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Rough

Keisuke Yamato pratique la nage en 100m libre. Ami Ninomiya le plongeon artistique. Tous deux vont dans le même lycée, même dortoir. Mais Ami a une rancune tenace envers la famille de Keisuke auquel elle envoie chaque année un message d’insulte. Les deux familles sont en effet des pâtisseries rivales et le grand-père des Ninomiya a rendu l’âme en maudissant les Yamato car ceux-ci ont pris le dessus sur le commerce de manju. Ils ont eu la riche idée de leur donner une forme de hibou avec des oreilles pour qu’ils soient ainsi plus grands et plus avantageux !

Rough m’a offert tout ce que je pouvais attendre d’un manga d’Adachi : une petite histoire de famille, une romance entre deux adolescents, une rivalité, de la camaraderie et surtout de la bonne humeur avec la natation cette fois comme thème de fond. J’admire toujours le vieux coup de crayon d’un auteur dont j’avais déjà apprécié Katsu! J’accroche toujours autant à l’ambiance délibérément gentillette de ses œuvres. Il faudrait que j’essaye Touch et H2 prochainement mais Rough avait l’avantage de proposer seulement 12 volumes pour une petite histoire ma fois bien ficelée.

Si en commençant la lecture je me suis dit que le dessin était trop vieillot (20 ans quand même) et que j’aurai du mal à accrocher aux personnages, j’avoue que j’ai beaucoup apprécié les protagonistes de Rough. Ami est une héroïne typiquement mignonne qui trahit dans un premier temps un sale caractère, beaucoup de malice et d’animosité avant de s’attacher à Keisuke. Celui-ci est très sobre à l’instar des héros d’Adachi. S’il s’agit manifestement d’un adolescent tout ce qu’il y a de plus banal, qui manifeste une conduite exemplaire et semble un peu au dessus de tout. On le voit souvent partir de son petit pas de course tranquille. Il a aussi des voisins de dortoir qui excellent tous dans un sport particulier et qui viennent mettre l’ambiance.

Les douze volumes sont très vite lus car l’auteur n’hésite pas à placer des planches dans un esprit purement contemplatif mais jamais dépourvues d’intérêt. Adachi nous offre une fois de plus une lecture très fluide et aérée. J’ai particulièrement apprécié les effets de mise en abîme sur certaines planches. Souvent l’auteur reprend une affirmation faite il y a 5 tomes et la corrige pour ficeler son scénar, parfois il s’étonne qu’un silence pèse sur trois planches ou qu’il n’a plus le temps de faire une révélation car il manque une case. C’est une touche comique unique et jouissive chez Adachi. Il joue avec son œuvre, trafique son récit à sa guise, se fiche souvent de lui-même et on l’aime bien comme ça.

Sinon Rough raconte une histoire au fond tout ce qu’il y a de plus banale. Il ne faut pas chercher de scénario étriqué là-derrière : un simple triangle amoureux, une querelle de famille, une rivalité sportive. C’est simple, c’est frais et c’est léger. Une véritable bouffée d’air que de voir la manière dont notre vieux mangaka (Adachi a 58 ans) représentait à l’époque le monde de l’adolescence avec bonheur, optimisme, un poil d’idéalisme mais beaucoup de clins d’œil complices.

Lucky Star

Il m’a fallu quatre mois pour terminer cette série. C’est dire combien l’overdose de Lucky Star est un danger public contre lequel je me dois de mettre en garde tous les futurs cobayes. Pourtant cette comédie est un bon divertissement, original, drôle mais surtout moe. J’en ressors cependant avec un sentiment fatalement mitigé.

lucky star

Lucky Star est adapté d’un manga en quatre cases et ça se voit. Visuellement c’est très pauvre : si les héroïnes ont une petite bouille qui vient gonfler la jauge de moe et si le générique est kawai, la série ne présente rien de bien fameux au niveau des décors. Les personnages remplissent l’écran la plupart du temps et on ne quitte pas l’intérieur de l’école ou de la maison de Konata. Lucky Star, ce sont les discussions sans queue ni tête de quatre nanas débitées continuellement et sans que le spectateur n’ait le temps de reprendre son souffle entre deux blagues foireuses. On a l’impression de lire le manga original à une vitesse phénoménale et si on ne s’accroche pas, on risque soudain de se surprendre à s’interroger sur le contenu des propos déblatérés les trois dernières minutes.

