la série sa marque de fabrique. Armures à forme tantôt de lion, tantôt de loup, tantôt or, tantôt argent, héritées de la tradition des guerriers Saints de Masami Kurumada. Et que dire de ces affrontements dantesques contre des horreurs toujours plus stylées ?

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Le plus grand mérite de Garo est de nous raconter une histoire qui s’écoule presque sans temps mort sur 24 épisodes. Le rythme était suffisamment bon pour que j’enchaîne les épisodes et que la semaine sainte me suffise à en voir le bout. Après un départ prometteur, une brève exposition suivie de cette fascinante naissance sur le bûcher, la série nous montre comment les horreurs se mêlent à la population en dévorant les âmes tourmentées. Chaque épisode permet d’en savoir plus sur ces créatures et fait avancer la destinée de Léon, le complot qui menace la tranquillité de Valiante. Tout se déroule à bon rythme et l’ennui n’est jamais au rendez-vous. On est même surpris de voir la rapidité avec laquelle les événements s’enchaînent, les rebondissements s’ensuivent.

Garo s’appuie sur un casting plutôt maigre mais de qualité. Chaque personnage est suffisamment bien exploité pour qu’on s’attache à lui. Léon fait figure de piètre héros, lui qui laisse sa colère le guider face à l’ennemi. Il reste néanmoins le personnage le plus intéressant de la série, toujours avec le souvenir d’Anna, cette mère qu’il n’a jamais connue et que l’on voit dans quelques flashbacks bien amenés. German, son père, est un véritable dandy qui ne pense qu’à passer ses nuits au bras d’une fille de joie. Derrière son comportement peu avouable et ses tendances exhibitionnistes se cache le souci paternel de voir son fils grandir correctement pour lui passer le témoin. Hors de ce petit cercle familial, on retiendra Alfonso, archétype du prince modèle qui souhaite protéger son pays et la très charismatique Emma, une alchimiste qui traîne un douloureux passé.

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Voilà donc les ingrédients rassemblés pour un excellent divertissement qui vous tiendra en haleine, une fresque médiévale avec beaucoup de style, une intrigue parfaitement ficelée sur le thème de l’inquisition, de la chevalerie, de la noirceur qui sommeil en chaque être.

9/10

Petites considérations pécuniaires

A chaque fois que je mets à jour le blog, je suis dérouté par l’interface de wordpress qui change sans arrêt ces derniers temps. Cela signifie aussi que la motivation n’est pas au beau fixe. Pourtant je continue de jouer, de regarder des animes, de lire un paquet de mangas. Avec passion et sans modération. Et quand je me dis qu’il faudrait que j’écrive un petit quelque chose sur le blog, je suis secoué par une fatale procrastination. Même si ce que j’ai à dire n’est pas forcément intéressant et que ça tient en trois lignes, tentons d’adopter une nouvelle résolution…

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Et mine de rien ce n’est pas sans rapport avec un des mangas que je viens d’acquérir. Mais ça ne sera pas pour aujourd’hui. J’aimerais juste parler de ma consommation de mangas. Alors je suis quelqu’un de très raisonnable. Pas forcément pingre, ni dans la dèche, mais parcimonieux. J’aime bien savoir ce que j’achète, si l’éditeur viendra à bout de son projet, si l’auteur ne nous mène pas en bateau, etc. Et je dois ajouter que jusqu’à ce jour il y a un autre aspect qui me touchait personnellement en tant que Suisse : le prix.

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Plus haut, le prix d’Orange, volume 3 en francs suisses comme on peut le voir sur le site suisse de Payot. En dessous, le prix du même ouvrage chez Amazon. Si on ne prend que les chiffres, on peut s’étonner de lire un tel écart. Mais on ne parle pas de la même devise. Il convient donc d’observer le cours du franc suisse :

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En fait, on flirte quelque peu avec la parité. Il y a deux jours, on pouvait encore lire que le franc était plus lourd que l’euro. bref, tout ceci ne change pas grand chose au constat : on paie bien plus cher nos mangas en suisse. Et c’est surtout valable avec les éditeurs Ki-oon et Akata, dans une moindre mesure Sakka.

Depuis que la BNS a décidé d’abandonner le taux plancher de 1 euro pour 1,20 FRCH, j’ai décidé qu’il n’était plus nécessaire de m’embêter avec nos libraires et que le patriotisme avait ses limites. J’ai donc été grossir les rangs des clients d’Amazon, la boîte qui emploie des petits nègres pour mettre des livres dans des cartons. Avec frais de port gratuits dès 25 euros d’achat (on y est vite arrivé quand on achète des mangas.)

On va me parler de solidarité avec les libraires. Désolé pour eux, mais ils ne me servent guère que de caissiers les rares occasions où je passe les visiter. Aucune librairie n’est spécialisée manga dans le coin où j’habite et la rare fois où j’en ai rencontré un, il ouvrait selon l’humeur et il étalait un peu n’importe quoi sur ses rayons. Bref, il a fermé.