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On a du mal à tenir les yeux ouverts l’espace d’un épisode et j’ai souvent fait des pauses durant les quelques 20 minutes que comptent chacun. Si les héroïnes sont mignonnes et qu’elles ont tous un vice particulier et des complexes qui les rendent irrésistibles, l’humour de Lucky Star a trop souvent été inaccessible pour moi dans la mesure où il se fonde sur une culture qui m’est étrangère, des subtilités nippones qui n’ont simplement pas réussi à m’atteindre. La fin de chaque épisode – Lucky Channel, la salle de karaoké – m’ont laissé de marbre en l’occurrence. Dommage car je me suis attaché aux héroïnes : Konata, dont on se sent si proche, les jumelles, si complémentaires, Miyuki, tellement kawai, Minami, plate mais irrésistible ! La grande qualité de Lucky Star, c’est de s’être détaché des quatre héroïnes à un moment pour présenter les amies de la cousine de Konata, un second quatuor tout aussi détonnant qui aurait pu agrémenter à lui seul une nouvelle série.

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Lucky Star est donc une série souvent hilarante mais bien trop lourde à supporter car elle adapte les gags d’un yonkoma à un rythme effrayant. Et j’insiste : ce divertissement peut rapidement virer au calvaire pour ceux qui ne sont pas un minimum initiés aux mystères de la culture nippone et qui peinent à rester attentifs devant les flots de paroles.

Candy Boy

Candy Boy est une série mignonne, très tranche de vie et rafraîchissante dans son style. Elle met en exergue une relation des plus douteuse entre deux sœurs jumelles visiblement lesbiennes et incestueuses. Mais attention, cette relation n’est pas introduite comme une chimère mais semble ici la plus naturelle du monde. Yuki est taquine, dispendieuse et gourmande tandis que Kana semble bien plus sévère et responsable. Elles vivent ensemble, dorment côte à côte, se tiennent la main dans le métro, cumulent les mots doux et les petites brimades. Si on laisse de côté quelques léchouilles au doigt ou à la joue, on serait tenté d’affirmer que les deux sœurs sont simplement plus proches que la norme.

Visuellement, l’animation ne casse pas des briques. La série a un penchant manifeste pour les plans fixes, ce qui donne un ensemble beaucoup trop statique où l’on surprend souvent la « caméra » à se bloquer sur un élément du décors en écoutant la discussion de nos deux demoiselles. C’est quelque peu regrettable car cela n’encourage pas à s’accrocher aux petites tirades assez comiques et le procédé devient répétitif à la longue. Mis à part ce petit bémol, la série profite d’une bande sonore adéquate et le chara-design rend les personnages particulièrement attachants.

L’ambiance de la série est assez douce et sucrée avec un soupçon de comédie et le récit ne sort pas de ce simple résumé : une tranche de vie de deux sœurs jumelles – visiblement amoureuses – et l’élaboration de leurs projets futurs. Si j’ai accroché à cette thématique de fond, j’ai en revanche très peu goûté au triangle amoureux (toujours lesbien soit dit en passant) qui s’est formé avec Sakuya. On aimerait prendre ça au second degré mais on s’aperçoit que son admiration envers Kana vire au fétichisme… La petite sœur, Shizuku vient compléter cette petite famille avec ses accès de jalousie à l’égard de ses deux grandes sœurs.

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Au final, 7 ONA (Original Net Anime), 2 extras (EX) et un épisode 0 qui se laissent très facilement regarder grâce à leur court format et qui proposent un agréable moment en compagnie de deux jumelles très mignonnes. Une série qui aborde de manière assez touchante et sérieuse à la fois un thème tabou dans la société actuelle (l’inceste) même si elle peut paraître trop vaguement et subtilement esquissée si on compare l’œuvre avec Koi Kaze.

Le Chevalier d’Eon

Le Chevalier d’Eon enquête sur le décès de sa sœur Lia de Beaumont qui était un agent au service du roi de France, Louis XV. Elle semble avoir été la cible d’une organisation occulte nourrissant des projets à grande échelle. Mais qui se cache véritablement derrière cette affaire? Les réalisateurs sont conscients des richesses de l’histoire de France décident d’exploiter une des plus mystérieuse personnalité dont témoignent les chroniques pour élaborer une intrigue jonchée de magie, de zombies et de combats de cape et d’épée. Un mélange difficile à digérer.

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Au niveau de la réalisation je ne m’étendrai pas en louanges, au contraire, je me contenterai d’affirmer que je n’ai rien retenu. Aucune mélodie ne m’a marqué, les décors et le design des personnages m’a semblé d’une pauvreté et d’une banalité affligeante. On est à des lieues d’une réalisation atypique que nous propose par exemple un certain Gankutsuou. Le héros, d’Eon, semble en revanche judicieusement prendre les traits d’un personnage hermaphrodite et sa transformation quand l’âme de sa sœur prend le dessus est très subtile il faut avouer.

De Versailles en Angleterre, en passant par la Russie, on suit le parcours (historiquement vérifié) d’Eon dont le périple s’est vu affublé d’un fil fantastique qui a pour fond la résolution du mystère entourant la mort de sa sœur. Il croise sur son chemin de grands noms que l’histoire aura retenus pour une quelconque raison : Louis XV, Elizabeth de Russie, Robespierre, le comte de Guerchy, etc. On lui donne une sœur, Lia de Beaumont, qui était en réalité l’identité sous laquelle il s’était infiltré auprès de la tsarine de Russie et qui vient ici appuyer l’équivoque que la légende a élaborée autour de sa sexualité (fruit d’un travestissement forcé).

J’ai eu au final l’impression d’avoir affaire à une sorte de Da Vinci Code raté. On a droit à une intrigue proposant une énigme alléchante d’un premier abord, la mort de Lia de Beaumont et le mystère entourant les psaumes des rois. L’enquête fait voyager nos « quatre mousquetaires » et décrit les ficelles d’un complot fomenté par des poètes associés à certains nobles contre la royauté. Si le récit présente de multiples rebondissements, des trahisons et hauts faits qui vous couperont certainement le souffle, la quête de nos héros est bien trop échevelée pour être pleinement appréciée.

Une série menée tambour battant : les scènes s’enchaînent de manière trop brusque en prenant souvent le spectateur à défaut.  C’est dommage car on s’attache à une trame de fond qui réserve son lot de surprises mais qui vous laisse avec un arrière goût désagréable sur la langue car elle tend fatalement à trop en faire… Les scénaristes feraient décidément mieux de laisser les personnages historiques là où ils sont : tapis dans les vieilles chroniques. Je goûte très peu à ce genre de fantasmagorie il faut l’avouer mais la série reste néanmoins une histoire de cape et d’épée qui peut plaire aux amateurs du genre.

Honey and Clover

Honey & Clover, c’est l’histoire d’une tranche de vie de trois étudiants en art : Takemoto, Mayama et Morita. Ils vivent dans le même appartement et la cohabitation n’est pas des plus triste avec les multiples frasques de Morita dont ses voisins de palier sont victimes. Un jour, le professeur Hanamoto leur présente sa cousine Hagu, une petite fille de 18 ans haute comme trois pommes et tellement kawaï qu’elle ne laisse pas Takemoto et Morita totalement indifférents. Quant à Mayama, il s’est épris de Rika, une architecte designer qui a récemment perdu son mari, et refuse ainsi d’accepter l’amour que lui porte Yamada, une camarade de classe. On suit l’évolution complexe de ces trios amoureux dont les protagonistes auront bien du mal à accepter et à exprimer leurs véritables sentiments.

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Mon avis sur cette série est clairement mitigé. D’une part, j’ai apprécié la réalisation : les graphismes sont sublimes et la bande sonore est de qualité ; proposant notamment une nouvelle chanson intelligemment introduite dans chaque épisode. A aussi droit à un scénario plus mature qu’à l’accoutumée. Mais d’un autre côté, je me suis ennuyé. Je m’attendais à une série attachante mais j’avoue avoir eu du mal à accrocher pour arriver au bout des 24 épisodes…

Honey and Clover II - 02 - Large 02La première chose qui frappe dans cette série, c’est le personnage de Hagu. On se demande de façon légitime si l’auteur orignal (Chika Umino), ou le responsable du chara-design n’a pas commis une faute manifeste de goût. Hagu, c’est une petite poupée blondinette à la tête aussi grande que le reste et à l’aspect terriblement enfantin. Quand la gamine est représentée de façon caricaturale, il devient très vite kawaï, surtout quand on le martyrise.