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Voilà le résultat. Bon là on va dire que je fais la pub pour Ki-oon. Bien malgré moi. Quand on paie ses bouquins la moitié du tarif auquel on était habitué, on se laisse un peu plus aller, on commence des « nouveaux » titres. Et les soucis de place sur la bibliothèque reviennent. Des titres qu’on attendait pas vraiment, qu’on n’aurait pas acquis à n’importe quel prix, mais qui nous surprennent en bien. 4 bons titres… pour 4 futurs billets? Allez, je relève le défi. Ou pas…

Cartagra

Takashiro Shugo est un ex-policier qui travaille désormais comme détective privé et squatte un petite chambre d’un bordel. Quand on lui demande de retrouver Kozuki Yura, une jeune femme qui a mystérieusement disparu depuis quelques années, Shugo se sent particulièrement impliqué comme il a eu autrefois une relation avec elle. Il est assisté dans son enquête de Kozuki Kazuna, la jumelle de Yura, une demoiselle très enjouée et convaincue que sa sœur est encore en vie. Pendant ce temps, des meurtres assez macabres déchaînent la chronique et fait une victime dans le bordel qui l’abrite.

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Trois ans après Kara no Shoujo, on a droit à un nouvel eroge d’Innocent Grey. Cartagra est pourtant sorti trois ans… avant Kara no Shoujo sur l’archipel. Ca ne nous avance pas tout ça. Beaucoup estiment que la boîte est alors à ses balbutiements et que Cartagra ne tient pas la longueur face à son aîné. Ce n’est donc pas sans appréhension que je me suis lancé dans l’aventure. Au final j’en sors agréablement surpris. Peut-être parce que le souvenir de Kara no Shoujo n’était plus tellement frais dans ma mémoire. Cartagra possède néanmoins des qualités qui m’ont scotché une vingtaine d’heures alors que les visual novels ne me tiennent plus vraiment en haleine.

La qualité première du titre est d’aller à l’essentiel. La trame est vite mise en place, les personnages sont introduits sans trop de cérémonie et les dialogues ne se perdent jamais dans les champs. Contrairement à la grande majorité des nakige sortis ces derniers temps, Cartagra ne nous baratine pas avec des séquences dating-sims à deux balles. Il n’y a pas un dialogue qui ne fasse pas avancer l’action. Du coup les séquences semblent parfois très abruptes : à peine est-on sur une route que l’héroïne vous saute dessus et que ses éventuels problèmes sont ficelés. Bref, je me suis pas emmerdé une seconde dans la lecture et je n’ai pas eu à utiliser la touche ctrl : un exploit.

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Deuxième qualité : l’ambiance. On est dans le Japon d’après la guerre et les décors ont donc une délicieuse touche rétro un peu comme dans KnS. Le point fort du titre est d’alterner les séquences macabres et comiques avec un certain brio. Dans Cartagra, soit on se marre soit on flippe. L’histoire s’appuie sur un casting étoffé. Il y a la sœur de Shugo, Nana, qui vole carrément la vedette à son frère tellement elle est en avance sur l’enquête. Et qui lui voue une admiration… inquiétante. Il y a les employées du bordel qui forment la petite famille de notre héros et qui s’en occupent… plutôt bien. Il y a d’autres mais surtout, il y a le vieux marchand de takoyaki. Qui supplante tous le casting en termes de charisme et d’inutilité dans l’histoire.

Mais l’ambiance de Cartagra, c’est surtout une bonne dose d’horreur avec des corps démembrés, mutilés, empalés, des scènes de viol et ce qui entoure l’aspect eroge est souvent délicieusement grotesque. Enfin, j’imagine qu’il faut être un peu dérangé pour utiliser cet adverbe ^^’ J’entends par là que chaque route s’achève par une bad end retentissante, des séquences durant lesquelles on croit halluciner. Et comme elles se font à une vitesse éclair et se terminent toujours en surprenante apothéose, ça rend la quête de chaque fin irrésistible et addictive.

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Mais j’ai pas seulement apprécié le délire qui vous prend aux tripes quand vous vous écartez du droit chemin, j’ai aussi trouvé bien amenée cette enquête autour des meurtres, de la disparition de Yura, de la secte et la fin ficelle adroitement le tout. Et le récit est vraiment bien mis en scène avec un joli nombre de CG qui viennent enrichir le background lors de certaines séquences. Et tout ça c’est très beau (est-ce utile de préciser pour un produit d’Innocent Grey?) Au final, Cartagra est un eroge que j’ai beaucoup apprécié. Beaucoup le trouveront court après le complexe Kara no Shoujo. Personnellement, j’ai autant aimé que la trame soit simple et la true route vous tient d’autant plus en haleine qu’elle est riche en rebondissements. Vivement Kara no Shoujo 2.