Un autre personnage spécial et de loin celui qui fait la force de la série, c’est Morita. Il s’agit du grand fanfaron qui assure une grand part de l’aspect comique de la série. Morita, c’est le type totalement déjanté et mystérieux à la fois. Il fugue sans qu’on sache où ni pourquoi et tout dans ses actions est à mourir de rire. Le meilleur personnage de la bande mais malheureusement aussi celui que l’on voit le moins souvent. C’est dommage car l’aspect comique de la série l’emporte sur la touche romanesque.

Honey and Clover II - 02 - Large 04Il est là le drame : les autres protagonistes sont vraiment désespérants et tous plus ou moins liés à une romance à l’eau de rose insipide. On a affaire à des triangles amoureux qui n’évoluent pas le moins du monde d’un début à l’autre de la série et qui sont à la fois idiots et agaçants. Il en résulte d’énormes prises de tête durant lesquelles il faut se faire violence pour garder les paupières ouvertes. Certains thèmes abordés sont intéressants : l’entrée dans le monde adulte, la recherche de soi, l’art… mais le tout est mal servi dans le scénario.


La seconde saison, 18 mois après…

Je ne sais plus pourquoi je n’avais pas accroché à la première saison à l’époque mais j’avoue que celle-ci m’a totalement réconcilié avec l’univers d’Honey & Clover. Le premier épisode rappelle les faits : Mayama travaille désormais avec Rika, Takemoto s’est déclaré à Hagu alors que Morita est revenu des Etats-Unis.

Après avoir descendu la série il y a un an et demi, je considère désormais Honey & Clover comme une des œuvres les plus poignante et réaliste qui soit en matière de tranche de vie et de recherche de soi. Cette saison nous apprend enfin les raisons cachées derrière les escapades de Morita et l’avenir de chacun des étudiants au moment de frapper à la porte de la vie active se dévoile peu à peu. Les personnages semblent avoir décidé de se prendre en main et malgré leurs craintes devant un avenir qui leur est intangible et les relations qui les rattachent à leur entourage, ils continuent à avancer.

J’ai été particulièrement ébloui par la réalisation de cette seconde saison. Le chara-design de Chika Umino rappelle inévitablement les personnages d’un certain Higashi no Eden (Morita est un clone de Takizawa). J’apprécie particulièrement les effets produits par ces idéogrammes qui rendent les personnages si attachants avec leurs sursauts d’humeur. Mais Honey & Clover c’est avant tout un univers somptueusement coloré du bleu pâle de l’aurore au rose doux des cerisiers en passant par le vert chatoyant des trèfles bien entendu.

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour voir une saison qui devait me réconcilier définitivement avec la série ? Honey & Clover est une série qui esquisse de manière magistrale l’entrée dans le monde adulte, les doutes, les malheurs et les aspirations de chacun, en proposant un scénario admirablement ficelé.

Tokyo Toybox

Tokyo_ToyboxTenkawa Taiyo est un concepteur de jeux vidéo qui a quitté une grosse boîte pour s’enterrer dans Studio G3, une petite compagnie paumée qui survit en créant des animations pour machines à sou. Tsukiyama Hoshino est une brillante employée de la société d’Ôtemachi mais sa notoriété croissante ne fait pas vraiment plaisir à certains pontes qui décident de la muter comme gestionnaire de Studio G3.

Si Hoshino veut que l’équipe respecte scrupuleusement les délais dans l’élaboration des jeux au détriment de leur qualité, Taiyo recherche avant tout le jeu ultime et fait souffrir ses collègues en souhaitant sans cesse modifier et améliorer le concept. La boîte reçoit un jour une offre importante consistant à développer et adapter un jeu sorti deux années plus tôt pour une sortie internationale. Mais un vieil ami de Taiyo, directeur de son ancienne société, guette dans l’ombre…

Yokyo Toybox est un seinen un peu dans la lignée de Genshiken et Bienvenue dans la NHK sans pour autant rivaliser avec ces derniers. La trame n’est pas proprement originale mais nous introduit dans l’univers de la conception des jeux vidéo même si c’est fait de manière un poil trop caricaturée à mon sens. L’idée est bonne mais l’auteur cherche uniquement à pointer du doigt les créateurs sans aucun scrupule qui nous offrent des produits dépourvus de toute âme et destinés avant tout à se faire vendre.

J’aime beaucoup le crayonné de l’auteur même s’il manque un peu de profondeur et si les planches semblent dessinées au feutre. C’est frais et stylé avec des protagonistes qui ont une véritable gueule. Taiyo avec ses cheveux en bataille et sa barbe fait vraiment otaku dans le style et possède une dégaine assez unique. Hoshino est son exact contraire avec son design de femme d’affaire à lunette et son assiduité quasi maniaque. Elle cherche avant tout la réussite sociale tandis que Taiyo désire créer un jeu dont il soit fier et propose un challenge unique et jamais vu. Cette divergence d’objectifs donnera lieu à d’incessantes querelles…

Tokyo_Toybox

Un manga qui ne vole pas terriblement haut mais qui s’avère au final sympa et bien construit. Le concept vidéoludique introduit une philosophie du jeu qui intéressera ceux qui cherchent un manga parlant JV. Il présente aussi les différents soucis rencontrés autour de la conception d’un jeu. Une lecture sans prise de tête qui propose un peu de romance et de délires documentaires. Une suite intitulée « Giga Tokyo Toybox » est en cours.

L’Infirmerie après les Cours

Et t'attends quoi pauvre tapette?

J’ai longtemps hésité à rédiger cette critique car le simple fait de parler de ce manga me fait honte quelque part. J’ignore encore maintenant ce qui m’a poussé à tenir jusqu’au bout. L’Infirmerie après les Cours, ça parle donc d’un androgyne. On va pas cracher sur l’idée : ça existe, il y en a de très célèbres et très sympathiques. Quelqu’un me souffle le nom de Marilyn Manson à l’oreille, hum, passons.

S’il a le buste d’un homme, Mashiro commence à souffrir de règles et ça c’est pas très viril. On ne saisit pas trop l’intérêt du manga qui  paraissait au début montrer comment le héros parvient à surmonter ce complexe durant les “cours du soir” à l’infirmerie où il est plongé dans un rêve mouvementé. Le paradoxe insurmontable auquel se heurte le récit, c’est que le (ou la) protagoniste cherche à accepter son corps alors que ses cauchemars doivent lui permettre  au contraire de choisir entre les deux sexes.  On est tiraillé entre compromis et dilemme alors que ce qui ressemblait à une approche critique des aléas de la double sexualité se transforme en de fumeuses fantasmagories.


Parce qu’il aurait pas pu s’il était une fille?

Devoir suivre les états d’âme d’une chose qui s’affirme en tant qu’homme mais à laquelle il manque des couilles et qui ne peut s’empêcher de rougir en croisant le regard de son sempai alors qu’il sort avec une mignonne demoiselle… Ça laisse songeur… Surtout quand celle-ci l’aime parce qu’elle est sûre qu’il pourra jamais libérer ses pulsions sur elle… Un tableau tout ce qu’il y a de plus charmant et dire que c’est sensé poser un regard réaliste sur le monde de l’adolescence. D’une génération à l’autre, ils changent beaucoup les ados, croyez-moi.

Je suis ta clé… tu es ma serrure… j’ai perdu ma clé…

Mais parlons un peu du dessin. En un mot, c’est l’horreur absolue. Suffit de regarder la physionomie du type un peu plus haut et vous conviendrez que la tête des personnages ne me revenait pas. Et le style shojo de l’auteur m’a donné envie de gerber par moments je vous dis pas… Ce qui sauve un peu le manga, c’est la touche fantastique qui propose quelques belles planches et relance surtout l’intérêt du récit.

Car tout n’est pas noir dans L’Infirmerie après les Cours, enfin presque. Le concept est intéressant en soi : des cauchemars où chacun est spécifiquement représenté en fonction de ses doutes et de ses problèmes et doit se dépasser pour trouver la clé qui lui permettra d’en sortir…

N’empêche, comment j’ai fait pour lire ce truc ?!

D-ASH

A onze ans, Tsukasa était déjà un petit vicieux et faisait partie d’un club de pervers avec ses amis Tajima et Katsu. Un jour il fait la rencontre de Sae, une jeune fille qui sort d’un accident où elle a perdu sa mère et est depuis quelque peu infirme. Elle va se mêler aux activités peu banales du groupe mais est soudain transférée à Osaka. Avant qu’elle ne monte dans le train, Tsukasa lui fait une promesse, celle de sortir ensemble et de s’envoyer en l’air quand ils se reverront et qu’ils seront adultes. Tsukasa grandit et le garçon a du succès auprès des dames. La faute à son air de jeune premier et à sa passion pour le cent mètres, un sport qui lui ouvrira les portes des hautes écoles. Le jeune homme vit au jour le jour, s’implique à fond durant ses entraînements et cumule les conquêtes mais ne cesse de penser à Sae. Dix ans après leur séparation…

D-ASH est un seinen qui raconte l’histoire de Tsukasa, un féru de 100 mètres, et de Sae, une jeune fille handicapée depuis son accident. Deux destins que tout semble séparer.

Le premier volume est consacré à l’enfance de Tsukasa, sa rencontre avec Sae, la manière dont il grandit et notamment comment il vit ses premières expériences sexuelles. D-ASH présente des éléments cocasses : dès l’âge de 11 ans, Tsukasa craque pour une coiffeuse dont il affectionne les shampooings et qui lui promet de lui apprendre des choses à sa majorité. Et surtout cette promesse entre deux gosses d’avoir une relation sexuelle à leur prochaine rencontre. Car Tsukasa est un garçon volage, vicieux, libidineux mais l’assume totalement et son entourage parait jovial d’un premier abord mais souffre secrètement de son succès pour différentes raisons. Le manga montre comment le héros grandit en s’arrêtant sur les principales étapes de son éducation sexuelle, comment Sae supporte son infirmité et sa situation familiale avant de dessiner finalement un pamphlet contre le dopage. Une trajectoire peu banale et qui donne plus l’impression d’une trame qui part en vrille que d’un scénario construit.

Le dessin m’a semblé quelque peu bâclé : très peu de détails dans les décors, beaucoup de cases présentant de simples fonds graphiques, un design parfois horrible tellement il est difficile de distinguer lèvres inférieure et supérieure chez certains. Tant que l’héroïne est mignonne, ça peut encore passer.

Un mélange de sport et de tranche de vie qui aborde malheureusement le 100 mètres de manière trop basique et stéréotypée. Dommage car la touche romanesque est originale, les cinq volumes se lisent facilement et présentent des aspects intéressants.

Sayonara M. Désespoir T2 – World Science

Après un premier volume qui servait à introduire les principaux protagonistes et en particulier la pléiade de demoiselles excentriques composant la classe du professeur Nozomu, on entre cette fois dans le vif du sujet. Le projet de l’auteur est désormais clair : il s’agit de présenter une multitude de tares sociales, réelles ou fantasmagoriques à travers un récit sans queue ni tête où les questions que se pose notre professeur fétiche s’enchaînent en un rythme infernal et incohérent, sans laisser au lecteur le temps de souffler.

Des considérations sur les vœux, une tentative d’ouvrir le cœur de Nozomu, un pamphlet contre l’information, un regard sur de grands personnages restés dans l’ombre, un voyage de classe en situation critique, une cérémonie de mariage arrangé, un exercice de résistance à l’insulte, un discours sur les bienfaits de l’instabilité. Le tout en présentant au passage une nouvelle élève, Fujiyoshi Harumi, qui dessine des mangas amateurs présentant des couples pour le moins douteux. Lire la suite

Hayate no Gotoku!! : Gloire au majordome!!

Le titre nous promettait deux fois plus de délires en posant un double point d’exclamation. Hayate no Gotoku!! remplit-il son contrat ? On va décortiquer un peu les premiers épisodes pour répondre à la question et présenter l’univers et ses personnages pour ceux qui ne seraient toujours pas chauds à l’idée de tenter l’expérience. Il s’agit d’un divertissement léger et sans prétention qui verse essentiellement dans la parodie déjantée et exploite une belle palette de caractères. La première saison laissait quelque peu en plan la relation entre Nagi et son majordome. Cette suite conclura-t-elle l’histoire ou s’agira-t-il à nouveau de 52 épisodes de délires totalement gratuits ? Les deux options se valent.

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